Voici qu’on me demande d’écrire un texte ayant pour sujet
Marie-Madeleine. J’accepte spontanément puisque de toutes les
Écritures, elle est ma personnage préférée. Une fois assise pour la
rédaction, je réalise qu’on a tant dit sur cette femme. On a tant
étudié, écrit, imaginé, fabulé, admiré, rejeté, que je me demande bien
ce que je pourrai rajouter qui ne soit pas encore dit! Syndrome de la
page blanche !!!! Alors, comme à chaque fois, j’attends, me faisant
attentive à ce qui pourrait surgir en moi qui me mettrait en piste. Je
ne sais qu’une chose : je n’ai pas envie d’ouvrir des livres,
revisiter
ce que j’ai déjà lu. Je cherche simplement ce qui loge au cœur de mon
cœur pour cette croyante si aimante et aimée du Christ.
Et puis tiens, très étonnée, je me rends compte qu’une chanson m’habite depuis plusieurs jours. Il s’agit d’une chanson que je n’ai pas entendue depuis des lustres. Quand j’ai compris pourquoi elle s’accrochait à mon esprit, (ou bien serait-ce à mon Esprit?) j’ai eu un grand sourire. Je savais qu’elle était le filon que je cherchais pour vous parler de cette sœur si passionnante.
Le titre? Si j’étais un homme
de Diane Tell. Même le nom de
l’interprète m’a fait sourire. Diane la chasseresse et Guillaume Tell
réunis dans un même nom pour prêter leur voix à celle qui aurait pu
décocher des flèches revendicatrices aux gens de son temps. J’ai
repris cette chanson, et je l’ai mise dans la bouche de
Marie-Madeleine. Je l’ai remodelée, espérant que Diane Tell ne m’en
voudra pas. J’y ai trouvé un canevas inspirant pour dire ce qui
aurait pu arriver si Marie-Madeleine avait été un homme. Je n’ai pas
tout dit dans les limites du texte. Mais l’intuition de ce que je porte
depuis si long de temps y est bien présente : Si des femmes comme
Marie-Madeleine et Marie de Nazareth avaient été des hommes, que
n’aurait-on pas trouvé dans leur histoire de quoi argumenter et
documenter jusqu’à plus soif le fait qu’elles seules pouvaient être
chef-fe-s de communauté. En tant que première témoin de la résurrection
du Christ, unique dans l’histoire, on aurait dit j’en suis
certaine :
« Puisque Jésus s’est fait voir à cette personne, c’est qu’il
indiquait clairement qu’elle devait avoir une place plus que
privilégiée au sein du groupe des disciples. »
Comment ai-je réécrit cette chanson?
En écoutant des dizaines de fois la mélodie sur You Tube.
Au début, j’ai tenté de tout mettre en vers. On remarquera que j’ai
abandonné en cours de route. Je ne voulais pas risquer de desservir ma
visée.
J’ai conservé quelques phrases originales quand elles s’appliquaient
très bien à mon propos.
Je présente en parallèle la version de Diane Tell et la mienne.
Une expérience à faire :
Il pourrait être très intéressant de refaire le chemin que j’ai
parcouru.
Sur Google, tapez : Si j’étais un homme.
Ouvrez l’une des versions (de préférence la plus connue).
Écoutez-la.
Puis, chantez en même temps la chanson de Marie-Madeleine.
