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Présentation avec support informatique faite au réseau Femmes et ministères, le 25 octobre 2009.
Le texte a été révisé et complété le 2 mars 2011
Dernière mise à jour : 8 juin 2011


Table des matières

Introduction

1 - La question de l’ordination des femmes dans la marge de l’institution ecclésiale

1.1 - À l’échelle planétaire
1.1.1 - Des groupes militant pour l’ordination des femmes
1.1.2 - Les affirmations d’individus
1.1.3 - Des publications
1.2 - Au Québec et au Canada
1.2.1 - Les interventions et les reconnaissances publiques
1.2.2 - Les publications

2 - En bordure de la marge : les ordinations contra legem

2.1 - Un projet devenu réalité
2.1.1 - La préparation à d’éventuelles ordinations
2.1.2 - Les premières ordinations
2.1.3 - Les ordinations de femmes évêques
2.2 - La constitution du Roman Catholic Womenpriests [RCWP]
2.2.1 - La structure organisationnelle
2.2.2 - Le modèle de fonctionnement
2.3 - Une meilleure connaissance de ces femmes ordonnées
2.3.1 - Gisela Forster (1946-)
2.3.2 - Christine Mayr-Lumetzberger (1956- )
2.3.3 - Patricia Fresen (1940- )
2.3.4 - Ida Raming (1932- )

3 - Pour conclure
: la question de l’ordination des femmes et l’institution ecclésiale

Références




La question de l’ordination des femmes et de leur intégration à tous les ministères n’est pas nouvelle dans l’évolution du christianisme. Il est même possible de retrouver, dans l'art chrétien ancien, des représentations d’eucharisties célébrées par des femmes dans les premières années de la chrétienté.[1] L’exposé ne tiendra compte ici que de la période du nouveau millénaire.

En dépit des apparences, la problématique de l’ordination des femmes demeure une question en mouvement à notre époque, même si un premier coup d’oeil révèle un statisme apparent. Des petits gestes posés pour supporter cette cause sont révélateurs de l’importance qu’on y accorde. Ainsi, il est intéressant de se rappeler l’action de Jennifer Sleeman, une Irlandaise de 80 ans, qui a initié un mouvement de boycottage de la messe dominicale par les femmes, le 26 septembre 2010, pour protester contre le traitement que l’Église catholique réserve aux femmes. Et ce geste n’est pas unique. Il en surgit régulièrement dans différents coins de la planète.

La question de l’ouverture des ministères ordonnés aux femmes a, dans l’espace public, une visibilité que nous ne pouvons ignorer. Elle se pose à la fois dans la marge et en bordure de la marge de  l’institution ecclésiale catholique.

1. La question de l’ordination des femmes dans la marge de l’institution ecclésiale

La marge institutionnelle évoque les personnes et les groupes qui, tout en se situant à l’intérieur de l’institution ecclésiale, prennent des positions qui divergent de l’orientation vaticane. Elles vivent une forme de dissidence, dissidence qui peut aussi être passage de l’Esprit, comme l’évoquent Alain Ambeault, Lise Baroni Dansereau, Yvonne Bergeron, Lucien Lemieux et Marco Veilleux dans Dissidence, résistance et communion en Église (Métras, 2009). Ce qui se qualifie de marge institutionnelle existe à l’échelle planétaire comme dans l’environnement qui est le mien, soit le Québec et le Canada.

1.1 À l’échelle planétaire

La question de l’ordination des femmes préoccupe des individus et des groupes de différents coins de la planète. Elle a également donné lieu à un certain nombre de publications.

1.1.1 Des groupes militant pour l’ordination des femmes[2]

Des groupes sont très actifs depuis plusieurs années pour faire avancer cette question, certains au niveau de leur pays ou de leur coin de pays, d’autres à une échelle plus large.

•    Des groupes nationaux

Il existe de nombreuses associations qui promeuvent l’ordination des femmes. On en trouve principalement aux États-Unis, en Australie, en Allemagne, en Irlande, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Afrique du Sud.

Aux États-Unis, le plus ancien et le plus imposant groupe est le Women’s Ordination Conference [WOC], fondé en 1975, à la suite d’un congrès ayant permis à près de 2000 personnes d’exprimer leur point de vue sur la vocation des femmes à la prêtrise. WOC représente des catholiques américains qui supportent l’ordination des femmes dans une proportion de près de 70%. Ce groupe demeure très actif pour promouvoir l’ordination de femmes comme prêtres, diacres ou évêques et repenser la question des ministères dans l’Église. Outre ses militantes bénévoles, WOC possède un personnel rémunéré et un conseil consultatif composé de membres tels Roy Bourgeois, Mary E. Hunt, Andrea Johnson, Theresa Kane, Rosemary Radford Ruether, Elisabeth Schüssler Fiorenza. Il existe plusieurs groupes locaux du WOC, dont le Southeastern Pennsylvannia Women's Ordination Conference [SEPAWOC] en Pensylvanie. On retrouve également des membres de WOC en différents coins de la planète. D’autres organisations, tel le Women-Church Convergence [W CC] au New Jersey et le Future Church en Ohio, promeuvent également l’ordination des femmes aux États-Unis.

En Afrique du Sud, le Women’s Ordination South Africa [WOSA], fondé en 1996, a débuté son engagement envers la cause de l’ordination des femmes par une vaste campagne comprenant des débats publics et des annonces publicitaires à l’extérieur des églises. Devant les réactions négatives que leurs actions suscitaient, les membres choisirent alors des modes d’intervention plus doux tels la publication d’un bulletin bisannuel sur la question ou des rassemblements annuels publicisés autour d’événements comme la journée internationale de prières pour la cause de l’ordination des femmes, le 25 mars, ou lors de la Messe chrismale.

En Allemagne, il existe un certain nombre de groupes actifs au niveau de l’ordination des femmes, dont le groupe Maria Von Magdala [MVM], l’Aktion Lila Stola [Mouvement de l’étole violette] et un groupe centré sur le diaconat des femmes, le Netzwerk Diakonat der Frau [Réseau pour le diaconat des femmes].

Le groupe Maria Von Magdala, fondé en 1987 à Munster en Westphalie et enregistré officiellement en septembre 1993, travaille à l’amélioration de la situation des femmes à l’intérieur de la structure ecclésiale catholique. Ses membres militent pour une Église renouvelée à l’intérieur de laquelle les hommes et les femmes seraient égaux dans tous les secteurs.

L’Aktion Lila Stola, fondé à Mainz en 1996, est une section de Nous sommes Église [IMWAC] qui promeut la pleine égalité des femmes et des hommes dans l'Église catholique romaine. L'idée de porter une étole violette est d’abord venue du Catholic Women’s Ordination [CWO] en Angleterre alors que, dans les années 1990, des femmes ont commencé à porter une étole ou une écharpe violette pendant la messe pour symboliser leur désir d’être ordonnée et la souffrance qu’elles vivaient à l’intérieur d’une Église hiérarchique qui gaspille leurs qualités de leaders et leurs charismes ministériels. À travers le violet, cet ancien symbole de metanoia, de nouveau départ, le Mouvement de l’étole violette continue de souligner la Journée mondiale de prière pour l'ordination des femmes, le 25 mars de chaque année, avec de nombreux groupes à l’échelle planétaire. En 2001, lors du congrès international du Women’s Ordination Worldwide [WOW] à Dublin, l’assemblée a proposé que l’étole violette soit adoptée comme symbole international de la cause de l’ordination des femmes.

Le Netzwerk Diakonat der Frau a été fondé en 1997 à la suite d’un congrès de théologie à l’Académie du diocèse de Rottenburg-Stuggart ayant pour thème : Le diaconat : un ministère pour des femmes dans l'Église - un ministère adapté aux femmes ?[3]   (Raming, 1998b). Il promeut le diaconat comme une étape essentielle dans la marche vers l’accessibilité des femmes à tous les ministères. Il a comme devise : « Espérant contre toute espérance ». Depuis 1999, ce groupe prépare des femmes à des services de leadership en vue d’une éventuelle ordination diaconale. Il a mis sur pied un programme de formation de trois ans semblable à celui des diacres permanents. Les membres s’apportent un support mutuel à travers le Cercle diaconal. Le processus de formation comprend trois volets : le travail dans un aspect pratique du ministère diaconal, l’accompagnement spirituel et les exercices spirituels, auxquels s’ajoutent six séminaires de fins de semaine par année.

En Australie, le Women of the New Covenant a été fondé en 1993 pour promouvoir l’ordination des femmes. La mise en circulation d’une pétition à cet effet, pétition présentée au pape Jean-Paul II lors de sa visite dans ce pays en 1995 pour la béatification de Mary MacKillop, sera son premier geste officiel. En 1996, le groupe tente également de cibler la clientèle étudiante par différentes actions de sensibilisation et sont récompensées par une subvention du Victorian Women's Trust [Fiducie des femmes victoriennes]. Cet organisme travaille à la construction d’un monde où toutes les femmes pourraient réaliser leur potentiel, vivre en toute sécurité, sans crainte d’être discriminées ou désavangées et profiter d’une pleine participation citoyenne. Une autre organisation nationale australienne a été très active jusqu'en novembre 2009 pour promouvoir l’ordination des femmes, soit l’Ordination of Catholic Women Inc. [OCW] .

