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Ce matin, je lisais un texte[1] qui m’a rappelé une expérience significative vécue au Brésil, il y a presque trois ans.  La relecture de cette expérience en lien avec le texte de l’appel de Samuel (1 Sam 3, 1-10) m’a amenée à une prise de conscience importante : les temps changent, le monde change, mais Dieu, Lui, ne change pas.  Sa façon de nous appeler et l’intensité avec laquelle Il le fait est toujours la même. Le beau dans l’histoire, c’est de prendre conscience que Dieu ne se laisse pas prendre par nos beaux concepts humains, par notre compréhension très limitée de l’immensité de Sa personne. J’ai donc choisi de vous partager une petite histoire vécue en 2004 au Brésil, de la relire à partir du texte de l’appel de Samuel et de vous partager certaines réflexions qui s’enchaînent au thème en l’élargissant graduellement.

Nous sommes en octobre 2004, un confrère attend la visite d’une nièce, ou plutôt, une cousine, ou plus précisément, la fille d’une cousine, en tout cas, de la parenté éloignée, mais qui a entendu parler de lui et qui vient le visiter. Ce n’est pas la première fois qu’il reçoit de la visite. Il s’agit toujours de personnes intéressées par la mission et ce qui se vit sur ce coin de planète, de personnes qui ont une bonne idée de ce qu’elles vont rencontrer et des gens qu’elles vont visiter. Celle-ci par contre était différente.  Dès mes premières questions au confrère, j’ai senti qu’il était un peu dérouté. Je me souviens d’avoir demandé si elle venait pour le visiter personnellement, pour voir la mission ou pour faire du tourisme au Brésil. Il ne savait que répondre… peut-être un peu des trois… Il se souvenait qu’elle lui avait écrit en manifestant son désir d’aller au Brésil et de le visiter et voilà qu’elle lui écrivait pour dire qu’elle arrivait. Devant mes interrogations, il restait sans réponse, tout aussi curieux que moi d’en savoir plus.  

Quelques jours après l’arrivée de la jeune femme, je lui posai de nouveau toutes mes questions, anxieuse d’avoir une réponse satisfaisante. Je n’ai eu droit qu’à des réponses plutôt vagues qui me laissèrent avec l’impression qu’il n’en avait pas la moindre idée. Je me décidai donc à aller à la rencontre de cette nièce-cousine-petite-cousine, enfin, famille éloignée. Qu’elle ne fut pas ma surprise de serrer la main d’une belle jeune femme, début vingtaine, le regard pétillant, le rire facile et cette même sympathie, ce côté attachant que je reconnaissais être de la même famille que notre confrère. Spontanément, je l’invite chez moi ; elle accepte ; une belle amitié ne demandait qu’à naître.  

Dans la simplicité de notre maison, autour d’un chocolat chaud et d’une « tapioca com queijo » (genre de crêpe au manioc avec du fromage frais fondu... un délice juste à y penser), on commence à se connaître, à fraterniser, à répondre aux questions l’une de l’autre.  Elle est curieuse : comment en suis-je arrivée là, à vivre tel que je vis, etc. Je le suis aussi : qu’est-elle venue faire à Manaus, tourisme ou intérêt missionnaire ?  Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’entendis sa réponse :  « Je ne le sais pas... en fait, un peu de tout... J’ai envie de connaître le Brésil... Il y’a quelque chose qui me disait de venir ici. » Je comprends alors la difficulté du confrère à répondre à mes questions !!!  Comment savoir ce que l’autre veut quand lui-même ne le sait pas !  

Je ne suis pourtant pas capable de m’arrêter à ce genre de réponse. J’ai moi-même voyagé au même âge que cette jeune-là, je sais qu’on cherche quelque chose sans savoir quoi précisément, mais on est tous guidé par quelque chose, consciemment ou non. Et je me l’entends répéter : «  Je ne sais pas pourquoi je suis venue ici. Il y a quelque chose qui me disait de venir ». Je me risquai donc pour la grande question : « Pourquoi restes-tu ? » Je vous resitue un peu dans l’ambiance car rien n’était facile pour cette jeune femme à ce moment-là : elle est dans un pays qu’elle ne connaît pas, avec un oncle-cousin-grand-cousin, enfin, de la famille éloignée qu’elle ne connaît même pas, qui utilise dans sa vie courante une langue qu’elle ne comprend pas, reste avec des gens qu’elle ne connaît pas, ne comprends pas etc. Je crois que vous comprenez le sens de ma question !  Et sa réponse, toujours aussi déroutante : « Je ne sais pas... Il y a quelque chose qui me dit de persévérer. »  Je tombe en bas de ma chaise.  

