
Le synode ordinaire des évêques convoqué à Rome du 1er au 30
octobre 1987, portait sur « La vocation et la mission des laïques dans
la société et dans l’Église » . Prenaient part aux délibérations 232
cardinaux et évêques dont 154 élus par les conférences épiscopales, et
78 nommés par le pape. L’Afrique en comptait 44, les Amériques 54,
l’Asie 28, l’Europe 50 et l’Océanie 6. À eux, s’ajoutaient 10
supérieurs majeurs de communautés de prêtres, 23 cardinaux, évêques
chefs des dicastères, 14 métropolites et patriarches des Églises
orientales. Un secrétariat central comprenant 20 personnes formait un
pivot autour duquel se déroule le synode.
La délégation canadienne était composée de quatre évêques élus par
leurs confrères canadiens, Mgr Jean-Guy Hamelin de Rouyn-Noranda; Mgr
John Sherlock, évêque de London, Ontario; Mgr James Martin Hayse,
archevêque d’Halifax et président de la CECC; et Mgr Donat Chiasson,
archevêque de Moncton. Quatre experts accompagnaient la délégation,
l’abbé Paul Tremblay, Mesdames Annine Parent et Janet Summerville, le
Père Bill Ryan, s.j., secrétaire général de la Conférence des évêques
catholique du Canada.
Le synode s’est déroulé sur 30 jours. Dès le premier jour, le Cardinal
Hyacinthe Thiandoum, rapporteur au synode, a annoncé que suite aux
consultations préalables, quatre questions principales feraient l’objet
des discussions : 1) le caractère séculier des laïques, 2) les
associations laïques et leur rapport avec les pasteurs, 3) les
ministères, 4) la vocation et la mission de la femme.
Dans ce document, nous vous présentons comment il a été question des
femmes lors de ce synode. Nous constaterons que malgré les requêtes des
laïques, malgré les interventions des évêques à Rome, malgré
les études et les démarches de toutes sortes, il est difficile de faire
entendre la voix des chrétiens et des chrétiennes alors que Rome
demeure généralement ferme dans ses positions.
Vous trouverez ci-après 1) les requêtes des laïcs de
chez-nous lors des consultations avant synode, 2)
des extraits des interventions des évêques venant de différents pays du
monde au synode, 3) les recommandations retenues, 4) un extrait du
message du synode à l’ensemble du synode, 5) un extrait de
l’homélie de Jean Paul II lors de la messe de clôture, 6) un aperçu de
l’exhortation apostolique Christifideles laici
de Jean Paul II, suite
au synode, 7) et les propos de Jean Paul II aux
personnes présentes à l’Assemblée plénière du Conseil pontifical pour
les laïques rassemblés pour les vingt ans de l’exhortation apostolique
Christifideles laici
1) REQUÊTES DES LAÏQUES DE CHEZ-NOUS
L'étape de la consultation a été l'occasion d'une première prise de
parole sur les femmes. Par la suite, le débat s'est poursuivi à Rome,
soutenu par les interventions des évêques et les travaux en ateliers.
Les minces résultats immédiats se lisent à travers les propositions
votées, le message final adressé au peuple de Dieu ainsi que l'homélie
prononcée par Jean-Paul II lors de la cérémonie de clôture.
La délégation canadienne au synode s’était donnée comme objectif de
consulter le plus grand nombre de personnes possibles. Du côté
francophone, des réponses à un questionnaire et plus de
quatre-vingt-dix mémoires ont été présentés à la délégation.
Voici quelques extraits du rapport rédigé à partir des nombreuses
demandes.
