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L’UMOFC a cent ans

par Gisèle Turcot, sbc


Saviez-vous que des Canadiennes étaient là aux premières heures de l’Union Mondiale des Organisations Féminines Catholiques (UMOFC – WUCWO) qui fêtera ses 100 ans d’existence à Jérusalem, du 5 au 12 octobre 2010 ?

En août 1910, à Bruxelles, à l’instigation de la Ligue patriotique des Françaises de Paris (aujourd’hui l’Action catholique des femmes), avait lieu la première rencontre de l’Union internationale des Ligues féminines catholiques venues d’Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Brésil, France, Italie, Portugal, Suisse. Le secrétariat en est confié à la Ligue des Françaises, dont la présidente Madame de Vélard, comtesse, devient la première présidente de la Ligue internationale. Dans son allocution elle précise : « Nous sommes réunies parce que nous voulons élargir notre horizon… et nous mieux armer pour l’Action sociale catholique. Que les femmes catholiques comprennent que les temps nouveaux imposent des devoirs nouveaux… »

Dès 1911 la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB) – première fédération des organisations de femmes au Québec - devient membre de la Ligue internationale. Mais les situations créées par la Première Guerre mondiale ont empêché la Ligue de tenir des assemblées régulières. Ce n’est qu’en 1922 que la présidente et la secrétaire de la FNSJB participeront au congrès de la Ligue tenu à Rome du 18 au 23 mai. Des déléguées de la Catholic Women’s League (Canada anglais) s’y trouvaient également.

Dans le compte-rendu détaillé de la rencontre qu’elle publie dans La Bonne Parole de septembre 1922, la présidente de la FNSJB, madame Marie Gérin-Lajoie, présente les résolutions qui y furent adoptées, notamment celle  qui portait sur la reconnaissance du droit de vote des femmes, jugée conforme à la « doctrine de l’Église ». Elle note à regret que « les résolutions de la IVe commission n’ont pas cette netteté et cette précision qu’on remarque dans les autres résolutions du congrès. On sent que l’on est sur un terrain où les aménagements sont encore nécessaires et où l’accord entre les catholiques n’est pas encore consommé ». D’ailleurs, à son retour, elle eut la douloureuse surprise de trouver dans le texte des résolutions une incise qui obligeait à s’en remettre au jugement des évêques du pays quant à la reconnaissance effective du suffrage féminin.

Marie Gérin-Lajoie se réjouit en revanche que le Conseil de la Ligue internationale ait « décidé la formation à Rome, pour deux ans, d’une Commission internationale d’étude sur la condition de la femme, pour étudier le point de vue des organisations libérales et l’initiative de la Ligue des Nations sur tous ces sujets ».

En 2010, des liens subsistent entre la Catholic Women’s League et l’UMOFC; en témoigne la présence de madame Agnès Bédard au Conseil international de l’organisation, élue vice-présidente pour l’Amérique du Nord (atbedard@hotmail.com ).

Pour en savoir plus sur le congrès du 100e anniversaire qui aura pour thème « Vous serez mes témoins, Actes 1,8) », visiter www.wucwo.org .

NOTES

Les informations contenues dans cet article proviennent du bulletin Voix de Femmes, revue officielle de l’UMOFC, juillet 2010, et des Archives de l’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil de Montréal arch@bonconseil.qc.ca qui ont répertorié les archives personnelles de Marie Gérin-Lajoie (1867-1945), née Marie Lacoste, mère de la fondatrice de l’Institut et porteuse du même nom, soeur Marie Gérin-Lajoie (1890-1971).





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