Réflexions
d’un agent de pastorale suite à la parution de l’exhortation
apostolique Christifideles
laici du 30 décembre 1988.
Égalité et discrimination
- par un agent de pastorale
Le Pape fait écho à plusieurs interventions du Synode
lorsqu’il accorde un espace aux thèmes d’égalité et de discrimination.
Avec force, il affirme l’égalité de tous les êtres fondée sur la
dignité de la personne. Aussi, aucune discrimination ne peut-être
justifiée. « Toute discrimination constitue une injustice absolument
intolérable, non pas tant en raison des tensions et des conflits
qu’elle peut engendrer dans le tissu social qu’en raison du déshonneur
infligé à la dignité de la personne : et non seulement à la dignité de
ce qui est victime de l’injustice, mais, davantage encore, de qui la
commet » (no 37).
Il aura la même fermeté pour rappeler « la dignité personnelle de la
femme, et donc son égalité avec l’homme » (no 49). Trop de pays, comme
trop d’Églises chrétiennes n’agissent pas en fonction de cette égalité
sous le prétexte de l’appartenance à des cultures différentes. Le Pape
a raison d’insister sur l’égalité des êtres humains.
Cependant, on ne saurait passer sous silence la façon avec laquelle le
Pape ne reconnaît pas qu’il y ait dans l’Église discrimination fondée
sur la base du sexe. Après avoir dit qu’aucune discrimination n’existe
sur « le plan du rapport avec le Christ », sur « le plan de la sainteté
», il déclare que « dans la participation à la vie et à la mission de
l’Église, la femme ne peut recevoir le sacrement de l’Ordre, et donc,
ne peut remplir les fonctions propres du sacerdoce ministériel.
(…) ».
Comment peut-on justifier l’exclusion des femmes. On pourrait
objecter qu’il y a discrimination faite puisque l’éligibilité à la
fonction est décrétée sur la base de l’appartenance à un sexe déterminé
et non sur un seul et même baptême qui fait de nous hommes et femmes
des fils et des filles de Dieu. Comment alors concilier les vues
présentes avec ce que le Pape soutient au numéro 37 ci-haut cité ? Ce
n’est pas la réponse apportée au numéro 49 qui va jeter plus de lumière
sur ce paradoxe : « Sans être appelées à l’apostolat propre au Douze,
et donc au sacerdoce ministériel, beaucoup de femmes accompagnent Jésus
dans son ministère et assistent le groupe des Apôtres (…) » . Doit-on
encore s’étonner alors que le statut quo à l’égard des dispositions du
Motu proprio Ministeria quaedam
(15 août 1972) ai été retenues jusqu’au
moment des conclusions d’une Commission chargée d’étudier la question ?
(no 23).
On reste encore plus étonnée de cette position, lorsqu’on constate que
le Pape reconnaît qu’en Église la « co-présence et collaboration des
hommes et des femmes » constitue une exigence première d’une
authentique communauté ecclésiale. S’il faut parler de nouveauté dans
le document, c’est ici qu’elle prend place. À ma connaissance, jamais
jusqu’ici on a insisté pour qu’hommes et femmes travaillent ensemble en
pastorale. Le Pape voit là non seulement une nécessité mais une
exigence requise au nom même de l’être humain qui a été créé homme et
femme comme « la première communauté de personnes (no 52). Aussi « un
effort pastoral s’impose donc en vue d’obtenir la présence coordonnée
des hommes et des femmes pour que soit rendue plus complète, plus
harmonieuse et plus riche la participation des fidèles laïcs à la
mission salvifique de l’Église » (idem).
Suivant la logique énoncée dans ce
paragraphe, il faudrait donc
reconnaître que par le bénéfice de la communauté ecclésiale, les
ministères demanderaient d’être exercés par les femmes et les hommes.
Site du Réseau Femmes et Ministères
- www.femmes-ministeres.org
Consulté
le