PRÉSENTATION
De 1970 jusqu’à nos jours, les propositions d’actions concernant
les femmes en Église ont été nombreuses. Qu’elles proviennent de la
Conférence des évêques catholiques du
Canada, de l’Assemblée des
évêques catholiques du Québec, d’organisations diocésaines ou de
groupes reliés à l’Église, ces propositions portaient un diagnostic
sur des situations problématiques vécues par les femmes et invitaient à
prendre des mesures concrètes afin d’améliorer la condition des femmes
en Église. Elles visaient un mieux vivre, un mieux être ensemble, une
reconnaissance effective des femmes en Église.
Nous pouvons nous réjouir du fait, qu’aujourd’hui, en revisitant ces
propositions, nous sommes en mesure de nommer certains acquis. Ces
différentes instances ont contribué, chacune à leur façon, à améliorer
la condition des femmes en Église. Cependant, nous n’ignorons pas qu’il
reste encore beaucoup de travail à faire avant que toutes ces volontés
de changement, ces propositions d’actions, deviennent réalité.
Il est important de rappeler à notre souvenir le fruit des
travaux de ceux et celles qui nous ont précédés, de réaliser le fruit
de
leurs efforts et en même temps de rester vigilants pour que demeure
vivante cette volonté de voir advenir une Église où femmes et hommes
baptisés vivront dans l’égalité et la mutualité.
LISTE DES DOCUMENTS
1970 - GROUPE DE FEMMES D’EDMONTON
1971 - MÉMOIRE D’UN GROUPE DE FEMMES CANADIENNES-FRANÇAISES
1972 - COMITÉ DE LA C.É.C.C. SUR LE RÔLE DE LA FEMME DANS L’ÉGLISE ET LA SOCIÉTÉ
1975 - LA FEMME CHRÉTIENNE, UN AGENT DE CHANGEMENT DANS L’ÉGLISE
1981 - LES CHRÉTIENS POUR UNE ÉGLISE POPULAIRE
1982 - COMITÉ CONSULTATIF DE LA CECC
1982 - RECOMMANDATIONS DE L’AFEAS
1984 - CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES CATHOLIQUES DU CANADA
1984 - COMMISSION JUSTICE ET FOI
1986 - LE MOUVEMENT DES FEMMES ET L'ÉGLISE
1986 - LES FEMMES DANS L’ÉGLISE DE MONTRÉAL
1987 - SYNTHÈSE DES MÉMOIRES PRÉSENTÉS À LA DÉLÉGATION DU SYNODE
1988 - DÉFIS À L'AUBE DU 21e SIÈCLE - CONSEIL ŒCUMÉNIQUE DES ÉGLISES
1995 - SYNODE DU DIOCÈSE DE QUÉBEC
1999 - PROJET DE DECLARATION D'HELSINKI
2001
- SYNODE
SUR LE RÔLE ET
LA MISSION DE L'ÉVÊQUE DANS LE MONDE D'AUJOURD'HUI (SYNODE
PARALLÈLE DU PEUPLE
DE DIEU)
À l’été 1981, suite à un colloque organisé à Québec en mars 1980,
le C.E.P., Chrétiens pour une
Église populaire, publie un
Manifeste sur la place de la femme
dans l’Église. On peut y lire :
«
Baptisés dans le Christ, nous revêtons le Christ. Nous sommes tous
héritiers de la promesse. En cela, l'attitude de Jésus est
révolutionnaire et libératrice. Il reconnaît l'égale dignité de la
femme avec l'homme. Dans le Christ, c'est l'abolition des divisions
entre l'homme et la femme. Plus que cela, c'est l'abolition des
inégalités et des rapports de domination. Il faut donc resituer
la femme dans le discours évangélique, lui redonner l'importance que
Jésus lui avait accordée. Il ne faut plus minimiser le fait que Jésus
ait donné son message autant aux femmes qu'aux hommes. Si nous
retrouvons nos aspirations de femmes dans les écritures, c'est qu'il y
a eu des femmes auxquelles Jésus a confié sa mission et qui ont été à
la hauteur de leur tâche. Ces femmes dont les évangiles parlent ont
certainement fait des actes de foi reconnus par la communauté, pour
qu'elle les ait notés ».
Treize recommandations font partie du manifeste.
C.E.P. (Chrétiens pour une Église populaire), Manifeste sur la place
des femmes dans l'Église, Québec 1981.
Les 20 et 21 mars 1982, la Conférence des évêques du Canada réunissait
sept femmes représentant différents organes ecclésiastiques et
organismes sociaux et scientifiques, pour faire le point de la
situation des femmes et lui soumettre des propositions. La base des
travaux était un sondage réalisé en 1981 sous la direction de Hans
Daigeler, théologien laïc, chargé de la section du laïcat au bureau de
la Conférence des évêques catholiques du Canada.
Les sept femmes consultées étaient : Mrs Mildred Moir ; soeur
Gisèle
Turcot, secrétaire générale de l'Assemblée des Évêques du Québec ; Mrs
Verna Morgan ; Mrs Ann Dea, membre du Conseil pour le Statut de la
Femme ; Mrs Dorothee Bocklehurst, de l'Association des Femmes
Catholiques ; sœur Louise Côté, présidente de la Fédération
des religieuses canadiennes et enfin Mrs Elisabeth Lacelle,
théologienne à l'Université d'Ottawa.
Les questions suivantes avaient été
plus particulièrement soumises à leur intention.
A. Quelle pourrait être la participation
des femmes catholiques dans la société canadienne ? Quels sont les
facteurs qui entravent leur participation et comment pouvons-nous
intensifier leur rôle ?
B. Que pouvons-nous faire, de façon
précise, pour encourager et appuyer la participation des femmes
catholiques aux associations féminines non-confessionnelles, tel le
«Comité National d'Action pour le Statut de la Femme» et à ses
organismes affiliés ?
C. Qu'est-ce qui peut être fait pour
maintenir les progrès réalisés depuis 1971 quant à la place de la femme
dans l'Église ?
D. Comment pouvons-nous promouvoir la
progression dans les domaines où les changements se sont avérés moins
rapides ?
RÉSULTAT
Parmi les recommandations, nous ne citons ici que les recommandations
concernant la vie de l’Église. Quatre autres recommandations traitaient
des femmes dans la société.
1. Les femmes sont très actives dans
divers secteurs du diocèse, mais leurs activités sont souvent liées à
une interprétation plus ou moins large de la loi ecclésiale dans leur
milieu. La reconnaissance officielle des tâches nombreuses accomplies
par les femmes s'impose. Le mandat officiel confère le pouvoir au
ministre et confirme publiquement qu'il n'exerce pas son ministère à
titre personnel, mais qu'il fait œuvre d'Église. Nous
recommandons que le travail actuel des femmes et les nouveaux
ministères qui seront instaurés soient reconnus par un mandat officiel
de l'Église.
2. Nous
recommandons la création d'une commission d'étude qui suivrait la mise
en œuvre des recommandations et réaliserait une étude et un dossier sur
l'état de la question en vue d'en informer la Conférence des évêques.
3. « La réconciliation et la pénitence
dans la mission de l'Église » sera le thème du synode de 1983. Les
relations entre hommes et femmes dans l'Église demeurent un domaine où
la réconciliation s'impose en raison de la situation de la femme dans
l'histoire de l'Église. Dans cette optique, nous
recommandons qu'un comité mixte de femmes et d'hommes théologiens (et
autres) participe au travail préparatoire du synode.
4. Afin d'aider les évêques à mieux
comprendre l'apport et les attentes des femmes dans l'Église, nous recommandons que le rôle des femmes soit
le thème d'une assemblée générale ou au moins qu'il en constitue un des
sujets principaux.
5. Il faut sensibiliser les fidèles de
chaque paroisse à la contribution que les femmes apportent ou peuvent
apporter à l'Église. Nous recommandons
que des conseils consultatifs féminins assurent ce travail de
sensibilisation aux niveaux diocésain et régional.
6. Aussi longtemps que les structures et
ses mécanismes de pensée et d'approche de la réalité seront
exclusivement masculins, il manquera une dimension à l'Église. Nous
devons transformer sa mentalité masculine afin qu'elle reflète le
caractère mutuel de la condition humaine. Nous
recommandons que les femmes participent activement et concrètement à
toutes les étapes de la consultation, de la recherche et de la prise de
décision.
7. Il doit y avoir dans l'Église une
tribune où les femmes ont le droit de parole. II faut que celles-ci
soient perçues comme leur propre porte-parole. Les femmes n'acceptent
plus que les hommes parlent en leur nom. Nous
recommandons la mise en place d'un mécanisme qui permettrait aux femmes
dans l'Église d'être leur propre porte-parole sur différentes questions.
Suite à ces recommandations, la Conférence des évêques catholiques du
Canada a mis sur pied un comité ad hoc, formé de femmes et d’évêques
ayant pour tâche d’étudier la situation des femmes en Église et de
présenter des recommandations. Ce comité était composé de : Rita
Beauchamp de Valleyfield, Angela Bourgeois de Shediac NB, Patricia
O’Really d’Ottawa, Annine Parent-Fortin de Québec, Mary Malone de
Sacarboro et Élisabeth. Lacelle d’Ottawa, Jean Forest de Edmonton,
Marguerite Cloutier permanente à la CECC et Anita Bissonnette
secrétaire à la CECC, Mgr Raymond Saint-Gelais de St-Jérôme et Mgr
James L. Doyle de Peterborough.
RECOMMANDATIONS
DE
L’AFEAS
L’Association féminine d’éducation et d’action sociale (AFEAS)
regroupe au Québec 13 000 Québécoises intéressés à promouvoir les
droits des femmes et à améliorer la société par l’éducation et l’action
sociale. Lors de leur congrès annuel, tenu à Sherbrooke en 1982 sous le
thème « La femme dans l’Église » elles se sont intéressées
aux ministères des femmes dans l’Église, aux postes de décision
et aux attitudes des pasteurs. Elles ont votées les recommandations
suivantes :
RECOMMANDATIONS DE L’AFEAS
1. Que
l'on reconnaisse aux femmes qui sont mandatées pour travailler en
pastorale paroissiale, le droit d'administrer les sacrements de
baptême, de l'onction des malades et qu'elles puissent présider au
mariage chrétien.
2. Que
l'on favorise l'accès des femmes aux différents comités d'étude et aux
postes de commande dans les domaines où elles s'engagent, entre autres,
le Conseil de pastorale diocésain.
3. Que
dans le discours tenu par l'Église, l'on continue à insister sur la
responsabilité partagée dans les questions relatives à la vie conjugale
et familiale (v.g. avortement, planification des naissances).
4. Que
l'on invite les pasteurs à tenir compte de cette responsabilité
partagée et de l'égalité des sexes dans toute intervention pastorale.
5. Que
l'on invite les pasteurs à se défaire du modèle culturel traditionnel
qui confine l'homme et la femme dans des rôles figés (v.g. l'homme
pourvoyeur, la femme à la maison).
6. Que
l'on invite les pasteurs à tenir compte des deux sexes dans le langage
liturgique et pastoral.
N.B. – L’AFEAS pratique un « féminisme social égalitaire ». Ce type de féminisme vise, pour les femmes, l’obtention d’une identité propre, d’un statut égal, d’une liberté de choix et d’une autonomie par rapport aux inégalités persistantes dans notre société. L’AFEAS, par son travail, désire que les femmes deviennent des sujets de droit à part entière et que soient modifiés toutes les lois et tous les codes qui entretiennent l’inégalité hommes-femmes. (voir site internet de l' afeas )
1984 – CONFÉRENCE DES
ÉVÊQUES CATHOLIQUES DU CANADA
RECOMMANDATIONS
ADOPTÉES LE 25
OCTOBRE 1984
En 1982, la Conférence des évêques catholiques du Canada, a mis sur
pied un comité d’étude sur « Le rôle des femmes dans
l’Église ».
Le comité devait voir comment il serait possible de donner des suites
aux recommandations reçues à la C.E.C.C. dans les années 1970 à 1980,
soit par des interventions officielles ou des comités de la CECC, soit
par des Églises régionales ou des groupes particuliers telles le groupe
de femmes d’Edmonton …
Le comité avait pour mandat, d’être à l’écoute des femmes, d’analyser
la situation des femmes dans l’Église, établir des priorités,
déterminer des niveaux d’action et découvrir des stratégies pour
l’avenir.
Le comité était composé de 10 femmes et deux évêques membres de
l'équipe pastorale d'étude et d'action de la C.E.C.C : Pauline
Beaulieu
de Campbelton, Sœur Rita Beauchamp,s.b.c de Valleyfield, Anita
Bissonnette, secrétaire à la CECC, Marguerite Cloutier, permanente à la
CECC, Jean Forest, chancelière de l’Université d’Edmonton, Élisabeth
Lacelle de l’université d’Ottawa, Mary Malone théologienne de Toronto,
Patricia O’Reilly d’Ottawa, Sœur Veronica O’Reilly membre de l’équipe
pastorale, Annine Parent-Fortin de Québec, Mgr Raymond St-Gelais du
diocèse de St-Jérôme et Mgr James L. Doyle du diocèse de Peterborough,
Ontario. En cours de mandat Angela Bourgeois de Shediac, N.B. a
remplacé Pauline Beaulieu.
Le 25 octobre 1984, suite au travail du comité, la Conférence des
évêques catholiques du Canada, réunie en assemblée plénière, adoptait
une série de douze recommandations.
Notons que ces recommandations étaient accompagnées d’une trousse
d’animation « La place des
femmes
dans l’Église » qui fut publiée l’année suivante en 1985.
Elle
proposait 12 rencontres portant sur la condition des femmes en Église.
Voici le texte des propositions amendées et finalement adoptées par
l’épiscopat canadien.
