
Le 10 mai 2006, dans le cadre des grandes conférences organisées par le Père Christian Blanc, directeur du Centre Le Montmartre à Québec, Raymonde Jauvin, cnd, prononçait une conférence dont voici le texte.
Parler d’engagement
dans la
mission de
l’Église, c’est faire référence à l’exercice de responsabilités
pastorales, voire ministérielles,
qu’assument ou que des femmes pourraient davantage assumer dans
l’Église. C’est aussi se demander, sous un angle différent, quelle
place ont-elles réellement dans l’Église d’aujourd’hui ?
Aborder la question des ministères
pour les femmes oeuvrant à la mission de l’Église, se questionner sur
leur place dans cette
Église, voilà des sujets importants, mais délicats à discuter dans la
conjoncture ecclésiale actuelle. Cependant, leur pertinence est
indiscutable pour la vitalité de notre Église. S’y plonger, requiert
courage et audace, lucidité et respect car des questions de fond sont
vite soulevées telles : l’égalité des femmes et des hommes dans
l’Église, l’accessibilité des femmes au ministère ordonné, leur pleine
participation à l’animation et aux prises de décisions dans la
communauté ecclésiale, etc.. Reconnaissant la force libératrice de
l’Évangile, c’est avec foi et espérance que nous les aborderons.
D’entrée de jeu, je laisse la
parole à Mgr Jean-Guy Hamelin qui
affirmait que « la pleine participation des femmes à la vie de l’Église
n’est pas une exigence nouvelle ». Au synode sur les laïcs, en 1987, il
le reconnaissait en ces termes.
« Il n’y a pas d’humanité selon le cœur de Dieu sans l’alliance de l’homme et de la femme. La participation des femmes à la vie de l’Église est une question de toute première importance pour la vie et l’avenir de notre Église. Nous sommes appelés à reconnaître en fait et en droit la pleine participation des femmes à la vie ecclésiale. Leur voix est essentielle à la sacramentalité de l’Église et à son témoignage.
Il faut prendre acte du fait que les femmes forment la majorité des laïques engagés en Église. Elles sont présentes partout dans la vie ecclésiale courante mais absentes des postes de décision et exclues du ministère ordonné. Elles tiennent la maison pour ainsi dire mais les hommes seuls dirigent. Dans notre contexte culturel, cette situation est de moins en moins acceptable. Si l’on ne recherche pas activement des moyens d’assurer une représentation équitable des femmes et des hommes à tous les niveaux de la vie ecclésiale, c’est la crédibilité même de l’Église qui sera atteinte. »
Où en sommes-nous sur les modalités de participation des
femmes à la
vie de l’Église ? Où en sommes-nous dans la reconnaissance de la
responsabilité ministérielle des femmes dans l’Église d’ici ? Peut-on
nier qu’il faut des femmes et des hommes pour constituer la communauté
ecclésiale comme pour faire le monde ? Pourquoi les femmes
n’auraient-elles pas, comme baptisées et croyantes, en
principe et en
droit, en toute égalité, une place pleine et entière, tout
comme leurs
frères, dans la communauté des disciples de Jésus-Christ ?
Espérons que notre réflexion de ce soir nous permettra de
nous situer, en toute lucidité et vérité face à ces nombreuses et
importantes questions.
Mais, comment parler de la femme dans la mission de l’Église catholique
du Québec en 2006, sans d’abord dire un mot de la situation
même de
notre Église, aujourd’hui ? Dans les quarante dernières
années, la
réalité ecclésiale a beaucoup changé au Québec. Nous sommes passés
rapidement d’une Église de la chrétienté et majoritaire à une Église de
la minorité. Le Québec chrétien d’avant les années soixante n’existe
plus. L’Église catholique a aussi beaucoup perdu de son influence et de
sa crédibilité.
Dans une société post-moderne,
de plus en plus sécularisée et
pluraliste, l’Église d’ici est confrontée à de multiples confessions
religieuses et à de nombreuses sectes sans oublier la profonde
influence du Nouvel Âge d’une part et, d’autre part, les idéologies
néo-libérales qui prônent les valeurs économiques : argent,
consommation, bénéfices, plaisirs, etc., lesquelles ont peu à voir avec
les valeurs évangéliques.
Pour un grand nombre, la foi
a été relayée au plan de la vie privée.
Aujourd’hui, à peu près partout, les églises sont presque vides; à
peine 10% des baptisés se retrouvent occasionnellement aux célébrations
liturgiques. L’effondrement vertigineux des effectifs, clercs et
religieux, est aussi un signe indiscutable de la « crise
profonde » qui
secoue toute l’Église québécoise.
La survie de l’Église catholique au Québec semble compromise à moins
qu’elle consente à des changements profonds. Soulignons que la culture
patriarcale dominante dans l’Église présente de fortes
résistances au
changement vers une culture
partenariale comme lieu
privilégié de
l’inculturation du Message évangélique. L’Église ne doit-elle pas
chercher de nouvelles façons « d’être et de faire
Église ». À l’exemple
des premières communautés chrétiennes, ne lui faudrait-il pas
ré-inventer une façon encore inédite d’annoncer la Bonne Nouvelle dans
un monde éclaté, hostile à la question religieuse et à l’institution
ecclésiale et qui, pourtant, cherche, sans contredit, un sens à la vie,
voire un équilibre spirituel.
Avant d’aborder la question des femmes dans la mission ecclésiale, il
apparaît important de rappeler que la
mission de l’Église est unique.
Saint Jean la définit ainsi : « Rassembler dans l’unité, les
enfants de
Dieu dispersés. »[1]
L’Église n’a qu’une seule mission.
C’est
aussi celle de tous les disciples du Christ. Lumen Gentium l’indique
clairement : « les laïques, les hommes et les femmes, sont
missionnaires et responsables ». Cette mission est la même
pour tous.
Nous ne pouvons donc pas parler d’une mission ecclésiale pour les
hommes et d’une autre pour les femmes. Baptisés, femmes et hommes, tous
et toutes, sont ensemble responsables « d’annoncer la Bonne nouvelle à
toutes les nations et de faire des disciples », comme l’affirme
l’évangéliste Matthieu.[2]
L’Église repose sur la commune
responsabilité des chrétiens et des chrétiennes selon la
diversité des
ministères que les unes et les autres assument. Aujourd’hui, nous le
savons, le prêtre n’a plus à remplir seul toutes les tâches nécessaires
à la vie de l’Église.
Ce soir, c’est dans cette optique que nous parlerons des
femmes engagées dans la mission de l’Église et non de leur
mission dans
l’Église. Nous considérerons la
période de 1980 à 2005.
Les questions qui parsèmeront notre réflexion, je ne les aborderai pas
de façon théorique. J’utiliserai une méthodologie féministe qui
consiste à partir de l’expérience de femmes. Avec vous, je tenterai de
saisir de l’intérieur ce que dit le vécu
pastoral des femmes engagées
en Église. Je tenterai aussi de montrer :
• comment,
graduellement, des
femmes d’ici ont pris au sérieux la mission de l’Église;
• comment elles se sont rendues
nécessaires, indispensables même, pour la vitalité de l’Église du
Québec;
• comment elles ont patiemment
travaillé à l’amélioration de leur situation dans cette Église et à la
reconnaissance officielle de leurs ministères;
• comment elles souhaitent faire
Église « autrement » .