En France, le mouvement Femmes et hommes en Église [FHE], créé en 1970, travaille au sein d'un réseau oecuménique, national et international. FHE est membre fondateur de la Fédération des réseaux du Parvis, créée en 1999, un regroupement d’une soixantaine d'associations, de communautés et de mouvements engagés pour des réformes profondes dans l'Église. À l’hiver 2006, FHE a organisé le colloque Femmes prêtres : un enjeu pour la société et les Églises. On y retrouvait, entre autres, des conférencières telles Kari Elisabeth Børresen, Patricia Fresen, Olivette Genest. FHE possède une unité de recherche et de documentation Genre en Christianisme [GC], laquelle vise l’étude de la construction religieuse du genre et sa transformation. GC est doté d’un conseil scientifique. Il organise des cycles de conférences universitaires et gère un fonds de 2 000 ouvrages consultables à la bibliothèque des Dominicains du Saulchoir.

En Irlande, le Brothers and Sisters in Christ [BASIC], fondé en 1993, est un réseau dont les membres cherchent à alimenter les vocations de femmes à un ministère presbytéral renouvelé et à faire advenir l’ordination des femmes dans l’Église catholique à travers la prière et l’action. Sa première initiative, après sa fondation, fut de lancer une pétition demandant que toutes les responsabilités et tous les ministères dans l’Église soient ouverts également aux femmes et aux hommes. BASIC souhaite que l’Église soit libérée des structures et des lois sexistes et guérie des divisions entre les hommes et les femmes. Ce groupe est à l’origine de la concrétisation du projet de toile représentant Jésus à la dernière Cène avec des femmes, des hommes et des enfants[4] . L’artiste polonais Bohdan Piasecki en est le créateur. On souhaitait ainsi faire un contrepoids à La Cène de Leonardo da Vinci qui a marqué l’imaginaire de plusieurs chrétiens et chrétiennes et laisser croire qu’il n’y avait que des hommes à ce dernier repas, argument souvent utilisé pour s’opposer à la présence de femmes dans les ministères. Comme membre de WOW, BASIC a été choisi pour tenir le premier congrès international de ce regroupement d’associations promotrices de l’ordination des femmes en 2001.

Au Japon, le groupe Phoébée a  été lancé à Tokyo en mars 2000 en réponse à l’invitation du comité organisateur du congrès de WOW 2001. Même si le groupe n’est constitué que d'une poignée de membres et que le climat offre peu d’espoir par rapport à la question, elles sont fières de participer au rêve d’Église tel qu’exprimé par WOW et se disent encouragées par l’existence des mouvements dans le monde entier. Elles se réunissent régulièrement pour observer et analyser la situation des femmes dans l’Église catholique romaine. Elles travaillent à conscientiser les femmes à la réalité de cette Église et font entendre leur voix lorsque nécessaire, soit directement, soit indirectement en écrivant tant aux autorités qu’aux médias.  Elles utilisent tous les moyens et toutes les occasions possibles pour inviter leurs sœurs comme leurs frères à partager leurs préoccupations et leurs objectifs.

Aux Pays-Bas, il existe le Stichting VrouwMens [Fondation Homme Femme]. Cette organisation a eu sa première action « Étole violette » lors de la consécration du nouvel évêque de Den Bosch à la cathédrale St. John de cette ville[5] .

Au Royaume-Uni, on y trouve le Catholic Women’s Ordination [CWO] et le groupe New Wine.

 Le CWO, fondé en 1993, veut être un lieu d’échanges pour examiner, contester et développer une compréhension actuelle de la prêtrise. Il milite pour atteindre l'ordination des femmes à une prêtrise renouvelée dans l'Église catholique romaine. Ses membres souhaitent participer à la construction d'une communauté ecclésiale qui incarne vraiment la justice prônée par Jésus. S’y vivraient des relations égalitaires entre les hommes et les femmes, la possibilité pour celles-ci de réaliser leur propre vocation et, pour la communauté ecclésiale, de bénéficier de leur expérience et de leurs forces dans la prêtrise ministérielle. Ce groupe a été très actif lors de la visite du pape Benoît XVI du 16 au 19 septembre 2010. Une quinzaine d’autobus rouges, affichant des messages appelant à l’ordination des femmes dans l’Église catholique, ont alors sillonné la capitale britannique en passant notamment devant le parlement et la cathédrale de Westminster pendant le temps de la visite du pape et durant les  semaines qui ont précédé l’événement.

New Wine est un groupe de femmes qui fournit un cadre informel de soutien mutuel, d’alimentation et de développement aux femmes de tradition catholique romaine, qui se croient appelées par Dieu et par la communauté au ministère ordonné. Ses membres se manifestent parfois publiquement lors d’événements, telle l’année sacerdotale.

Outre ces organisations nationales, il existe des mouvements internationaux qui se sont formés au fil des ans.

•    Des groupes internationaux

Mentionnons tout d’abord le plus ancien groupe international qui a porté la cause de l’ordination des femmes dans ses objectifs soit, l’Alliance internationale Jeanne d'Arc (St Joan’s International Alliance). L’International Movement We Are Church [IMWAC] [Mouvement international Nous sommes Église] a également joué un rôle majeur. Il a été à l’origine de la fondation du Women’s Ordination Worldwide [WOW], ce regroupement d’associations faisant la promotion de l’ordination des femmes. Et il ne faut pas oublier la société de bienfaisance Housetop Care Limited avec son siège social en Grande-Bretagne. Elle possède un site pour l’ordination des femmes qui irradie à la grandeur de la planète, soit le Women can be Priests, anciennement nommé Women Priests.

L’Alliance internationale Jeanne d'Arc

Même si l’Alliance internationale Jeanne d'Arc (St Joan’s International Alliance) (St. Joan's Social and Political Alliance) n’a pas comme objectif premier l’ordination des femmes, elle l’intègre toutefois à des objectifs plus larges de reconnaissance de l’égalité des hommes et des femmes dans la société . Fondée à Londres en 1911, cette association a d’abord milité pour le droit de vote des femmes (Pelzer, 1977/1992). Déjà, au début du XXe siècle, elle parle de l’égalité des hommes et des femmes dans l’Église. Et en 1961, elle interpelle le pape au sujet de l’accessibilité des femmes au diaconat; puis, en 1963, elle lui présente une résolution sur l'admission de femmes à la prêtrise. Pendant le concile Vatican II, ce fut la seule organisation féminine à réclamer la parité juridique des femmes dans l’Église catholique romaine (Raming, 2000).  Toujours très active en Angleterre et dans un certain nombre de pays, elle est reconnue, depuis 1951, comme organisation non gouvernementale ayant un statut consultatif  à l’ONU et participe ainsi à différents débats de société dont certains incluent les femmes dans les religions. Certaines membres de cette organisation sont également très actives dans les mouvements pour l’ordination des femmes (Sevre-Duszynska, 2009).

Le Women’s Ordination Worldwide

En juillet 1996, au terme du Premier synode européen des femmes réunissant 84 participantes, à Gmunden en Autriche, différents groupes militant pour l’ordination des femmes ont formé le Women’s Ordination Worldwide [WOW].  Ce réseau œcuménique de groupes nationaux et internationaux a comme mission principale l’admissibilité des femmes catholiques romaine aux ministères ordonnés. WOW a initié deux congrès internationaux.

WOW 2001, qui s’est tenu à Dublin, a réuni 370 personnes de 26 pays. Il avait pour thème : « Maintenant, c’est le temps : une célébration de l’appel de femmes à une prêtrise renouvelée dans l’Église catholique ». Ce congrès a été largement publicisé entre autres à cause des interventions vaticanes pour interdire la présence de membres du clergé ou de communautés religieuses, leur tentative d’empêcher la conférence de Joan Chittister (2001) et la prise de position de la prieure de la communauté de cette bénédictine, Christine Vladimoroff (2001). Comme je l’avais exprimé à l’issue de ce congrès :

J’ai pu toucher du doigt l’actualité de cette cause dans l’Église des baptisés, être en lien avec des femmes et des hommes préoccupés par ce sujet et briser la solitude que j’éprouve à certaines heures à porter cette question. Ce fut une expérience extraordinaire de fraternité et de liberté dans l’Esprit. J’ai vu le mur de la peur tomber : des femmes ont osé parler de leur appel publiquement, des femmes et des hommes leur ont manifesté leur appui. On ne pourra effacer cette prise de parole. (Jacob, 2002)

WOW 2005, qui s’est tenu à Ottawa, avait pour thème : « Rompre le silence, rompre le pain : le Christ appelle les femmes au leadership ». On a pu y retrouver des conférencières telles les théologiennes Elisabeth Schüssler Fiorenza, Rosemary Radford Ruether et Mary Hunt. WOW comprend des groupes ouverts aux ordinations contra legem, en même temps que des groupes qui n’endossent pas cette option.

International Movement We Are Church [IMWAC]

Le vaste réseau International Movement We Are Church [IMWAC] a été fondé à Rome le 25 novembre 1996, lors d’un rassemblement de responsables de 12 organisations nationales qui souhaitaient renouveler l'Église catholique romaine selon l'esprit théologique de Vatican II. Elles avaient lancé ou se préparaient à lancer, dans leur pays, à l’initiative de l’Autriche, une pétition demandant expressément une réforme structurelle de l’Église catholique romaine et, plus particulièrement, l’implantation de droits égaux pour les femmes dans l’Église dont l’admissibilité sans aucune restriction à tous les ministères ecclésiaux. (Harth, 2001 : citée par WOW, 2001, p. 29). IMWAC appuie les mouvements pour l’ordination et les différentes initiatives qui en découlent.