RECOMMANDATION NO 1
• Considérant que Jésus a manifesté une
attitude de respect pour la
dignité de la femme, une attitude de compréhension et, en certaines
circonstances, de compassion (cf. Jn 7,53, 8-11; Mc 5,21-43);
• considérant que même si les
comportements envers les femmes se sont
améliorés dans la société, il reste que dans beaucoup de secteurs,
elles ne reçoivent pas encore un traitement juste à cause de leur
identité sexuelle;
• considérant qu'une situation
semblable
se retrouve dans l'Église où,
quels que soient leur engagement religieux, leur compétence et leurs
qualités personnelles, les femmes ne sont pas reconnues égales aux
hommes dans le domaine des ministères, participent très peu aux
instances décisionnelles importantes et, dans leurs emplois, jouissent
rarement des bénéfices nouveaux auxquels les femmes ont droit dans la
société;
• considérant que le discours de
l'Église
sur la justice sociale sera
crédible dans la mesure où il s'accompagnera d'un effort de
redressement des situations d'injustice au sein même de l'Église.
Le Comité recommande :
1. Que les évêques du Canada continuent
de prendre
les mesures nécessaires pour que les principes de justice sociale
soient énoncés, retenus et appliqués en ce qui concerne les femmes
engagées dans l'Église, par un emploi régulier ou autrement.
2. Que les évêques du Canada continuent
d'intervenir
clairement et courageusement contre les injustices dont les femmes sont
l'objet dans la société.
RECOMMANDATION NO 2
• Considérant que dans un rapport de
l'équipe
pastorale de la C.E.C.C. Les
femmes dans l'Église au Canada: les
développements récents (mai 1981), la première des cinq
propositions
jugées prioritaires concernait le langage de l'Église;
• considérant que l'assemblée ecclésiale
convoquée
pour la prière, l'écoute de la Parole, la célébration eucharistique,
est composée de femmes et d'hommes et que, par ailleurs, la convocation
s'adresse encore très souvent aux frères, aux pères et fils, à l'homme,
aux hommes, à tous les hommes;
• considérant que dans l'intervention au
Synode de
1983 les évêques canadiens rappellent que les Béatitudes peuvent aider
à identifier des dimensions parfois injustes et dévalorisantes de la
vie ecclésiale de manière à les changer « pour que le statut de
membres
à part entière soit reconnu aux femmes comme aux hommes » après
avoir
identifié dans un paragraphe précédent « le langage masculin des
textes
officiels même liturgiques »;
• considérant qu'aujourd'hui des mesures
sont prises
dans les institutions civiles pour établir un langage inclusif.
Le Comité recommande :
1. Qu'au plan national « la Commission de
liturgie
continue à négocier fermement pour la correction des textes et que la
C.E.C.C. par toutes ses Commissions soit attentive au langage
inclusif ».
2. Que les évêques du Canada mettent en
oeuvre des
mesures en vue d'éveiller la conscience ecclésiale à l'importance de ce
problème du langage inclusif dans une Église communion et de prendre
des moyens pour le corriger (homélies, liturgies, prières, chants,
etc.) dans un esprit pastoral.
RECOMMANDATION NO 3
• Considérant que dans l'état actuel de
son
enseignement et de sa pratique, l'Église ne confère pas l'ordination
aux femmes;
• considérant que, par ailleurs, des
femmes
remplissent des fonctions et services qui sont liés d'une façon
constitutive et publique à la vie de l'Église tant au niveau paroissial
(animation liturgique, aumônerie d'hôpital, etc.) que diocésain
(direction de l'éducation de la foi, évangélisation, etc.).
Le Comité recommande :
1. Que les femmes aussi bien que les
hommes exerçant
des fonctions et services reconnus par l’évêque reçoivent un mandat
pastoral officiel.
RECOMMANDATION NO 4
• Considérant que depuis Vatican II
l'enseignement de
l'Église insiste sur la co-responsabilité et la mutualité conjugale,
parentale, familiale (cf. Gaudium
et Spes, nos 48-52); sur l'importance
essentielle de la vie sociale pour la personne humaine: « C'est
par
l'échange avec autrui, par le dialogue avec ses frères (sœurs) que
l'homme (être humain) grandit selon toutes ses capacités et peut
répondre à sa vocation » (G.S., no 25);sur la vocation des femmes
et
des hommes comme artisans de la culture et « le devoir de tous de
reconnaître la participation spécifique et nécessaire des femmes à la
vie culturelle et de la promouvoir » (C.5., no 60);
• considérant que, par ailleurs, pendant
des siècles
d'enseignement, l'Église a valorisé la femme mariée exclusivement dans
son rôle d'épouse et de mère, subordonnée au mari et vouée à la vie
privée;
• considérant que ce modèle de la
relation
femme-homme est en voie de disparition dans les institutions sociales
parce que « ... le développement complet d'un pays, le bien-être
du
monde et la cause de la paix demandent la participation maximale des
femmes à égalité avec les hommes, dans tous les domaines » (cf.
O.N.U.,
Convention sur l'élimination de
toutes les formes de discrimination à
l'égard des femmes, 1979, en vigueur 1981);
• considérant que dans l'Évangile, Jésus
considère
les femmes comme disciples et non d'abord à partir de leur vocation
conjugale et maternelle (cf. Marthe, Marie de Magdala, la Samaritaine,
la réponse de Jésus à la femme qui loue sa mère (Le 11,27-28), la
parenté nouvelle et véritable (Me 3,31-35 et 11).
Le Comité recommande :
1. Que les évêques du Canada prennent les
mesures
disponibles pour que tous les instruments et les moyens d'éducation
religieuse (catéchèse, programmes d'éducation familiale, cours de
préparation au mariage, retraites conjugales, etc.) soient révisés à la
lumière du développement culturel ainsi que l'enseignement de Vatican
II sur l'égalité des femmes, de manière à ce que les femmes mariées
soient reconnues et promues comme partenaires égales à l'homme marié
dans la vie privée et dans la vie publique, chacun selon sa vocation
personnelle.
RECOMMANDATION NO 5
• Considérant que par le passé les
femmes
laïques
n'ont pas été encouragées à remplir des rôles de leadership dans
l'Église;
• considérant que les femmes présentent
des demandes
d'aide financière pour recevoir la formation requise en vue de remplir
de tels services dans l'Église.
Le Comité recommande :
1. Que dans chaque diocèse on établisse
un fonds
d'aide pour les femmes laïques. Ce fonds pourrait, selon les besoins,
servir à défrayer les frais de scolarité, les aménagements de voyages
ou de location, la garde des enfants, etc. Les candidates
s'engageraient en retour à servir l'Église selon la formation reçue.
RECOMMANDATION NO 6
• Considérant que « comme de nos jours
les femmes ont
une part de plus en plus active dans toute la vie de la société, il est
très important que grandisse aussi leur participation dans les divers
secteurs de l'apostolat de l'Église » (cf. Vatican II, Apostolicam
Actuositatem, no 9);
• considérant que dès les origines de
l'Église, les
femmes ont collaboré avec les hommes à l'annonce de l'Évangile, à la
mise en place et à l'animation de communautés chrétiennes, etc. (Ph
4,2-3; Rm 16,1 ss; Ac 18,18-26; cf. Vatican II, Apostolicam
Actuositatem, no 10);
• considérant que les évêques canadiens
ont reconnu
au Synode de 1983 « l'appropriation masculine des institutions
ecclésiales et de tant de réalités de la vie chrétienne ».
Le Comité recommande :
1. Qu'à tous les niveaux de l'Église
diocésaine, on
assure une représentation adéquate des hommes et des femmes, en
considération de leur compétence et/ou de leur expérience.
2. Que les femmes soient présentes
lorsqu'il s'agit
d'organiser des consultations ou de former des comités, tant au niveau
national et diocésain que paroissial, et que l'on vise à une
représentation égale de femmes et d'hommes compte tenu de leur
compétence.
RECOMMANDATION NO 7
• Considérant qu'une humanité nouvelle
se
réalise en
Jésus Christ (Ep 2, 14-15), humanité où « il n'y a plus ni Juif,
ni
Grec; il n'y a plus ni esclave, ni homme libre; il n'y a plus l'homme
et la femme » (Ga 3,28);
• considérant que nous devons nous
laisser
interpeller, hommes et femmes, par l'Esprit de Dieu qui parle par le
signe des temps qu'est « l'entrée de la femme dans la vie
publique »
(Jean XXIII);
• considérant que depuis 1970, à
diverses
reprises,
des femmes dans l'Église catholique romaine ont présenté des
recommandations quant à leur participation à la formation des futurs
prêtres.
Le Comité recommande :
1. Que les prêtres et les futurs prêtres
soient « conscientisés » à l'égalité fondamentale de la femme
dans l'humanité
nouvelle instaurée par le Christ, « égalité d'origine et de
destin,
égalité de missions et d'engagements » (évêques canadiens au
Synode
1983).
2. Que les prêtres reconnaissent dans les
faits l'égalité fondamentale de la femme dans l'Église
3. Que dans la formation professionnelle
des futurs
prêtres, la place de la femme dans l'Église soit considérée comme une
question majeure.
4. Que des femmes soient activement
engagées dans la formation des futurs prêtres.
RECOMMANDATION NO 8
• Considérant que les évoques canadiens
au Synode de
1971 ont proposé qu'une commission soit constituée pour étudier
sérieusement la question du ministère des femmes dans l'Église;
• considérant que dans les conférences
épiscopales
nationale et régionales, les études des ministères sont encore faites
par une majorité d'hommes — même pour la question des ministères des
femmes — et qu'une telle situation va à l'encontre de l'intervention
faite par les évoques canadiens au Synode de 1983 : « De
notre côté,
reconnaissons les ravages du sexisme et notre appropriation masculine
des institutions ecclésiales et de tant de réalités de la vie
chrétienne »;
• considérant que de plus en plus de
femmes ont la
compétence pastorale et théologique pour participer à l'étude des
ministères, à fortiori là où elles sont immédiatement concernées;
Le Comité recommande :
1. Que la C.E.C.C. encourage la mise sur
pied de
comités diocésains "ad hoc" pleinement représentatifs qui auraient pour
but d'étudier les ministères des femmes, étant entendu que ces comités
collaboreront avec les commissions épiscopales, nationale et/ou
régionales.
RECOMMANDATION NO 9
• Considérant que la réflexion et le
dialogue entre
les femmes, puis entre les femmes et les hommes dans l'Église, doivent
être favorisés à tous les niveaux de la vie de l'Église (cf. Synode
1983);
• considérant qu'à diverses reprises
depuis 1970, des
comités d'étude ont exprimé le désir que les régions soient
sensibilisées à la question de la femme dans l'Église et la société.
Le Comité recommande :
1. Que la trousse de documentation
révisée par
l'équipe pastorale soit mise à la disposition des diocèses, en vue d'un
usage dans les paroisses, et des organismes ecclésiaux concernés, avec
possibilité d'adaptation selon les situations pastorales particulières.
2. La nomination d'une équipe ou d'une
femme qui
assurera au plan diocésain la promotion et la coordination pastorale de
la trousse de travail révisée.
RECOMMANDATION NO 10
• Considérant que les évêques canadiens,
dans leur
déclaration de 1974, à l'occasion de l'Année internationale de la femme
en 1975, pressent les femmes de contribuer au changement des personnes
et des structures « qui permettront à l'Église et à la société de
refléter plus fidèlement l'image des femmes et des hommes associés à la
mission du Christ »;
• considérant le fait que ces
affirmations ont été
reprises par le Président de la Conférence en 1977, à l'occasion du
sondage sur la participation des femmes dans le travail pastoral
officiel de l'Église catholique au Canada lorsqu'il ajoutait:
« Les
évêques continuent à appuyer fortement cette évolution à tous les
niveaux de l'Église » .
Le Comité recommande :
1. Qu'une étude soit effectuée sur la
situation des
femmes engagées dans l'Église diocésaine (qui elles sont, ce
qu'elles font, leur place dans l'ensemble de la vie de l'Église, etc.).
RECOMMANDATION NO 11
• Considérant que le document de travail
remis aux
Pères du Synode en 1983, proposait au numéro 41, que
« certains
dialogues progressent au-dedans de l'Église d'abord... avant qu'ils
soient établis ensuite avec le monde »;
• considérant le fait que les évêques
canadiens
délégués au Synode ont vu l'importance et l'urgence de promouvoir le
dialogue femmes-hommes dans l'Église comme un lieu essentiel de
reconnaissance mutuelle et de réconciliation, d'où leur recommandation
concernant « toutes les communautés ecclésiales, familiales,
professionnelles, régionales, diocésaines ou autres; qu'elles mettent
en place des structures de dialogue qui soient des lieux de
reconnaissance mutuelle et de mise en oeuvre effective de nouveaux
rapports d'égalité "hommes et femmes" dans l'Église » ;
• considérant que l'expérience du comité
"ad hoc" sur
le rôle de la femme dans l'Église s'est révélée une instance décisive
pour réaliser ce dialogue, d'une part avec les évêques et d'autre part
avec les femmes du pays (cf. Rapport d'activités 1982-1984);
• considérant que les femmes constituent
la moitié de l'Église et y contribuent aussi financièrement.
Le Comité recommande :
1. Qu'une plus large participation soit
accordée aux femmes à l'équipe pastorale de la C.E.C.C.
2. Qu'une permanente de l'équipe
pastorale de la C.E.C C. porte prioritairement le dossier des femmes.
RECOMMANDATION NO 12
• Considérant qu'en 1975, lors de
l'ouverture de la
Décennie de la femme, la Conférence épiscopale canadienne a produit une
Déclaration qui invitait les femmes à collaborer avec elle pour le
développement de leur participation dans l'Église (cf. Plénière L6-20
septembre 1974);
• considérant que dans certaines régions
on a mis sur
pied des structures de réflexion et de collaboration en vue de ce
développement et que la trousse de travail favorisera un tel projet;
• considérant que ces dernières années,
dans l'esprit
de Vatican II, l'Église a soutenu des projets en vue de la promotion de
la femme dans la société et que de telles interventions ne sont
signifiantes que si elles sont accompagnées de projets analogues dans
l'Église.