Je m’appuierai aussi sur ce que mon
expérience, comme femme et religieuse engagée dans la mission de
l’Église, m’a donné de vivre, de comprendre, de questionner, voire de
revendiquer pour l’amélioration de la condition des femmes dans
l’Église. Une telle approche qui fait référence au vécu, à la situation
actuelle des femmes œuvrant en pastorale et qui parle de leurs
espérances et de leurs souffrances peut aider à communier à qu’elles
vivent et inviter à réagir, à créer des solidarités pour changer des
choses, pour faire du neuf !
C’est dans une perspective d’ouverture et avec un regard de femme, que
je traiterai de ces questions, c’est-à-dire dans une « vision du monde
(…) qui honore les valeurs féminines et les considère aussi utiles que
les priorités masculines pour les initiatives humaines et la prise de
décision. »[3]
Je développerai les points suivants :
•
Le
contexte socio-ecclésial qui a
favorisé l’émergence des femmes en pastorale.
• Les motivations profondes des
femmes [4]
qui s’engagent de façon particulière, c’est-à-dire
« ministérielle »,
au service de la mission de
l’Église.
• Leur apport significatif à la réflexion
théologique.
• Les avancées et les reculs qui ont
marqué, de 1980 à aujourd’hui, leur cheminement vers l’amélioration de
leur situation dans l’Église.
• La ténacité patiente, mais
inébranlable, dont elles font preuve pour continuer de réfléchir à la
vie de l’Église et de revendiquer l’accessibilité des femmes aux
ministères ordonnés ainsi que la reconnaissance
officielle, j’allais
dire juridique, de leurs
services pastoraux comme de véritables
ministères.
En conclusion, si le temps le permet, j’indiquerai quelques
points
d’ancrage de nature à soutenir l’engagement des femmes
dans la mission
de l’Église et leur permettre de durer, contre vents et marées, avec
joie et espérance, dans la fidélité à l’Esprit qui « fait toutes choses
nouvelles. »[5]
I.
LE CONTEXTE SOCIO-ECCLÉSIAL QUI A
FAVORISÉ L’ÉMERGENCE DES FEMMES
EN PASTORALE DANS
L’ÉGLISE DU QUÉBEC
L’accès des femmes en pastorale, à partir des années soixante,
s’inscrit dans les nombreux bouleversements qui ont marqué l’évolution
rapide de la société et de l’Église du Québec. Ce qui se passe dans la
société civile se répercute dans la société ecclésiale et vive versa.
Il y a là un parallélisme incontournable à évoquer quand on réfléchit à
la promotion de la femme. Je retiens quatre facteurs déterminants :
• La «
Révolution tranquille ».
(1960)
Évoquons l’apport considérable des congrégations religieuses féminines
dans la mission de l’Église. De la fondation du pays jusqu’en 1960, des
femmes-religieuses ont dirigé, avec un art et une compétence
remarquables, les institutions d’envergure qu’elles avaient fondées,
maintenues et développées tout au long des siècles. Mais, voilà qu’avec
la « Révolution tranquille » que connaît le Québec
dans les années 60,
un changement radical se produit. Le Québec réalise une rupture
globale, rapide et quasi définitive avec la société traditionnelle.
L’État reprend ses droits et assume ses responsabilités. Il décide
d’assurer lui-même l’ensemble des services essentiels à tous les
citoyens du Québec. Pour ce faire, il développe un vaste réseau
d’institutions publiques aux plans éducatif, culturel, sanitaire,
social.
Sur cette lancée entreprenante de l’État québécois, les
communautés religieuses féminines se départissent graduellement de
leurs œuvres : écoles, collèges, hôpitaux. Le rôle de l’État s’affirme,
s’impose même… Celui du monde pastoral
et ecclésial se
transforme. Une sécularisation rapide et globale
suscite de
profonds changements de mentalités, de visions du monde et de l’Église.
• Le
Concile Vatican II (1962-1965)
C’est dans un contexte social de grands bouleversements, de
sécularisation rapide, brutale même, que l’Église du Québec, appauvrie,
dépouillée, en quelque sorte, de ses repères traditionnels, de ses «
pouvoirs, j’allais dire politiques » sur la société québécoise, amorce
avec vigueur, enthousiasme et audace, le « renouveau de l’Église »
demandé par Vatican II. Avec la publication de Gaudium
et Spes en 1965,
l’Église s’ouvre davantage au monde. Elle se fait plus attentive aux
signes des temps. Elle établit un contact nouveau avec les croyants.
Dans la reconnaissance d’une Église,
Peuple de Dieu, les Pasteurs font
de plus en plus appel aux laïques.
De nombreuses femmes y décèlent de
nouveaux lieux d’engagement. Toutefois, la tâche s’annonce difficile.
Les croyances religieuses sont affaiblies. Pour un grand nombre de
Québécois, le Message évangélique n’est plus porteur de sens. C’est
dans ce contexte que des femmes s’engagent courageusement dans la
Mission de l’Église. Avec le temps, elles vont contribuer à la
transformation du « visage pastoral » de la communauté ecclésiale.
•
L’ouverture des Facultés de théologie
aux femmes.
Ici encore, il aura fallu beaucoup de détermination pour que les femmes
religieuses puissent se donner une formation universitaire
en
théologie. À la suite de difficiles négociations avec les Autorités
universitaires, on assiste à la création, en 1955,
de l’Institut
supérieur de sciences religieuses. Cet Institut, ouvert à tous et à
toutes, s’intégrera à la Faculté de Théologie de l’Université de
Montréal en 1967. À
Québec, c’est en 1966,
que la Faculté de théologie
de l’Université Laval ouvrait ses portes à ses premières étudiantes.
Dans les années 70, plusieurs diocèses mettent sur pied, souvent avec
la collaboration des Facultés de Théologies existantes, des centres de
formation en théologie et en pastorale.
Tous ces lieux de formation théologique ouverts aux femmes, religieuses
et laïques, auront un impact important dans la préparation de celles-ci
pour assumer des responsabilités dans l’Institution ecclésiale.
• Le
mouvement des femmes au Québec.
Dès la fin du XIXe siècle, le mouvement des femmes du Québec fut, et
demeure encore aujourd’hui, un phénomène culturel dynamique et de
grande importance. Il trouve ses racines dans une longue histoire de
libération. Ce mouvement a eu une grande influence pour l’amélioration
de la situation des femmes dans la société québécoise qui obtiennent le
droit de vote, le droit aux études supérieures et un statut légal
adapté à la vie moderne.
Aujourd’hui encore et sans relâche, le mouvement des femmes poursuit
son travail pour la reconnaissance de l’égalité
homme/femme :
• dans
la famille en vue d’un meilleur
partage des tâches dans le soin et l’éducation des enfants ;
• dans le monde du
travail pour
l’amélioration de leurs conditions de travail et l’obtention de
l’équité salariale;
• dans des luttes
incessantes contre la
pauvreté, la violence faite aux femmes et toutes formes d’exclusion, de
discrimination, etc.
Au plan politique, social et familial des
gains ont
été réalisés, mais il reste encore beaucoup à faire. Car, il faut le
reconnaître, les avancées des femmes vers l’amélioration de leurs
conditions de vie sont, dans tous les domaines, lentes, précaires et
fragiles. Pour elles, rien n’est jamais définitivement acquis !