Petit avertissement :
À certains endroits, la métrique, la rythmique et/ou ou la prosodie laissent à désirer. Mais, en maniant quelque peu les mots, l’ensemble trouve sa place. Ce serait chic si vous aviez des propositions ou des commentaires à faire. Mon courriel : jhudon@cgocable.ca
Un dernier mot :
J’écris pour le plaisir, espérant que vous lirez dans cette optique. Quoi qu’il puisse paraître, j’écris avec humour, concédant que celui-ci est parfois quelque peu caustique. Peut-être est-ce normal après tout : nous sommes habituées nous les femmes à entendre des propos très corrosifs, impitoyables, sarcastiques, offensants, vexants à notre sujet… J’ai dû apprendre par mimisme! (Clin d’œil et sourire en coin …)
| Diane Tell |
Marie-Madeleine |
Moi, si j'étais un homme, je serais capitaine D’un bateau vert et blanc. D’une élégance rare et plus fort que l’ébène Pour les trop mauvais temps. Je t’emmènerais en voyage Voir les plus beaux pays du monde. Nous ferions l'amour sur la plage En savourant chaque seconde Où mon corps engourdi s'enflamme Jusqu' s'endormir dans tes bras, Mais je suis femme et, quand on est femme, On ne dit pas ces choses-là. Je t'offrirais de beaux bijoux, Des fleurs pour ton appartement, Des parfums à vous rendre fou Et, juste à côté de Milan, Dans une ville qu'on appelle Bergame, Je te ferais construire une villa, Je suis femme et, quand on est femme, On n'achète pas ces choses-là. Il faut dire que les temps ont changé. De nos jours, c'est chacun pour soi. Ces histoires d'amour démodées N'arrivent qu'au cinéma. On devient économe. C'est dommage : moi j'aurais bien aimé Un peu plus d'humour et de tendresse. Si les hommes n'étaient pas si pressés De prendre maîtresse... Ah ! si j'étais un homme ! Je t'appellerais tous les jours Rien que pour entendre ta voix. Je t'appellerais "mon amour", Insisterais pour qu'on se voie Et t'inventerais un programme L’allure d'un soir de gala, Je suis femme et, quand on est femme, Ces choses-là ne se font pas. Il faut dire que les temps ont changé. De nos jours, c'est chacun pour soi. Ces histoires d'amour démodées N'arrivent qu'au cinéma. On devient économe. C'est dommage : moi j'aurais bien aimé Un peu plus d'humour et de tendresse. Si les hommes n'étaient pas si pressés De prendre maîtresse... Ah! Si j'étais un homme! Je serais romantique |
Moi, si j'étais un homme, je serais capitaine D’un bateau ouvert et franc. La mémoire encore vive des gestes de la Cène J’oserais le plein Vent. Je rejetterais le surnom De putain ou de prostituée Dont je suis toujours affublée Et auquel maint’nant je dis NON! Car pour les hommes on n’fait pas ça Dites-vous Pierre le renieur? Mais je suis femme et, quand on est femme, On endure ces choses-là. Il m’a offert la guérison, Délivrée de plusieurs démons, Sept comme pour dire que cette flamme. Habite tout homme et toute femme. Mais depuis qu’Il m’a guérie, Il me redit « je te choisis! » Mais je suis femme et quand on est femme Ces choses-là ne comptent pas. Il faut croire que les temps vont changer Un beau jour le Vent tournera. Ces histoires de rôles démodés N’arrivent plus qu’en haut lieu Où l’on vit à huis clos. C’est dommage, moi j’aurais bien aimé Un peu plus d’humour et de vision Si les hommes n’étaient pas si pressés De prendre le pouvoir Ah! Si j’étais un homme! Que ferait-on de ce matin Où j’ai réentendu sa voix? « Va et annonce à mes frères » Ce qui bouleversera le monde Eh bien oui si j’étais un homme Devant moi on s’inclinerait Mais je suis femme et pour une femme On enterre ces choses-là! Il faut croire que les temps vont changer Un beau jour le Vent tournera Ces histoires de rôles démodés N’arrivent plus qu’en haut lieu Où on est misogyne. C'est dommage : moi j'aurais bien aimé Un peu plus d'amour et de respect. Si les hommes n'étaient pas si pressés De prendre le pouvoir Elle n’existerait plus La vieille Rome antique. |
Site du Réseau Femmes et Ministères - www.femmes-ministeres.org
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