La Congrégation pour la doctrine de la foi a rendu publiques le 15
juillet dernier les nouvelles Normes
sur les délits les plus graves. Il était temps que les autorités
ecclésiastiques sanctionnent les abus sexuels commis par des clercs sur
des personnes mineures. Mais nous constatons avec indignation que, dans
cette mise à jour des Normes, le Saint-Siège met sur un même pied le
crime de la pédophilie et l’ordination sacrée d’une femme, punissant
d’excommunication majeure tant la femme qui est ordonnée que celui
« qui attente de lui conférer l’ordre sacré ».
Cette interdiction répétée au sujet de l’ordination des femmes
manifeste de nouveau la misogynie de l’institution ecclésiale
catholique. Comment comprendre un tel rejet ? L’argument
d’autorité est le seul qui semble s’imposer. Enraciné dans une
interprétation sclérosée de la tradition, le Vatican continue d’adopter
une attitude totalitaire et discriminatoire envers plus de la moitié
des membres de la communauté ecclésiale.
Pourtant, l’Évangile montre que Jésus reconnaît des femmes comme ses
disciples. Pour lui, les femmes et les hommes sont des êtres égaux. En
conséquence, l’appel au ministère n’est pas conditionnel au genre. Un
des plus beaux témoignages de la considération et de l’acceptation des
femmes comme des personnes égales survient après la résurrection de
Jésus. Il envoie Marie-Madeleine, qui le reconnaît comme son Maître,
annoncer la bonne nouvelle aux autres disciples. Des rapports nouveaux
ont été instaurés par le prophète de Galilée.
Partageant ce projet de Jésus pour une humanité égale en dignité,
l’Association des religieuses pour la promotion des femmes dénonce les
interdits qui n’ont rien à voir avec l’Évangile et affirme le droit à
un statut ecclésial plénier pour les femmes dans l’Église. Notre foi en
l’Esprit de liberté permet d’espérer le jour du renversement des lois
et des censures qui empêchent actuellement les femmes d’exercer leur
charisme baptismal au même titre que les hommes, au nom de cette même
fidélité à l’Évangile.
La coordination nationale de l’Association
des religieuses pour la promotion des femmes (ARPF) : Monique
Dumais, Céline Beaulieu, Louise Bégin, Marie-Paule Lebel
27 juillet 2010
Site du Réseau Femmes et Ministères
- www.femmes-ministeres.org
Consulté
le