Le mouvement des femmes questionne l’Institution ecclésiale. Dans
l’église, comme dans la société civile, tout ou presque tout, est conçu
sur le mode masculin. Le
temps n’est-il pas venu pour les femmes d’y
mettent davantage leur marque ? Indiscutablement, le mouvement
féministe québécois a influencé le monde de la pastorale. Les femmes,
de plus en plus nombreuses dans le service ecclésial ont, elles aussi,
à partir de leur vécu pastoral et de leur conception d’une Église pour
le monde d’aujourd’hui, posé des questions relatives à :
•
l’égalité hommes/femmes,
clercs/laïques, dans la communauté ecclésiale,
• à
l’affirmation de leur identité et au
respect de leur autonomie,
• aux
diverses formes de discrimination
et d’exclusion dans l’Église.
Voilà, rapidement esquissés, les quatre
principaux facteurs qui ont favorisé l’engagement de
nombreuses femmes
dans la mission de l’Église du Québec depuis plus de vingt-cinq ans.
Des femmes ont aussi ressenti le besoin de travailler ensemble, de
renforcer leurs solidarités. C’est dans ce contexte socio-ecclésial
qu’en 1982, une vingtaine
de femmes, oeuvrant en pastorale dans
plusieurs diocèses du Québec, ont jeté les bases d’un regroupement dans
le but de partager leurs expériences et de poursuivre une recherche
commune sur le rôle des femmes dans la mission de l’Église. Depuis
vingt-cinq ans, le réseau autonome « FEMMES ET
MINISTÈRES » se veut
pour elles, théologiennes, agentes de pastorale, femmes croyantes,
soucieuses d’une nouvelle façon « d’être et de faire
Église », un lieu
de solidarité et de parole, un lieu de ressourcement et de célébration,
un lieu d’élaboration d’une pensée commune, un lieu de concertation en
vue d’une prise de parole collective.
II.
POURQUOI DES FEMMES S’ENGAGENT À
MOYEN OU LONG TERME
ET POURSUIVENT LEUR
ENGAGEMENT
AU SERVICE DE LA MISSION DE L’ÉGLISE ?
Un des plus beaux fruits du Concile Vatican II n’a-t-il pas été d’avoir
largement contribué à la prise de
conscience progressive de la mission
et de la vocation de tous les baptisés ? Cette prise de conscience
s’est accompagnée de l’affirmation que l’Église est
« l’affaire de tous
et de toutes ».
Plus, Vatican II a donné aux femmes une « nouvelle
image »
d’elles-mêmes : elles sont aussi « créées à l’image de
Dieu » ; le
Concile a réaffirmé leur dignité comme personnes et « filles
de Dieu ».
Dans la foulée immédiate du renouveau suscité par le Concile, quelques
laïques, majoritairement des femmes, ont accédé à des responsabilités
dans l’Église. Elles ont assumé des tâches et des fonctions
indispensables à l’édification de la communauté ecclésiale et à la
réalisation de sa mission évangélique. En effet, déjà au cours des
années 70, quelques femmes laïques se voyaient confier des ministères
autrefois exclusivement réservés aux clercs. Elles ont ainsi mis à
profit leurs charismes propres, leurs talents et leurs compétences pour
participer à l’action missionnaire de l’Église.
Cependant, c’est à partir des années quatre-vingt, que l’Église du
Québec a connu une émergence massive
des femmes en pastorale. Plusieurs
motifs sont évoqués par ces femmes pour justifier leur choix à
travailler en pastorale, entres autres : leur foi chrétienne, le
service des autres, le désir de contribuer au renouveau et à
l’évolution de l’Église. [6]
Toutefois, ce n’est pas seulement en vertu de leur foi et au nom de
leur baptême que ces femmes, les agentes de pastorales en particulier,
justifient leur engagement
pastoral. C’est aussi parce qu’elles se
découvrent une « vocation nouvelle », un appel à
être, d’une façon
particulière, au service de l’Église. [7]
Envoyées en mission,
mandatées par leur évêque respectif, ces femmes, agentes de pastorale,
ne veulent pas se limiter à l’exercice d’une fonction
au sein de
l’Église. Au cœur de leur engagement pastoral, elles ont identifié un
chemin de « consécration à
l’Église », un chemin de profondeur qui
n’est pas que terrain d’action. La conjugaison d’un « envoi en mission » et
d’une « vocation »
ne permet-elle pas de parler des services
pastoraux assumés par ces femmes comme
de véritables ministères ?
Tout en admettant que la pénurie de prêtres a été l’origine de la
transformation du personnel pastoral des communautés ecclésiales et
d’une situation nouvelle dans l’Église québécoise, il ne faut pas
négliger un autre facteur, qui entre aussi en ligne de compte dans les
motivations de ces femmes, à savoir : la
mise en question du modèle
clérical actuel et du monopole ministériel des prêtres.
Dans les faits,
depuis plusieurs années, les clercs ne sont plus les seuls à assumer
des responsabilités pastorales dans l’Église du Québec. De 1980 à 1995,
de nombreuses femmes, mandatées par leur évêque pour le service de la
mission de l’Église du Québec, se retrouvent dans toutes les sphères de
l’activité pastorale soit :
• à la
coordination de la pastorale
d’ensemble, à l’animation de régions pastorales;
• à la prise en charge avec une équipe
pastorale de l’animation
de communautés paroissiales,
• dans les pastorales
spécialisées :
familiale, hospitalière, sociale, de la jeunesse,
• dans les services
diocésains comme
responsables de formation et des ressources humaines, comme chancelier
ou secrétaire générale ;
• dans les services d’éducation
de la foi
des jeunes et des adultes,
• dans la participation à divers conseils
diocésains et comités épiscopaux.
Les nombreux ministères,
assumés par des femmes laïques, sont un FAIT
D’ÉGLISE [8]
indéniable, voire un FAIT
THÉOLOGIQUE, [9]
qui
n’est pas sans questionner la structure
même de l’Institution
ecclésiale, son fonctionnement, sa façon de gouverner.
Contribuer à l’évolution de l’institution ecclésiale au niveau de ses
structures de gouvernement et
d’animation et poursuivre la réflexion en
fonction de l’accessibilité des femmes à toutes les responsabilités
ministérielles demeurent une préoccupation constante des théologiennes
et des femmes engagées en Église. C’est, pour plusieurs d’entre elles,
un motif des plus stimulants de
poursuivre leur travail à l’intérieur
même de l’institution.
III.
L’APPORT SIGNIFICATIF DES FEMMES À
LA VIE DE L’ÉGLISE
ET À LA RÉFLEXION THÉOLOGIQUE.
Dans une Église où les ministres
ordonnés sont toujours exclusivement
des hommes, la présence de nombreuses femmes en pastorale, constitue
sans contredit un enrichissement
certain de la vie ecclésiale. Ces
femmes donnent un nouveau visage à l’Église, elles suscitent un nouvel
élan vers la réalisation d’une Église-communion. Par leur souci de la
vie sous toutes ses formes, par leur manière
d’être, par leur
expérience de foi ancrée
dans un vécu de mères et d’éducatrices, elles
apportent une autre parole, un autre
regard, une autre façon de vivre
la mission ecclésiale, somme toute, une manière
autre « d’être et
de
faire Église ». Toutes les dimensions pastorales d’accueil, de
convivialité, d’écoute et d’attention aux personnes, d’une façon toute
spéciale aux personnes pauvres, démunies, marginalisées, exclues, y
gagnent !