Le Comité recommande :
1. Que la
C.E.C.C. encourage les régions,
les inters
et les diocèses à se doter de lieux de rencontre et de dialogue pour
les femmes.
2. Que la
C.E.C.C. poursuive la réflexion
théologique
et pastorale sur le vécu et la mission des femmes dans l'Église.
3. Que la
C.E.C.C. se donne un échéancier
de révision
périodique de la situation des femmes dans l'Église; que cette révision
se fasse avec des femmes et des hommes.
Le rôle de la femme dans
l’Église dans la revue L’Église canadienne du 15 novembre 1984,
pp. 167-170
NOTE
La presse quotidienne a relaté les péripéties qu'ont connues ces
recommandations lors de la réunion plénière de fa C.E.C.C. le 24
octobre. Le lendemain, 25, Mgr Louis-Albert Vachon, archevêque de
Québec, adressait au président de l'assemblée une lettre qui a relancé
le débat et a permis d'aboutir à l'adoption des dites recommandations.
— Pour les besoins de l'édition, nous avons donné un titre à cette
lettre.
Nous laisser interpeller par
l'Esprit
Monsieur le Président,
Ces jours derniers, les membres du Comité "ad hoc" sur le rôle de la
femme dans l'Église ont confié le fruit de leur travail à notre sagesse
pastorale. Hier, les circonstances n'ont pas permis que,
collectivement, nous leur exprimions notre gratitude. Ce matin, il
m'apparaît important que notre assemblée puisse dire officiellement son
appréciation.
Les présentations que nous avons entendues dès mardi matin exprimaient
de façon évidente la qualité du travail accompli, le désir des membres
de respecter le mandat qui leur avait été confié par les évêques, leur
souci de refléter au mieux les préoccupations et les attentes des
femmes de l'ensemble du Canada vis-à-vis l'Église. Tout cela suppose de
leur part une somme considérable de travail et nous leur en savons gré.
Vous avez constaté vous aussi l'intelligence et la générosité de leur
participation à promouvoir une communauté ecclésiale qui soit vraiment
attentive aux signes des temps.
Cependant, ne faut-il pas le reconnaître, de tels sentiments de
gratitude peuvent nous paraître un peu ternis en raison d'un certain
malaise que, peut-être, je ne suis pas seul à éprouver ?
J'aurais aimé, avec beaucoup d'entre vous, sans doute, que nous
puissions disposer du temps nécessaire pour étudier chacune des
recommandations présentées. Dans des circonstances moins
contraignantes, le déroulement de nos discussions aurait possiblement
été autre.
De plus, je crains que certaines questions ou objections soulevées au
cours de nos échanges n'aient été perçues et reçues comme un jugement
voire comme un procès d'intention à l'endroit des membres du Comité "ad
hoc". Ne faut-il pas craindre également que cette impression ne soit
partagée par bon nombre de femmes qui, à travers tout le Canada, ont
participé au processus de consultation du groupe de travail en qui
elles avaient mis beaucoup d'espoir ?
Étant donné la nature du Synode de l'an dernier et de l'intervention
que j'y ai faite en votre nom, vous ne vous étonnerez pas que je situe
mon propos dans une optique de réconciliation.
Je propose donc, monsieur le Président, que le Comité exécutif adresse
une lettre à chaque membre du Comité "ad hoc" sur le rôle de la femme
dans l'Église pour lui témoigner notre profonde gratitude.
Que par la même occasion, nous exprimions la volonté ferme qui nous
anime de poursuivre le dialogue, amorcé il y a plusieurs années déjà,
en vue de nouveaux rapports femmes et hommes dans l'Église. Et que
malgré les délais apportés au traitement des recommandations des
membres du Comité, nous les assurions de notre désir de nous laisser
interpeller ensemble par l'Esprit de Dieu.
Voilà, Monseigneur le Président, la proposition que je veux soumettre à
l'assemblée dès ce matin.
Mgr Louis-Albert Vachon, archevêque de Québec
COMMISSION JUSTICE ET
FOI
De 1983 à 1986, le diocèse de Québec a été convié au défi d’intensifier
le regroupement des chrétiens et des chrétiennes en communautés
vivantes.
Une vaste cueillette de besoins avait permis d’identifier trois
problèmes majeurs de l’Église diocésaine : la faiblesse de la vie
communautaire, les difficulté de transmettre la foi et un déficience
marquée dans l’engagement pour la justice sociale.
Pour favoriser le dialogue et pour mettre lucidement en relief les
forces et les faiblesses des communautés chrétiennes, il a été retenu
comme moyen privilégié d’instituer une commission d’étude sous le nom
de Commission Justice et Foi.
Les commissaires Jeannine Gauthier Crépin, Richard Rancourt, Marc Jean,
Annine Parent-Fortin ont reçu 1370 mémoires. Ils ont tenu treize
audiences régionales et six audiences diocésaines.
Nous vous présentons quelques extraits du rapport Justice et Foi
concernant les femmes dans la société et dans l’Église.
INTRODUCTION (pp. 62 à 68)
Dans leur rapport final, la Commission Justice et Foi a cru bon de
recommander au Service de la pastorale des frères et des sœurs en
particulier nommés groupes prioritaires :
• les
femmes
• les
jeunes
• les
personnes en quête de dignité
• les
travailleurs et les travailleuses.
Ces choix ont été faits en raison de l'insistance mise par de nombreux
groupes tant paroissiaux que régionaux et diocésains face à leurs
situations. Des organismes de toutes les catégories nous ont, à maintes
reprises, redit la position précaire de ces hommes et de ces femmes.
Ils ont souvent fait mention qu'il en va de l'avenir même de l'Église
et de la société d'y apporter une attention toute particulière.
LES FEMMES DANS LA SOCIÉTÉ ET DANS
L'ÉGLISE
La Commission Justice et Foi renvoie aux groupes du diocèse de Québec
quelques échos des préoccupations exprimées fréquemment tantôt par les
femmes elles-mêmes, tantôt par les groupes actifs tant en paroisse, en
région, qu'au diocèse.
La transmission de la foi et la promotion de la justice sont en cause
parce que la dignité des femmes est en cause : tel est le sens
des
appels percutants que nous avons entendus.
PAROLES DE CROYANT-E-S
• « Les femmes sont absentes de l'Église
institution,
on ne leur a jamais laissé aucune place (...). Si on se permet une
appréciation globale de l'attitude générale des femmes de condition
moyenne face à l'Église, on peut résumer en quelques mots :
indifférence, scepticisme, conviction profonde que la lutte à
entreprendre pour se faire une place dans l’Église est une lutte
gigantesque qu'elles n'ont pas le goût d'entreprendre. La lutte
qu'elles ont à livrer comme femmes dans la société et sur le marché du
travail leur paraît déjà assez dure et pénible (...) et elles ont la
conviction profonde qu'il ne devrait pas y avoir de lutte à
livrer ».
Centre-Étape, Québec
• « Nous souhaitons travailler à
l'intérieur de
l'Église pour y faire des changements. C'est à l'intérieur de l'Église
que nous souhaitons travailler, mais c’est sûr que si nous ne nous
sentons pas appuyées, nous ferons autre chose... »
AFEAS, région de Québec
• « Le fait d’être femme nous ferme bien
des portes
tant dans l'Église que dans la société. Notre parole n'a pas la portée
de ce qu'elle véhicule et très peu de voix arrivent au pouvoir
décisionnel. »
Groupe de religieuses, Lorette
• « La pornographie est une propagande
sexiste et
haineuse dont le but est de maintenir et de renforcer la domination et
l'exploitation des femmes par les hommes. En d'autres termes, elle est
un instrument qui sert au maintien et au renforcement du statut
inférieur des femmes dans notre société (...) La pornographie est une
atteinte aux droits et libertés ainsi qu’à la sécurité des femmes et
des enfants. »
Comité de Québec contre la
pornographie
• « Notre groupe s'implique dans la
communauté, d'une
part par l'enseignement religieux et l'animation pastorale auxquels
certaines se consacrent, d'autre part, par l'initiation sacramentelle à
laquelle plusieurs se consacrent. Notre groupe accorde aussi une grande
importance à la célébration de la foi; c'est pourquoi il est en
constante recherche de nouveaux moyens l'expression de la foi. Notre
groupe cherche à faire respecter les droits des femmes tant dans
l'Église que dans la société. Il est solidaire, de différents types de
souffrances des femmes du milieu. »
Collectif de femmes engagées en
Église
• « La communauté doit se construire au
risque de
l'Évangile en essayant d’imiter l'attitude du Christ à l'égard de ceux
et celles qu'il a rencontrés : amour, accueil; en considérant
chaque
homme et chaque femme rencontrés comme des personnes, dignes d'amour et
de confiance, pouvant être renouvelées par la Bonne Nouvelle qu'il
apportait et qu'il apporte toujours. »
Femmes solidaires en Église
• « Dans un premier temps, il est
nécessaire de
sensibiliser les pasteurs, les membres des communautés religieuses et
chrétiennes à la violence en milieu familial, afin qu'ils soient en
mesure d'apporter une aide concrète aux femmes et enfants en
difficulté, en les référant au besoin vers les ressources qui
peuvent leur venir en aide, telles les maisons d'hébergement. »
La Jonction pour Elle, Rive-Sud
• « Lorsqu'une injustice est levée, le
Royaume n'est-il pas devant nos yeux ? »
Comité régional de pastorale
sociale, Lorette
• « Que par dignité de la personne
humaine, la femme
soit respectée dans la publicité. Que la femme soit aidée dans le cas
de violence, viol, divorce, abandon. Qu'on appuie la lutte contre la
pornographie. »
Groupe de religieux-ses de l'Année
Doctrinale, Cap-Rouge
• « Le monde du travail est
majoritairement occupé et
dirigé par des hommes. Face à ce pouvoir, les femmes sont pauvres et
injustement traitées. Le féminisme, déjà mal vu dans la société civile,
semble l'être encore plus dans l'Église. Tant que la femme ne sera pas
membre à part entière de l'Église, il ne saurait exister de vraie
égalité dans l'espérance… En attendant, des hommes décident de l'avenir
de l'Église dont la moitié de ses membres sont des femmes. »
Témoignages, Soirées de réflexion
sociale
• « Que le diocèse garde une
préoccupation pastorale
de plus en plus grande de la situation de la femme seule, chef de
famille. »
Comité régional de pastorale,
Lorette
• « Dans plusieurs domaines on constate
que les
femmes vivent des situations d'injustices sociales. Elles n'ont pas
accès aux programmes offerts à la population en général. Elles se
retrouvent souvent très pauvres à la retraite, au moment où leur
situation devient encore plus difficile. Elles vivent dans un état
d'insécurité au plan financier. »
AFEAS, St-Urbain
ÉLÉMENTS DE RÉFLEXION
Au cours des audiences, la Commission Justice et Foi a acquis la ferme
conviction que l'Église de Québec doit donner aux femmes des signes
concrets que leur participation à l'évangélisation est vivement
souhaitée.
DANS LA SOCIÉTÉ
• Les femmes sont les plus touchées par
l'aggravation
de la pauvreté, effet du chômage et de la crise économique. Immigrantes
et femmes de chez nous, elles gagnent un salaire beaucoup moins élevé
que les hommes, à moins qu'elles ne vivent de l'aide sociale.
• La situation économico-sociale des femmes de
même
que celle des jeunes, a été le plus fréquemment mentionnée comme
inquiétante. Les groupes qui ont le plus retenu l'attention sont :
des
femmes soutien de famille, des femmes âgées et des travailleuses sans
aucune protection et par le fait même le plus facilement exploitables.
• Rien d'étonnant à ce qu'un nombre important de
femmes, jeunes et moins jeunes, soient exposées à des formes de
contrainte, d'exploitation ou de violence qui sont autant de menaces à
leur dignité humaine. La pornographie envahissante illustre bien cet
état de violence. De plus, des milliers de Québécoises sont réduites à
recourir à la prostitution pour survivre.
• La discrimination fondée sur le sexe est une
donnée
culturelle persistante dans notre milieu. Les femmes doivent continuer
de lutter pour obtenir l'égalité en emploi et l'accès à des postes de
responsabilité. Les changements de mentalité ne suivent pas
immédiatement les changements législatifs; cela implique une tâche
d'éducation à laquelle il ne faut pas se dérober.
• Les organisations féminines ont beaucoup
travaillé
à développer chez les femmes la conscience de leur dignité personnelle;
mais elles n'obtiennent pas encore les appuis nécessaires pour que
cette dignité prenne un visage concret dans la vie privée et la vie
publique.
• Comparativement aux autres sociétés
occidentales,
le Québec joue un rôle de leader au plan de la recherche pour l'égalité
entre femmes et hommes.
DANS L’ÉGLISE
• Les paroisses et les mouvements demeurent en
général très réservés quand il s'agit d'appuyer des revendications des
femmes. Ces dernières représentent pourtant une proportion importante,
sinon majoritaire, des personnes qui contribuent à l'animation des
paroisses et des mouvements. D'où la déception de nombreux groupes
féminins face à l'Église. Le féminisme est souvent perçu comme
revendication arbitraire plutôt qu'effort pour une plus grande équité,
une mutualité homme et femme.
• La Commission Justice et Foi a perçu qu'à la
suite
de nombreuses difficultés et incompréhensions de la part de l'Église,
des femmes s’en sont éloignées. Fatiguées d'un monologue dit stérile
d'autres femmes s'en désintéressent progressivement. Certaines lancent
encore des appels à l'ouverture, à l'accueil inconditionnel de leurs
sœurs blessées par la vie. Les pratiquantes acceptent encore que
l'Église les interpelle, mais elles demandent qu'à l'avenir des femmes
soient associées aux prises de parole et aux décisions dans les
matières qui les concernent.
• La Commission a pu constater que la redécouverte
de
l'égalité foncière de l'homme et de la femme par le baptême impose une
redécouverte de nouvelles attitudes et des comportements neufs. Nombre
de femmes, lorsqu’elles assument des responsabilités ecclésiales
rencontrent plusieurs difficultés à être reconnues, comme membres à
part entière des équipes pastorales.