« L’ecclésiologie constitue le premier pont de convergence notable. En
effet, les opinions entendues présentent une remarquable unité de vue
quant au rôle et à la mission de l’Église dans le contexte d’ici. De
cette commune conception naissent quelques préoccupations majeures, la
condition féminine est la première d’entre elles. Une nette majorité
des mémoires en font mention et une vingtaine d’entre eux portent
exclusivement sur le sujet. Deux autres questions retiennent aussi
l’attention, tant par leur pertinence que l’insistance avec laquelle
elles sont exposées. Il s’agit du mariage et de la famille compris et
vécus comme des manifestations spécifiques de la vocation laïque, et,
dans un tout autre ordre d’idées, de la place faite dans l’Église aux
laïques mandatés pour des tâches pastorales. »
La condition féminine
• Ce point réunit une large part des
mémoires soumis à la délégation. Il s’agit des questions portant sur la
place faite aux femmes dans l’Église et la société. À l’unanimité
s’ajoutent parfois même la fermeté et l’impatience devant la lenteur
des changements qui tardent à venir. Une intervenante a d’ailleurs
exprimé en peu de mots ce que vivent un grand nombre de femmes engagées
en Église : « J’étais fatalement laïque dès le sein de ma mère. Ce
n’est pas le baptême qui m’a fait laïque, mais le fait d’être femme… ».
• On désigne l’élan d’émancipation des
femmes au sein de la société et de l’Église québécoise comme un signe
de bonne nouvelle, un « signe des temps » . Dès lors, on presse les
évêques de persévérer dans leur insistance à parler de la condition des
femmes au cours du synode, comme ils le font régulièrement depuis 1971.
À cause de l’Église
• La place de la femme dans l’Église est
d’abord considérée à la lumière de l’ecclésiologie précédemment
esquissée. La dignité baptismale des enfants de Dieu, de même que la
commune mission ecclésiale, sont les deux arguments qui animent la plus
grande part des argumentations, opinions et recommandations.
• À la lecture des mémoires, on constate
que des groupes de tous les horizons se font solidaires des
revendications des femmes. Ces revendications sont de trois ordres : le
discours ecclésial, le partage des responsabilités et l’accession aux
ministères.
Discours ecclésial
• Les femmes réclament un droit de parole
pour tout ce qui les concerne, particulièrement en des domaines qui les
touchent directement. C’est, entre autres, cas du discours ecclésial
portant sur la famille et la sexualité.
• Dans un même ordre d’idées, il est
fortement souhaité que l’Église proclame une parole prophétique qui
promeut l’égalité de l’homme et de la femme. Cela va jusqu’à la forme
même du langage que l’on veut exempt de sexisme.
Responsabilité partagée
• Les voix s’unissent aussi pour
recommander que soient abolies toutes les règles, lois et conditions
qui interdisent aux femmes l’accès aux différentes fonctions et
responsabilités ecclésiales. Tout doit être mis en œuvre afin qu’elles
puissent accéder à tous les niveaux de service et de responsabilité de
l’Église. De plus, les fonctions d’enseignement et de gouvernement ne
devraient plus être fermées aux femmes. Enfin, certaines règles – comme
l’interdiction qui est faite aux femmes d’approcher l’autel – qui
heurtent de front la dignité humaine et chrétienne des femmes devraient
être révisées sans tarder.
Ministère
• Au risque de revenir sur des appels
déjà lancés (…) la délégation canadienne devrait demander qu’une étude
sérieuse soit reprise sur la question des ministères (…). Nous, comme
femmes en Église, serions mal à l’aise que les pères synodaux gardent
le silence (…). Nous demandons que les évêques canadiens posent à
nouveau un geste prophétique. Ces propos résument assez bien un souhait
généralement exprimé. Les personnes et les organismes qui ont déposé
des mémoires et attendent de la délégation canadienne qu’elle
intervienne sur la question de l’accès des femmes aux ministères
ecclésiaux. Voyons de plus près en quoi consistent les différentes
recommandations à ce sujet.
Nouveaux ministères
• De façon générale, il est recommandé
par les différents groupes que les nouveaux ministères soient
développés de manière à ce que les femmes y aient accès sans réserve
aucune. Voilà pourquoi plusieurs pressent les évêques de poser un
premier geste concret en accordant un mandat pastoral aux laïques,
femmes et hommes, qui assument une charge pastorale (là où ce n’est pas
encore une pratique habituelle).