Au Synode pour l’Amérique en 1997, Mgr Gérald Wiesner disait :
« Dans la mesure où nous sommes ouverts aux dons de la femme, nous devons aussi reconnaître notre grand besoin de ses forces – des forces qui apportent un équilibre essentiel à celles de l’homme. Sans la sagesse et la collaboration de la femme dans des rôles de leadership, l’Église, (…) se trouve diminuée par le fait même.» [10]
Les femmes sont donc justifiées d’aspirer à des fonctions de
leadership, de « gouvernance », d’autorité et de pouvoir au sein de la
communauté ecclésiale, n’ayons pas peur de nommer les choses. Pourquoi
ne pas le reconnaître dans les faits ?
Fortes d’expériences de toutes sortes,
plusieurs de ces femmes oeuvrant en Église, manifestent une liberté
d’action, de pensée et de prise de parole. Les anciennes
comme les
nouvelles venues dans le monde de la pastorale ont beaucoup à inventer
pour ne pas se laisser absorber par « l’ancien et presque
unique modèle
clérical » qui apparaît, aux yeux des plus sensibilisées, peu
susceptible de répondre efficacement aux impératifs de la mission de
l’Église d’aujourd’hui. Elles aspirent à des changements qui tardent à
venir… Elles font preuve de patience. Mais souvent leur patience est à
bout !
Ces femmes réagissent au fil du quotidien, prennent position et
suggèrent des alternatives en vue de la mise en place d’un véritable
partenariat, d’un partenariat
intégral entre hommes-femmes,
clercs-laïques. Partenariat qui repose sur une égale dignité et
responsabilité de l’homme et de la femme dans la mission de l’Église.
Un partenariat qui exige des attitudes et des relations de réciprocité,
d’égalité et non de complémentarité, et encore moins, de
dominant-dominé.
Beaucoup d’efforts ont été faits dans l’Église du Québec pour y
parvenir. De nombreuses démarches de réflexion et d’animation sur le
thème du partenariat [11]
, ont été vécues par un grand nombre d’agentes et
d’agents pastoraux, clercs et laïques. Mais des résultats significatifs
sont encore à venir… car faire la promotion du partenariat, qui
implique égalité et réciprocité, menace l’ordre
patriarcal et fait
monter toutes sortes de résistances… Pourtant, il s’agit ici d’une
réalité non-négociable où est en cause « non seulement la justice
envers les femmes et l’équilibre de l’Institution ecclésiale mais la
promotion d’une plus grande libération pour l’humanité
entière[12]
» . C’est dire que la route du
partenariat hommes et
femmes; clercs et laïques en Église, qui vise la mise en place d’une
Église de disciples égaux,
demeure difficile, pleine d’embûches et de
résistances de toutes sortes. En dépit de ces nombreuses résistances,
il importe de tenir, d’aller de l’avant ! L’avenir de l’Église en
dépend !
La plupart de ces femmes sont conscientes de l’importance et de la
fécondité du travail d’équipe
et préconisent une gestion
participative,
un pouvoir « non – ou moins –
hiérarchique » partagé en toute égalité
avec les clercs. Avec réalisme et lucidité, elles résistent aux
exclusions et demandent de participer aux prises de décisions
pastorales. Elles réclament aussi les marges de manœuvre nécessaires, —
comprenons le pouvoir requis
pour accomplir leurs tâches pastorales et
répondre jusqu’au bout des responsabilités qui leur sont confiées. Si,
aujourd’hui encore, quelques femmes sont présentes dans des lieux où
s’élaborent des orientations et où se définissent des priorités
pastorales tels que : conseil de l’évêque, comité des nominations,
conseil diocésain de pastorale, il n’en demeure pas moins que, dans le
concret de la vie, dans la pratique
pastorale quotidienne, elles ont
toujours un « statut de
subalternes » et demeurent soumises à la
supervision des clercs car elles n’ont
pas un réel accès aux prises de
décisions.
Il y a un grand décalage entre tout ce que les femmes font et assument
dans l’Église et la reconnaissance officielle, juridique, qu’elles en
ont. On peut même dire que les femmes font l’Église en très grande
partie mais elles n’ont pas de place dans le « visage
officiel de
l’Église ». Quelle visibilité
ont-elles face à la communauté
paroissiale ? dans les célébrations liturgiques ? Je suis consciente
que cela varie avec les milieux…
Pourtant, elles sont plus nombreuses que les hommes à fréquenter les
églises. Mandatées par leur évêque ou bénévoles, elles sont aussi plus
nombreuses que les hommes à servir quotidiennement et généreusement la
communauté ecclésiale. Comment justifier, aujourd’hui encore, qu’elles
doivent rester, parce que femmes,
à l’écart des prises de décisions et
des ministères ordonnés, même des ministères institués ? Avec
persévérance et créativité, plusieurs continuent de travailler à la
mise en place d’une véritable et effective coresponsabilité
dans la
prise en charge des divers projets pastoraux. Mais que de chemin encore
pour y arriver ! La culture
cléricale est forte, dominante et lente à
s’ouvrir à un réel partage du pouvoir avec les laïques, encore plus
avec des femmes ! En prendre conscience, c’est commencer à vouloir
changer des choses…
Pour assurer le mieux possible leurs
responsabilités pastorales avec compétence, la plupart de ces femmes se
sont donné une solide formation
théologique. On ne dira jamais assez
avec quel courage et sens de l’organisation, la plupart d’entre elles
ont su conjuguer les exigences familiales, le service ecclésial et la
poursuite d’études universitaires dont elles ont, en général, assumé
les frais de scolarité. Un grand nombre détiennent un baccalauréat en
théologie ou en études pastorales, plusieurs, une maîtrise ou un
doctorat en théologie. Jusqu’à maintenant, malgré leur compétence
théologique et pastorale, malgré leurs indispensables services à la
communauté, ces femmes demeurent exclues du « leadership
pastoral
officiel ». Comment ne pas voir dans cette forme
d’exclusion un acte de
discrimination envers les femmes ? Sans vouloir ouvrir ici un débat sur
cette question, je nous invite à y réfléchir et à en mesurer les
implications pour notre Église. Ces femmes engagées en Église sont
motivées, dans une optique missionnaire,
à aller vers les gens, à les
rejoindre là où ils sont afin de les aider à découvrir les valeurs
évangéliques qu’ils vivent, souvent sans savoir les nommer. Cependant,
ce « faire Église autrement », qu’implique la dimension missionnaire de
l’Église, appelle de nouvelles approches pastorales. Vaste
chantier que celui-là et qui n’en est qu’à ses débuts ! [13]
Il
faut se réjouir des efforts que plusieurs diocèses font actuellement
pour revivifier les processus d’éducation à la vie chrétienne, tant
pour les adultes que pour les jeunes. Là encore, ce sont en grande
majorité des femmes qui
s’engagent dans ces divers processus
d’éducation de la foi.
Il faudrait parler longuement de
l’apport spécifique des théologiennes
du Québec. Notons simplement que
plusieurs enseignent dans les facultés de théologie et sont parties
prenantes des grands débats qui alimentent la réflexion théologique et
pastorale. Elles proposent des pistes nouvelles en exégèse, en
ecclésiologie comme en théologie des ministères. Leur accorder
davantage d’attention serait, sans contredit, enrichissant pour
l’Église ! De nombreuses publications[14]
témoignent de
leur
travail. Dans quelle mesure les autorités ecclésiales y font-elles
référence ?