Quel est ce quelque chose ? QUI EST ce quelque chose ? C’est toute une force, ça c’est sûr. Parce que quand on est jeune et qu’on voyage, il n’y a qu’une loi, le plaisir. C’est « le fun » : je reste ; c’est « plate » : je m’en vais. Pourquoi, si c’est si difficile, reste-t-elle ?  Quelle est la force qui lui parle de persévérer ? C’est sous la douche que la lumière se fit. J’entendis Dieu appeler le petit Samuel. Héli n’y voyait plus rien, ça sortait de ses habitudes, un enfant, appelé. Dieu a dû appeler Samuel trois fois, lui dire de persévérer. Samuel ne savait rien de rien de ce qu’il lui arrivait, c’était un enfant dans la foi. Il avait besoin d’Héli, il devait persévérer jusqu’à ce qu’ Héli comprenne.

Relisons Samuel 

Appel de Samuel (1 Sam 3, 1-10)

1 Le jeune Samuel servait Yahvé sous le regard d’Héli. En ce temps-là la parole de Yahvé était chose rare, et les visions, peu fréquentes.
2 Ce jour-là Héli était couché dans sa chambre, ses yeux étaient si faibles qu’il ne voyait plus.
3 La lampe de Dieu n’était pas encore éteinte et Samuel était couché dans le sanctuaire de Yahvé, là où se trouvait l’Arche de Dieu. 4 Yahvé appela : « Samuel ! Samuel ! » Il répondit : « Me voici. » 5 Il courut vers Héli et dit : « Me voici puisque tu m’as appelé. » Héli répondit : « Je ne t’ai pas appelé, retourne te coucher. » Et Samuel alla se coucher. 6 Yahvé appela de nouveau : « Samuel ! Samuel ! » Il se leva et se rendit auprès d’Héli : « Me voici, dit-il, puisque tu m’as appelé. » Héli répondit : « Je ne t’ai pas appelé mon fils, retourne te coucher. »
7 Samuel ne connaissait pas encore Yahvé : la parole de Yahvé ne lui avait pas encore été révélée.
8 Lorsque Yahvé appela Samuel pour la troisième fois, il se leva et se rendit auprès d’Héli : « Me voici, dit-il, puisque tu m’as appelé. » Alors Héli comprit que c’était Yahvé qui appelait le garçon. 9 Il dit à Samuel : « Va te coucher ; si on t’appelle, tu répondras : Parle, Yahvé, car ton serviteur écoute. » Et Samuel repartit se coucher.
10 Yahvé entra ; il se tint là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Samuel répondit : « Parle, car ton serviteur écoute. »

J’ai commencé mon texte en vous disant que c’est en lisant un texte de Diane Foley que j’ai débuté toute ma réflexion. Celle-ci commente l’appel de Samuel à partir de l’optique de son sujet. Celui-ci me touche personnellement. Il m’amène aussi à élargir la réflexion à cette histoire que j’ai vécue au Brésil et à ce que vit actuellement une grande amie à son travail.  J’alternerai donc entre les propos de Mme Foley et mes pensées, en espérant ne pas vous perdre en chemin !

Celle-ci commente :

« Ce merveilleux récit de l’Ancien Testament est un précieux exemple de la pédagogie du Dieu de la nouveauté. Nous sommes, ici, mis en présence d’un appel impossible, rendu possible par Dieu, « car rien n’est impossible à Dieu ! » (Luc 1, 39)

Le début du récit nous met en face de l’absence de parole prophétique dans le peuple d’Israël au temps du prêtre Héli. « En ce temps-là, la parole de Yahvé était chose rare, et les visions, peu fréquentes. »

Dites-moi que ce n’est pas ce dont nous nous plaignons indirectement lorsque nous parlons de la présence des jeunes dans l’Église au Québec. C’est comme si Dieu ne les appelait plus. J’ai souvent entendu des personnes dire que c’est dans l’Église que Dieu appelle et que si les jeunes ne participent plus, comment pourront-ils entendre l’appel. Prenons conscience ici que cette affirmation est purement humaine car elle réduit Dieu à nos petites possibilités. Car c’est en Église que nous, humains, avons la capacité et le courage d’interpeller les jeunes, pas dans la rue. Mais (merci mon Dieu) celui-ci n’est pas limité comme nous ; Il appelle là où Il le veut et comme Il le veut.