• La Commission veut enfin souligner comment les
congrégations religieuses participent à cette recherche de l'égalité
entre hommes et femmes et comment elles veulent être présentes au vécu
des femmes les plus pauvres et les plus exploitées.
QUESTIONS
A. Depuis une vingtaine d'années, les
médias ont
largement diffusé les efforts de conscientisation des femmes à leur
propre dignité. Quel bilan pouvons-nous faire, comme chrétien-ne-s, de
cet effort de prise de conscience et de prise en charge des
femmes ?
B. Pourquoi des militant-e-s chrétiens
engagés dans
la promotion de la justice considèrent-ils la condition des femmes
comme injuste non seulement dans la société mais aussi dans
l’Église ?
C. Dans quelle mesure notre communauté
a-t-elle
développé des moyens d'être présente aux jeunes filles et aux
femmes plus vulnérables à l'exploitation ?
D. Que pourrait faire une communauté
chrétienne pour
les hommes qui violentent les femmes, et pour les femmes qui doivent
souvent en porter seules les conséquences ?
E. Comment rendre possible la
participation des femmes à l'élaboration des messages de l'Église ?
F. Qu'est-ce qu'une communauté chrétienne
peut faire
pour accueillir et intégrer une agente de pastorale comme elle le fait
pour les agents masculins ?
G. Des femmes sont profondément humiliées
par ce
qu'elles estiment être une conduite blessante de l'Église à leur égard.
Qu'est-ce qu'une communauté chrétienne peut faire pour mieux les
comprendre ? et mieux les accueillir ?
H. Dans la société comme dans l'Église,
les
mentalités n'évoluent pas toutes au même rythme en regard des femmes.
Pouvons-nous identifier des traces de sexisme dans notre milieu, en
particulier dans les mouvements et autres groupes chrétiens auxquels
nous appartenons ?
RECOMMANDATIONS FACE À LA SITUATION DES
FEMMES (PP. 106 À109)
Susciter des rapports d’égalité
entre homme et femmes
• Attendu le défi posé à notre Église par la
transformation des rapports entre les femmes et les hommes;
• attendu l'influence qu'a eue l'Église catholique
au long de l'histoire dans l'élaboration des rôles sexuels;
• attendu l'importance du rôle passé et actuel de
l'Église de Québec dans l'édification d'un nouveau partenariat entre
hommes et femmes.
Nous recommandons :
1. que le
Service de la pastorale crée
une structure
de dialogue sur les rapports hommes-femmes dans la société et dans
l'Église selon le vœu exprimé par Monseigneur l'Archevêque de Québec au
Synode mondial des Évêques à l'automne 1983;
2. que le
Service de la pastorale voit à
ce que cette
structure de dialogue se préoccupe d'une recherche théologique sur
l'accès aux divers ministères;
3. que le
Service de la pastorale élabore
le mandat
de cette structure de dialogue avec la participation de femmes engagées
en pastorale tant aux niveaux local et régional que diocésain.
Réagir à la pauvreté et à la
non-reconnaissance des femmes
• Attendu le nombre élevé de femmes-soutien de
famille et leur situation socio-économique;
• attendu le peu de reconnaissance sociale pour le
travail des femmes au foyer;
• attendu les difficultés rencontrées par les
femmes
sur le marché du travail : discrimination, bas salaire, ghetto
d'emplois, travail au noir, temps partiel, etc.
Nous recommandons :
1. que le
Service de la pastorale, par
l'intermédiaire des comités paroissiaux et régionaux de pastorale,
entreprenne une recherche-action sur la situation des femmes-soutien de
famille, leurs besoins, leurs attentes et les possibilités d'améliorer
collectivement leurs situations;
2. que le
Service de la pastorale
accentue le travail
de sensibilisation des différentes communautés chrétiennes au sujet des
causes de la pauvreté des femmes;
3. que le
Service de la pastorale
s'associe aux
organismes du milieu pour promouvoir des conditions équitables de
travail pour les femmes ainsi qu'un statut social et économique.
Enrayer la violence faite aux
femmes.
• Attendu les violences faites aux femmes dans nos
divers milieux: viol, pornographie, harcèlement sexuel, publicité, etc.;
• attendu les initiatives déjà en cours pour
amorcer des services d'accueil et d'entraide.
Nous recommandons :
1. que le
Service de la pastorale
continue de
sensibiliser les pasteurs et les membres des diverses communautés
chrétiennes à la violence dont sont victimes plusieurs femmes et les
inviter à la ténacité et à la créativité dans les actions pour
combattre les diverses formes de violence;
2. que le
Service de la pastorale
contribue à
stimuler une aide concrète aux femmes et aux enfants en difficulté, en
les référant vers les ressources qui peuvent leur venir en aide ou, au
besoin, en mettant sur pied des services appropriés;
3. que le
Service de la pastorale
encourage le maintien des maisons d'accueil pour les femmes en
difficulté.
Proclamer en paroles et en actes
l’égalité des fils et des filles de
Dieu
• Attendu l'égalité foncière de la femme et de
l'homme, selon le projet de Dieu, laquelle égalité est confirmée par le
baptême;
• attendu les inégalités multiples et
discriminatoires actuelles et même les exploitations dont sont victimes
des femmes;
• attendu les besoins des communautés chrétiennes
en
ce qui a trait aux tâches pastorales et aux appels à l'engagement.
Nous recommandons :
1. que le
Service de la pastorale sache
reconnaître
par un mandat officiel et un accueil pastoral public les femmes
engagées en ministère soit en milieu scolaire, paroissial, régional ou
diocésain;
2. que le
Service de la pastorale soit
attentif à ce
que ces femmes engagées en pastorale soient reconnues comme membres à
part entière d'une équipe pastorale;
3. que le
Service de la pastorale invite
les pasteurs
et les membres des communautés chrétiennes à tenir compte de cette
responsabilité partagée et de cette égalité des sexes dans toutes les
interventions pastorales;
4. que le
Service de la pastorale invite
les
pasteurs, d'une part, à se défaire du modèle culturel traditionnel qui
confine l'homme et la femme dans des rôles figés et, d'autre part, à
tenir compte des deux sexes dans le langage liturgique et pastoral;
5. que le
Service de la pastorale
continue à insister
sur la responsabilité partagée entre hommes et femmes dans les
questions relatives à la vie conjugale et familiale;
6. que le
Service de la pastorale
favorise l'accès
possible des femmes aux différents comités d'études, d'actions ou de
décisions ainsi qu'à des postes de direction.
LE
MOUVEMENT DES FEMMES ET L'ÉGLISE
Devant toutes les discussions que soulève la question des femmes dans
la société et dans l’Église, l’Assemblée des évêques du Québec,
répondant au désir du Comité des affaires sociales organise une session
d’étude les 1er et 2 mars 1986 sous le thème « Le mouvement des femmes
et l’Église ».Il s’agit d’identifier et d’analyser
les transformations opérées par le mouvement des femmes au plan social
et ecclésial en vue de définir des pistes d’action pour l’Église du
Québec. On désire vivre une expérience de partenariat en Église. Il est
noté en que le défi essentiel que pose le mouvement des femmes est, de
toute évidence, la transformation des rapports-hommes-femmes, autant
dans l’Église que dans la société.
Cinq femmes se sont vu confiés le mandat 1) d’identifier et d’analyser
les transformations opérées par le mouvement des femmes au plan social
et ecclésial en vue de définir des pistes d’action pour l’Église du
Québec, et 2) de vivre une expérience de partenariat en Église. Il est
noté que le défi essentiel que pose le mouvement des femmes est, de
toute évidence, la transformation des rapports-hommes-femmes, autant
dans l’Église que dans la société.
La préparation de la session a été confiée à cinq femmes : Lise
Baroni,
Lise-Drouin-Paquet, Annine Parent-Fortin, Gisèle Turcot et Lucienne
Boisvert, secrétaire. Elles travailleront en lien avec le comité des
affaires sociales de l’AEQ. La session réunira 30 évêques, 12
hommes laïcs et 85 femmes.
Six problématiques serviront de base aux discussions. Nous vous
présentons ici les 6 problématiques qui ont donné lieu à 25
recommandations votées sur place par les quelques 120 participantes et
participants
à la session. Une 26e recommandation concerne les répondantes à la
condition des femmes.
1. LE LANGAGE
2.
LE POUVOIR
3.
LE TRAVAIL
4.
LA VIOLENCE
5.
LA SEXUALITÉ
6.
LA FAMILLE
Les répondantes à la condition des femmes
Par la suite, une autre version sera rédigée par le Comité des affaires sociales afin, dit-on, de préciser le sens de certaines recommandations et les rendre plus opérationnelles ou d’en améliorer la compréhension. Ces recommandations modifiées et atténuées seront regroupées selon les instances responsables de leur mise en application.
7. RECOMMANDATIONS MODIFIÉES ET REGROUPÉES PAR INSTANCES RESPONSABLES
Il est alors souhaité que ces recommandations servent à établir un
plan d’action pour les comités épiscopaux, les diocèses et les
paroisses du Québec
PROBLÉMATIQUES ET RECOMMANDATIONS
1. LE LANGAGE
Le langage étant le reflet de la réalité, il serait vain de penser que
les correctifs apportés aux seuls textes liturgiques pourraient
dissiper le sentiment d'inégalité que ressentent les femmes en regard
de la pratique ecclésiale.
Au-delà du langage exclusif des oraisons et des prières eucharistiques,
il y a le langage réducteur, paternaliste, voire misogyne qui donne aux
femmes le sentiment d'être diminuées, occultées, absentes dans le
discours, la pensée et les attitudes des hommes d’Église, ordonnés ou
laïcs.
• Quelles mesures concrètes devrait-on
adopter pour que le langage ecclésial exprime mieux la compréhension de
ce que sont et vivent les femmes en Église?
• Que faire pour briser les règles du
langage sexiste dans le discours ecclésial ?
• Plus précisément, comment accorder le
langage ecclésial aux acquis, actuels ou éventuels, dans les champs de
la pastorale, de la liturgie et de la théologie ?
Recommandations :
Pour que le langage ecclésial traduise des réalités concrètes, il
est urgent que les femmes soient présentes dans les lieux où la pensée
et les politiques prennent forme. À cette fin nous
recommandons :
2.
LE POUVOIR
Dans les sociétés démocratiques, les diverses chartes des droits de la
personne proscrivent la discrimination sexuelle à l'emploi, en sorte
que les femmes ont désormais accès à tous les postes décisionnels.
Dans l'Église le pouvoir réel est le plus souvent lié à l'ordination.
Dans ces conditions, parler de partenariat, d'égalité ou de mutualité,
devient piégé au départ, difficile voire même impossible. Des attitudes
ou des comportements discriminatoires se manifestent à l'égard des
femmes. Des membres du clergé réagissent souvent négativement à la
montée des femmes et des résistances rendent mal à l’aise les évêques
et les femmes. Pourtant les femmes veulent être pleinement reconnues
selon leurs compétences, valeurs ou charismes.
Quels moyens pouvons-nous prendre pour que, dans l'Église du Québec ou
dans chaque diocèse, des femmes et des hommes puissent accéder à des
postes de pouvoir et qu'elles et ils soient pleinement reconnus-es par
les communautés chrétiennes ?
Recommandations :
3.
LE TRAVAIL
Dans le monde du travail, les femmes font trop souvent face à la
discrimination : salaire, promotion, pré requis, exploitation,
exigences excessives, etc. Il en est souvent ainsi en Église en
particulier dans le bénévolat qui y est généralisé. Bien
qu'indispensable, le bénévolat peut insidieusement devenir une forme de
"cheap labor" ou d'exploitation déguisée des femmes, surtout pour
celles qui n'ont pas d'autonomie financière.
Pour rendre justice aux femmes dans le sens de l'Évangile, quels gestes
positifs pourraient être proposés au niveau de l'Église du Québec de
chaque diocèse, de chaque paroisse ?
(v.g. sensibilisation des marguilliers, des pasteurs et des chrétiennes
et chrétiens à leurs devoirs concernant la justice.)
Recommandations :
4. LA VIOLENCE
Depuis longtemps, des femmes sont, victimes de violence. Le silence de
l'Église à propos des femmes violentées fait problème de même que la
tolérance et l’insouciance (particulièrement de la part des hommes) à
l’égard de la pornographie, qui est une violence faite aux femmes. Par
contre, étant donné l’inflation du discours moralisateur de leurs
prédécesseurs en matière de sexualité, il est presque impossible pour
les évêques de prendre seuls la parole pour dénoncer ces problèmes.
Pour être crédibles, ils doivent le faire en solidarité avec des laïcs
femmes et hommes.
Pour rendre justice aux femmes dans le sens de l'Évangile, quels moyens
pourrions-nous prendre
• au niveau du Québec ?
• de chaque diocèse ?
• de chaque paroisse ou milieu ?
Recommandations :
5. LA SEXUALITE
Trop souvent le discours de l'Église officielle sur la sexualité est
restrictif et moralisateur. II fait implicitement porter la
responsabilité morale et ses conséquences aux seules femmes. Il est
urgent de faire sortir ce discours du cadre étroit du "permis et du
défendu" pour retourner aux sources de la Bible qui considère l'homme
et la femme comme des êtres de relation. Le discours de l'Église doit
considérer la sexualité comme une réalité positive qui englobe tous les
aspects de la personne, homme ou femme.
Problème : les hommes d'Église se prononcent en des matières
concernant
en tout premier lieu le vécu des femmes sans entrer en dialogue
préalable avec ces dernières et en se solidarisant davantage avec les
énoncés actuels du Magistère qu'avec l'expérience chrétienne que les
laïcs font de l'exercice de leur sexualité.
Quelles mesures adopter pour assurer au discours de l'Église sur la
sexualité, la contraception et l'avortement sa fidélité aux appels de
l'Évangile et un enracinement dans le vécu relationnel des hommes et
des femmes qui forment l'Église ?