IV. LES
AVANCÉES ET LES RECULS QUI ONT
MARQUÉ,
DEPUIS LES ANNÉES 95 JUSQU’À MAINTENANT,
LE CHEMINEMENT
ECCLÉSIAL DES FEMMES AU SERVICE DE LA MISSION.
En regard de l’engagement des femmes
dans la mission de l’Église du Québec, des pas importants ont été
réalisés depuis les années 80. Rappelons quelques temps.
En 1982, les évêques du
Québec mettaient sur pied le réseau des
Répondantes diocésaines pour la
condition de la femme dans la société
et dans l’Église. Heureuse initiative qui manifestait concrètement la
volonté de nos pasteurs de se mettre à l’écoute du vécu des femmes et
de leur apporter support et encouragement dans l’amélioration de leur
situation dans l’Institution ecclésiale et dans le monde.
En mars 1986, l’Assemblée
des évêques du Québec tenait, avec la
participation de nombreuses femmes, une session
d’étude sur « Le
mouvement des femmes et l’Église ». L’objectif de cette
rencontre était
: « d’approfondir la réflexion sur la condition des femmes
dans
l’Église, à travers une expérience de partenariat, et de proposer des
actions concrètes à mettre en œuvre afin de faire un pas de plus vers
l’égalité des femmes et des hommes dans l’Église ». Les
évêques
reconnaissaient ouvertement que
« le défi essentiel que pose le mouvement des femmes est, de toute évidence, la transformation des rapports hommes-femmes, autant dans l’Église que dans la société ». [15]
Somme toute, on en était à la recherche d’un
équilibre des
rapports.
Un élan des plus prometteurs était ainsi donné dans les années 1980,
élan qui irait croissant jusqu’en 1995
et ce sur plusieurs points mais
avec plus ou moins de succès.
Dans les années 90, il y eut plusieurs tentatives, pour implanter le
langage inclusif[16]
, mais, de façon générale, sans grand
succès. Cette
lenteur de d’intégration traduit, c’est le moins que l’on peut dire,
une insensibilité aux effets du langage sur les comportements et sur la
perception de la réalité. Pourtant, chez nous, en Amérique du Nord,
l’usage du langage inclusif
est devenu la norme
lorsqu’on s’adresse aux
personnes des deux sexes.
Dans l’Église d’ici, on utilise trop souvent encore le langage exclusif
dans les textes liturgiques, par exemple : à l’Eucharistie on
offre le
pain et le vin comme fruit du travail des hommes,
on prie pour les
frères défunts qui nous
ont quittés, on nomme rarement les
saintes dans
la prière eucharistique, on s’adresse à une assemblée chrétienne
composée à très grande majorité de femmes en les interpellant :
« mes
frères », et encore. La pratique du langage
inclusif n’est-elle pas
une
façon de prendre position contre une
forme répandue de discrimination
envers les femmes ? Les femmes comprennent difficilement,
si c’est à
comprendre, la résistance ou l’indifférence des clercs sur l’importance
du langage inclusif pour rendre compte de la communion
des membres de
la communauté ecclésiale et porter ainsi une véritable attention à plus
de la moitié de celle-ci !
Au sujet de la violence faite aux femmes.
De grands efforts ont été
faits pour lutter contrer la violence envers les femmes[17]
, pour
sensibiliser au partenariat dans l’Église[18]
. De nombreuses sessions ont
été vécues dans tous les diocèses sur ce thème. Quel impact ces
sessions ont-elles eu au niveau du personnel pastoral ? Il nous
apparaît que certains, pour ne pas dire plusieurs, responsables
pastoraux ont de la difficulté à identifier et à reconnaître dans leurs
comportements, des attitudes dominantes qui prennent des dimensions de
violence psychologique envers les femmes ?
Toutefois, au-delà des ces aspects négatifs que nous venons de
souligner, nous reconnaissons la
collaboration particulièrement
dynamique et courageuse, voire audacieuse, de plusieurs
évêques d’ici,
pour la reconnaissance de la place des femmes et du bien-fondé de leurs
ministères pastoraux dans l’Église québécoise. Leur prise de parole
relativement à la place des femmes dans l’Église[19]
, avaient encouragé
ces femmes et fait espérer des jours meilleurs.
Pendant cette même période, les études du Comité épiscopal des
ministères relatives à de « nouvelles
pratiques ministérielles »,
contribuaient à soutenir l’engagement et à confirmer la « vocation
ministérielle » des laïques engagés en Église.
Une certaine espérance
habitait les cœurs. Cependant, depuis une dizaine année, les choses ont
quelque peu changé. Aujourd’hui, il nous faut reconnaître que sur ces
questions, nos Pasteurs-Évêques sont devenus silencieux. Le dialogue
est plus difficile. Nous le regrettons. Et nous comprenons
que le
contexte actuel peut d’une certaine façon, expliquer une telle
attitude. Il semble cependant qu’il pourrait en être autrement…
Reconnaissons que sur le terrain, des femmes œuvrant en pastorale
peuvent individuellement
compter sur l’appui de leurs pasteurs et sur
celui de plusieurs prêtres. Mais, dans
les faits, les avancées que les
femmes avaient connues après Vatican II, sont aujourd’hui quelque peu
stagnantes, très lentes quand il y en. On a l’impression de reculs, de
piétinements, de fermetures,
ce qui n’est pas sans amoindrir les
espoirs que les femmes entretenaient et questionner l’avenir même de
notre Église. Et le silence prudent de nos pasteurs se manifeste
beaucoup à l’égard des groupes, des réseaux de femmes engagées en
Église par un support moins explicite, un dialogue moins ouvert, pour
ne pas dire absent ou presque. Et pour cause !
Plusieurs documents romains ont été émis depuis les années 90, à savoir
:
• la Lettre apostolique Ordinatio
sacerdotalis de mai 1994,
• la Note de la Congrégation pour la
Doctrine de la foi Sur
l’ordination exclusivement réservée aux hommes,
en mai 1995,
• l’Instruction romaine du 15 août 1997
Sur quelques questions
concernant la collaboration des fidèles laïques
aux ministères des prêtres.
Les deux premiers concernant l’ordination, nous ont invitées au
silence. Le troisième
document manifeste une attitude d’exclusion
des
femmes, de discrimination
en regard de la collaboration aux ministères
des prêtres. Ce document nous apparaît loin des valeurs d’égalité, de
réciprocité. Il ne s’inscrit pas dans l’optique d’un réel partenariat
dans l’Église, disons d’un partenariat intégral, de rapports
d’interdépendance entre hommes et femmes, clercs et laïques, ni dans
celle d’une Église de disciples égaux, d’une communauté
de sœurs et de
frères…
Ces documents romains ont largement brimé les attentes des femmes et
fortement ébranlé leurs motivations pour le service pastoral. Ces
documents ont aussi, nous semble-t-il, freiné l’enthousiasme et
l’ouverture de nos Pasteurs pour la « reconnaissance
officielle » des
ministères assumés par des laïques, très majoritairement par des femmes.