Ce qui fait la différence, à mon sens, c’est Héli. Un Héli âgé et presque aveugle (dans le sens illustré des termes bien sûr !)  qui ne voit déjà plus grand chose et dont la façon de penser se rétrécie au lieu de s’élargir. Il ne perçoit donc plus Dieu, ni sa façon d’agir dans la vie. Il se confine donc aux repères connus que la cécité impose : Dieu appelle parmi les hommes, dans l’institution, etc.

À cette époque, les prêtres d’Israël ne peuvent absolument pas concevoir qu’un enfant puisse être appelé par Yahvé à devenir prophète car les enfants sont des mineurs et n’ont pas droit de parole.  Impensable donc, pour Héli, de seulement s’imaginer que Dieu puisse appeler un enfant. Quelle est donc la pédagogie de Dieu pour le faire cheminer? Nulle autre que d’appeler l’enfant à son insu pendant la nuit durant son sommeil. L’enfant se lève et se dirige vers le prêtre Héli : « Me voici puisque tu m’as appelé ». Celui-ci de répondre : «Je ne t’ai pas appelé. Retourne te coucher ! » Remarquons le dialogue : « ... puisque tu m’as appelé... Je ne t’ai pas appelé ». Les deux interlocuteurs dialoguent sur un appel qui vient d’ailleurs. Ils ne peuvent imaginer la possibilité d’un tel appel provenant d’une autre source que celle de l’Institution... Le prêtre a donc bien raison de dire: « Je ne t’ai pas appelé ». Dans sa vision des choses, il ne peut que renvoyer l’enfant dans son sommeil, i.e. dans son inconscient, dans la sphère du service officieux... Alors, comment Yahvé agit-il? Quelle est sa méthode pour instruire Héli, son représentant? Il pourrait bien lui apparaître en songe et lui dire : « Ne crains pas Héli, c’est moi qui appelle l’enfant. Accueille-le et forme-le à son ministère ! » Mais non, Yahvé se contente d’appeler de nouveau l’enfant et d’appeler encore une troisième fois jusqu’à l’ouverture d’Héli à la perspective d’un appel provenant vraiment de Yahvé. Alors, il lui dit : « Retourne te coucher et si on t’appelle, tu diras : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute »

Ne voyez-vous pas le parallèle entre l’histoire de cette nièce-cousine-petite-cousine et notre Samuel ? Ne reconnaissez-vous pas là une pédagogie différente de la part de Dieu mais un même appel ?  Dieu l’appelle, mais comme elle ne Le connaît pas, elle ne peut le re-connaître.  Elle cherche donc un point de référence qui puisse l’aider à discerner, à entendre, à connaître et à pouvoir répondre : son oncle-cousin-grand-cousin de famille éloignée, PRÊTRE. Dites-moi qu’il y a là simple coïncidence… Les jeunes au Québec ont peu ou pas de connaissances religieuses. Ils ne sont donc pas capables de relire les expériences de foi qu’ils font.  Dieu n’arrête pas pour autant de les visiter, de marcher avec eux, de les interpeller, mais ils ne savent pas le reconnaître. Cette jeune a eu l’intuition (probablement bien inconsciemment) de se tourner vers celui qui représente Dieu, la religion, dans notre culture québécoise. À mon sens, le problème ne se situe donc pas au niveau des jeunes et de leurs connaissances religieuses, mais bien plutôt au niveau d’Héli et de son incapacité à reconnaître l’appel de Dieu dans la nuit et aider cette jeune à y répondre adéquatement.