Housetop Care Limited et son site pour l’ordination des femmes

Housetop Care Limited possède et gère le site Women can be priests (www.womenpriests.org). Il s’agit du plus grand site Web d'information et de documentation sur l'ordination des femmes. Il a été mis sur pied par John Wijngaards en 1998. Bien qu’il se concentre sur l'Église catholique romaine, il présente des volets des diverses Églises chrétiennes. Il offre des milliers de documents en anglais - la partie plus complète du site - et en 25 autres langues : décrets de conciles et de synodes, enseignement des Pères de l'Eglise, textes de théologiens médiévaux, récents décrets du pape, articles contemporains, discussions actuelles sur l'Écriture, la tradition et le magistère de l'Église. Il existe également un cours en dix étapes conçu de manière à explorer systématiquement les concepts théologiques les plus importants utilisés dans le débat sur l’ordination des femmes. En plus de sa galerie de photos, on retrouve un forum de discussion grandement fréquenté : Circles. Ce site, régulièrement mis à jour, est LA ressource la plus importante concernant ce sujet.

Outre ces manifestations de groupes, il existe également des affirmations d’individus concernant la vocation qu’elles portent souvent depuis plusieurs années.

1.1.2 Les affirmations d’individus

Il est possible, pour qui le souhaite, de trouver des récits de cheminement vocationnel de femmes qui croient être porteuses d’un appel vocationnel ministériel dans des volumes, sur le Web ou sur des DVD et d’entendre le témoignages de certaines d’entre elles lors de colloques et de congrès.

•    Des récits de cheminement vocationnel

Le site Women can be priests fournit plusieurs récits de cheminement vocationnel de femmes qui se croient appelées à la prêtrise ou au diaconat. Dans son volume L’ordination des femmes dans l’Église catholique, John Winjgaards, donne le lien internet du récit de 15 de ces femmes que l’on retrouve sur le site Women can be priests. Le site Femmes et Ministères évoque quelques récits de femmes appelées. Et le volume Women find a way. The movement and stories of Roman Catholic womenpriests [Des femmes trouvent une voie. Le mouvement et des récits de femmes prêtres catholiques romaines] sous la direction de Elsie Hainz McGrath, Bridget Mary Meehan et Ida Raming (2008) rapportent le récit du cheminement vocationnel de 25 femmes qui se sont fait ordonnées à l’intérieur du RCWP.

•    Des rencontres de femmes « appelées » lors de congrès

À l’intérieur des congrès WOW, les femmes porteuses d’un appel à l’ordination avaient l’occasion de se regrouper et de parler entre elles de ce qu’elles vivaient. Certains colloques, tel  celui organisé par Femmes et Hommes en Église à l’hiver 2006, ont pris l’initiative de permettre à des femmes de partager ce qu’elles vivaient à ce niveau (Jeunet, 2006).

1.1.3 Des publications

En 2001, le théologien John Wijngaards publie son livre The ordination of women in the Catholic Church; unmasking a cuckcoo's tradition [L’ordination des femmes dans l’Église catholique; démasquer la tradition du coucou] qui sera traduit en français par Suzanne Tunc et publié en 2005. En 2002 Bernard Cooke et Gary Macy publient le tome 1 de A history of women and ordination : The ordination of women in a medieval context [Une histoire des femmes et de l’ordination : l’ordination des femmes dans un contexte médiéval], suivi en 2004 du tome II. Il s’agit de la seconde édition de la thèse doctorale d’Ida Raming, d’abord publiée en 1973. Le volume s’intitule The priestly office of women : God’s gifts to a renewed church [La fonction presbytérale des femmes : des dons de Dieu pour une Église renouvelée]. Dans la foulée d’un colloque initié par le Centre justice et foi à Montréal à l’automne 2006, la revue Golias publie certains textes des conférencières (Jacob, 2008; Roll, 2007; Turcot, 2007; Wakefield, 2008).

La problématique de l’ordination des femmes dans l’Église catholique demeure vivante au Québec comme dans l’ensemble du Canada en dépit des apparences. Comme dans différents coins de la planète, on travaille à la reconnaissance ministérielle des femmes.

1.2 Au Québec et au Canada

La question de l’ordination des femmes, devenue taboue depuis la Lettre apostolique « Ordinatio sacerdotalis » sur l’ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes (Jean-Paul II, 1994), a refait surface dans nos régions depuis le début du troisième millénaire à travers des interventions et des reconnaissances publiques comme à travers diverses publications.

1.2.1 Les interventions et les reconnaissances publiques

Des colloques, des congrès, des tables rondes, des lancements de livres et de DVD, des prises de position de groupes, des témoignages de femmes appelées à la prêtrise ou au diaconat sans oublier la reconnaissance du milieu universitaire ont contribué à relancer le débat.

•    Des colloques, des congrès et des tables rondes

En l’an 2000, le réseau Femmes et Ministères, dans la foulée de la Marche mondiale des femmes et du Jubilé 2000, organise le colloque Virage 2000 portant sur les stratégies de changement à mettre en place pour éliminer les pratiques discriminatoires dans l’institution ecclésiale et jeter les bases d’une plate-forme d’actions possibles sur les plans local, régional, et national. Dans le prolongement de cet événement, à la suite d’une tournée consultative de deux ans auprès de 400 femmes de 10 diocèses du Québec, le Réseau publicise une déclaration votée  par une centaine de femmes, engagées à divers titres dans l’Église au Québec et au Canada  français (Femmes et Ministères, 2003). S’y retrouvent dénoncées, entre autres, les justifications théologiques du discours officiel de l’Église pour maintenir la non-accessibilité des femmes aux ministères ordonnés et les pratiques d’inégalité entre les hommes et les femmes à tous les niveaux de la structure ecclésiale;  y est formulé le souhait d’une Église, communauté de foi, qui reconnaît l’appel des femmes à toutes les formes de ministères, ministères ordonnés inclus. À l’été 2001, le Réseau délègue une de ses membres au premier congrès international du Women’s Ordination Worlwide [WOW] à Dublin (Irlande).

À l’été 2005, le deuxième congrès international de WOW se tient à Ottawa. Le groupe hôte, membre de WOW, en est le Catholic Network for Women's Equality [CNWE][6] .

À l’hiver 2006, le Centre justice et foi organise à Montréal la table ronde Femmes en Église : un débat à relancer (Veilleux, 2006). De cet échange germera l’idée d’un colloque afin de relancer la question de l’ordination des femmes. Le Centre justice et foi, en partenariat avec le Centre St-Pierre, la collective L'autre Parole et le réseau Femmes et Ministères, coordonne cet événement à l’automne 2006. Il aura pour thème L’accès des femmes aux ministères ordonnés dans l’Église catholique : une question réglée ? La rencontre regroupera 130 personnes.[7]   La mise sur pied d’un comité du suivi à ce colloque permettra de maintenir le sujet vivant. Ce comité organisera deux autres journées sur le sujet. La première, tenue au Centre St-Pierre à Montréal le 12 avril 2008, aura pour thème L'accès des femmes aux ministères ordonnés : une réflexion à élargir et à poursuivre. La seconde, intitulée Femmes et ministères ordonnés - Des pratiquent qui interpellent, se tiendra à la cathédrale anglicane Christ Church à Montréal, le 15 février 2009.

Au printemps  2007, la paroisse Sainte-Bernadette de Trois-Rivières organise un minicolloque sur la question de l’ordination des femmes. À l’automne de la même année, le Comité diocésain pour la promotion des femmes en Église du diocèse de Moncton organise un souper conférence à Grande Digue (Nouveau-Brunswick) afin de se laisser éclairer sur les enjeux actuels concernant le rôle de la femme dans l’Église d’aujourd’hui. La conférence intitulée La vocation de la femme dans l’Église traitera abondamment de la question de l’ordination des femmes (Jacob, 2007).

Même si certains colloques n’ont pas cette question comme objectif « affiché », elle revient comme sujet à l’intérieur de différentes rencontres[8] .

•    Des lancements de livres et de DVD, des recensions

Deux lancements du livre Appelées aux ministères ordonnés se tiennent, l’un à Montréal, en présence de Rita Amabili-Rivet, auteure de Saffia, Femme de Smyrne, l’autre à Trois-Rivières, avec la participation de Mariette Milot, une des 15 femmes de la recherche à la base de ce livre (Jacob, 2006). Les deux lancements attirent plusieurs personnes. À l’automne 2007, le Salon du livre de Montréal permet des échanges sur la question. L’auteure présente également son livre lors d’un séminaire du Centre de théologie et d’éthique contextuelles québécoises [CÉTECQ] de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal en février 2008 et lors d’une soirée d’auteurs dans le cadre du Salon du livre d’Asbestos.

Quelques recensions et commentaires de ce livre sont réalisés par les revues L’autre Parole (Gratton, 2008), Le diaconal (Saint-Arnaud, 2007), L’Église de Trois-Rivières (Saint-Arnaud, 2008), Pastorale Québec (Thibodeau, 2010), Présence magazine (Gagnon, 2008), Relations (Lacelle, 2008), Reli-femmes (Deschamps, 2008), Solidaires en Église (Durand, 2007) et par les sites Culturehebdo.com (2007) et Femmes et Ministères (Richard, 2008).

Au lancement du livre Transmettre le flambeau (Veilleux, 2008) en avril 2008, Élizabeth Lacelle, une des coauteures, mentionne le volume Appelées aux ministères ordonnés comme ouvrage de référence sur la question à l’intérieur d’une réflexion où il est abondamment question d’ordination des femmes.