Recommandations :
6. LA FAMILLE
La famille évolue. Des nouveaux modèles surgissent : familles
monoparentales, divorcés-remariés, mariage à l'essai, cohabitation des
jeunes etc.
Des certitudes figées, des comportements autoritaires des discours
moralisateurs de la part de l'Église empêchent trop souvent d'entendre
les interpellations de l'Esprit et d'évangéliser comme il se doit ces
situations de cheminement et ces drames humains en recherche de
libération véritable.
Par quels moyens concrets reconnaître, d'une part et annoncer, d'autre
part, la Bonne Nouvelle du Ressuscité a tous les membres des familles
actuelles, quels que soient les modèles familiaux et la marginalité des
situations ?
• Au niveau de l'Église du Québec
• Au niveau de notre milieu local
Recommandations :
Les répondantes à
la condition des femmes
Recommandation :
7. RECOMMANDATIONS
MODIFIÉES ET REGROUPÉES PAR INSTANCES RESPONSABLES
Il s’agit des 26 recommandations formulées à la session d’étude de
l’Assemblée des évêques du Québec. Elles ont été revues par le Comité
des affaires sociales qui désirait préciser le sens de certaines
recommandations pour les rendre plus opérationnelles ou en améliorer la
compréhension.
Elles ont ensuite été regroupées selon l’instance de l’Église qui est
responsable de sa mise en œuvre.
C’est cette version approuvée par l’épiscopat que nous vous présentons.
POUR LES RÉPONDANTES
1.
VIGILANCE FACE AU LANGAGE INCLUSIF
Que la répondante et ses collaboratrices et collaborateurs poursuivent
un effort pour éveiller l'ensemble des chrétiennes et chrétiens, et
plus particulièrement les prêtres, au langage inclusif et qu'à
l1occasion elles proposent des formulations qui respectent à la fois la
langue française et le style inclusif pour les publications diocésaines.
2. GRILLE
D'ANALYSE DU LANGAGE SEXISTE
Que les représentantes des Inters de la promotion de la condition des
femmes procurent aux répondantes une grille d'analyse du langage
sexiste et qu'elles les habilitent à son utilisation.
3. APPUI
À LA C.E.C.C. EN REGARD DE LEUR ÉTUDE SUR LA VIOLENCE
Que les répondantes appuient l'étude entreprise par l'équipe pastorale
de la C.E.C.C. au sujet de la violence et expriment leur préoccupation
pour que cette étude tienne compte de la violence faite aux femmes.
4.
INFORMATION SUR LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES
Que des agentes et agents de pastorale (prêtres et laïques) en
rencontres diocésaines ou régionales, soient informés par des femmes
engagées auprès des victimes de la violence du vécu de celles-ci, et
qu'ensemble, ils et elles déterminent des pistes d'action concrètes.
5.
SENSIBILISATION DU MILIEU PAROISSIAL À LA VIOLENCE FAITE AUX
FEMMES
Que les paroisses, zones ou régions pastorales, par leur C.P.P. ou un
autre organisme, soient sensibilisées au fait que des femmes de leur
milieu sont violentées et qu'elles soient invitées à donner aide et
appui aux personnes impliquées dans la situation.
6.
DISCOURS DE L'ÉGLISE SUR LA SEXUALITE
• Considérant qu'il paraît essentiel
d'enraciner dans l'expérience concrète des femmes et des hommes d'ici
le discours officiel de l'Église sur la sexualité,
Que les répondantes diocésaines à la condition des femmes établissent
des lieux de parole où les femmes et les hommes pourraient, à partir de
leur expérience, partager leurs points de vue sur les différents
aspects de la sexualité et faire connaître aux évêques le fruit de
leurs réflexions pour qu1ils en tiennent compte dans leurs
interventions publiques.
7.
EXCOMMUNICATION RATTACHÉE À L'AVORTEMENT
Que les répondantes fassent connaître à l'A.E.Q, leur désaccord en
regard de l'excommunication rattachée à l’avortement.
8. FORUM
DIOCÉSAIN
Que chaque diocèse organise un forum diocésain réunissant évêques,
pasteurs et laïques pour approfondir les dimensions humaines,
théologiques et pastorales des nouveaux rapports femmes et hommes dans
l'Église et, en particulier, dans les équipes pastorales.
POUR LES ÉVÊQUES
9.
RÉFLEXION SUR LE PARTENARIAT HOMME-FEMME DANS LES ÉQUIPES
PASTORALES
Que dans chaque diocèse, l'évêque et la répondante à la condition des
femmes amorcent une réflexion entre les prêtres et les femmes engagées
en pastorale afin d'arriver à définir ensemble le modèle d'un véritable
partenariat dans l'Église.
10.
RECONNAISSANCE DES FEMMES EN POSTE DE RESPONSABILITÉ
Que dans chaque diocèse, les femmes en poste de responsabilité aient
accès à toutes les informations relatives à leur fonction et que leur
mandat soit reconnu publiquement et officiellement.
11.
POLITIQUE D'EMPLOI
• Considérant que le Comité des
ministères de l’A.E.Q. a préparé, à l’intention des diocèses,
« un guide d’élaboration d’une politique d’emploi des agentes et
agents
de pastorale »;
• considérant que ce document propose
des
orientations à suivre quant à l’embauche, à la rémunération, aux
conditions de travail et aux bénéfices sociaux;
que chaque évêque révise et mette à jour sa politique d'emploi des
agentes et agents laïques de pastorale et aussi de tous ses autres
employées et employés en tenant compte de certains points particuliers
tels que le contrat de travail, le mandat pastoral, le remboursement
des coûts réels de déplacement et de représentation, le congé de
maternité, l'ajustement des échelles de salaires, etc.
12.
PERFECTIONNEMENT
Que soient étendues aux laïques engagés en Église, et en particulier
aux femmes, les politiques de perfectionnement offertes aux clercs.
13.
PRÉSENCE DES FEMMES DANS LES LIEUX DE DÉCISION
Que dans chaque diocèse, l'évêque assigne des femmes dans des
lieux de
prise de compatible avec le droit de l'Église.
14.
PRÉSENCE DES FEMMES AUX LIEUX DE RENCONTRE ET DE CONCERTATION
Que des femmes soient associées à tous les lieux de rencontre et de
concertation (journées d'étude, sessions de formation, projets
pastoraux, etc.) pour qu'on puisse entendre chaque fois leur point de
vue.
15.
FORMATION DES MINISTRES ORDONNÉS
Que dans chaque diocèse, des femmes participent à la formation des
futurs prêtres, des prêtres et des diacres.
16.
RÉMUNÉRATION DE LA RÉPONDANTE
Que chaque diocèse reconnaisse un poste régulier de répondante à la
condition des femmes; qu'elle soit intégrée aux structures diocésaines
et jouisse d'un statut qui lui permette d'être efficace dans sa tâche,
qu'elle soit bénévole ou rémunérée.
POUR LE COMITÉ DES AFFAIRES
SOCIALES
17. APPUI
A LA RECOMMANDATION NO. 2 DE LA C.E.C.C.
Que l'A.E.Q. voit à ce que la recommandation no. 2 adoptée par les
évêques canadiens, le 25 octobre 1984, soit appliquée dans les plus
brefs délais. Cette recommandation se lit comme suit :
Au plan national, « que la Commission de liturgie continue à
négocier
fermement pour la correction des textes et que la C.E.C.C., par toutes
ses commissions, soit attentive au langage inclusif ».
Les évêques du Canada mettent en oeuvre des mesures en vue d'éveiller
la conscience ecclésiale à l'importance de ce problème du langage
inclusif dans une Église communion et de prendre des moyens pour le
corriger (homélies, liturgies prières, chants, etc.) dans un esprit
pastoral.
18.
DÉCLARATION DES ÉVÊQUES EN REGARD DE LA VIOLENCE FAITE AUX
FEMMES
Qu'une Commission formée de femmes et d'hommes de différents milieux
socio-économiques et de membres du C.A.S, étudie, dans toutes ses
dimensions, le problème de la violence faite aux femmes et prépare une
déclaration de l'A.E.Q. à ce sujet.
19.
INTERVENTION CONTRE LA PORNOGRAPHIE
Que le C.A.S. et les répondantes préparent une intervention publique
contre la pornographie comme violence faite aux femmes.
20.
PRÉSENTATION POSITIVE DE LA SEXUALITÉ
Que le C.A.S. présente la sexualité comme une réalité positive qui
englobe toutes les dimensions de la personne, homme ou femme, et
continue de manifester une ouverture pastorale d'accueil des personnes
qui vivent des situations de marginalité en ce domaine.
21.
L'APPROCHE PASTORALE EN REGARD DE LA CONTRACEPTION
Que l'approche pastorale de la contraception soit réexaminée en tenant
compte de la responsabilité de l'homme et du vécu relationnel du couple.
22.
L'APPROCHE PASTORALE EN REGARD DE L'AVORTEMENT
Que l'approche pastorale en regard de l'avortement soit réexaminée en
tenant compte de la responsabilité de l'homme et de la théorie du
volontaire indirect.
23.
ORDINATION DES FEMMES
Que l'Assemblée des évêques du Québec reste ouverte à la question de
l'ordination des femmes au diaconat et au presbytérat et qu'elle porte
cette question jusqu'à Rome.
24.
VISIBILITÉ DES FEMMES DANS LES CÉLÉBRATIONS
Que le C.A.S. demande à la Commission nationale de liturgie de proposer
des formes de célébration qui rendent les femmes et les hommes
également visibles aux yeux de la communauté.
25. RECHERCHE THÉOLOGIQUE ET
SCIENTIFIQUE SUR LA CONDITION DES FEMMES ET LEUR APPORT AU SEIN DE L'ÉGLISE.
Que les facultés de théologie catholique, les instituts de pastorale et
tous les autres centres d'enseignement théologique (incluant ceux des
diocèses) allouent des budgets à la recherche théologique et
scientifique sur la condition des femmes et sur leur apport au sein de
l'Église. Que ces sujets fassent partie des programmes d'enseignement
et soient suggérés aux étudiantes et étudiants pour leurs travaux.
COMITÉS DIVERS
26. ÉTUDE
DES RESSOURCES BÉNÉVOLES
• Considérant l'ampleur et l1importance
du phénomène du bénévolat dans notre Église et la présence majoritaire
des femmes parmi les bénévoles,
qu'à l'aide d'un instrument préparé par le C.E.L., les diocèses
entreprennent, avec les paroisses, une étude de leurs ressources
bénévoles en vue d'élaborer une politique :
o de formation et de ressourcement ;
o de remboursement de certains frais.
27.
GROUPE DE RECHERCHE SUR LES MINISTÈRES FÉMININS
Que l'A.E.Q. constitue un groupe de travail composé de théologiennes et
de théologiens qui étudie les questions exégétiques, théologiques et
canoniques reliées à la condition particulière des femmes en regard des
ministères dans la tradition catholique.
28.
FAMILLES
• Considérant que le sacrement de
mariage
doit être le reflet de l'amour indéfectible de Dieu;
• considérant qu'il faut aussi tenir
compte des choix de vie des gens et du contexte social où se font ces
choix;
que l'Église, à toutes ses instances, témoigne d'une attitude
accueillante plutôt qu'autoritaire en insistant sur le baptême comme
signe premier d'appartenance à l'Église ;
que les responsables de l'Église consultent des personnes vivant
différentes situations familiales avant de prendre la parole au sujet
de la famille ;
que l'Église insiste sur les valeurs plutôt que sur les modèles dans
l'expression officielle de sa pensée au sujet de la famille.
COMITÉ DE PROMOTION DE LA FEMME
DE LA
CONGRÉGATION DES
RELIGIEUSES DE NOTRE-DAME-DU-SACRÉ-CŒUR
À MGR DONAT CHIASSON,
ARCHEVÊQUE DE MONCTON
En septembre 1987, le Comité de Promotion de la femme de la
Congrégation des religieuses de Notre-Dame du Sacré-Cœur présentait à
Mgr Donat Chiasson, archevêque de Moncton et membre de la délégation
canadienne au synode des évêques portant sur La vocation et la mission
des laïcs dans l’Église et dans le monde. Le comité suggérait des
modifications à apporter au droit canon et à certaines pratiques
diocésaines pour donner plus de place aux religieuses et aux personnes
baptisées dans l’Église.
Ont signé le document :
Sœur Marie Allain, représentante des Sœurs du diocèse de Moncton (Kent)
Sœur Dorice Arsenault, représentant les Sœurs de Moncton (Westmorland)
Sœur Gina Baiani, représentante des Sœurs du diocèse du Cap-Haitien
Sœur Lucille Bourgeois, représentante des Sœurs du diocèse de Saint
Jean
Sœur Berthe Boudreau, représentant les Sœurs de Moncton (Westmorland).
Sœur Auréa Cormier, représentante du Conseil N.D.S.C. au Comité
Sœur Marie Ida Cormier, présidente du Comité
Sœur Imelda Guignard, représentante des Sœurs du diocèse de Yarmouth
Sœur Jeanne Maillet, représentante des Sœurs du diocèse d'Edmunston
Sœur Adèle Morin, représentante des Sœurs du diocèse de Bathurst
INTRODUCTION
À leur chapitre de 1984, les religieuses de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur
ont formé un comité de 10 sœurs dont l’action portait sur la promotion
de la femme, suite à la parution du document des évêques canadiens et
des rapports des discussions qui avaient eu lieu dans au moins 33
communautés locales de la Congrégation.
En compilant l'information fournie par les Soeurs, les membres du
Comité sur la Promotion de la Femme ont constaté que certains
engagements dans l'Église ne peuvent se prendre avant que des
modifications appropriées soient apportées au Droit canon et à
certaines pratiques diocésaines. Le Comité a justifié certaines des
modifications souhaitées et a formulé des recommandations. Il souhaite
que deux de ces recommandations soient apportées au Synode par
l'Archevêque de Moncton et que trois d'entre elles soient mises en
place au niveau du diocèse. Le Comité souhaite également que les
évêques des diocèses où oeuvrent les religieuses
Notre-Dame-du-Sacré-Coeur soient au courant de leurs demandes, alors
une copie du présent document leur sera envoyée.
