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Le jésuite belge, Paul Tihon, professeur à l’Institut Lumen Vitae pendant de nombreuses années, interpelle vivement l’ensemble  des chrétiens sur la “bonne nouvelle” qu’ils ont mission de répandre “à toutes les nations”. Après avoir posé un bilan “en demi-teinte” du catholicisme occidental, il déchiffre les signes des temps pour avouer la rencontre doublement manquée du christianisme et de la modernité. A la racine du blocage, il nomme la constitution d’une hiérarchie cléricale, l’importance du juridisme, la proclamation de certains dogmes, la non-ordination d’hommes mariés et de femmes, la centralisation des pouvoirs et des décisions, l’autoritarisme dans de nombreuses questions éthiques, surtout sexuelles, etc. L’auteur revient à plusieurs reprises sur la fait que Jésus n’a pas voulu fonder une nouvelle religion; il a vécu “la religion des ses pères” en proclamant la bonté de son Père pour tous et en demandant à ses disciples de s’aimer véritablement: ce mouvement Jésus s’est répandu par toute la terre mais s’est comme sclérosé dans une culture et des institutions du Moyen-Âge. Se référant aux premières communautés, l’auteur estime que l’Église n’a pas cessé d’innover pour témoigner du règne de Dieu comme une semence. Il y a urgence à trouver un nouveau langage sur Jésus pour dire que l’Évangile est une bonne nouvelle  pour tous les peuples. De nouveaux sentiers doivent s’ouvrir dans l’Église: nécessaire décentralisation, réelle participation et accompagnement de l’évolution culturelle de notre temps. “Mon propos, mon souhait est d’aider à désobstruer la source de l’Évangile pour qu’elle coule plus limpide et plus abondante; j’espère montrer comment on peut se sentir à l’aise dans l’Église catholique romaine.”

✝ François Thibodeau, c.j.m.

Janvier 2010



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