À l’automne 2010, le centre de production Vidéo femmes présente le documentaire Je vous salue Mariette. La réalisatrice Pauline Voisard y évoque l’engagement social et ecclésial de Mariette Milot de la Congrégation des Soeurs de l'Assomption de la Sainte Vierge. Elle y fait ressortir l’appel à la vocation presbytérale de cette religieuse. Lors du premier lancement du DVD dans la région de Trois-Rivières, des membres de sa communauté religieuse, des jeunes responsables avec elle de la formation missionnaire de jeunes, des gens du milieu viennent confirmer la vocation de cette femme de 76 ans toujours aussi active dans la communauté sociale et ecclésiale. D’autres lancements, entre autres celui fait à l’Office national du film du Canada [ONF] en février 2011, entraîneront moult échanges autour de l’ouverture souhaitée de l’institution ecclésiale à l’ordination des femmes.

•    Des émissions de radio et de télévision

Différents médias permettent à la question de resurgir. En voici quelques exemples.

En avril 2005, dans la période entourant l’élection du nouveau pape, la station radiophonique CKAC (Montréal) organise une ligne ouverte : Pour ou contre… le sacerdoce des femmes. Plusieurs stations de radio et de télévision évoquent cette question lorsque Josef Ratzinger, ancien président de la Congrégation pour la doctrine de la foi, est élu pape.

À l’été 2005, à la suite d’ordinations de femmes du Roman Catholic Womenpriests [RCWP] sur les eaux du Saint-Laurent, plusieurs émissions de radio et de télévision consacrent un temps d’antennes à la question de l’ordination des femmes. Soulignons, entre autres, l’émission La part des choses à la télévision de Radio-Canada.

La station radiophonique Radio Ville-Marie, celle des radios communautaires de Shawinigan et de l’Outaouais donnent la parole à l’auteure et à des participantes à la recherche ayant mené à la publication d’Appelées aux ministères ordonnés (Jacob, 2007). De plus, dans le cadre d’une revue de l’année 2007 de l’émission Parole et Vie du Canal Vox, Marco Veilleux décerne un Prix orange pour l’audace de la thèse soutenue à la faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal : L’authenticité du discernement vocationnel de femmes qui se disent appelées à la prêtrise ou au diaconat dans l’Église catholique du Québec (Jacob, 2006).  Et dans le cadre de la même émission, Gilles Vigneault appuiera la question à sa façon en disant : « [Au Québec], on croit à l’égalité des sexes. On croit que les femmes devraient pouvoir devenir prêtres comme vous [un prêtre présent à l’émission]. On croit à ça ici. On y croit tellement fort qu’on finira par le faire croire à d’autres plus haut dans la généalogie en question… ».

•    Des prises de position de groupes

En plus de ces différentes manifestations dans les médias, des groupes s’expriment publiquement en faveur d’une ouverture à l’ordination des femmes dans l’Église catholique. Soulignons particulièrement le Centre justice et foi, la Conférence religieuse canadienne [CRC], le réseau Culture et foi, le réseau Femmes et ministères, la collective L’autre Parole et le Réseau des Forums André Naud [FAN].

La Conférence religieuse canadienne, dans un message adressé aux évêques canadiens à l’occasion de leur visite ad limina 2006 réclame une place plus grande faite aux femmes et  demande de prendre en considération l’ordination des femmes (Ambeault, 2007, p. 101 137).

Le réseau Culture et foi affiche clairement sa position en faveur de l’ordination des femmes à travers un riche dossier sur l’ordination des femmes.

Le réseau Femmes et ministères (2007) maintient son appui à l’ordination des femmes, à travers la publication de plusieurs articles sur son site Web. Elle y rend accessibles les textes du colloque sur l’accès des femmes aux ministères ordonnés. Depuis février 2011, les textes du colloque Virage 2000 y sont également disponibles. Ce dossier comprend de nombreux textes concernant les femmes en Église. Ils sont abordés sous l’angle du pouvoir, de la violence et de la pauvreté.

Le Réseau des Forums André Naud, à travers ses différentes réflexions accessibles sur son site Web, se fait, lui aussi, l’apôtre de l’accessibilité des femmes à tous les ministères. L’équipe de Trois-Rivières/Nicolet intégre ce volet lors d’une conférence de presse sur la pénurie de prêtres au Québec, conférence de presse organisée par Radio Canada Mauricie_Centre-du-Québec à l’automne 2007.

•    Le témoignage  de  femmes qui se sentent appelées

En plus de ces prises de position de groupe, un autre phénomène surgit au Québec : des femmes commencent à s’exprimer publiquement sur ce qu’elles perçoivent comme un appel à la prêtrise ou au diaconat. Elles osent affirmer sur la place publique, à la radio, sur le Web, lors de colloques : « Je me sens appelée depuis plusieurs années à devenir prêtre ou diacre. J’aimerais que l’Église me permette d’accéder à un discernement de la même façon qu’elle le fait pour les  hommes qui perçoivent un tel appel  ».

•    La reconnaissance du milieu universitaire

Parmi les multiples manifestations d’une préoccupation relativement à cette question, mentionnons également la reconnaissance des milieux universitaires.

Trois candidates au doctorat obtiennent un Ph.D. à la faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal avec des thèmes en lien avec la question de l’accessibilité des femmes aux différents ministères ecclésiaux. Michelle Labelle (2006) défend la thèse Le festin de Babette – Une métaphore de l'eucharistie, lecture théologique; Pauline Jacob (2007), L’authenticité du discernement vocationnel de femmes qui se disent appelées à la prêtrise ou au diaconat dans l’Église catholique du Québec; Sylvie Paquette (2008), Les femmes disciples dans l’évangile de Luc – Critique de la rédaction.

Des parcours de femmes ayant travaillé à l’avancement de la réflexion sur l’accessibilité des femmes aux ministères ordonnés sont soulignés par les milieux universitaires. Olivette Genest, Élisabeth Lacelle et Annine Parent seront honorées par trois universités différentes.

En mai 2002, Olivette Genest reçoit l’éméritat de l’Université de Montréal pour sa contribution exceptionnelle tant au niveau de l'enseignement, de la recherche et de sa participation au développement de l'Université que de son leadership et de ses réalisations. Exégète du Nouveau Testament, Olivette Genest se démarque dans le domaine des études sémiotiques et des études féministes. Son analyse des arguments bibliques évoqués par Rome pour justifier la position actuelle du magistère et celle du poids du « genre » dans les fondements bibliques de l’exclusion des femmes du sacerdoce ministériel en sont des exemples (Genest, 2006, 2007).

En octobre 2008, Annine Parent reçoit un doctorat honorifique en théologie pastorale du Collège universitaire de théologie des dominicains, entre autres, pour son engagement à la cause des femmes en Église (Latreille, 2008). Dans son allocution de remerciement, elle souligne sa motivation toujours actuelle à poursuivre l’immense travail qu’il reste à accomplir, pour qu’adviennent une société et une Église où chaque personne soit reconnue comme membre à part entière, sans discrimination.

En septembre 2009, l'Université Saint-Paul honore Élisabeth J. Lacelle, la première femme théologienne diplômée de sa faculté de théologie (1967), du titre d’Ancienne de l'année. Élisabeth J. Lacelle a toujours défendu l’accessibilité des femmes à tous les ministères dans ses recherches, ses écrits théologiques et ses divers engagements.

Parallèlement à ces interventions, la question de l’ordination des femmes occupe l’espace public à travers différentes publications.

1.2.2  Les publications

Des livres porteurs de cette réalité, des articles et des textes de fond et des sites Web viennent remettre cette question à l’ordre du jour.

•    Des livres porteurs de cette réalité

À l’automne 2007, la maison d’édition Novalis sort au même moment trois volumes qui évoquent à leur façon la question de l’ordination de femmes : Saffia. Femme de Smyrne, roman historique de Rita Amabili-Rivet, Autopsie d’un débat avorté à l’intérieur duquel Alain Ambeault analyse le message adressé aux évêques canadiens par la Conférence religieuse canadienne [CRC] à l’occasion de leur visite ad limina 2006 et Appelées aux ministères ordonnés, l’adaptation de la thèse de doctorat de Pauline Jacob (2006).

Également à l’automne 2007, Le Centre Saint-Pierre réalise les actes du Colloque 2006 format DVD : « L’accès des femmes aux ministères ordonnés dans l’Église catholique : une question non réglée! » (Centre justice et foi). Le DVD comprend un guide d’accompagnement élaboré par Élisabeth Garant et Marco Veilleux. Il est possible d’y retrouver toutes les communications données lors de cette rencontre (conférences, table ronde oecuménique, synthèses), des extraits de la liturgie d’envoi qui a clôturé l’événement ainsi que les propositions issues du travail en ateliers. Il est un outil d’animation précieux pour approfondir la réflexion sur la place et le rôle des femmes dans l’Église catholique et pour en débattre dans un plus grand nombre de milieux.

Au printemps 2008, des auteurs tels Élisabeth J. Lacelle, Hélène Pelletier-Baillargeon, Marco Veilleux évoquent ce changement souhaité dans l’Église catholique à l’intérieur d’échanges intergénérationnels provoqués par Marco Veilleux (2008a).

Et, à l’automne 2010, la sortie du documentaire Je vous salue Mariette (Voisard) remet la question à l’ordre du jour des échanges dans divers milieux.

