
Le dynamisme apostolique de Reine Antier continue d’inspirer la mission des Sœurs de l’Enfant-Jésus de Chauffailles en relation avec l’évolution du monde et en réponse aux besoins actuels de l’Église. Une brève traversée de leur histoire aidera à faire ressortir les traits qui caractérisent l’engagement prophétique de leur fondatrice.
Enracinement au Puy
La congrégation des Sœurs de l’Enfant-Jésus de Chauffailles est une branche de la Société de l’Instruction du Saint-Enfant-Jésus du Puy, fondée au Puy-en-Velay en 1667, par Anne-Marie Martel et deux prêtres de Saint-Sulpice. Ces Dames se livraient à l’éducation et à l’instruction de la jeunesse. Reine Antier est née à Lausonne en 1801 d’une famille aisée et très chrétienne où elle a appris à respecter toute vie et à aimer chaque être pour qu’il se reconnaisse aimé de Dieu. Elle a fait ses études à l’école de l’Instruction du Saint-Enfant-Jésus du Puy. En 1823, elle devient membre de cette Société et reçoit le nom de sœur Augustine.
En 1846, pour répondre à un besoin du diocèse d’Autun, la
supérieure du Puy envoie Reine Antier prendre la direction de l’école
des filles à Chauffailles; elle y est appréciée pour sa sagesse, sa
grande bonté, la clairvoyance de son jugement et sa riche expérience
dans l’enseignement. Dès la première année, l'attention à la vie des
habitants l’incite à ouvrir avec ses sœurs une garderie pour les
enfants laissés seuls pendant que leurs parents travaillent aux champs
ou au tissage. Elle met tout en œuvre pour former, par l'éducation des
filles, des chrétiennes et de bonnes mères de famille. Rapidement, elle
perçoit l'urgence d'évangéliser non seulement les enfants mais la
famille entière. Alors, elle crée des rassemblements pour les filles,
pour les femmes et pour les hommes. Les oeuvres hospitalières sont nées
dans la Congrégation le 27 août 1848, jour où Reine Antier accueille
son premier malade. Sa compassion pour les malades, les pauvres et les
disgraciés était sans limites. Douze ans plus tard, la Maison de
Chauffailles possédait un florissant noviciat et soixante-dix
établissements répartis en cinq diocèses. De toute la région, on lui
demande des sœurs formées selon sa méthode et son esprit.
Fondation à Chauffailles
Dès 1857, l’évêque d’Autun entreprend des démarches pour détacher la
communauté de Chauffailles de celle du Puy. Le 14 septembre 1859, Mgr
Bouange publia le décret d’érection de la congrégation des Sœurs de
l’Enfant-Jésus de Chauffailles alors formée de 14 novices et 78
religieuses professes avec sœur Augustine comme supérieure générale.
Dès sa jeunesse, deux passions ont habité Reine Antier : partager avec
les enfants son avoir et son savoir; visiter et aider les personnes
pauvres et âgées de son voisinage. Après la fondation de la
Congrégation, elle fera des plus pauvres une priorité apostolique, tant
auprès des jeunes, des malades ou d’une région entière. À partir de
1877, elle participera à l'évangélisation à l’extérieur de la France
alors qu’elle enverra, à la demande de Mgr Bernard Petitjean, pmé, le
premier contingent de sœurs au Japon.
Reine Antier mourut le 28 octobre 1883, à l’âge de 82 ans, après avoir
travaillé à l’ouverture de 127 établissements. La Congrégation comptait
alors 356 religieuses professes, 16 novices, 7 postulantes et 111
établissements. La congrégation des Sœurs de l’Enfant-Jésus de
Chauffailles a été reconnue de droit pontifical par le Pape Pie XI le
17 juin 1931.
Conséquences de la Loi Combes
En 1901, Émile Combes, à la tête de la République française,
déclencha une vive offensive contre les congrégations religieuses. Cent
deux des écoles des Sœurs de l’Enfant-Jésus furent fermées et les sœurs
en furent expulsées. Chacune d’elles choisit alors personnellement sa
voie : poursuivre la présence dans le monde scolaire en renonçant à
tout signe de consécration religieuse et à tout lien visible avec la
Congrégation ou bien quitter l'enseignement et inventer d'autres
manières de vivre l'éducation chrétienne, en paroisse et hors
frontières. Leur choix a lancé les sœurs sur de nouveaux chemins
d'évangélisation. Déjà présente au Japon (1877), la Congrégation a
essaimé alors en Italie (de 1904 à 1938; de 1965 à 1988), au Canada
(1912), en République Dominicaine (1969), au Tchad (1980) et au
Cambodge (2002).
Ministère de présence
Dans la vie de Reine Antier, tout était centré sur l’amour et la contemplation du Verbe fait chair. « À la suite de leur Fondatrice, les Sœurs de l'Enfant-Jésus de Chauffailles sont appelées par le Père à manifester le mystère d'amour d'un Dieu qui se fait enfant en Marie. Elles se consacrent à l'éducation chrétienne spécialement auprès des jeunes, des malades et des pauvres, de préférence en milieux moins favorisés. » (Charisme et mission)
Influencé par les spiritualités sulpicienne et ignatienne, le
projet évangélique de Reine Antier correspondait à des appels du temps
avec une attention spécifique pour les personnes moins nanties.
L’impulsion donnée par Reine Antier s’est transmise jusqu’à
aujourd’hui. L’héritage sulpicien-ignatien est une sève qui alimente
encore la vie spirituelle, communautaire et apostolique des Sœurs de
l’Enfant-Jésus. La contemplation du mystère de l’Incarnation les
conduit à l’engagement auprès des frères et sœurs en attente de justice
et d’amour. Dans la simplicité, elles vivent leur mission d’éducation
chrétienne en se faisant proches de ceux et celles vers qui elles sont
envoyées par une présence compatissante et aimante. Transformer le
monde en y ajoutant une touche de tendresse et de paix, n’est-ce pas
faire œuvre d’incarnation ?
Georgette Sirois, rej
Le 25 mars 2010
Pour plus de détails, visiter le site www.soeursdelenfantjesus.com
Site du Réseau Femmes et Ministères
- www.femmes-ministeres.org
Consulté
le