Depuis, graduellement, les ouvertures
entrevues par les
femmes dans l’institution ecclésiale québécoise, après Vatican II, se
referment. La réaffirmation du monopole ministériel des
prêtres se fait
explicitement fait sentir. On en prendra comme illustration la
réorganisation actuelle des paroisses en
« méga-paroisses »,
regroupement de plusieurs paroisses sous l’autorité
quasi exclusive des
prêtres. Quels critères président à l’établissement de ce
type de
paroisse ? La diminution importante du nombre de croyants fréquentant
l’église ? L’existence d’une communauté chrétienne fragile ? La
disponibilité des prêtres ou le maintien de la vie d’une communauté,
même petite ? Questions importantes qu’on ne peut pas ne pas
considérer.
Cette politique relative à la fusion des paroisses ne remet-elle pas
subtilement en question les fonctions de coordonnatrices ou de
responsables de paroisse assumées par des laïques, surtout
des femmes,
depuis plusieurs années dans un certain nombre de diocèses, dans le
contexte privilégié d’une Église qui
se voulait communionnelle,
missionnaire et tout entière ministérielle ?
A-t-on raison
d’y voir une stratégie à court terme, une stratégie de « colmatage » en
quelque sorte[20]
? En agissant ainsi, ne repousse-t-on pas à
demain un problème d’aujourd’hui plutôt que de profiter de la situation
actuelle de manque de prêtres pour mettre en place des stratégies de
renouveau pour l’animation des communautés en
responsabilisant
davantage les baptisés dans la prise en charge de leurs communautés
ecclésiales, si petites et fragiles soient-elles ?
Qu’adviendra-t-il de l’animation des communautés chrétiennes
dans cinq ans où la pénurie de prêtres sera encore plus grande
qu’aujourd’hui ? Manque-t-on de créativité, d’invention, d’audace
apostolique ? Serait-ce à cause d’une ecclésiologie et d’une théologie
des ministères qui tardent à se renouveler ? Que fait-on de la vie qui
devance toujours les lois et remet en question certaines structures ?
Ce sont autant de questions que se posent de nombreuses femmes engagées
en Église et soucieuses de l’épanouissement et de la vitalité de
communautés chrétiennes à dimension humaine, d’une part. D’autre part,
un certain nombre d’entre elles seraient prêtes à s’investir dans
l’animation d’une communauté, si on leur faisait confiance et si on
leur accordait l’espace de liberté nécessaire pour « faire du neuf ».
Nous n’en sommes pas là…
Dans le contexte ecclésial actuel qui marque, aux yeux d’un grand
nombre de femmes, un retour en arrière
par rapport à Vatican II et qui
remet en question des expériences pastorales qui s’étaient avérées
fécondes dans plusieurs Églises diocésaines du Québec, il devient de
plus en plus difficile pour des femmes,
qui consacrent temps et
énergies au service de la mission de l’Église, de garder élan et
espérance. D’autant plus, que jusqu’à maintenant, le statut des laïques
en pastorale est toujours un « statut
de suppléance », une « collaboration
provisoire ».
Qualifier en termes de « suppléance »
les ministères assumés
aujourd’hui par les laïques est, pour le moins, significatif de la
réticence des responsables de l’Église
à reconnaître la « diversité
des
charismes des baptisés qui les mettent en état d’accomplir des
ministères pour bâtir le Corps du Christ, jusqu’à ce que nous
parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi, l’état d’adultes, à la
taille du Christ dans sa plénitude ».[21]
N’est-on pas justifié de questionner une certaine pratique
du
pouvoir[22]
dans l’Église, la
théologie des ministères et
l’ecclésiologie qui la justifient ?
Depuis plusieurs années, plusieurs
facteurs se conjuguent et font que la
vie est de
plus en plus difficile pour les femmes engagées en Église comme :
• la réception « mitigée » de Vatican II
et les positions du Magistère relatives aux femmes;
• un certain conservatisme;
• le monopole ministériel des clercs;
• la non-reconnaissance officielle des
ministères assumés par les laïques;
• les difficultés financières croissantes
des diocèses et des paroisses et leur impact sur les choix
pastoraux;
• le manque de ressources cléricales pour
répondre aux besoins urgents de l’évangélisation conjugué aux
restrictions ministérielles imposées aux laïques;
• la précarité d’emploi des femmes
engagées en Église.
Cependant, un bon nombre de femmes engagées en Église ne veulent pas
baisser les bras pour autant. De diverses façons, elles tentent de
poursuivre la marche en avant. Cependant, elles ont besoin de plus de
support, d’encouragement, de mise à jour de leur savoir théologique,
biblique, catéchétique, etc. L’amélioration de leur situation
ecclésiale s’avère nécessaire pour maintenir leur espérance et pour
l’avenir de l’Église d’ici.
Pour plusieurs d’entre elles, la 25e
heure pour l’Église a sonné. Des
changements en profondeur sont attendus. Il y a des ouvrières, et des
ouvriers aussi, qui sont disponibles pour participer à la mise en œuvre
d’une façon autre « d’être et de faire Église ».
Plusieurs femmes qui
aiment l’Église pensent qu’il n’est-il pas trop
tard[23]
pour
l’Église du Québec qui, espérons-le, n’a pas dit son dernier mot et
garde espérance en un avenir meilleur. Fortes de cette espérance têtue,
des femmes demeurent présentes, responsables, actives et profondément
engagées dans la mission de l’Église, aujourd’hui. Pourront-elles
continuer longtemps dans les conditions actuelles ? Demandons-nous si
l’Église peut-elle se passer de ces
femmes ?
IV.
LA TÉNACITÉ PATIENTE, MAIS
INÉBRANLABLE, DES FEMMES
POUR CONTINUER DE REVENDIQUER
L’ACCESSIBILITÉ AUX MINISTÈRES
ORDONNÉS.
Périodiquement, la question de
l’ordination des femmes revient dans l’actualité : ordinations de 7
femmes sur le fleuve Saint-Laurent l’été dernier; un Colloque s’est
tenu à Paris en janvier 2006 sur ce thème. Un autre sur le même sujet
se tiendra à Montréal en octobre prochain. Plusieurs propositions du
Document de la CRC, présenté aux Évêques du Québec, y font
explicitement référence. Comment ne pas en reconnaître l’importance
pour l’Église, aujourd’hui et déplorer les nombreuses résistances du
Magistère sur cette question ? Mgr Claude Frikart, évêque auxiliaire
émérite de Paris, écrit à ce sujet :
« La difficulté à établir une relation juste entre le prêtre et le laïc est porté « au carré, dirais-je en langage mathématiqe, lorsque le laïc est une femme ». (…) « Si on reconnaissait la grâce propre de la femme, si on respectait concrètement le partenariat homme-femme et laïc-prêtre, au nom de quoi refuser encore aux femmes l’accès au ministère sacerdotal ? Ne serait-ce pas parce que les hommes en général et les prêtres en particulier veulent conserver un pouvoir en risque de s’effriter ? (…) Je regrette profondément que cette question soit l’objet d’un tel blocage passionné ».[24]
Nous aussi nous le regrettons !
Il semble bien qu’on ne pourra parler d’une reconnaissance pleine et
entière de l’égalité des femmes et des hommes dans l’Église tant qu’on
n’aura pas levé l’exclusion des femmes aux ministères ordonnés. C’est à
cette condition seulement qu’on rendra possible l’apport
plénier des
femmes à la vie et à la mission de l’Église et aux décisions qui
engagent sa pensée et son action pastorale. N’est-ce pas là une
question de crédibilité pour l’Église quand elle s’adresse à la moitié
de ses membres ? Plusieurs femmes reconnaissent en elles l’appel au
presbytérat. Au nom de qui ou de quoi peut-on continuer d’affirmer que
l’Esprit Saint n’appelle pas des femmes
au ministère ordonné et que cet
appel ne puisse être confirmé par l’Évêque ?