Du côté du Canada anglais, deux œuvres de Marie-Louise Ternier-Gommers méritent d’être soulignées, soit Finding the treasure within (2002) et Catholic women in ministry (2007). L’un évoque le cheminement spirituel et l’engagement pastoral de l’auteure, une catholique formée en théologie pratique au séminaire luthérien évangélique (Saskatoon) avec des femmes prêtres comme professeures et modèles; l’autre permet d’avoir accès à des récits vocationnels de femmes au cœur de pasteures…

•    Des articles et des textes de fond

Sur son site Web, le réseau Femmes et Ministères publie, outre les textes du Colloque 2006, des textes de fond qui abordent de différents points de vue la question  de l’ordination des femmes. En voici quelques-uns : Femmes et ministères dans le Nouveau Testament (Genest, 1987); La femme dans la mission de l’Église au Québec (Jauvin, 2004); La femme et l’homme de la création nouvelle selon saint Paul (Lacelle, 2009); Femmes et célébration eucharistique  (Laguë, 2002); Le mouvement des femmes et Vatican II  (Parent, 2009); La sacralisation du pouvoir mâle (Roy, 2010); Les catholiques et l’accès aux ministères ordonnés (Turcot , 2006).

La revue L’autre Parole consacre deux numéros au volet « femmes et eucharistie » : Eucharistie et Sacerdoce (automne 2006) et  Eucharistie et pouvoir clérical (printemps 2008). On y retrouve un ensemble d’articles intéressants en lien avec la problématique qui nous intéresse. En voici quelques exemples : La présidence de l’Eucharistie (Gombault, 2008); Le débat n’est pas clos sur l’ordination des femmes (Roy & Hamelin, 2006); Sexualisation/Sacralisation (Van Lunen Chenu, 2008).

La revue Sentiers de foi consacre également plusieurs articles et parfois des numéros complets au sujet. Voici quelques-uns de ces articles : Femmes et Ministères : lieu de solidarité et de parole (Dumais, 2011), Être attentif aux passages de Dieu/e aujourd’hui (Jacob, 2009) Ces lampes qu’on maintient sous la table (Laverdure, 2009), Quelle Église, quels ministères pour les femmes? (Melançon, 2011); et une belle méditation : Être prêtre non ordonnée (Hudon, 2009).

Soulignons également, l’implication de la Société canadienne de théologie dans son 38e congrès tenu en 2001 autour de la théologie du genre, thème d’autant plus important que cette théorie se retrouve actuellement au cœur du refus de permettre aux femmes qui en auraient la vocation d’accéder à la prêtrise (Dumais, 2007). Parmi ces divers articles très riches, on retrouve un texte éclairant d’Olivette Genest concernant le sujet qui nous intéresse ici, soit Le poids du « genre » dans les fondements bibliques de l’exclusion des femmes du sacerdoce ministériel.

Aux différents articles publiés s’ajoutent des sites Web porteurs de cette question.

•    Des sites Web

Le Centre justice et foi, le réseau Culture et foi, le réseau Femmes et Ministères, la collective L’autre Parole et le Réseau des Forums André Naud [FAN] intègrent la préoccupation de l’ordination des femmes à l’intérieur de leur site Web.

Du côté du Canada, principalement du Canada anglais, le Catholic Network for Women's Equality [CNWE], d’abord nommé The Canadian Catholics for Women's Ordination lors de sa fondation en 1981, travaille également à l’avancement de cette cause à travers des rencontres et son site Web.

Au delà de la marge institutionnelle, on trouve un mouvement qui se situe plus spécifiquement en bordure de celle-ci. Il est constitué de personnes qui sont prêtes à assumer leur conviction qu’hommes et femmes peuvent assumer les divers ministères selon  leurs charismes respectifs en désobéissant à la loi canonique de l’institution ecclésiale catholique.

 

2. En bordure de la marge : les ordinations contra legem

Certaines membres de WOW ont voulu pousser plus loin leur engagement pour l’ordination de femmes dans l’Église catholique en rendant possible ces ordinations. Et ce projet est un jour devenu réalité. Il s’est même structuré, au fil des ans, en une organisation, le Roman Catholic Women Priests [RCWP], organisation à laquelle nous allons nous arrêter. Que connaissons-nous de cette organisation et de ces personnes regroupées sous la bannière du RCWP ?

2.1 Un projet devenu réalité

Ce geste, qui est un jour apparu comme inévitable par certaines, est le fruit d’un long mûrissement. Des femmes ont voulu répondre à ce qu’elles ont perçu comme un appel de l’Esprit. Des évêques les ont supportées en ce sens. Un long processus de préparation a un jour débouché sur des ordinations diaconales et presbytérales dans un premier temps, puis des ordinations épiscopales par la suite.

2.1.1 La préparation à d’éventuelles ordinations

Dans la foulée du Premier synode européen des femmes en juillet 1996 à Gmunden en Autriche et de la fondation d’IMWAC en novembre 1996, un élan y avait été donné. Des femmes ont parlé ouvertement de leur appel concernant le diaconat et la prêtrise (Mayr-Lumetzberger, 2008). Les mouvements pour l’ordination des femmes ont alors voulu se solidariser. WOW a été créé. On a alors choisi des moments du calendrier liturgique pour évoquer, sur une base annuelle, les ministères des femmes : le 25 mars, fête de l’Annonciation, jour de prière pour l’ordination des femmes; le 29 avril, fête de Catherine de Sienne, jour de prière pour l’ouverture au diaconat pour les femmes; le 22 juillet, fête de Marie-Madeleine, jour de célébration de l’apôtre des apôtres (Harth, 2001 : cité par WOW, 2001, p. 29). L’idée de mettre sur pied des séminaires de formation a vu le jour. Elle s’est concrétisée tant au niveau du diaconat que de la prêtrise.

•    Le diaconat permanent

Au niveau du diaconat, le premier programme officiel de préparation, inspiré de celui pour le diaconat permanent, débute en Allemagne en 1999 sous la responsabilité du Netzwerk Diakonat der Frau. Il comprend une formation théorique et spirituelle complétée par des stages pratiques. Treize femmes, parmi lesquelles se retrouvent des membres de IMWAC, terminent un premier cycle de formation à leur ministère en 2003. Elles se mettent alors au service de leurs évêques pour des engagements à la suite du Christ et ce, même sans avoir reçu la consécration finale souhaitée. Ce groupe n’a pas procédé à des ordinations contra legem. (Harth, 2001 : cité par WOW, 2001, p. 29).

Parallèlement à la démarche visant le diaconat permanent évolue un autre groupe visant l’ordination presbytérale. Il organise un séminaire clandestin pour la formation de prêtres qui prendra beaucoup d’ampleur dans les années subséquentes.

•    La prêtrise

Déjà depuis un certain nombre d’années, des femmes qualifiées pour devenir prêtres se réunissaient pour échanger sur leur vocation et amorcer un processus de formation. Elles souhaitaient que cette situation apparemment sans issue débouche concrètement. Un programme de formation de trois ans en vue d’éventuelles ordinations presbytérales a été mis sur pied. Il fut approuvé à l’unanimité et supporté par IMWAC–Autriche lors de l’assemblée générale de 1999. Une trentaine de femmes réparties en trois groupes ont alors entrepris une démarche de formation à Linz, à Innsbruck et à Vienne (Foster, 2008; Mayr-Lumetzberger, 2008). Cette formation et la mobilisation particulière de Gisela Forster et Christine Mayr-Lumetzberger, qui deviendront les deux premières évêques de ce Mouvement, ont permis que se concrétisent les ordinations sur le Danube à l’été 2002 (Raming, 2005).

2.1.2 Les premières ordinations

Au terme de leur démarche préparatoire, sept femmes catholiques ont été ordonnées prêtres sur le Danube à l’été 2002, soit quatre Allemandes (Ida Raming, Iris Müller, Gisela Forster et Pia Brunner), deux Autrichiennes (Christine Mayr-Lumetzberger, Adelinde Roitinger) et une Américaine (Angela White/Dagmar Celeste).

Ce moment fut vécu avec beaucoup d’émotions comme le rappelle l’une d’elles : « Pendant la prostration, j'ai senti la terre sous mon corps - la terre entière qui ne choisit pas entre les hommes et les femmes, mais aime tout le monde et donne à chacun son espace » (Forster, 2005). Ces femmes cherchaient, depuis plusieurs années, une voie pour répondre à l’appel vocationnel qu’elles portaient et que l’institution catholique refusait d’entendre. À la suite de multiples démarches avortées au fil des ans, elles ont cherché, devant l’impasse, des évêques qui accepteraient de les ordonner; ce qui finit par se concrétiser. L’évêque principal, dont la légitimité a été contestée par l’institution catholique, leur aurait prouvé qu’il était dans la succession apostolique par des documents professionnellement vérifiés. Il a accepté d’ordonner les « sept du Danube » après avoir rencontré chacune personnellement et les avoir interrogées quant à leur motivation, leurs aptitudes, leur niveau d’éducation et leur approche pastorale. Il a également consulté le comité d'examen, des théologiens et des professeurs d'université, pour évaluer la pertinence de les ordonner (Forster 2002).

Ces femmes qui se sont fait ordonner agissent dans un souci de vérité. Elles croient marcher sur la route que Dieu leur indique. Ida Raming, théologienne bien connue, qui deviendra elle-même évêque à l’intérieur du RCWP, considère ces ordinations contra legem (c. 1024) comme un signe prophétique public mettant en évidence le fait que les appels spirituels aux ministères ordonnés ne peuvent jamais être éliminés par une loi imposée aux femmes par des hommes. Ces sept femmes, soutient-elle, se réfèrent à cette parole : «Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes» (Ac 5, 29). Elles évoquent également les nombreuses occasions où Jésus  a transgressé les lois inhumaines déclarant : « Le sabbat a été fait pour l'homme et non l’homme pour le sabbat » (Mc2, 27)  (Raming, 2008). L’obéissance prophétique implique un parti pris pour la justice contre l’injustice et la discrimination, une conception de l’autorité s’apparentant à la coresponsabilité et le recours à la désobéissance, lorsque nécessaire, face à une loi injuste et ce, au nom de la foi (Fresen, 2005, 2006). Rappelons que ces sept premières femmes ordonnées à l’intérieur du RCWP ont été excommuniées sans aucun dialogue possible, le 2 août 2002 (Congrégation pour la Doctrine de la Foi). Et le 19 décembre 2007, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi décrétait que celui qui confère l’ordination à une femme et la femme qui se fait ordonner encouraient l’excommunication latae sententiae.