RECOMMANDATIONS
1ère recommandation LE DIACONAT
ACCESSIBLE AUX FEMMES
Étant donné que :
• dans l'Église primitive, les femmes
pouvaient être diaconesse;
• les femmes peuvent avoir les qualités
voulues pour le diaconat autant que les hommes;
• plusieurs églises chrétiennes
confèrent
déjà le diaconat;
• le diaconat s'avère de plus en plus
comme un besoin dans notre Église.
Nous recommandons que :
1. l'Archevêque de Moncton demande
aux autorités
appropriées de l'Église pour que soit amendé le canon 1024 qui veut que
seul un homme baptisé reçoive validement l'ordination sacrée;
2. le
canon 1024 soit reformulé de la manière
suivante : seule une personne baptisée, homme ou femme, reçoit
validement l'ordination sacrée.
2e recommandation : ADMINISTRATION DE
L'ONCTION DES MALADES PAR LES PRÉPOSÉS-ÉES À LA PASTORALE DES MALADES
Étant donné que :
• les religieuses s'adonnent de plus en
plus à la pastorale des malades;
• les personnes baptisées, femmes ou
hommes, sont
parfois choisies par l'Église pour s'adonner à la pastorale des
malades;
• une relation s'établit entre ces
religieuses ou ces
personnes baptisées et les malades qu'elles réconfortent et incitent à
se tourner vers Dieu;
• il est écrit dans Lumen
Gentium (No. 29)
que le
diaconat confère à une personne le droit d'administrer le sacrement des
malades.
Nous recommandons que :
1. les
personnes baptisées qui s'adonnent à la
pastorale des malades soient autorisées à administrer validement
l'onction des malades;
2. l'on
procède à la modification du canon 1003(1)
qui veut que seul le prêtre administre validement l'onction des malades.
RECOMMANDATIONS TRANSMISES À l'ÉVÊQUE
POUR MISE EN PLACE AU NIVEAU DIOCÉSAIN
1ère recommandation: LA PAROLE AUX
FEMMES DANS LES RITES SACRÉS
Étant donné que :
• de plus en plus de femmes ont acquis
une
connaissance profonde des sciences sacrées enseignées dans les
universités ou facultés ecclésiastiques et dans les instituts de
sciences religieuses en fréquentant les cours et en acquérant les
grades académiques, tel que dit au canon 229;
• beaucoup de ces femmes ont les
qualités
et la stabilité requise pour prendre la parole lors de rites sacrés;
• les personnes laïques peuvent, en
vertu
d'une
députation temporaire, exercer la fonction de lecteur ou encore
d'autres fonctions dans les actes liturgiques et là où le besoin de
l'Église le demande qu'elles peuvent exercer le ministère de la parole
(Canon 230(2) et 230(3);
• les membres des instituts de vie
consacrée et les
personnes laïques peuvent être appelés à coopérer avec l'Évêque et les
prêtres dans l'exercice du ministère de la parole (Canons 758 et 759).
Nous recommandons que :
1. l'on
accorde aux femmes le droit d'exercer le
ministère de la parole lorsque le bien ou le besoin de l'Église le
demande;
2. l'on
modifie le canon 230 pour éliminer la
restriction liée au genre masculin et qu'au lieu de laïc homme on y
lise les personnes laïques.
2e recommandation :
AUTORISATION A CONFÉRER LE BAPTEME
Étant donné que :
• des religieuses sont parfois
responsables de
préparer les couples à l'administration du sacrement du baptême à leur
enfant;
• un lien s'établit entre le ou la
responsable de
l'éducation au baptême et le couple lors de ces échanges préparatoires;
• le canon 230(3) dit que là où le
besoin
le demande, les personnes laïques peuvent conférer le baptême.
Nous recommandons que :
1.
l'Évêque délègue à des agents-es de pastorale,
hommes et femmes, le ministère de conférer le baptême là où cela
s'avère bienfaisant ou nécessaire.
3e recommandation : AUTORISATION DES
RELIGIEUSES ENGAGÉES EN PASTORALE À VALIDER LE MARIAGE
Étant donné que :
• le consentement entre l'époux et
l'épouse est ce qui fait l'essence du mariage;
• des religieuses sont responsables de
paroisse et font la préparation des couples au mariage ;
• l'Évêque diocésain peut, dans
certaines
circonstances, déléguer des personnes laïques pour valider le mariage
(Canon 1112).
Nous recommandons que :
1.
l'Évêque mette en place ce qui serait nécessaire
pour faire amender la loi civile afin qu'une personne responsable de
paroisse puisse valider le mariage;
2.
l'Église diocésaine permette à la religieuse
responsable de pastorale d'être la personne devant qui sont validés des
mariages;
3.
l'Évêque fasse le nécessaire pour que l'on modifie
le canon 1108 pour ajouter les préposés à la pastorale, hommes ou
femmes, à la liste existante (ordinaire du lieu, curé, prêtre ou diacre
délégué) comme personne devant qui le mariage peut être contracté.
CONSEIL ŒCUMÉNIQUE DES ÉGLISE Huitième assemblée
Du 27 au 30 novembre 1998, le Conseil œcuménique des Églises tenait sa
huitième assemblée à Harare au Zimbabwe. Cette assemblée mettait fin à
un programme de dix ans proposé aux Églises « Les Églises
solidaires
des femmes ». La Décennie devait fournir un cadre dans lequel les
Églises membres du COE examineraient leurs structures, leur
enseignement et leurs pratiques et s'engageraient à promouvoir la
pleine participation des femmes. C'était une occasion pour ces Églises
de se pencher sur les problèmes que rencontrent les femmes dans la
société, et de leur manifester courageusement leur solidarité.
A partir du milieu de la Décennie, des visites d'équipes oecuméniques –
les "lettres vivantes" – ont été envoyées aux Églises partout dans le
monde, pour appuyer les progrès réalisés et inciter les Églises à
s'engager plus avant en faveur des femmes. Les "lettres vivantes" sont
revenues, porteuses de récits enthousiastes sur la solidarité des
femmes entre elles, leur amour et leur engagement pour les Églises.
Mais elles ont également fait état d'un grand nombre de questions
restées sans réponse.
Dans son analyse des conclusions de 75 visites d'équipes à 330 Églises.
68 conseils nationaux et environ 650 groupes de femmes, le rapport
"Lettres vivantes" décrit "la vie dans le jardin" : les femmes
sont les
piliers de leurs Églises, elles sont résolues à résister, elles créent
des liens de partenariat avec des groupes laïques. Le rapport décrit
également "les pierres", les obstacles sur lesquels elles buttent: la
violence et le racisme qui s'exercent contre les femmes, l'injustice
économique, les entraves à la participation, le rôle de la famille, la
théologie et les interprétations de la Bible en tant qu'instruments
d'oppression, les attitudes à l'égard de la sexualité, les relations
entre l'Évangile et la culture, la solidarité et les divisions entre
les femmes.
LES FEMMES INTERPELLENT ET
PROPOSENT UN PROGRAMME D’ACTION
C'est en 1988 que le Conseil Oecuménique a lancé la Décennie
Oecuménique des Églises Solidaires des femmes, un programme de dix ans
proposé aux Églises. L'intérêt de ce programme étant de permettre aux
Églises de (re)-considérer leur structures, leur enseignement et leur
pratique avec pour perspective la pleine participation des femmes. La
Décennie a été l'occasion pour les Églises de réfléchir à la situation
des femmes dans la société et de manifester une solidarité courageuse
avec toutes les femmes. Vers le milieu de cette Décennie, des équipes
oecuménique, appelées aussi "lettres vivantes" ont été envoyées auprès
des Églises dans le monde entier. Leurs tâches étaient à la fois de se
réjouir et de reconnaître ce qui avait déjà progressé et de les
stimuler à aller clairement de l'avant dans leurs engagements à l'égard
des femmes. Les récits et rapports de ces visites ont dépeint avec
enthousiasme la solidarité qui existe entre les femmes ainsi que le
soutien constant et l'amour qu'elles portent à leurs Églises
respectives. Ces récits ont aussi montré l'étendue de tout ce qui reste
à faire – soit les nombreuses questions encore non résolues et les
préoccupations des femmes. Ce document mentionne quelques uns de ces
défis et appelle les Églises à poursuivre leur solidarité bien au-delà
de 1998.
....et dans ces terres arides,
comme un
désert à l'infini, nous avons redécouvert une source d'eau fraîche.
Rassemblées près de l'eau, nous avons dansé joyeuses : non plus
oubliées, ni invisibles ou étouffées, mais épanouies et créatrices.
Ouvrant des barrières, élevant nos voix, déplaçant des murailles et
construisant sur des ruines. Nombreuses celles qui venaient de l'ombre;
ensemble nous avons célébré notre survie. Nous nous sommes accueillies
au grand jour. Mais l'eau ne vient pas seulement des profondeurs de la
Source elle coule aussi le long de nos joues. Les larmes causées par
une main violente. Des larmes silencieuses. Des larmes causées par des
systèmes et des pratiques injustes. Mémoire et expérience - tout ce qui
s'est passé et qui continue, ...et qui devient colère. Cela ne peut
continuer ! Il faut que cela change. Alors....
La Décennie Oecuménique "Les Églises Solidaires des Femmes" repose sur
la vérité biblique de la bénédiction commune accordée aux femmes et aux
hommes dans la création (Gen. 1, 27) et de la responsabilité commune
qui leur incombe de maintenir et de servir l'Église dans le monde. Nos
théologies ont pour base les paroles bibliques, les traditions
historiques de l'Église, notre expérience sacramentelle de
l'eucharistie et par la puissance du Saint Esprit. Dans tout cela, nous
affirmons la place centrale de l'égalité des hommes et des femmes. Les
Écritures, malgré les époques patriarcales, offrent de nombreux
exemples de la force du témoignage des femmes; par leurs actes de foi
et leurs affirmations hardies, elles ont participé à la mission et au
ministère de Jésus. La Bible contient des témoignages de la
spiritualité féminine qui sont sources d'inspirations – et Dieu les
bénit ! Les premières liturgies de baptême étaient fidèles à cette
vision en affirmant : « II n'y a plus ni Juif, ni Grec: il
n'y a plus
ni esclave, ni homme libre: il n'y a plus l'homme et la femme :
car
tous, vous n'êtes qu'un en Jésus Christ » (Gal 3.28).
L'histoire chrétienne a mis de côté, même négligé cet enseignement
central. Ainsi l'affirmation de « l'égalité des disciples »
est
malheureusement encore bien loin d'être une réalité dans les faits. On
s'est souvent servi de la Bible pour justifier l'exclusion et la
marginalisation des femmes dans de nombreux domaines. La Décennie nous
offre une nouvelle occasion de progresser vers une communauté de femmes
et d'hommes. Une Église où les femmes seront appelées au ministère et
au service, mais aussi de mener des vies libérées de toute violence,
libres aussi des rôles imposés par les attentes et les présupposés
traditionnels et souvent culturels.
Aujourd'hui, nous sommes appelés à reconnaître et à accueillir femmes
et hommes comme partenaires à part entière sur le chemin vers un ordre
mondial équitable, dont nul ne sera exclu ni à cause de son sexe, de sa
race, de sa religion, de son statut économique ou de son origine
ethnique. La Décennie a donné aux croyants, hommes et femmes –
c'est-à-dire aux Églises – l'occasion d'être solidaires avec toutes les
femmes de l'Église et de la société, de surmonter les années
d'oppression vécues par des millions de nos contemporaines, victimes de
la violence de la pauvreté, de l'exclusion sociale et du pouvoir
patriarcal. L'Église est appelée à se convertir pour manifester sa
solidarité active avec toutes les femmes. Cela implique une
modification radicale de certains aspects de sa vie, à partir d'une
nouvelle interprétation, d'une restructuration de ses pratiques et des
doctrines discriminatoires à l'égard des femmes.
Au moment où nous avançons au-delà de la Décennie oecuménique pour
aborder le 21e siècle, nous voulions apporter aux Églises les
interpellations suivantes pour les engager à agir concrètement :
Sur la justice économique :
étant donné la mondialisation croissante de
l'économie, accompagnée de la libéralisation des marchés, de
l'individualisme, des restrictions imposées aux services sociaux et
parce que les femmes ainsi que les enfants sont les premières victimes
de cet état de choses, nous appelons les Églises et le mouvement
œcuménique :
1. à se
prononcer clairement contre ces
tendances qui
vouent à l'exclusion des populations et des pays entiers;
2. à exiger la
remise des dettes
intérieures et
extérieures des pays les plus pauvres, ainsi que le proposent les défis
du Jubilé : de prendre des mesures concrètes garantissant que les
ressources ainsi récupérées soient utilisées pour améliorer la qualité
de vie des plus pauvres, en particulier des femmes et des enfants;
3. à
s'engager en faveur de la
modification des lois
qui privent les femmes du droit à la propriété et d autres droits;
4. à
promouvoir la démilitarisation et à
condamner
les liens qui existent entre le militarisme, le commerce des armes et
les institutions économiques mondiales;
5. à créer dans
toutes les Églises des
programmes et
des bureaux qui examinent les questions économiques, sans oublier de
mener les analyses et les études dans la perspective des rôles sociaux
respectifs des femmes et des hommes;
6. à
préparer les femmes à des postes de
dirigeantes
en créant davantage de bourses d'études qui leur soient destinées;
7. à veiller à ce
que les institutions et
structures
ecclésiastiques pratiquent l'égalité des salaires entre femmes et
hommes;
8. à rompre la
chaîne qui lie
l'exploitation de la
terre à la croissance économique et à partager responsabilités et
soucis en faveur de la terre et de toute la création.