Nous reconnaissons qu’aucun argument
théologique ne soutient
l’exclusion des femmes à ces ministères. Ce sont des arguments
culturels qui sont évoqués pour retarder la reconnaissance
de
l’accessibilité des femmes à ces ministères. Les uns parlent de «
tradition »… Mais, « la
tradition, dit Michel de Certeau, ne
peut-être
que morte si elle reste intacte, si une invention ne la compromet en
lui rendant la vie, si elle n’est pas changée par un acte qui la
recrée. »[25]
Il faudra bien
qu’un jour cette exclusion
des femmes aux ministères ordonnée soit levée parce qu’elle concerne
aussi le respect de la mémoire du
Christ : « ce
qu’Il a fait et ce
qu’Il ferait aujourd’hui », ainsi que la manière
dont se prennent, dans
l’Église, les décisions se rapportant aux femmes et, en général, toutes
les décisions qui s’adressent à la communauté ecclésiale tout entière.
Elles sont nombreuses ces femmes croyantes et préoccupées de l’avenir
de l’Église, qui réclament une reprise
de dialogue et la mise en place
dans l’Église d’un débat ouvert
sur toutes ces questions. Le vendredi 3
mars 2006, le Pape Benoît XVI répondant
à un prêtre qui demandait si le
moment n’était pas venu d’accorder une reconnaissance
institutionnelle
aux femmes disait :
« Nous pensons que plus d’espace et plus de responsabilité
peuvent être
confiés aux femmes dans le service ministériel. »
C’est une lueur d’espoir
de savoir que, d’une certaine façon,
le Pape lui-même relance le débat.
Voilà de petits pas qui laissent
percevoir des changements à venir ! Ce sont les « surprises » d’un Pape
qu’on dit conservateur. À nous maintenant de continuer de réfléchir,
d’échanger, de creuser tous les aspects de la question.
* * * * *
Comment garder l’espérance et nous inscrire dans une action créatrice,
collective et communautaire pour que ces femmes poursuivent et même
intensifient leur engagement dans la mission de l’Église ?
Voici quelques points d’ancrage susceptibles de redonner un nouvel
élan, une espérance à toute épreuve pour aujourd’hui et demain, pour
trouver force, solidarité, confiance dans la poursuite généreuse et
dynamique dans la mission de l’Église ! Ces points d’ancrage nous
concernent tous et toutes.
➢ Garder
la passion pour l’Évangile et la
mission
Être des « passionnées pour
l’Évangile », des « passionnées
pour la
mission » permet de transcender obstacles,
difficultés, frustrations de
toutes sortes, d’aller de l’avant dans la joie et la confiance et de
durer au service de la mission.
Aujourd’hui encore, plusieurs femmes
répondent généreusement à l’appel de leurs pasteurs et s’engagent de
diverses façons, dans les projets diocésains et paroissiaux d’éducation
de la foi. PROPOSER JÉSUS CHRIST À NOTRE MONDE : c’est un grand
ministère qui leur est confié. Ministère qui est grâce et aussi
responsabilité. Il est important de la reconnaître. Car,
ce n’est pas
rien de consacrer temps et énergie pour aider des personnes, jeunes et
adultes, à découvrir la Personne de Jésus et à approfondir leur
relation avec lui. Ce n’est pas rien de les accompagner dans un
cheminement de foi. Ce n’est pas rien de les soutenir dans leur
recherche de sens, de libération, de justice, etc. Convaincues de la
grandeur de cette mission qui leur est confiée, ces femmes trouvent
dans l’exercice de leurs ministères :
• un lieu d’épanouissement personnel et
de croissance dans la foi;
• un moyen privilégié de bâtir des
communautés de disciples, de frères et sœurs en Jésus-Christ;
• un espace pour laisser l’Esprit agir en
elles, par elles et avec elles dans la mise en œuvre de la mission de
l’Église.
➢ Se
donner des lieux de solidarité et de
partage.
La mission est exigeante. Les moyens limités. Cependant, l’engagement
dans la mission est essentiellement communautaire. C’est ensemble, avec
d’autres, que se vit la mission de l’Église. Pour soutenir nos
engagements pastoraux, pour dépasser les difficultés qui jalonnent de
mille façons nos « routes ministérielles », il est nécessaire de nous
retrouver régulièrement en petits groupes, avec d’autres, femmes et
hommes alliés, en vue d’un dialogue franc et ouvert
• pour échanger sur nos expériences
pastorales : joies ressenties, approches nouvelles; résistances
rencontrées, succès et échecs, etc.;
• pour nous entraider, nous encourager,
réviser des objectifs, évaluer les activités pastorales;
• pour prier, fêter ensemble et repartir
avec un souffle nouveau, un courage renouvelé, une plus grande audace
évangélique.
Loin d’être du temps perdu, ces moments d’arrêt, de partage, de support
mutuel sont garants de la fécondité de nos ministères, de la profondeur
de nos motivations, de la durée de nos engagements pour la mission.
➢
Travailler à l’émergence d’une culture
partenariale
En réfléchissant aux conditions idéales pour vivre la mission et en
analysant la situation actuelle des femmes engagées en Église, nous
avons identifié les principales causes des difficultés, des obstacles,
des résistances, des frustrations, des reculs que ces femmes
rencontrent dans l’exercice de la mission. Dans l’institution
ecclésiale, comme dans la société civile, tout est conçu, organisé,
structuré sur le « mode masculin ». L’Église, dans sa
structure
organisationnelle, est une société
patriarcale. Il faut le reconnaître.
N’est-il pas temps que les femmes y mettent davantage leur empreinte et
contribuent ainsi à l’évolution des mentalités et à l’éclosion d’une
culture partenariale, sous-tendue par des relations
d’égalité et de
réciprocité entre tous, femmes et hommes, clercs et laïques
?
Des efforts remarquables ont été faits dans les années 90 pour susciter
une façon « autre » d’être et de faire Église. Dans
cette optique, on a
parlé de partenariat
hommes-femmes, clercs-laïques dans l’Église. Où en
est-on aujourd’hui ? Notre Église est-elle intéressée à mettre en place
un réel et dynamique partenariat,
au niveau de toutes les instances
décisionnelles, au niveau des processus d’animation et de prise en
charge des communautés chrétiennes ? Jusqu’à maintenant, le vécu
quotidien nous permet d’en douter… Dès maintenant, toutes les femmes
engagées dans l’Église, tous les clercs doivent s’y employer, passer
résolument à l’action. L’avenir de
l’Église en dépend ! Voilà un
sérieux défi qui invite à une grande et audacieuse
créativité pour
changer des choses !
➢
Résister à toutes formes d’exclusion,
de discrimination et d’injustice.
RÉSISTER à tout ce qui
fait obstacle à la liberté, à ce qui empêche une
personne d’être vraiment libre.
Cette résistance est profondément
évangélique. Pensons à l’attitude de Jésus et à son
enseignement.