2.1.3 Les ordinations de femmes évêques

Mais le mouvement a continué. Des femmes sont non seulement devenues prêtres, mais certaines sont également devenues évêques. Si, trouver des évêques pour les ordonner a été difficile, il n’en a pas été de même pour l’ordination épiscopale. L’offre inattendue d’un évêque sensible à cette cause, évêque dont l’identité demeure inconnue, a entraîné une première ordination de deux femmes évêques, l’une Allemande, l’autre Autrichienne. Ce geste deviendra le point de départ d’une autonomie de fonctionnement du RCWP. Et quelques années plus tard des Américaines seront ordonnées évêques.

•    Les ordinations des premières évêques

Ainsi, dans les mois qui suivent son ordination, Gisela Forster reçoit un appel téléphonique d’un évêque souhaitant la rencontrer à la suite d’une entrevue télédiffusée qu’elle avait donnée. Après un échange avec elle, il lui dit qu’il est prêt à supporter l’expansion du mouvement visant à ordonner des femmes. Il lui propose de l’ordonner évêque afin que des femmes puissent ensuite ordonner d’autres femmes ouvertement ; ce à quoi elle répond : « Non, pas moi, d’autres peut-être ». Après un refus d’Ida Raming pour des raisons de santé, elle se tourne vers Christine Mayr-Lumetzberger qui répond : « Oui ! ». Gisela se ravise finalement et, dans les mois qui suivent, Christine et elle seront ordonnées évêques par trois évêques dont l’identité gardée secrète est conservée chez des notaires. Nous sommes alors en 2003 (Forster, 2008).

Leur ordination voulait avoir une portée universelle. L'évêque présidant la célébration leur a dit qu’elles n’étaient pas ordonnées pour elles, mais pour apporter l’ordination à toutes les femmes qui veulent devenir prêtres dans le monde. Et il avait ajouté : « Ne dormez pas, ne faites pas “rien”, ne pensez pas que cela suffit. Soyez actives en tant qu'évêques, allez vers les gens et vers ceux qui ont besoin de vous » (Forster, 2008). Elles vivront ces ordinations comme un don :

Une ordination est comme un don. J'ai reçu l'imposition des mains d'une personne qui avait confiance en moi et, à travers mes mains, je transmets de la force et de la confiance à une autre personne dans laquelle je découvre des dons et des talents qui la rendent aptes pour oeuvrer comme prêtre.  (Forster, citée par EditoWeb Magazine, 2005)

Deux autres ordinations épiscopales de femmes eurent lieu en sol européen dans la foulée de celles-ci. Il y eut d’abord Patricia Fresen ordonnée évêque en Autriche en 2005 pour permettre que les ordinations de femmes puissent continuer. « Ce [votre ordination] n'est pas fait pour vous. C'est ainsi accompli afin que ce travail de justice puisse continuer dans l'Église », avait alors exprimé l’évêque anonyme en pleine communion avec Rome qui avait décidé de l’ordonner. « Le travail de justice » auquel il faisait allusion était la poursuite de la préparation et de l'ordination de femmes comme prêtres catholiques. En 2006, à Stuggart, Ida Raming fut également ordonnée comme évêque « de réserve »  pour les urgences. Elle souhaitait rester dans l’arrière-plan tout en pouvant rendre service lorsque sa présence s’avérait essentielle pour une ordination en cas d’impossibilité d’une autre évêque. Puis des Américaines furent ordonnées évêques.

•    Les ordinations d’évêques américaines

En 2008, Dana Reynolds de Californie devint la première femme évêque catholique romaine  des États-Unis. Ordonnée en Europe, elle deviendra responsable de la région Ouest de son pays. Puis en avril 2009, quatre nouvelles évêques furent ordonnées en sol américain par les évêques Patricia Fresen, Christine Mayr-Lumetzberger et Ida Raming. Joan Mary Clark Houk de Pittsburgh fut ordonnée évêque pour la région Great Waters (Centre), Andrea Michele Johnson d’Annapolis pour la région Est, Bridget Mary Meehan de Virginia et Sarasota, pour la région Sud et Maria Regina Nicolosi de Red Wing, Minnesota, pour la région du Upper Middle West. Bridget Mary Meehan est membre des Sisters for Christian Community [Sœurs pour la communauté chrétienne]. Les autres sont mariées depuis plus de 40 ans et ont des enfants adultes. Elles possèdent toutes des diplômes en théologie catholique, une vaste expérience pastorale  et font partie du Roman Catholic Womenpriests [RCWP], cette association qui a vu le jour avec l’ordination des sept femmes sur le Danube en 2002 (Reiley Maguire, 2009).

2.2 La constitution du Roman Catholic Womenpriests [RCWP]

Le RCWP promeut l'ordination de femmes dans la succession apostolique comme une question de justice et de fidélité à l'Évangile. Sa mission consiste principalement à préparer spirituellement, ordonner et soutenir les femmes et les hommes de tous les états de vie, ceci en vue d’atteindre la pleine égalité des femmes et des hommes dans l'Église. Être théologiquement qualifiées, engagées dans un modèle inclusif d’Église et appelées par l'Esprit Saint et leurs communautés à devenir ministre au sein de l'Église catholique romaine fait partie des pré-requis à leur ordination. Le RCWP possède une structure organisationnelle, une modalité de fonctionnement et un programme de formation qui méritent qu’on s’y arrête.

2.2.1 La structure organisationnelle

Le RCWP possède un programme de formation, une structure de fonctionnement démocratique. Elles sont organisées en régions, un peu comme les diocèses.

•    Un programme de formation (le séminaire)

Le programme de formation du RCWP est vaste. Il inclut les volets suivants : les études théologiques, la préparation sacramentelle, la pratique liturgique et le discernement spirituel. De plus, il est adapté aux personnes selon les compétences de chacune, plusieurs des candidates à l’ordination ont déjà des diplômes universitaires en théologie et une pratique pastorale de plusieurs années.

•    Une structure démocratique

Les structures du RCWP se veulent démocratiques. Elles ont été conçues pour fonctionner dans des cercles concentriques plutôt que hiérarchique. Chaque membre du RCWP appartient à un cercle plus large et représente ce cercle qui inclut, sans s’y limiter, ses conseillères et  ses conseillers de différents niveaux, les membres de leur famille, leurs amis et des chercheurs tant catholiques que d'autres dénominations qui veulent collaborer dans la réalisation d'une Église catholique renouvelée.

•    Des régions (diocèses)

Il existe actuellement des communautés animées par des femmes prêtres en Allemagne, en Autriche, en France, en Écosse, au Canada, aux États-Unis et en Amérique du Sud. Avec l’essor qu’a pris le mouvement depuis ses premières heures sur le Danube, le RCWP a dû se structurer. On retrouve deux régions du RCWP en Europe (Ouest et Est), deux au Canada (Ouest et Est), deux regroupements aux États-Unis, le RCWP USA Inc, lequel inclut quatre régions (West, East, Midwest, Great Waters) et l'Association of Roman Catholic Women Priests (South). Une nouvelle région s’ajoutera bientôt en Amérique du Sud (Association of Roman Catholic Women Priests ; Roman Catholic Womenpriests).

L’esprit que les membres du RCWP ont voulu traduire dans leur mouvement s’exprime également dans leur fonctionnement.

2.2.2 Le modèle de  fonctionnement

Trois éléments retiennent particulièrement l’attention en ce qui a trait à leur fonctionnement, soit le leadership collégial à l’écoute de l’Esprit, leur façon de servir le Peuple de Dieu comme des prêtres-ouvrières et leur rapport au sacré sous le signe de la simplicité.

•    Un leadership collégial à l’écoute de l’Esprit

Les membres de la RCWP se considèrent comme des membres fidèles à l'Église. Elles disent se  situer dans la tradition prophétique d’obéissance à l’appel de l'Esprit lorsqu’elles travaillent à changer une loi injuste et discriminatoire envers les femmes. Pour elles, la prêtrise ne fait pas partie d’une structure de pouvoir. Elles tentent donc de vivre leur ministère sans domination ni exclusion. Et elles essaient de vivre un leadership collégial à travers leur processus de prise de décision.

•    Le service du Peuple de Dieu comme des prêtres-ouvrières

Les membres du RCWP sont au service du Peuple de Dieu de différentes façons : animation d’églises domestiques et de communautés paroissiales, célébration de mariages et  de baptêmes, onction des malades, animation d’aumôneries d’hôpitaux et de centres d’accueil pour personnes âgées, ministère auprès des prisonniers et des personnes exclues. À travers leurs engagements, elles cherchent à actualiser le modèle d’inclusivité vécu par le Christ ; d’où l’importance que toutes et tous soient bienvenus à la table eucharistique. Elles se considèrent comme des disciples égales. Elles essaient de refléter cette conviction à travers leur type de célébration de mode circulaire tout en utilisant le rite de l’eucharistie et les terminologies propres à l’Église catholique romaine.  Ainsi, les évêques et les prêtres s’assoient parmi les autres. Les personnes présentes sont invitées à porter une étole comme signe de la prêtrise des baptisés-e-s. Les tâches et les lectures sont partagées. La prière eucharistique est souvent dite soit par une personne, soit tous ensemble, soit par différentes personnes qui lisent chacun un passage. Les paroles de l’Institution eucharistique sont dites par toute l’assemblée animée par une présidente ou un président d’assemblée.