De nouvelles modalités
• Une certaine part des intervenants et
des intervenants proposent une approche essentiellement pragmatique. Il
s’agirait de confier à des femmes mandatées le soin de présider
certains actes liturgiques qui sont directement liés à leur tâche
pastorale. Ceci concerne particulièrement les ministères dits « de la
Parole » (proclamation et prédication) de même que les
sacrements du baptême, du mariage et de l’onction des malades.
Les ministères ordonnés
• Enfin, quelques mémoires recommandent
explicitement que soit étudiée l’hypothèse selon laquelle des femmes
pourraient accéder aux ministères ordonnés.
• Plusieurs voix se sont unies pour
demander précisément l’accès des femmes au ministère diaconal.
• De plus, il est à noter qu’un grand
nombre d’individus et d’organismes recommandent que soient levés tous
les obstacles qui empêchent les femmes d’accéder à la totalité des
fonctions ecclésiales. Dans cette perspective, l’ordination est perçue
comme la voie d’accès aux postes de gouvernement dans l’Église, la
plupart de ces derniers étant exclusivement réservés aux ministères
ordonnés.
En tout état de cause, notons que tous ceux et celles – et ils sont
nombreux – qui sont intervenus en faveur des revendications des femmes
pourraient assurément se reconnaître dans les propos suivant émis par
les mouvements nationaux de la JEC et du MECQ : « Une Église qui avance
c’est aussi une Église qui fait des choix, et pour nous, la priorité
doit être faite aux femmes, (…) il est plus que temps de cesser de leur
faire une certaine place dans notre projet d’Église mais bien plutôt de
leur faire une place certaine. Et cela dans toutes les sphères de notre
travail que ce soit au niveau du langage, des symboles, des lieux de
décision, des sacrements, etc. ».
La consultation au Canada anglophone
Cette consultation arrivera à des résultats analogues dans l'ensemble
des expressions. Toutefois, quelques groupes, dont les Real Women,
s'opposeront au féminisme le considérant comme une source de division
et de confusion et se porteront à la défense d'une pratique
traditionnelle. Entre les tendances radicales et les tendances
traditionnelles, s'expriment une large majorité de chrétiens et de
chrétiennes. Ils et elles veulent que des femmes fassent partie du
personnel de leurs paroisses et ne soient plus tenues à l'écart du
processus décisionnel. Ils demandent de ne plus lier sacerdoce et
juridiction.
2) DÉCLARATIONS DES ÉVÊQUES AU SYNODE
Lors de la tenue du synode sur « La mission et la vocation des laïcs
dans la société et l’Église » plusieurs épiscopats ont soulevé
certaines situations problématiques qui empêchent les femmes d’être
pleinement reconnues dans l’Église. Il a été demandé de lever les
barrières juridiques qui oppriment les femmes, de permettre aux femmes
d’accéder à des postes de gouvernement dans
l’Église, de permettre aux théologiens et théologiennes
d’approfondir la questions des ministères ordonnés en particulier le
diaconat, d’abroger les lois qui écartent les femmes de l’autel,
d’ouvrir aux femmes les ministères du lectorat et d’acolytat, de
reconnaître l’égalité homme femme dans l’Église, leur rôle
d’évangélisation et leur leadership au sein des communautés chrétiennes
et enfin, d’encourager les valeurs familiales. Ils
s’inquièteront du sentiment de désillusion grandissant chez les femmes.
Nous vous présentons quelques extraits d’interventions entendues à
cette occasion.
Le numéro qui suit le nom de l’évêque marque son ordre d’intervention.
Belgique, Cardinal Godfried Danneels, archevêque de Bruxelles (4)
« Pour exercer leur responsabilité dans l’Église, les femmes doivent
d’abord occuper la place qui leur revient dans la gestion d’un diocèse.
On ne peut perdre de vue le rôle irremplaçable des religieuses dans
l’Église ».
