Passer ces trois jours avec vous, vous entendre toutes, a été pour moi
un moment fort. L’écrivain comme vous le savez est un travailleur un
peu solitaire. Ce fut pour moi un grand ressourcement que de sentir ces
solidarités de femmes autour de moi et je vous ai trouvées toutes
merveilleuses.
Vous entendre a été pour moi un temps de réflexion qui va nourrir
certainement ma pensée et possiblement mes écrits et mes interventions
dans l’Église. Il y a quelque temps on m’a demandé de faire partie du
comité de prospectives des évêques et j’ai beaucoup hésité à accepter
ce poste mais la journée d’aujourd’hui balaie vraiment toutes mes
réticences. De ce lieu, je pourrai porter tout ce que j’ai entendu ici
et le partager avec mes collègues du comité dans l’espoir que cela
aboutisse jusqu’aux lieux de décision qui, pour le moment, ne sont pas
les nôtres.
Mon impression aujourd’hui, c’est vraiment que comme femmes nous
avons, dans l’Église du Québec et dans nos Églises respectives, un
mandat qui excède, qui est plus large encore que celui de nos propres
revendications comme femmes parce d’avoir été privées de pouvoir si
longtemps, de l’être encore, fait peut-être que nous sommes les
meilleures gardiennes de l’esprit du concile. Actuellement, dans
l’Église, on sent qu’il y a un mouvement de frein, de marche arrière,
mais je crois que les femmes ont à apporter cet esprit de libération,
cet esprit d’égalité et de fraternité qui avait inspiré Jean XXXIII. On
sent que cet esprit est peut-être menacé aujourd’hui.
Je l’ai senti depuis des années d’ailleurs dans la façon dont nos
religieuses au Québec ont pris le virage postconciliaire avec une
rapidité de réaction, avec un esprit de discernement qui les a souvent
placées à la tête du peloton. De tout cela, nous sommes fières et c’est
sans doute une volonté de l’Esprit de même que ce fut un choix du
Seigneur que ce soit des femmes qui, les premières, ont été
dépositaires des deux grands mystères centraux de notre foi.
L’Incarnation qui a été un secret partagé entre deux femmes et la
Rédemption, au matin de Pâques, dont le message a été apporté par des
femmes.
Je voudrais vous laisser cette pensée que parfois, comme femme, nous
avons une conscience malheureuse; nous nous imaginons que faire des
luttes pour nous, c’est un peu de l’égoïsme, mais pas du tout… Je pense
que les luttes que les femmes entreprennent dans l’Église actuellement
sont des luttes pour l’Église parce que ce visage féminin de l’amour de
Dieu n’est pas assez visible. Nous avons la mission de le rendre
visible maintenant. Bonne chance et au revoir. Nous nous donnons
rendez-vous une fois le plan d’action engagé dans nos milieux.
Site du Réseau Femmes et Ministères
- www.femmes-ministeres.org
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