Ces femmes se considèrent comme des prêtres-ouvrières financièrement indépendantes de l’Église. Chacune subvient financièrement à ses propres besoins. Elles considèrent d’ailleurs la dépendance financière des prêtres hommes par rapport à leur évêque ou à leur ordre religieux comme un aspect très fort des structures de pouvoir dans la hiérarchie de l’Église (Fresen, citée par Chrétiens d’aujourd’hui, 2005).

•    Une liturgie, des vêtements et des vases liturgiques sous le signe de la simplicité

Un autre trait qui caractérise ce groupe est sa modalité de rapport au sacré. Les vêtements liturgiques, les calices et les étoles se veulent sous le signe de la simplicité. Dans cet esprit, les évêques ne portent ni mitres ni crosse, des symboles qui tirent leur origine de l’époque de Constantin alors que les papes et les prélats cherchèrent à imiter les rois et les empereurs (Tincq, 2005).

Le Roman Catholic Womenpriests apparaît comme une organisation bien structurée avec une philosophie et un programme de formation qui méritent qu’on s’y arrête. Ses membres ont la volonté d’être à l’écoute de l’Esprit. Elles apparaissent très crédibles.

2.3 Une meilleure connaissance de ces femmes ordonnées

Mais qui sont ces femmes qui ont accepté de franchir cette étape en dépit de l’interdit canonique et les nombreux risque de représailles. Nous allons nous arrêter à quatre femmes représentatives de ce mouvement, les quatre premières évêques, soit Christine Mayr-Lumetzberger, Gisela Forster, Patricia Fresen et Ida Raming. Ceci nous permettra de mieux connaître ces femmes ordonnées; car elles ont des choses à nous apprendre. Leur cheminement est questionnant.

2.3.1 Gisela Forster (1946-)

Gisela Forster est une Allemande. Elle faisait partie d’un des groupes de femmes se préparant clandestinement à l’ordination et cherchant désespérément un évêque avec une réelle succession apostolique qui accepterait de les ordonner. Elle connaît personnellement Josef Ratzinger, devenu Benoît XVI, ancien collègue de son mari à la même faculté de théologie. Docteure en philosophie avec un long passé d’engagement en Église, elle a été ordonnée prêtre sur le Danube en 2002, puis évêque en Autriche en 2003.

Voici l’explication de son choix d’être ordonnée contra legem :

J’étais une de ces femmes [se préparant à l’ordination] et je me sentais prête à travailler contre l’inégalité du Vatican. Dans ma jeunesse, j’avais aimé la vie à l’église, aimé son chant, sa musique, son art, ses rituels. J’aurais aimé devenir une acolyte, mais ce n’était pas permis pour une fille. J’ai vu la bigoterie de la hiérarchie – contre les femmes et contre l’amour – et j’ai été choquée.

[…] J’ai espéré que les choses changent, mais j’ai perçu de plus en plus clairement qu’aucun pape qui vit dans la peur des femmes, particulièrement dans la peur des femmes prêtres avec une forte personnalité, ne changerait jamais cette injustice. De plus en plus, j’ai vu que le combat de la hiérarchie de l’Église était un combat pour montrer à tout le monde que l’espace entourant l’autel n’était pas accessible aux femmes. Nous, les femmes, avions à dire : « Nous sommes aussi des êtres humains et les hommes ne peuvent nous empêcher d’être responsable d’une paroisse, de travailler avec les jeunes et de bénir des personnes mourantes[9] .  (Forster, 2008, p. 10)

Comme les autres femmes du RCWP, elle affirme : « Mais nous aimons l'Église catholique. […] c'est notre Église,  et on n'abandonne pas une amie malade » (Foster, 2005, cité par TF1 News)

2.3.2 Christine Mayr-Lumetzberger (1956- )

Christine Mayr-Lumetzberger, une Autrichienne, est l’une des deux premières évêques ordonnées en 2003. Sa vocation, elle la porte au cœur d’elle-même depuis plusieurs années (Mayr-Lumetzberger,1998). Elle l’évoque comme un don spécial. Ordonnée prêtre en 2002, elle a été au cœur de l’organisation des premières ordinations et ce ne fut pas sans difficulté. Voici ce qu’elle en dit :

Quand j'ai commencé à parler publiquement de la vocation féminine, j'ai éprouvé étonnamment un grand support de l'un ou l'autre côté. Mais il était divisé en deux parties : l’objectif  visant à avoir des femmes prêtres  dans l'Église catholique était généralement accepté même par les dignitaires ecclésiastiques et les opposants ne constituaient qu'une petite minorité. Mais concernant la stratégie pour atteindre ce but, la majorité écrasante de partisans et de conseillers savait précisément comment ça ne marcherait pas. À maintes reprises, on m’a recommandé, de me retirer. Il n’y avait pas un seul mot d’encouragement, aucune idée constructive. Donc j'ai dû trouver une voie toute seule (Mayr-Lumetzberger, 2008)

2.3.3 Patricia Fresen (1940- )

Patricia Fresen possède un parcours interpellant avec un solide bagage théologique. Elle  a grandi sous l'apartheid en Afrique du Sud. Religieuse durant 45 ans et docteure en théologie, elle a été ordonnée prêtre en Espagne en 2003.

Son expérience dans sa communauté dominicaine, qui avait travaillé à abaisser les murs entre Blancs et Noirs tant chez les sœurs que dans leurs écoles, lui a permis de comprendre qu'il y avait une obligation morale de changer les lois injustes et que cela se réalise souvent par le refus d'obéir à ces lois. Elle a ainsi reconnu dans l’ordination des sept femmes du Danube une résistance morale à l'apartheid de sexisme dans l'Église catholique. Comme les autres du RCWP, elle parle d’obéissance prophétique pour expliquer le choix que d’autres nomment dissidence (Fresen, 2005, 2006).

Ses premiers indices d’un appel à la prêtrise lui sont venus dans la foulée de ses études théologiques à Rome et de son enseignement au Séminaire national de Pretoria alors qu’elle était la seule femme membre de la  Faculté. Ces expériences lui ont permis de comprendre ce que c'était qu’être objet de discrimination. Ainsi, elle pouvait enseigner comment prêcher, même en apparaissant dans des vidéos, alors qu’elle donnait un modèle d’homélie ; mais elle ne pouvait faire une véritable homélie aux séminaristes qu’elle formait en ce sens, même à l’intérieur d’une liturgie communautaire ; et cet exemple n’en est qu’un à travers plusieurs autres. Elle décrit ainsi les premiers balbutiements de son appel :

Le désir d’ordination a grandi en moi depuis environ 25 ans. Je me rappelle ce désir montant soudainement en moi à plusieurs occasions. Ordinairement, je l’étouffais me disant que ce devait être mon imagination, car comment Dieu pouvait-il m’appeler moi, une femme, à la prêtrise? C’est défendu par l’Église qu’une femme soit ordonnée; sûrement que Dieu ne m’appelait pas à quelque chose de défendu par la loi de l’Église! Néanmoins, le désir, le sentiment d’avoir les bons talents pour ce ministère, remontaient en moi encore et encore. (Fresen, 2003)

À ceci, on pourrait ajouter la reconnaissance de ses charismes par ses différentes communautés de vie.

Pour réaliser sa vocation, elle a dû quitter sa communauté à laquelle elle reste profondément attachée, s’exiler en Allemagne et vivre en étrangère dans un pays lointain avec un visa provisoire. Elle est coordonnatrice de la formation pour les femmes se préparant au presbytérat à l’intérieur du RCWP.

2.3.4 Ida Raming (1932- )

Ida Raming est une Allemande, ordonnée prêtre en 2002 et évêque en 2006. Convaincue depuis longtemps d’être appelée à devenir prêtre, elle a toujours été très active pour la cause de l’ordination des femmes (Raming, 1998a). Déjà en 1963, avec la théologienne Iris Müller, elle soumet une requête au concile Vatican II pour qu’il y ait une discussion concernant l’ordination des femmes et demande, argumentation théologique à l’appui, que les femmes soient admises à l’ordination. Elle travaillera, une bonne partie de sa vie, à la mise sur pied d’un groupe de partage, d’entraide et d’appui à celles qui croient être appelées à un ministère ordonné. Finalement, après une lutte sans issue, elle décide que le seul moyen d’atteindre cet objectif était la transgression du canon 1024 du Code de droit canonique.

Elle possède un solide bagage théologique. Elle a enseigné à l’Université de Münster  et fait partie de l’équipe de la revue Concilium.  Elle est l’auteure de plusieurs livres et articles concernant l’histoire des femmes et la théologie féministe. Docteure en théologie, sa thèse s’intitule « La femme exclue du ministère sacerdotal – tradition conforme à la volonté de Dieu ou discrimination? ». D’abord publiée en allemand en 1973, elle sera éditée en anglais en 1976 et rééditée en 2004.