Résister à tout ce qui a couleur d’injustice, de
discrimination, d’exclusion, c’est travailler à la libération
des personnes qui en sont victimes. La résistance à tout ce qui est
exclusion, discrimination à l’égard des femmes dans l’Église, comme
dans la société civile d’ailleurs, se présente comme un volet
obligé du développement de la culture
partenariale dont nous
avons parlé.
Trop souvent hélas, beaucoup de femmes ne réagissent pas aux situations
inacceptables dont elles sont l’objet. Pourquoi ? Est-ce par crainte
d’être rejetées, incomprises, de perdre leur emploi ? Il y a trop
souvent une tolérance indue
qui garde silence sur des situations
discriminatoires. Cette attitude, loin de corriger ces situations,
contribue à les intensifier, à les durcir, voire à les faire durer et
se multiplier. Nous souhaitons un mouvement d’ensemble, une action
concertée de réflexion, d’analyse critique, de sensibilisation
relativement à ces déplorables réalités qui existent sous diverses
modalités, dans l’Église. Voilà un travail de libération à saveur
évangélique !
➢ Avoir
une spiritualité comme fondement
de l’engagement pastoral.
On parle beaucoup de spiritualité aujourd’hui. Nous nous retrouvons
devant un si grand éventail de conceptions de la spiritualité qu’il est
difficile d’y voir clair… Le terme « spiritualité », vulgarisé et
utilisé à outrance, risque de ne plus rien dire. Il n’en demeure pas
moins important de situer clairement sur ce que « spiritualité » veut
dire pour chacun de nous. Car, la spiritualité
est l’ancrage
fondamental de tout engagement pour la Mission.
La spiritualité chrétienne, au sens plein du terme, renvoie à
l’expérience de Dieu dans la vie de chaque personne. Ainsi, tout
service pastoral, tout ministère dans l’Église, tout engagement de foi
est intimement lié à la vie spirituelle du croyant, du pasteur, de
l’agente et de l’agent de pastorale. C’est dire aussi que l’expérience
personnelle de Dieu se réalise au cœur du service pastoral, elle lui
donne forme et vigueur.
Au-delà de l’activité professionnelle, au-delà du savoir-faire, il
faut, à la base, une spiritualité, une ligne de fond qui inspire,
oriente, sous-tend l’activité pastorale et missionnaire. La
spiritualité, c’est une « Présence »,
qui habite au plus profond de la
personne et lui permet de donner sens à ses engagements et d’unifier sa
vie.
La spiritualité, c’est une force et une lumière intérieures qui donnent
de savoir pour qui et pour quoi on agit.
Parler de spiritualité, c’est
aussi reconnaître l’importance de la prière, la nécessité de réserver
du temps et de l’espace dans sa vie pour la rencontre intime et
confiante avec son Dieu. Comme Jésus, savoir se retirer à l’écart pour
prier !
Nous espérons que l’attention apportée à ces points d’ancrage aidera
chacun et chacune à assurer solidité et fécondité à nos engagements
dans la mission de l’Église.
* * * * *
En terminant, soulignons
que ces femmes, passionnées pour l’Évangile,
engagées de multiples façons dans la mission de l’Église, travaillent,
comme le dit Madeleine Delbrel, « à rendre l’Église plus
AIMABLE et plus AIMANTE »
?
Reconnaissons aussi, en reprenant les mots de Jacques Grand-Maison, que
ces femmes d’Évangile pour les temps difficiles que nous vivons,
contribuent, à l’instar des Femmes de la Résurrection, à RÉ-ENCHANTER
L’ÉGLISE ?
Raymonde Jauvin, CND
10 mai 2006
Le Montmartre. Québec
NOTES
[1] Jn I, 51-52
[2] Mc 28,10
[3] Joan Chittester, OSB. « La chute du Temple, un appel à la formation », in Bulletin no 118 de UISG 2002, p. 37.
[4] Dans cette intervention, quand je parle des femmes, je fais plus directement référence à ces femmes laïques, agentes de pastorale, mandatées par l’évêque et rémunérées pour leur travail pastoral sans pour autant oublier l’apport précieux des nombreuses bénévoles. Globalement, ce que nous disons des agentes de pastorales vaut pour toutes les femmes chrétiennes engagées dans leur communauté.
[5] Ap. 21,5
[6] Cf. Les soutanes roses, Bellarmin, Montréal, 1988,p. 206.
[7] Cf. Voix de femmes, voies de passage, Éditions Paulines, Montréal, 1995, p. 153 et ss.
[8] Sesboüé, Bernard, « Les animateurs pastoraux laïcs » in Études, sept. 1992, p. 262
[9] Duperray, Georges, « Ministères laïcs. Une nouvelle tradition. In Études, juillet.-août 1993, p. 72
[10] CECC. Rappel historique des interventions de la CECC concernant les femmes, 2000, p. 59.
[11] Cf. Symposium en 1996 sur « Le partenariat hommes et femmes en Église », Comité des Affaires sociales de l’A.E.Q, Québec, 1996. Actes du Symposium : « Pleins feux sur le partenariat en Église, Ed, Paulines, 1997. Cf. Démarches d’animation pour développer une culture partenariale en Église. Comité des Affaires sociales, Assemblée des évêques du Québec, Ed. Paulines, 1997.
[12] Yvonne Bergeron. Texte à l’occasion du Colloque sur l’ordination des femmes à Paris. Janvier 2006
[13] En 1998, Femmes et Ministères réalisait des sessions sur le changement dans des diocèses du Québec. Vingt-quatre projets prennent forme. On trouve des jalons d’analyse socio pastorale de ces projets dans « Projets de femmes. Église en projet » de Pierette Daviau, Éd Paulines, 2000.
[14] Cf. La bibliographie à la fin de l’article de Marie-Andrée Roy, « Les femmes, le féminisme et la religion », Site Internet : http: //sisyphe.levillage.org.
[15] A.E.Q. La concertation des Églises diocésaines : évaluation et défis. Éd. Fides, 1988, p. 56.
[16] Cf. Ateliers sur Le langage inclusif, C.E.C.C., 1990
[17] Cf. Bilan des sessions sur «Violence en héritage», Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques du Québec, 1992.
[18] Cf. Guide d’animation. « Femmes et hommes, partenaires dans l’Église », Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques du Québec, 1991
[19] Voir les textes de leurs interventions dans le Rappel historique des interventions de la CECC concernant les femmes. CECC, 2000, p. 58 ss.
[20] Cf. Olivier Le Gendre. « Lettre aux successeurs de Jean-Paul II », Desclée de Brouwer, 2002, p. Cf. Normand Provencher. « Trop tard ? L’avenir de l’Église d’ici ». Novalis, 2002, p. 137
[21] Éph 4,12
[22] À ce sujet, CF. Cahier d’animation publié par Femmes et Ministères « La 25e heure pour l’Église » qui questionnent fortement la façon d’exercer le pouvoir dans l’Église.
[23] Cf. Normand Provencher, « Trop tard ? », Novalis, 2002, pp. 211-221.
[24] Claude Frikart, « 15 questions à l’Église sur son histoire » Mame/Plon, Paris, 2003
[25] Cité par Jean-Claude Guillebaud dans La force de conviction, Seuil, p. 353 .Entretien sur Michel de Certeau, Revue Esprit, mars 1996, p. 152.
Site du Réseau Femmes et Ministères
- www.femmes-ministeres.org
Consulté
le