Sur la participation : La
pleine participation de tous ces membres
représente pour chaque Église un objectif et une exigence éthique. À
cette fin, nous invitons les Églises :
1. à
offrir plus de possibilités de
formation théologique aux femmes, notamment des bourses:
2. à introduire
dans la formation
théologique les
affirmations et les apports des femmes et des autres groupes victimes
de l'exclusion:
3. à
réexaminer la vie liturgique et le
ministère de
l'Église, dans le but d'y intégrer les expériences des femmes et leurs
dons spirituels;
4. à
mettre en oeuvre des politiques
d'égalité entre les sexes dans toutes les Églises et organisations;
5. à offrir une
sensibilisation à ces
problèmes
destinée à tous les membres, masculins et féminins, du clergé et des
autorités de l'Église et des institutions qui en dépendent, que ce soit
dans l'administration et les organisations oecuméniques, et cela à tous
les niveaux;
6. à encourager les
femmes à accepter des
rôles de
dirigeantes, afin d'offrir une nouvelle compréhension de l'exercice du
pouvoir et de la manière d'en user;
7. à élaborer de nouveaux
critères de
choix des
responsables et de nouveaux modes de partage et d'utilisation du
pouvoir, qui fassent délibérément place aux dons et aux apports
féminins;
8. à offrir des
structures de soutien aux
femmes membres du clergé ou travaillant dans les Églises;
9. à renforcer les
réseaux et les
organisations de
jeunes femmes et de créer les moyens qui permettront d'inclure la
contribution des jeunes femmes;
10. à assurer la
participation égale des
femmes et
d'autres groupes encore exclus à tous les niveaux de la vie de
l'Église, au besoin en instaurant un système de quotas;
11. à remettre à
l'honneur l'ancienne
tradition d'ordonner des femmes au diaconat.
Sur le racisme : étant
donné les nouvelles formes de racisme et de
tensions ethniques gui se manifestent partout dans le monde, ainsi que
les liens que racisme et xénophobie ont avec l'exploitation économique
et la justification culturelle de l'exclusion dont souffrent des
millions d'habitants de la Terre, nous appelons les Églises et le
mouvement œcuménique :
1. à
renforcer ou à mettre en place des
programmes de
lutte contre le racisme et la xénophobie, en veillant notamment à la
dimension pédagogique;
2. à
élaborer un nouveau vocabulaire
inclusif et une
nouvelle analyse du racisme et de la xénophobie. tenant compte qu'ils
se manifestent dans la vie même des Églises; parfois le langage de la
liturgie et de la théologie ainsi que les images ou les symboles
utilisés renforcent les préjudices raciaux;
3. à
élaborer de nouvelles manières de
célébrer notre
diversité et nos différences, qui sont autant de dons de Dieu au monde,
et à imaginer des outils pédagogiques propres à renforcer cette vision;
4. à
manifester clairement leur
solidarité avec les
populations autochtones du monde entier et à soutenir les femmes
membres des communautés autochtones dans leurs luttes pour la dignité,
la souveraineté et les droits à la terre;
5. à
veiller à ce que le langage de la
liturgie et de
la théologie ainsi que les images et symboles utilisés dans les Églises
ne viennent pas renforcer les préjugés ou présupposés raciaux;
6. à
soutenir le réseau "Soeurs" (soeurs
en lutte
contre le racisme et le sexisme) aux niveaux régionaux et nationaux, en
s'assurant la participation de tous les réseaux féminins des Églises.
Sur la violence à l'égard des femmes :
étant donné que la violence – et
notamment la violence à l'égard des femmes – est toujours plus présente
dans nos sociétés, nous appelons les Églises à en dénoncer ses diverses
formes, qu'elles soient ou non justifiées par la culture et qu'elles se
manifestent à l'intérieur ou à l'extérieur de l'Église. Nous appelons
les Églises à déclarer que la violence à l'égard des femmes est un
péché. Nous les prions instamment de prendre le parti des victimes, et
non de protéger les agresseurs, et d'offrir un encadrement pastoral qui
vise à améliorer concrètement l'existence des survivantes, au lieu de
se contenter de prêcher la patience, le silence et la soumission. À ces
fins, nous appelons les Églises :
1. à
rejeter toute explication et
justification théologiques de la violence si souvent utilisées;
2. à élaborer une
nouvelle réponse
théologique
affirmée sans équivoque par les responsables des Églises ainsi que par
les prédicateurs;
3. à
offrir une atmosphère empreinte de
compréhension
et de sécurité permettant aux femmes de parler sans crainte de la
violence qu'elle vivent;
4. à
offrir des possibilités matérielles
et un climat
favorable à des débats francs sur la sexualité humaine et à appuyer le
droit pour les femmes de prendre des décisions responsables en matière
sexuelle;
5. à
trouver le moyen de dénoncer les cas
de sévices
sexuels perpétrés par des membres du clergé ou par d'autres membres de
la communauté et à prendre les mesures administratives nécessaires, en
présence et avec la participation de femmes, à l'égard des auteurs des
violences, ainsi que des survivants
6. à offrir un
encadrement pastoral aux
victimes et
aux paroisses lorsque des membres du clergé se sont livrés à des
violences sexuelles;
7. à
mettre en place des sanctions mais
aussi un encadrement pastoral pour les responsables;
8. à attirer
l'attention des paroisses
sur les
problèmes liés à la violence et à la sexualité masculines, en
encourageant la formation de groupes d'hommes pour en discuter;
9. à
reconnaître que la violence infligée
aux femmes
est une violation des droits de la personne humaine et à adopter les
nouvelles définitions de ces droits tels qu'ils sont exprimés par les
femmes sur la base de leurs expériences de la violence dans leur
contexte; à dénoncer les viols de femmes et d'enfants en temps de
guerres et de conflits. (Selon la convention de Genève).
Nous en appelons aux Églises et au mouvement oecuménique, en
particulier au Conseil Oecuménique des Églises, afin que tous unissent
leurs efforts pour se donner les moyens de mettre en place des
structures et des programmes de contrôles, qui garantiront que les
préoccupations et les recommandations mentionnées ci-dessus trouveront
des solutions concrètes.
...et la source est toujours là,
eau rafraîchissante, qui nous confirme
dans notre être; eau qui nous reconnaît, nous accueille. L'eau continue
de couler, ouvre de nouveaux chemins, purifiants, guérissants;
ruisseaux qui se rejoignent, et nous désaltèrent jusqu'au plus profond
de nos rêves...source jamais tarie.
Bureau du
festival de la Décennie Unité "Justice, paix et
création", Conseil Oecuménique des Églises 150, route de
Ferney,
1211 Genève 2 - SUISSE
SYNODE DU DIOCÈSE DE
QUÉBEC
En 1982, Mgr Maurice Couture, archevêque de Québec, déclarait ouvert le
Synode diocésain du diocèse de Québec sous le thème Cap sur le monde de demain.
Après trois ans d’étude et de consultation, il promulguait la loi
synodale qui traçait les balises majeures de la vie en Église pour les
années à venir. C’était disait-il « le temps de passer à
l’action ».
Quelques articles traitaient de la place des femmes dans l’Église.
EXTRAIT DE « LA LOI SYNODALE », 8
DÉCEMBRE 1995
Au chapitre : Les personnes, leur
rôle et leur formation dans l’Église, pp 30 et 31
C) LA PLACE DES FEMMES DANS L’ÉGLISE
(PROMULGATION)
Dans un contexte où l’on veut favoriser une prise de responsabilités
par les laïcs, quelques articles portent plus précisément sur la place
des femmes. Nous savons déjà que les femmes constituent une majorité
des membres de nos assemblées liturgiques et des bénévoles qui assument
diverses tâches pastorales. Le débat sur les conditions de leur égalité
avec les hommes dans l’Église revêt une importance qui se traduit par
les deux articles de loi suivants. Dans le document complémentaire,
j’explique comment je tiendrai compte d’autres propositions qui ont
reçu un vote favorable de l’Assemblée.
Article 57 : Que des femmes soient nommées officiellement
responsables
de régions pastorales.
Article 58. Que des mesures soient prises pour que les femmes
participent de manière plus significative à l’exercice de l’autorité
dans le diocèse de Québec.
DOCUMENT COMPLÉMENTAIRE (propositions
acceptées par l’Assemblée synodale, non promulguées et
transmises à d’autres instances ecclésiales) p. 50
La proposition « Qu’après
avoir
reçu une formation et acquis une expérience en pastorale, des femmes
puissent être appelées au diaconat permanent »
n’a pas
fait l’objet d’un refus précis et définitif jusqu’à maintenant, mais
elle relève évidemment d’une décision du pape et de l’ensemble des
évêques.
Quant à la proposition « Que
l’Archevêque de Québec demande à notre Saint-Père le pape Jean Paul II
que soit remise à l’étude la question de l’accession des femmes au
sacerdoce ministériel », la récente déclaration
du pape
(22 mai 1994) sur cette question, renforcée par un document de la
Congrégation pour la Doctrine de la Foi (18 novembre 1995) affirme
nettement que les femmes ne peuvent avoir accès au sacerdoce; il
demande que cet enseignement soit définitivement tenu par tous les
fidèles. Dans ce contexte, il serait inconvenant d’insister auprès du
Saint-Père pour une remise en question de sa décision.
La proposition « Que
l’église de
Québec reconnaisse l’égalité des chrétiens et des chrétiennes face aux
ministères, et mette sur pied une commission avec mandat d’examiner les
moyens de rendre concrète et visible cette égalité et de la promouvoir
su sein de l’Église québécoise, de l’Église canadienne et de l’Église
universelle » peut s’interpréter de diverses
façons selon
qu’il s’agit de ministères ordonnés, de ministères institués (au sens
canonique du terme) ou de « ministères » reconnus par
l’évêque. Je me
sentirais autorisé à promulguer cette proposition, s’il s’agissait,
pour l’évêque de « reconnaître » certains engagements
ecclésiaux comme
des ministères intimement liés à l’édification de l’Église-communion.
Concrètement, il n’existe pas encore de tels ministères dans notre
diocèse, mais l’un des articles de la loi synodale demande d’en créer
un spécifiquement auprès des jeunes. Le texte sur les ministères, dont
il a été question à la page 28 du document de promulgation, reviendra
sur ce point; une étude est d’ailleurs déjà en cours à ce sujet.
SYNODE DE MONTRÉAL
En 1995, le cardinal Jean-Claude Turcotte, annonçait la tenue d’un
synode diocésain sous le thème Le temps des changement… mille et un
visages, une Église. La loi synodale promulguée en 1999 comportait des
articles concernant la participation des femmes au leadership de
l’Église.
EXTRAITS DE « ORIENTATIONS PASTORALES »
SYNODE DE MONTRÉAL, 28 AVRIL 1999
LA PARTICIPATION DES FEMMES AU
LEADERSHIP (PROMULGATION) (p.36)
Suite aux travaux du Synode, je promulgue les propositions
suivantes :
88. Que l’Église de Montréal affirme
qu’il lui faut améliorer substantiellement la participation des femmes
aux décisions comme aux consultations pour définir les orientations les
priorités pastorales et les politiques diocésaines. (B.14)
89. Que l’Église de Montréal reconnaisse
que les femmes peuvent assumer toutes les responsabilités et exercer
toutes les fonctions pastorales ou administratives qui ne requièrent
pas l’ordination presbytérale et qu’elles soient nommées à des postes
de direction, (B-15, C-06)
90. Que l’Église diocésaine fasse ce
qu’il faut pour que des femmes siègent à tous les comités diocésains,
paroissiaux ou autres et ce, dans les meilleurs délais. (C-08)
91. Que les paroisses, les mouvements et
tous les organismes de l’Église confient à des femmes de vraies
responsabilités pastorales et administratives, entre autres la
coordination de la pastorale d’une paroisse. (C-09)
92. Que la Conseil de l’Évêque soit le
lieu d’un partenariat hommes-femmes dans notre Église. (B-14N)
93. Que les autorités diocésaines soumettent
l’ouverture de postes de responsabilités importantes à un processus
d’affichage pour que des femmes intéressées posent leurs candidatures.
Que pour favoriser l’égalité des chances dans l’évaluation des
candidats, un comité mixte de sélection soit constitué. (C-07)
PROPOSITIONS NON PROMULGUÉES,
(p. 43)
5. Que l’évêque accueille la demande de
ceux et de celles qui veulent que les femmes puissent accéder à
l’ordination presbytérale. (C-10)
Cette proposition qui a obtenu 66.33% des voix de l’Assemblée synodale
reflète une opinion largement répandue dans nos milieux. J’en prends
acte et j’en ferai part aux autorités ecclésiales.
6. Que l’Église de Montréal offre, à
l’avenir, la formation et l’accès au diaconat à ceux et à celles qui
désirent y accéder. (C-11)
De nombreuses études ont été réalisées sur cette question et elles se
poursuivent. Le document « Directoire
pour le ministère et la vie des diacres permanents » ouvre
des perspectives intéressantes. Nous suivons cette question de près.
Toutefois, l’accès des femmes au diaconat relève de l’autorité du Pape
et de l’ensemble des Évêques.
PARMI LES ENGAGEMENTS DE L’ÉVÊQUE
• À intégrer un plus grand nombre de
femmes dans les structures décisionnelles du diocèse.
PROJET DE DECLARATION
D'HELSINKI
A l'occasion du séminaire du
LOBBY EUROPÉEN DES FEMMES
« Un nouveau contrat de genre
pour le prochain millénaire »
Helsinki, le 4 juin 1999
Les représentantes du Lobby européen des femmes, les délégués du
Parlement européen et les candidats à un siège d'eurodéputé, ainsi que
tous les autres représentants de la société civile réunis à Helsinki
dans le cadre du séminaire du Lobby européen des femmes, ayant défini
les grandes lignes directrices d'un nouveau contrat de genre pour le
prochain millénaire :
Déplorent que :
• les relations femmes-hommes soient
encore définies par l'inégalité entre les sexes;
• la société, l'économie, la politique,
les systèmes légaux et la famille soient toujours organisés autour
d'une discrimination structurelle des femmes;
• la pauvreté, la violence, le chômage,
la sous-représentation et la discrimination caractérisent la vie de la
plupart des femmes;
• en dépit de l'existence de déclarations
et d'instruments nationaux, régionaux et internationaux relatifs au
statut des femmes dans la société, les gouvernements ne fassent pas de
l'égalité des sexes un objectif prioritaire.