Notre Héli est âgé et aveugle.  Il est habitué à ce que Dieu appelle au cœur de l’institution, à ce que les appelés se présentent d’une manière plus ou moins habituelle, à ce qu’un discernement ecclésial se fasse dans les formes. Il y a un processus à suivre au niveau vocationnel, on le sait. Notre Héli n’est pas mieux ni pire que n’importe lequel d’entre nous. On a tous un jour ou l’autre été dans une position « âgée et aveugle ». Le beau dans l’histoire, c’est que Dieu continue de faire confiance aux Héli (ma définition d’Héli ne se limitant pas aux prêtres, mais bien à toute personne ayant vécu une expérience personnelle et consciente avec Dieu et ayant été capable de la relire et d’en tirer des conséquences et responsabilités sur sa propre vie). Dieu aurait pu appeler 100 fois le petit Samuel ; Il sait qu’un jour ou l’autre, Héli se serait réveillé.

Et nous, nous réveillerons-nous ?Serons-nous capables de reconnaître les nouvelles formes d’appels des jeunes aujourd’hui ?  Serons-nous capables de les accompagner adéquatement face à cette pédagogie de Dieu ou n’aurons-nous pas tendance à chercher à les faire embarquer dans notre moule ?  Serons-nous capables d’ouvrir nos oeillères et de nous dire que lorsque Dieu appelle, Il ne se laisse pas prendre à nos catégories humaines, à nos limites, à nos petites conceptions ?Dieu aime rompre les barrières, défoncer des murs, créer de l’insécurité, nous amener sur des chemins nouveaux où seule notre foi pourra nous guider. Sommes-nous capables de le suivre ou sommes-nous prisonniers de nos fausses sécurités ?

Si nous acceptons l’idée que Dieu appelle de multiples façons, en dehors des sentiers battus, hors des murs de l’église, à Sa façon et non à la nôtre, comment ne pas consentir à ce qu’Il appelle aussi en dehors de nos normes humainement établies ?

***

Comment ne pas faire le parallèle avec l’appel des femmes à servir dans un ministère ?  Il me semble, en effet, que des femmes se lèvent dans l’Église et se disent appelées par le Christ à servir dans un ministère. Elles vont trouver le magistère officiel et lui disent : «Me voici puisque tu m’as appelée». Et le magistère de répondre : « Je ne t’ai pas appelée ma fille, retourne te coucher ».

La vraie question posée ici est celle de l’interprétation de la volonté de Dieu. Héli était bien convaincu de connaître la volonté de Dieu. Or, il a dû apprendre à la discerner dans l’appel de l’enfant et à s’y soumettre au-delà de ses acquis culturels et religieux.

Cette histoire de l’appel de Samuel me révèle qu’un ministère, qu’il soit prophétique ou sacerdotal, est d’abord un appel personnel de Dieu avant d’être un service d’Église. Comme l’Église est instituée pour servir la volonté de Dieu, elle doit discerner ces appels dans le cheminement spirituel de ses membres. Tout ministère ecclésial est d’abord un appel qui doit être discerné pour les femmes comme pour les hommes.

Ce n’est donc pas de l’ordre d’une cause à défendre ni même d’un droit à proclamer. La véritable requête des femmes envers l’Église, c’est qu’Elle consente à discerner la volonté de Dieu en ses filles comme en ses fils!

En ce XXe siècle de l’histoire de l’Église, je crois qu’il n’y a pas d’autre voie pour les femmes appelées aux différents ministères que de continuer à se lever pour présenter au magistère leur demande officielle : « Me voici puisque Tu m’as appelée » ... et ce, autant de fois qu’il faudra ! »

Nous, femmes qui sommes appelées à la prêtrise ou au diaconat, continuons sans relâche dans la nuit de l’Église à nous lever et à aller à la rencontre d’Héli, par besoin de répondre à l’appel, par désir de servir. Héli est, depuis trop longtemps, âgé et aveugle. Comme à Abraham à qui Il a donné un fils dans son vieil âge, Dieu fera-t-il à Héli la grâce de lui donner la vue ?  C’est notre espérance. Car si l’Église nous condamne au silence, seule notre foi au Dieu de la Vie et de la Vérité nous permet de persévérer. Pourquoi ne pas nous taire ? Parce qu’on en est incapable, parce que ça crie de l’intérieur, parce que ça fait mal, comme à un enfant prêt à voir le jour et qui est retenu dans les entrailles de sa mère. Se taire, ce serait mourir, renoncer à la vie qui coule en nous, que Dieu lui-même a déposé dans nos veines.

Comme Église, serons-nous capables de reconnaître l’appel de Dieu présent dans ses femmes et marcher avec elles jusqu’au réveil d’Héli ?  Serons-nous capables de nous solidariser à leur souffrance et nous laisser toucher par cette force (mélange de douleur et de foi) qu’elles portent ?

