
Impressionnante clôture de la Marche
mondiale des femmes à Rimouski
par Léona Deschamps
À l’unanimité, les marcheuses, venues de toutes
les régions du Québec à Rimouski afin de participer au grand
rassemblement de clôture de la Marche mondiale des femmes, se
remémorent avec émotion leurs expériences de légitime fierté et de
grande solidarité avec les femmes du monde. Trois temps s’avèrent
particulièrement évocateurs de ce week-end du 17 octobre 2010 vécu sur
le thème « Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous
marcherons! ».
La soirée des marcheuses
Considérant l’arrivée de milliers de militantes féministes, des
écrans
géants installés dans deux salles attenantes à la grande salle de
spectacle du Cégep de Rimouski permettent à toutes les spectatrices de
vivre la stimulante soirée des marcheuses.
D’entrée de jeu, les deux animatrices de la rencontre, une Africaine
et
une Québécoise (Brigit Micho et Thérèse Sagna), donnent le ton de la
solidarité de la Marche mondiale des femmes. Après l’ouverture par un
rituel de la grande cheffe de la Nation Malécite de Viger, Anne
Archambault, s’entremêlent des présentations sur scène issues des
diverses régions du Québec.
Au gré des poèmes et des contes engagés, des danses, des slams, des
saynètes et des paraphrases chantées des revendications québécoises se
crée une synergie féministe époustouflante. Une soirée où l’on évoque
aussi l’histoire de la Marche mondiale des femmes née de la prodigieuse
Marche du pain et des roses vécue au Québec en 1995. Une longue ovation
debout termine cette magnifique soirée.
L’imposante Marche
Dimanche matin, au rythme des percussions jouées au balcon extérieur
du
Cégep, se rassemblent, dans le grand stationnement, les nombreux
groupes de femmes, syndicats et associations venus des diverses régions
du Québec. On attendait 5000 personnes, 10 000 s’y retrouvent en
affichant leurs couleurs selon les champs de revendication de la grande
Marche mondiale des femmes 2010.
À 11 heures, la bannière du logo de la Marche des femmes ouvre le
grand
défilé vers le chapiteau du parc Beauséjour en empruntant quelques rues
principales du centre-ville choisies pour la manifestation.
Selon leurs engagements, les marcheuses se regroupent derrière les
bannières de la lutte à la pauvreté, la conciliation travail-famille,
l’équité salariale, le refus du recrutement militaire dans les écoles,
le droit à l’éducation, à la santé et au logement, ainsi qu’à une
véritable dénonciation de la violence et du sexisme.
Tout au long du parcours de trois kilomètres, « se faire
voir » et « se
faire entendre » sont au rendez-vous de cette singulière marche de
solidarité avec toutes les femmes du monde. Des bannières aux couleurs
vives, des femmes-mascottes géantes créées dans les divers Centre-femme
du Québec et des tableaux vivants représentant les cinq revendications
québécoises en bordure de route attirent tous les regards. De plus,
l’oreille est conviée par tout ce tintamarre de tambours et de
multiples instruments de percussion improvisés pour rythmer, avec
énergie et joie de vivre, les slogans, les chants et les pas de la
militance féministe.
À 13 heures, s’effectue l’entrée au parc Beauséjour au rythme des
percussions africaines et du vibrant slogan « So So Solidarité
avec
toutes les femmes du monde ». Des personnalités publiques,
politiques
et religieuses sont remarquées ainsi que la présence impressionnante de
jeunes femmes et de nombreuses familles avec même les bébés en
poussettes.
Le spectacle de clôture
Sous le grand chapiteau du parc Beauséjour, la fête engagée et
solidaire se poursuit. Sur scène, après la reprise du rituel
amérindien, les marcheurs et les marcheuses assistent à diverses
expressions artistiques : danses africaines, contes, poèmes,
chorales
et discours de circonstance.
On se rappelle la vibrante reconnaissance de Suzanne Tremblay,
porte-parole des groupes de femmes du Bas-Saint-Laurent, des vibrants
messages des déléguées africaines et de l’incontournable discours de
clôture de la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa
Conradi.
Devant la foule fière et déterminée, Alexa Conradi, porte-parole de
la
Marche mondiale des femmes, s’exprime avec vigueur. Voici quelques
extraits : « C’est avec fierté que des femmes et des hommes
de toutes
les régions du Québec et de tous les milieux se sont rassemblés
aujourd’hui en appui aux revendications et pour combattre le vent de
droite qui fait reculer le droit des femmes à l’égalité… » Et avec
assurance, elle rappelle la détermination des féministes au
Québec : « Que ce soit clair, avec le ressac antiféministe et
les publicités
sexistes, l’écart grandissant entre riches et pauvres, la place
croissante du privé et de la tarification dans les services publics, la
place faite à la militarisation dans notre société, la discrimination
envers les femmes autochtones et le fait que plusieurs femmes n’ont pas
encore bénéficié des gains du mouvement féministe; nous avons la ferme
intention de poursuivre nos actions. »
Bref, une clôture de la Marche mondiale des femmes 2010 à Rimouski qui démontre une manière d’entrer en négociation urgente avec l’État, les pouvoirs publics et l’irruption engagée des femmes dans la vie politique. Qu’on se le rappelle : « Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche. » Oui, les marcheuses croient fermement en l’à-venir d’un monde plus juste et plus humain.
Octobre 2010
Site du Réseau Femmes et Ministères
- www.femmes-ministeres.org
Consulté
le