USA, Mgr Georges Weakland, archevêque de Milwaukee (12)
« La lutte à propos du rôle des femmes dans l’Église et la société est
peut-être le défi le plus significatif auquel l’Église ait à faire face
aujourd’hui. Par le passé les femmes ont beaucoup contribué à la vie et
à la vitalité de l’Église mais dans un nombre restreint de domaines. En
gratitude pour leur contribution, nous devons nous efforcer de
travailler pour que la totalité de leurs talents et de leurs dons
soient reconnus et utilisés dans l’avenir. La coexistence en tant que
disciples dans l’Église exige que soient reconnus les dons des femmes
et découvertes les voies dans lesquelles elles puissent pleinement
contribuer à la vie de l’Église et à sa direction. Les femmes demandent
à être traitées dans une relation mutuelle qui ne soit pas
condescendante, ni paternaliste, qui ne crée pas de passivité ni de
dépendance. Les femmes souhaitent être traitées de la manière dont
Jésus a traité les femmes : avec confiance et respect. »
Colombie, Mgr Libardo Raminez Gomez, évêque de Garzon (13)
Le concile Vatican II, le droit canon, et l’Instrumentum Laboris de
cette septième Assemblée Générale du Synode parlent des droits et
devoirs des laïques dans l’Église. La femme fait partie de cette
catégorie des laïques, rendus à leur manière « participants de l’office
sacerdotal, prophétique et royal du Christ » . (L.G. n.31 et C204)
L’Église a une législation au sujet de la vie consacrée à laquelle
participe un groupe choisi de femmes (C.C. 573 à 730); les autres, qui
forment l’immense majorité des femmes, sont des laïques à qui il serait
souhaitable de ménager un accueil plus large au sein de l’Église du
fait qu’elles sont susceptibles d’y donner une collaboration et d’y
rendre des services en supprimant simplement quelques barrières
disciplinaires.
La vocation est un appel de Dieu pour une « relation personnelle avec
lui dans l’amour » (I.L. n.15). La « mission » découle de la vocation,
elle en est sa projection dans l’apostolat (I.L.n.14). Cet appel et
cette projection dans l’apostolat doivent s’accomplir dans l’Église et
contribuer à sa mission. « L’Église écarte toute discrimination entre
les diverses sortes de fidèles, hommes ou femmes; elle reconnaît en
tous la même dignité de chrétiens et elle compte sur la communion entre
tous pour l’accomplissement de la mission. » (I.L.48) Il faut donc pour
cela que « les capacités spécifiques des femmes soient mieux reconnues
et mises en valeur et que leur contribution soit plus large et plus
intense dans les divers champs d’apostolat » . (id)
L’Instrumentum Laboris dit : « …la pleine
reconnaissance de la dignité
de la femme est encore un objectif à atteindre » (I.L. n.9) Quand la
dignité de la femme n’est pas suffisamment reconnue, on ne lui donne
pas pleinement de co-responsabilité et il en découle une infirmation de
l’égale dignité entre fidèles laïques hommes et femmes.
Suisse, Mgr Gabriel Bullet, évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et
Fribourg (14)
La participation des laïques hommes et femmes aux décisions dans
l’Église doit être étudiée attentivement afin que soient respectées et
la coresponsabilité des laïcs enracinés dans leur baptême et
confirmation, et la mission d’unité et de fidélité du magistère dans la
transmission de la foi des apôtres. Les notions
de consultatif et de
délibératif ne paraissent pas bien respecter le Mystère propre
de
l’Église. Ne devraient-elles pas être dépassées par la recherche, dans
le dialogue, d’un consensus. En lieu de cette question devrait être
approfondie la notion de « sens des fidèles »
ou de « sens de la foi »
conçue trop souvent comme exclusivement passive, i.e. comme la
disponibilité à recevoir les décisions du magistère. Cette question est
importante également d’un point de vue œcuménique.
L’impossibilité canonique (can.230, par.1) de donner l’institution
liturgique du lectorat et de l’acolytat aux femmes constitue une réelle
discrimination contraire à la déclaration formelle de l’Instrumentum
laboris. À l’intérieur de la mission des laïques, toute
discrimination
entre hommes et femmes, enfants et adultes, mariés et célibataires,
malades et bien portants, doit être écartée.
Scandinavie, Mgr Gerhard Schwenzer, évêque d’Oslo (16)
L’Église défend dans ses documents la dignité et les droits des femmes.