Ces femmes du mouvement apparaissent être des femmes de foi, des femmes de conviction, des femmes qui allient un vaste bagage de connaissances théologiques et d’expériences concrètes dans le champ de la pastorale avec une reconnaissance des gens de leur milieux. J’ai souvenir, en ce sens, d’un célébration à laquelle je participais à la fin du congrès WOW 2001. On y avait invité différentes personnes à s’approcher de la table de célébration. Et dans la foule, une rumeur s’élevait : « Ida..Ida..Ida.. » J’ai compris alors que cette Ida Raming que je connaissais par ses écrits théologiques était aussi une rassembleuse, une pasteure pour certaines personnes réunies dans cette assemblée pour faire mémoire… Le pas qu’elle et d’autres franchiront l’année suivante sera l’aboutissement d’une longue marche, une marche de plus de 40 ans pour des personnes telles Ida Raming et Iris Müller. Mais cette démarche sérieuse, ce long parcours ne sera malheureusement pas accueilli, ni même pris en considération par l’institution catholique. Et pourtant, ces ordinations contra legem mériteraient qu’on s’y arrête, ne serait-ce que pour chercher en saisir le sens.

 

3. Pour conclure : la question de l’ordination des femmes et l’institution ecclésiale

Au Québec et au Canada, nous avons vécu beaucoup d’espoir concernant la question de l’accessibilité des femmes aux ministères ordonnés, question devenue depuis taboue dans l’institution catholique. Il y a eu plusieurs interventions en ce sens lors de synodes d’évêques. Soulignons entre autres celle du cardinal Georges B. Flahiff en octobre 1971 ; et celle de Mgr Jean-Guy Hamelin en octobre 1987. Il est possible de retrouver, sur le site Femmes et Ministères, d’autres interventions d’évêques prônant l’ouverture de l’ensemble des ministères aux femmes. Malheureusement ces paroles d’espérance font maintenant partie du passé. Les belles années d’implications épiscopales sont terminées. Nos évêques se taisent ; ils agissent officiellement comme si la question n’existait pas. Il n’y a aucune recherche de dialogue entourant ce « dossier ». Ils suivent la ligne du parti, même si, en privé, certains expriment leur appui. Seraient-ils les seuls à prendre au sérieux l’interdiction vaticane de parler du sujet de l’ordination des femmes?

 La question a été cadenassée sous le pontificat de Jean Paul II. À travers ses documents comme à travers ses attitudes, Rome s’oppose farouchement à ouvrir la porte à la reconnaissance possible des  femmes dans les ministères ordonnés. Elle refuse même de regarder et d’étudier tout éclairage nouveau concernant cette question.

Depuis le début du XXIe siècle, les documents et les écrits divers émanant du Vatican et mentionnant la question de l’ordination des femmes sont dans la même ligne que ceux émis à la fin du XXe siècle par Jean-Paul II (Mulieris dignitatem, 1988; Ordinatio sacerdotalis, 1994; Lettre aux femmes, 1995). Rome continue de produire des textes au service de la non-ordination des femmes. On continue de figer la spécificité féminine en en faisant un motif fondamental d’exclusion des femmes des ministères ordonnés (Lettre aux évêques de l’Église catholique sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Église et dans le monde, 2004). L’institution romaine dénonce également la théorie du genre. Par la bouche de son psychanalyste désigné, Tony Anatrella, on la considère comme une théorie “désincarnée”, “irréaliste”, “meurtrière” (Bourdin, 2009, 12 & 13 octobre). Le concept « genre » offre pourtant une grille pertinente pour analyser la hiérarchie patriarcale, les structures, les modes de gouvernement et les rapports hommes-femmes dans l’institution ecclésiale.

En plus des documents émanant de ses agences officielles de communication, Rome utilise des stratégies pour colmater toute brèche pouvant laisser entrevoir une lumière du côté de l’accessibilité des femmes aux ministères ordonnés. On rappelle à l’ordre, à coups de décrets et d’excommunications, les récalcitrantes et les récalcitrants, entre autres celles qui ont été ou seront ordonnées, ceux et celles qui appuient ces candidates à l’ordination et les ordonnées, celles et ceux qui participent à des colloques ou congrès concernant l’ordination des femmes. On prononce des interdits. Ainsi, lors du congrès WOW 2001 à Dublin, Rome a tenté d’interdire la venue de Joan Chittister, moniale bénédictine d'Érié en Pennsylvanie, conférencière au franc parler et auteure de nombreux ouvrage de spiritualité. Il y a également eu des menaces de mise à pied faites aux personnes qui assistaient à ce congrès et qui oeuvraient dans des institutions catholiques, des menaces également de pertes de statut pour ces institutions catholiques. À Ottawa, à l’automne 2008, interdiction fut faite aux prêtres de participer au colloque Femmes et ministères ordonnée organisé par le centre « Femmes et traditions chrétiennes » de l’Université Saint-Paul.

Parfois, on adopte des stratégies moins fracassantes, mais tout aussi marquantes. Ainsi, Rome donne son appui à la droite religieuse à l’intérieur de laquelle se trouve la majorité des opposants à l’ordination des femmes. Que l’on pense à la réintégration des lefebvristes, à la création d’une structure d’accueil spéciale pour les opposants à l’ordination des femmes et à l’accueil récent du clergé anglican en dissidence avec la Communion anglicane concernant cette question. On pourrait également parler de l’« ignorance intentionnelle » régulièrement appliquée. On ne répond pas au courrier. On se tait. Comme en politique, on attend que la vague passe…

Malgré cette situation apparemment sans issue et le désespoir de certaines personnes disant qu’il n’y a plus rien à faire avec cette institution, la question demeure bien vivante. Des prêtres, des théologiens et des théologiennes se prononcent ouvertement en faveur de l’ordination des femmes. Depuis le début du siècle, cette question continue à prendre de l’essor et à déranger. On constate, comme on vient de le voir, une diversité de plus en plus grande de moyens pour faire évoluer la question : de nombreux colloques, congrès et tables rondes; l’intérêt des médias; des prises de position publiques de groupes; des publications diverses; tout ceci sans oublier le tabou franchi par certaines femmes en allant jusqu’à l’ordination. Ces moyens dérangent. La question, plus on essaie de l’étouffer, plus elle ressurgit à des moments où on ne l’attend pas. On en parle de plus en plus en dépit de l’interdiction romaine d’en débattre.  Il existe de plus en plus une forme de solidarité, d’accord plus ou moins tacite concernant celles qui font allusion à leur vocation de femmes appelées à la prêtrise. Ce qu’elles portent à l’intérieur d’elles, on l’évoque de moins en moins comme une sorte de fantaisie, de lubie. Et il existe aussi un vent de sympathie, une forme de solidarité par rapport aux ordonnées de RCWP. De plus, la peur  de parler  ouvertement de ce sujet défendu est de moins en moins présente chez les catholiques engagés.

Ne pourrait-on  pas voir dans toute cette effervescence, l’expression du sensus fidelium ? L’effusion de la question d’un peu partout ne serait-elle pas souffle de l’Esprit ? Dans ce contexte, l’Église de Rome acceptera-t-elle une évolution ou fera-t-elle face à une révolution, comme s’interroge Joan Chittister (2010).



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NOTES 

[1]   Il est possible de retrouver de telles représentations sur le site Women can be Priests : [http://www.womenpriests.org/gallery/mast_cat.asp] (2 mars 2011)

[2] Les renseignements viennent des sites Web des différents groupes lorsqu’ils existent, du site de WOW et de la présentation de ces groupes lors du congrès WOW2001. Aussi [http://bridgetmarys.blogspot.com/2010/06/womens-ordination-advocates-hold-press.html] (2 mars 2011)

[3] Trad. de l’auteure. Titre original : « Diakonat: Ein Amt für Frauen in der kirche - Ein frauengerechtes Amt ? »

[4] Il est possible de retrouver une représentation de cette toile sur le site de BASIC.

[5] Je n’ai pu retracer l’année de cet événement.

[6] Plus de détails concernent le WOW et le CNWE sont donnés plus avant dans le texte.

[7] Il existe un enregistrement DVD de l’ensemble du colloque édité par le Centre St-Pierre et une reproduction des différentes conférences sur le site Femmes et Ministères.

[8] Voici la mention de quelques interventions faites dans les mois qui ont suivi la sortie du livre  Appelées aux ministères ordonnés et qui traitaient de la question :
a) exposé sur la femme dans le christianisme dans le cadre d’une table ronde organisée par le groupe « Dialogue judéo-chrétien » (Montréal) sur Le rôle de la femme dans le judaïsme et le christianisme (10 octobre 2007);
b) participation au forum organisé par le Centre justice et foi (Montréal) Religions dans l’espace public : femmes et traditions religieuses (30 octobre 2007); 
c) conférence sur l’appel de femmes à la prêtrise ou au diaconat dans le cadre d’une journée organisée par l’Association des religieuses pour la promotion de la femme  [ARPF-Québec] (3 novembre 2007);
d) mention du livre Appelées aux ministères ordonnés par Denise Couture dans le cadre d’un débat-midi L’égalité hommes-femmes, la religion et le droit à la faculté de droit de l’Université de Montréal (7 décembre 2007 );
e) débat organisé par le Centre culturel chrétien de Montréal : Femmes dans l’Église : d’hier à aujourd’hui (21 février 2008);
f) table ronde organisée par le Conseil interconfessionnel de la région de Québec au Musée de la civilisation de Québec : La réconciliation des femmes et des hommes dans l’Église (8 mai 2008);
g) table ronde organisée par les diocèses de Nicolet et Trois-Rivières à Nicolet : La violence : un mal qui me concerne…, qui nous concerne (25 mai 2008)

[9] Trad. de l’auteure.


Site du Réseau Femmes et Ministères - www.femmes-ministeres.org

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