Il y a cinq ans, nous étions 15 femmes à participer à une recherche doctorale dont les résultats viennent d’être présentés à la faculté de théologie de l’Université de Montréal par Mme Pauline Jacob. Cette recherche a témoigné de l’authenticité de notre appel vocationnel. Nous sommes prêtes et attendons le réveil d’Élie.

***

Je vous emmène ailleurs maintenant, dans le bureau d’une grande amie, dans un centre d’aide à la recherche d’emploi. Elle y occupe un nouveau poste depuis janvier dernier, en lien avec les immigrants. Elle reçoit donc quotidiennement des gens qui parlent difficilement le français, sont passablement désorientés et doivent quand même se trouver un emploi. Pour elle, c’est un nouveau poste qui exige d’ouvrir ses horizons à une réalité jusque-là inconnue. Avec son grand coeur, elle se laisse toucher par les besoins des gens, par leurs histoires, par leurs souffrances.  Elle se laisse aussi toucher par la réalité des Québécois des petites villes qui voient débarquer depuis les cinq dernières années des centaines d’immigrants dans leur ville. Souvent, la peur de l’inconnu, du différent amène des réactions de repli sur soi ; pensons seulement à Hérouxville. Le désir d’accueillir et de servir amène certains autres Québécois à vivre des situations et des émotions dont ils ne saisissent pas toujours l’ampleur ni la profondeur. Tant de nouveautés, si rapidement, gèrent un paquet d’interrogations, ouvrent des horizons, invitent à la réflexion. Mais où est Héli ? Où est celui qui peut aider la relecture de la vie, amener à une compréhension en profondeur de ce que je vis comme être humain et de ce que les autres vivent aussi ? Qui peut permettre de comprendre la vie « au ras des pâquerettes », comprendre les nouveautés, les bouleversements, la situation planétaire pour ensuite permettre un cheminement à la rencontre de Dieu présent, vivant, souffrant ? Qui sera capable de marcher dans des sentiers laïcs tout en restant capable de dire Dieu et d’aider les pèlerins à l’entendre, à le reconnaître et à y répondre.

Tous, nous connaissons des personnes engagées par leur vie, dans différents milieux, tous au service des autres et du Royaume.  Ils ne le nomment pas ainsi, ne nous parlent pas de Dieu, encore moins d’évangélisation, mais pourtant le vivent au quotidien, souvent beaucoup plus que nous, dont se devrait être la « spécialité ». Saurons-nous reconnaître en toute humilité la grandeur des actions laïques posées en faveur du Royaume et être capables de marcher avec ces gens, simplement, discrètement, sans titres ni privilèges, juste parce que nous reconnaissons que Dieu est là, présent et qu’Il a besoin d’Héli pour aider ces gens à Le reconnaître ?

Dans un Québec sécularisé, Héli se doit de sortir du temple, de son monde connu et sécurisant pour aller, dans un mouvement missionnaire, à la rencontre de l’Autre, du différent, en Galilée. Héli doit accepter de se faire instruire par le peuple, les gens simples, les travailleurs, le monde séculier, pour changer son vocabulaire, son approche, ses façons de penser. Il doit avant tout retrouver la vue, rajeunir son âme, rouvrir son esprit pour pouvoir de nouveau reconnaître, discerner, percevoir Dieu et ses multiples appels. Souvenez-vous, Dieu n’a pas changé, Il n’a pas cessé d’appeler, saurons-nous Le reconnaître ?

Héli a du pain sur la planche, vous ne trouvez pas ?  Nous aussi... Retroussons nos manches, n’ayons pas peur, laissons l’Esprit modeler nos vieilles mentalités, refaire nos conceptions et bâtir en nous du neuf, de la vie. Ainsi revivifiés, nous pourrons de nouveau être instruments du Père dans un monde qui ne nous fait plus peur.

Laval, le 9 avril 2007


NOTES

[1] «Diane Foley  demande que l’Église s’ouvre à discerner les appels des femmes au sacerdoce » Conférence donnée à Moncton, le 4 octobre 2006. Texte sur le site www.femmes-ministeres.org


Site du Réseau Femmes et Ministères - www.femmes-ministeres.org
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