Bien que le Concile Vatican II ait clairement reconnu l’égalité
fondamentale entre homme et femme, nous devons constater que, 20 ans
après le Concile, il existe encore chez de nombreuses femmes un
sentiment diffus d’impuissance et de désillusion.
Indépendamment du fait que ce sentiment peut exister à tort ou à
raison, nous devons le prendre au sérieux et agir en conséquence. La
réalité selon laquelle les hommes et les femmes sont égaux est-elle
effectivement, en pratique reconnue ? Cette réalité présuppose la
sensibilisation de l’intérieur des prêtres, ce qui revient à dire la
considération de la manière dont on doit « voir » les femmes en
général, traiter avec elles, se tourner vers elles et leur parler.
Les femmes préparées, dont la situation positive à l’intérieur de
l’Église soit reconnue, devraient avoir bien d’autres postes de
responsabilités que ceux qu’elles ont occupés jusqu’à maintenant au
sein de la pastorale (par exemple la collaboration dans les séminaires)
dans la communauté de l’Église, jusqu’à la Curie. Il est important que
les femmes elles-mêmes puissent donner leur contribution aux
changements nécessaires.
L’influence insuffisante des femmes dans le milieu ecclésial apparaît
de plus en plus comme une erreur fondamentale de l’Église. En aucun cas
les femmes ne sont seulement un objet de
la pastorale mais plutôt un
sujet responsable dans une large partie
et de façon indispensable, dans
la vie de l’Église, et par conséquent, tant dans la diffusion de la foi
que dans la participation à la pastorale et au diaconat. Cette
conscience doit se renforcer à l’intérieur de l’Église, à tous les
niveaux et doit se transformer en action concrète.
Zimbabwe, Mgr Henry Ernest Karlen, évêque de Bulawayo (20)
Les femmes dans l’Église d’Afrique jouent un rôle très important. Elles
sont souvent plus actives que les hommes; elles sont des apôtres
laïques et souvent des leaders. Cela contribue à la dignité et à
l’acceptation des femmes comme membres importants de l’Église.
U.S.A. Mgr Roger Michael Mahony, archevêque de Los Angeles (30)
Il est nécessaire de continuer à examiner les formes d’exclusion des
femmes des fonctions ministérielles, de façon à voir ce qui est exigé
par la Tradition chrétienne aussi bien que dans les dispositions et les
qualités nécessaires pour travailler en harmonie avec les autres.
Antilles, Mgr Donald James Reece, évêques de St-John’s Basseterre (31)
Le rôle spécial des femmes est un rôle égal bien que distinct de celui
des hommes. Il faut faire des études sur la question de l’ordination.
Nouvelle-Zélande, Mgr Edward Russel Gaines, évêque de Hamilton (34)
Le rôle de femmes dans le futur de l’Église.
• Les femmes qui travaillent
pensent que
leurs dons et leur savoir-faire pourraient être mieux utilisés dans les
processus de décisions de l’Église.
• Le langage utilisé
dans le culte et la
liturgie se trouve à exclure les femmes. Une plus prompte approbation
des textes anglais pourrait guérir cette blessure pour certaines.
• Les femmes seules, les
mères seules et
les femmes divorcées se sentent écartées de l’Église
Les femmes ne sont pas consultées dans les processus de législation de
l’Église. Mais elles sont sensées respectées ces lois dans leur vie.
• Les femmes pensent
qu’il y a une
réticence de la part de certains prêtres de paroisse à accepter
volontiers que des femmes exercent un ministère dans l’Église.
• Les femmes espèrent un esprit de
collaboration et de réconciliation dans l’Église afin de pouvoir
participer plus pleinement à la «communion de l’amour ».