Remarquent que :
• les gouvernements, les États membres de
l'Union européenne et la communauté internationale n'aient pas encore
trouvé le moyen de combattre la discrimination structurelle dont
souffrent les femmes;
• l'étendue de la discrimination et de la
violence envers les femmes ne soit pas encore clairement déterminée,
par manque de recherche adéquate et de statistiques appropriées ;
• la représentation des femmes à tous les
nivaux de la prise de décision ne reflète nullement les normes propres
à une société démocratique.
Déclarent que :
• l'égalité des femmes est fondamentale
au développement de n'importe quelle société ;
• la mise en place d'une démocratie basée
sur le genre est le fondement même d'une société équitable ;
• les sociétés doivent être jugées à la
manière dont elles traitent les femmes.
Demandent instamment :
Aux États membres de l'Union européenne de :
• développer des plans d'action nationaux
afin de mettre en oeuvre la Plate-forme d'action de Pékin - fixer des
calendriers, allouer des ressources suffisantes, contrôler l'impact des
politiques sur les femmes;
• désigner des femmes aux postes
décisionnels importants, y compris au sein de la Commission européenne,
des Nations unies et des autres organisations internationales, ainsi
qu'aux postes élevés de négociation en cas de guerre et de conflit;
• se mettre d'accord sur une législation
et des programmes européens destinés à promouvoir le statut des femmes
au sein de la société, notamment dans le domaine économique.
Au Parlement européen et à tous ses groupes politiques de :
• prendre systématiquement en
considération l'égalité des sexes dans leurs décisions;
• doter les programmes de promotion de
l'égalité entre les femmes et les hommes de ressources et de moyens
suffisants;
• faire de l'égalité des sexes l'un des
piliers de l'intégration européenne.
À la société civile, aux femmes et aux hommes vivant en Europe de :
• élire un nombre égal de femmes et
d'hommes aux postes décisionnels;
• intégrer le concept d'égalité des sexes
dans vos actions et organisations;
• agir en solidarité avec les femmes qui
souffrent de discrimination.
Exigent :
• un nouveau contrat de genre, fondé sur
l'égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité entre les sexes
et les groupes discriminés; une approche écologique des décisions
économiques, un partage égal des responsabilités dans les domaines
public et privé; le respect des différences sur la base des droits
fondamentaux; un engagement envers la non-violence; des investissements
en capital humain, une solidarité entre les nations.
Nous déclarons notre solidarité avec nos sœurs partout dans le monde et
notamment celles qui souffrent de la violence, de la guerre et de leurs
conséquences.
Cette Déclaration d'Helsinki est approuvée et sera la base de la
Plate-forme des femmes européennes pour le prochain millénaire.
SYNODE
SUR LE RÔLE ET
LA MISSION DE L'ÉVÊQUE DANS LE MONDE D'AUJOURD'HUI
(SYNODE
PARALLÈLE DU
PEUPLE
DE DIEU)
ROME, 7 octobre 2001
Environ 75 délégués de groupes réformateurs d’Europe, d’Afrique, d’Asie
et des Amériques se sont rassemblés à Rome, du 04 au 07 octobre 2001,
parallèlement au Synode des Évêques catholiques.
Ils/elles ont prié et célébré leur espérance d’une Église renouvelée
par la force de l’Esprit saint et qui serait plus attentive aux signes
des temps et aux nécessités réelles des croyants, surtout des jeunes.
Ils/elles ont réfléchi ensemble sur leurs expériences de vie et à la
lumière du message biblique et ont rédigé une liste (non exhaustive) de
recommandations urgentes (voir ci-après)qu’ils ont portées en
procession joyeuse le dimanche 7 octobre au Cardinal Jan Schotte,
Secrétaire général du Synode des évêques. La porte de celui-ci ne
s’étant pas ouverte à leur délégation, ils/elles ont déposé leurs
desiderata dans sa boîte aux lettres.
Avant de se séparer, les délégués du peuple catholique ont appris avec
consternation le déclenchement des représailles militaires américaines
en Afghanistan. Ils/elles réprouvent énergiquement cette escalade de la
violence qui va détruire des vies innocentes et achever de ruiner un
pays puis par les guerres, la sécheresse et un gouvernement
exécrable.
Ils/elles rappellent que la violence et la guerre ne résolvent
qu’exceptionnellement les problèmes mondiaux mais qu’elles entraînent
toujours la misère, la dépendance, la haine et le désir de vengeance.
Les moyens non-violents de résoudre les conflits sont moins
spectaculaires, plus lents mais ils sont infiniment plus efficaces à
long terme car plus respectueux des personnes, des cultures et de
l’environnement.
DÉCLARATION DU SYNODE PARALLÈLE DU PEUPLE DE DIEU
Nous croyons qu’en raison de leur création à l’image de Dieu, de leur
baptême, de la tradition des premières communautés chrétiennes et des
décisions du deuxième Concile du Vatican, les fidèles du peuple de Dieu
doivent :
• s'exprimer sur les questions qui les
concernent;
• assumer la responsabilité de leur
Église;
• appeler les dirigeants de l'Église à
rendre compte.
L'Évangile nous dit que, dans notre Église, un vrai chef se doit d'être
au service (diakonia) du peuple de Dieu. Ce sens du service doit
devenir une réalité et non pas seulement des mots. À cause de l'urgence
de la situation que vit notre Église, nous prenons la parole, tout en
sachant que le vrai dialogue y est souvent bloqué, car nous croyons
qu'on ne peut étouffer l'Esprit.
A. LA
GOUVERNE DANS L'ÉGLISE
– dans le contexte de la Communauté
humaine et de toute la Création
1. Les dirigeants de l'Église, surtout
dans les circonstances actuelles, doivent inviter fortement les chefs
des États à renoncer à une guerre de représailles contre le terrorisme
et à trouver les moyens de rechercher la justice dans la non-violence.
Ils doivent rappeler le 5e commandement (Tu ne tueras pas) et condamner
le militarisme et la guerre en tant qu'instrument de politique
nationale et internationale.
2. Les dirigeants de l'Église doivent
travailler à éradiquer du monde et de notre Église toutes les autres
formes de violence, la pauvreté, la discrimination et l'exclusion sur
le sexe ou sur l'orientation sexuelle, le racisme, une soi-disant
supériorité ethnique ou linguistique, la violence faite aux
consciences, l'intolérance idéologique et la peine de mort. Ils doivent
reconnaître que la promotion d'une culture de la vie inclut la
sensibilisation à la nécessité d'utiliser des préservatifs pour
empêcher la propagation du sida, aussi bien que l'accès à la
contraception et aux services de santé en planning familial.
3. En 1971, le Synode des évêques, dans
son document Justice dans le monde, disait que ceux qui prêchent la
justice au monde doivent commencer par se montrer justes aux yeux du
monde. Les dirigeants de l'Église doivent construire une Église qui
soit Signe de Justice et de Non-violence.
4. Les dirigeants de l'Église doivent
abroger le texte Dominas Jésus. Nous devons nous engager avec humilité
dans un dialogue en profondeur avec les gens d'autres croyances,
abandonner toute attitude de supériorité catholique et inviter les gens
d'autres croyances à l'intercommunication œcuménique
5. Les dirigeants de l'Église doivent
concentrer leurs efforts pour faire disparaître le gouffre scandaleux
qui existe entre les riches et les pauvres dans notre monde, en
dénonçant la mondialisation oppressive et les modèles économiques
néolibéraux, en préconisant le respect des droits des travailleurs et
des travailleuses, l'annulation de la dette des pays pauvres et la mise
en place d'un ordre économique global juste et démocratique.
6. Les dirigeants de l'Église doivent
promouvoir un souci écologique actif pour notre planète qui est la
création de Dieu. Ils doivent encourager la mise en place de politiques
écologiques responsables qui ont pour but de changer nos habitudes de
gaspillage et de surconsommation et aussi de préserver les ressources
de notre monde pour les générations futures. La pratique d'une saine
écologie s'impose d'abord dans la vie de l'Église elle-même.
7. Les dirigeants de l'Église doivent
respecter la responsabilité morale de ceux qui, consciencieusement,
prennent des décisions en matière de sexualité et de reproduction. Il
est nécessaire qu'ils reconsidèrent la doctrine catholique dans ces
domaines en tenant compte du sensus
fidelium.
8. Le gouvernement de l'Église ne devrait
pas revendiquer le pouvoir d'un État séculier, et dans les
organisations internationales, l'Église catholique devrait jouir du
même statut que les autres groupes religieux.
B. L'AUTORITÉ DANS L'ÉGLISE
Aucune forme de discrimination ne saurait être tolérée au niveau de la
direction de l'Église. Toutes les fonctions incluant le diaconat, la
prêtrise, l'épiscopat, la papauté devraient être accessibles à tout
baptisé catholique, homme ou femme, marié ou célibataire, hétérosexuel
ou homosexuel, jeune ou vieux, appartenant à quelque groupe ethnique ou
linguistique que ce soit.
• L'ÉGLISE LOCALE
9. La caractéristique distinctive du chef
d'une Église locale devrait être: un engagement fort, prophétique et
public pour la cause de la justice, de la paix, de la liberté et pour
préserver l'intégrité de la création.
10. Les dirigeants des Églises locales
devraient reconnaître à priori que les croyants et les croyantes sont
des personnes de bonne foi et qu'ils ont une contribution importante à
apporter à la vie et au message de l'Église. Ils devraient avoir pour
règle d'être disponibles, proches des gens, prêts à les écouter, à
discuter et à apprendre d'eux, tout en étant souples, ouverts et
sensibles à la personne elle-même.
11. Les responsables devraient appuyer
les jeunes et chercher à les comprendre. Ils devraient les associer à
la préparation de liturgies signifiantes et particulièrement de rites
de passage, à la prise de décision et à la recherche des moyens
pertinents d'apporter le message de l'Évangile à notre monde.
12. Nous préconisons une Église fondée
sur la collégialité de tous les baptisés. La prise de décision, la
direction et la responsabilité devraient être largement partagées afin
de promouvoir la participation de tous et de toutes. Des synodes ou
conciles locaux peuvent réaliser cet objectif.
13. Le peuple de Dieu devrait élire ses
évêques et autres responsables. Ceux-ci devraient exercer un mandat
d'une durée définie et rendre compte à la communauté locale des
baptisés. Les procédures d'élection devraient être définies par les
communautés ecclésiales locales et tenir compte du contexte culturel.
14. L'évêque du lieu se doit, en tant que
chef, de coordonner les différents ministères et de maintenir l'unité.
Il doit agir en étant animé par un sens de responsabilité envers la
communauté et non pas agir à partir d'une position de pouvoir.
15. L'Église locale devrait instituer un
mode équitable et impartial de résolution des conflits reposant sur la
médiation de personnes qui ne sont pas partie prenante du conflit. On
pourrait s'inspirer de la formule de l'ombudsman.
16. Les responsables devraient
accompagner le peuple de leur Église dans son chemine¬ment de foi, sans
peur et en acceptant de prendre des risques.
•
L'ÉGLISE UNIVERSELLE
17. Toutes ces caractéristiques de
l'Église locale que nous venons de décrire devraient s’appliquer à
l'Église universelle.
18. La papauté devrait être basée sur une
autorité morale et non sur un pouvoir de juridiction. Un processus
conciliaire permanent est important dans une Église où la participation
est largement encouragée.
19. Les dirigeants de l'Église
universelle devraient associer les fidèles au travail d'intelligence de
la foi, ne pas craindre la liberté de la pensée, respecter le rôle du
sensus fidelium de la communauté et les droits de la conscience
individuelle. Ils devraient veiller à l'unité sur l'essentiel, à la
liberté dans les questions incertaines et à la charité en toute
circonstance.
20. Une attitude de recherche théologique
ouverte devrait prévaloir dans l'Église. Aucun dirigeant ou membre de
l'Église ne devrait réprimer ou punir d'autres membres engagés dans la
recherche théologique ou en désaccord avec les enseignements de
l'Église.
21. La représentation de Dieu pouvant
être masculine ou féminine, le gouvernement de l'Église universelle
devrait se composer de femmes aussi bien que d'hommes. Les femmes sont
les égales des hommes de par la nature et par la grâce divine. Nier
cette égalité est une forme de violence et une atteinte à l'intégrité
de l'image de Dieu.
22. Les dirigeants dans l'Église
devraient avoir le droit et la chance de pouvoir vivre les mêmes
expériences de vie que les autres membres de la communauté, il ne
devrait donc pas y avoir d'état de vie obligatoire tel que le célibat
imposé aux prêtres. Des responsables partageant le vécu des gens
ordinaires comprendraient de l'intérieur les réalités du mariage, du
divorce et du remariage, de la reproduction, de la relation
homosexuelle. Nous invitons fortement ces dirigeants à reconsidérer et
à reformuler les enseignements officiels sur ces questions. Par
exemple: les gens divorcés et remariés devraient pouvoir recevoir la
communion; la contraception artificielle devrait être approuvée; les
homosexuels (gais et lesbiennes) devraient être accueillis entièrement
dans la vie de l'Église.
23. L'égalité doit régner entre les
évêques du monde entier. Dans un esprit de subsidiarité, les évêques
devraient retrouver le sens premier de leur rôle comme représentants
des Églises locales auprès de l'Église universelle en se faisant les
interprètes de leur peuple et en demandant la prise en compte du vécu
de leur peuple
24. L'Église universelle, rassemblement
de communautés, est faite de nombreuses diversités locales. Les
responsables de l'Église universelle devraient être profondément
respectueux des spécificités culturelles dans tous les aspects de la
vie de l'Église.
1 Documents recueillis par Annine Parent.
Site du Réseau Femmes et Ministères
- www.femmes-ministeres.org
Consulté
le