
Présentation
Le 29 mars 2003, suite à une tournée consultative de deux ans
organisée par le réseau Femmes et
Ministères auprès de 400 femmes de 10
diocèses du Québec, une centaine de femmes, engagées à divers
titres dans l’Église au Québec et au Canada français, ont explicité,
dans une déclaration publique, les principaux résultats d’une réflexion
collective soutenue par l’outil d’animation «
La 25e heure pour
l’Église». Cette déclaration était le résultat d’un
processus de
sensibilisation et de conscientisation autour de questions relatives à
la situation des femmes dans l’Église, telles : l’exclusion, la
violence, la discrimination, l’abus de pourvoir… Ces femmes, venues de
divers milieux et membres de différents groupes, ont dénoncé les
pratiques dites d’inégalité et/ou d’exclusion et affirmé
souhaiter « une Église libératrice, ouverte sur le monde », axée sur
les personnes, la coopération entre hommes et femmes, le refus de toute
discrimination. La dernière partie de la déclaration
comportait une série d’engagements de la part des femmes concernées.
Déclaration
Déclaration votée par 100 femmes en
assemblée plénière tenue à Montréal, le 29 mars 2003.
Nous, femmes engagées en Église, disciples de Jésus Christ,
Nous persistons à dénoncer :
-le pouvoir centralisateur
du Vatican tel qu’exercé actuellement dans
l’Église;
-le fait que, dans la société les femmes sont inscrites dans une
culture
patriarcale, renforcée en Église par une culture
cléricale. En découle donc : le non-accès au pouvoir, la
discrimination, le langage théologique et liturgique marquant
l’exclusion...;
-les justifications théologiques du discours officiel de l’Église pour
maintenir la non accession des femmes aux ministères ordonnés;
-les pratiques d’inégalité entre les hommes et les femmes à tous les
niveaux de la structure ecclésiale;
-les pratiques ecclésiales qui déforment le Message évangélique en
excluant certains groupes de personnes.
Nous voulons :
- une Église libératrice,
ouverte sur le monde, qui donne plus
d’importance aux personnes qu’aux rites, lois, disciplines, coutumes.
- une Église où hommes et femmes travaillent ensemble à la proclamation
de l’Évangile.
- une Église, communauté de foi, qui reconnaît l’appel des femmes à
toutes les formes de ministères dont les ministères ordonnés.
Nous affirmons :
- que notre Église
doit être
une Église du cœur où la priorité est
accordée aux humains;
- que, dans notre Église, toute personne doit être reconnue pour ses
talents, ses charismes, sans distinction de rôle et de fonction;
- que seul le baptême détermine notre appartenance à l’Église car,
comme
le dit Paul : « Il n’y a plus ni Juif, ni Grec; il n’y a plus ni
esclave, ni homme libre; il n’y a plus l’homme et la femme; car tous,
vous n’êtes qu’un en Jésus-Christ. »
(Ga 3,28)
Nous nous engageons :
- à
conscientiser nos communautés à un vrai partenariat femmes /hommes en
Église;
- à utiliser le langage inclusif;
- à assumer une prise de
parole significative dans la vie ecclésiale et
liturgique;
- à dénoncer toute forme de violence à l’intérieur de notre Église;
- à réagir à toute forme d’injustice dans nos communautés;
- à promouvoir un modèle organisationnel qui soutient l’exercice du
pouvoir décisionnel des femmes dans les équipes de travail à tous les
niveaux de l’institution;
- à développer des solidarités avec les agentes et les agents de
changement dans l’Église;
- à créer et à maintenir des lieux de soutien et de partage
entre femmes engagées en Église;
- à promouvoir et à soutenir la formation de petites communautés
permettant la mise en place d’alternatives d’appartenance.
Site du Réseau Femmes et Ministères
- www.femmes-ministeres.org
Consulté
le