Inde, Mgr Kuriakose Kunnasserry, évêque de Kottayam (62)
Il y a une vaste implication de l’Église tout entière, à la fois hommes
et femmes, dans la célébration des sacrements; cela est
particulièrement évident dans le rôle de « Msamsanitha » ou de «
Deaconess » qui sont particulièrement ordonnés pour aider à administrer
le baptême des femmes, pour distribuer la Sainte communion dans des
circonstances et formes particulières. Même aujourd’hui le service
d’ordination des évêques dans les rites orientaux contient des paroles
conférant le pouvoir d’ordonner des diaconesses. Il sera opportun de
restaurer l’institution des diaconesses, dans le contexte présent.
République fédérale d’Allemagne, Mgr Hemmerle, évêque de Aachen (65)
La femme dans l’Église et dans la société est un thème d’une actualité
brûlante. Une théologie et une anthropologie de la communion peuvent
susciter toute une série de demandes et de réponses.
Mexique, Mgr Rafaelo Monuz Nunex, évêques d’Aguascalientes (70)
En Amérique latine, des millions de femmes sont encore émarginées de la
société et de la culture, et l’Église ne leur a pas donné l’opportunité
d’une pleine participation.
Bien que la femme ait une vocation dans la foi identique à celle de
l’homme, elle a une condition qui lui est propre et une forme bien à
elle de sentir Dieu et de le rayonner, que ce soit par sa foi adulte et
cultivée, que ce soit par sa, non moins valable, religiosité populaire
empreinte de simplicité.
Mission dans l’Église : La femme est le visage aimable et
doux de l’Église, celle qui sait le mieux vivre et dispenser avec
fécondité sa virginité ou sa maternité. De ce filon inépuisable,
l’Église a reçu une énergie, une impulsion, une affection, une ferveur
et un élan dynamique. Et pourtant, elle ne lui permet pas encore de
développer à fond toutes ses capacités de don et de réalisation.
La mission de la femme dans le monde actuel présente de très vastes
perspectives, pratiquement toutes les professions, tous les milieux et
toutes les structures sociales sont aujourd’hui ouverts à la femme. En
notre époque de profondes transformations du monde, où entrent en jeu
les valeurs fondamentales de l’humanité, nous nous devons de tourner
nos yeux vers les femmes. Quand la femme se laisse pénétrer par
l’évangile, elle fait en sorte que s’épanouissent la vérité, la
justice, la paix, l’amour, la vie. Elle est un signe authentique des
temps modernes.
Zaïre, Mgr Ignace Matondo kwa nzambi, évêque de Basankusu (77)
À l’échelle nationale les laïques sont formés en théologie et en
philosophie, et ont accès aux grades universitaires. L’Église espère
que grâce aux études bibliques et théologiques, les laïques en général,
et les femmes en particulier apporteront une contribution originale
dans la formation spirituelle et morale des autres membres de la
communauté ecclésiale.
République fédérale d’Allemagne, Mgr Wolfgang Rolly, évêque tit. De
Taborenta (84)
Il est tout à fait vrai qu’aujourd’hui les associations féminines
peuvent représenter une grande demande de dignité et d’égalité de la
femme dans l’Église et dans la société. Puisse le Synode encourager les
associations catholiques dans leur engagement ecclésial et social.
Philippines, Mgr Celso N. Guevarra, évêque de Balnga (85)
L’Assemblée plénière de la Fédération des Conférences
épiscopales d’Asie a étudié le sujet sur les laïques et la condition
des femmes en Asie. En Asie, le tourisme et les industries de loisir
ont exploité, dégradé et déshumanisé les femmes asiatiques. Elles sont
exploitées et mises de nouveau à l’écart par la nouvelle situation
économique et industrielle, la politique de l’emploi et les bas
salaires qu’elles reçoivent pour le même travail que les hommes. En
général, la société asiatique considère les femmes comme inférieures.
Toutefois existe aussi une appréciation positive de leur personne et de
leur travail comme cœur de la famille et de leur courage dans les
moments de crise. Cela est particulièrement vrai dans certains pays,
comme les Philippines où leur progrès dans des professions comme
médecins, juristes, directeurs, leaders politiques est phénoménal. Leur
travail dans l’Église est extrêmement valable; sans elles le travail
d’évangélisation échouerait.
Les femmes ont leurs propres rôles et fonctions basées d’abord sur leur
dignité; il y a égalité tant qu’il y a complémentarité avec les hommes.
Mais des qualités et des charismes particuliers rendent les femmes
particulièrement aptes à certaines fonctions qui, dans le contexte
sociologique de l’Asie, ne peuvent être remplies convenablement que par
des femmes. Cela rendra possible pour l’Église d’être présente là où
elle ne l’était pas avant. Toutefois, cela n’implique pas qu’il doive y
avoir des ministères séparés pour les femmes. Il
est question d’une
égale participation au ministère des femmes, non d’un ministère pour
les femmes.
Il s’ensuit certaines conséquences. Ce sont les laïques eux-mêmes qui
ont de particulières responsabilités pour défendre et promouvoir la
dignité des femmes, également par la législation. Le corollaire de ce
principe de dignité et d'égalité est également applicable au sein de
l'Église. Ne serait-ce que pour que l’Église soit crédible quand elle
parle en faveur des femmes d’une voix qui n’a pas son égale en Asie.
Les femmes dans les ministères est un impératif
pour l’évangélisation
en Asie.
France, Mgr Albert Decourtray, archevêque de Lyon (87)
S’il est vrai que bien des femmes sont à l’aise dans notre Église,
c’est aussi un fait que beaucoup d’entre elles se sentent victimes d’un
manque de respect objectif de la part de leur pasteur. Notre discours
pastoral et théologique sur l’égale dignité des sexes, que Dieu a créés
un dans la différence, à son image, est en effet parfois contredit par
nos comportements.
Compte tenu de cette observation pratique, je souhaite que le Synode :
• Suscite et prépare un nouvel effort
théologique et catéchétique destiné à faire mieux comprendre le sens de
la féminité dans le dessein du Dieu créateur et rédempteur.
• Invite les pasteurs à associer de plus
en plus de femmes – en tant que femmes – à la marche de l’Église en
facilitant la mise en œuvre de leurs dons spécifiques « dans toute
activité » (Jean-Paul II à San Francisco).
• Déterminer quelques responsabilités
typiques auxquelles il recommanderait d’appeler des femmes qualifiées
par l’authenticité de leur vie chrétienne, la profondeur de leur
expérience humaine et spirituelle, leur familiarité avec les écritures
et la pensée de l’Église, leurs dons particuliers. Il faudrait que les
femmes soient appelées à jouer un rôle dans des domaines dont elles
sont exclues sans raison : le conseil spirituel, conformément à
toute
une tradition du monachisme oriental, la formation théologique et
spirituelle des chrétiens et notamment des futurs prêtres, l’aide aux
ministres ordonnés sous de multiples formes.
• L’année mariale offre une occasion
privilégiée de mieux comprendre et de mieux vivre le sens de la
féminité et du rapport entre l’homme et la femme dans le dessein de
Dieu.
Argentine, Mgr Raul Francisco Primatesta, érchevêque de Cordoba (91)
En particulier, la vocation et la mission de la femme dans l’Église :
sa dignité, son égalité fondamentale à l’homme, au rapport spécifique
et bien à elle au sein de la communauté ecclésiale doivent être
étudiées et proposées dans sa juste perspective. Jusqu’au problème de
l’admission des femmes au sacerdoce ministériel doit être pris en
considération en soulignant les motifs purement théologiques du
magistère invariable de l’Église tout au long de son histoire, en
rappelant que le magistère a dans l’Église une fonction qui ne saurait
être substituée, en se référant à la nature même du ministère
sacerdotal qui n’est un droit pour personne et en respectant aussi le
caractère séculier particulier au laïque pour éviter tout risque de «
cléricalisation » de la femme.
Australie, Père Anthony McSweeney, sss, supérieur général (96)
L’eucharistie doit être vue comme la source, le sommet et le centre de
l’existence chrétienne.
Sommet : La pleine participation de tout le peuple aux ministères, des
femmes comme des hommes, aux rites (introductions, prière des fidèles)
et à l’homélie, nourrit ce sens d’identité et d’expérience de la
communion…
République centre africaine, Mgr Armando Umberta Gianni, évêque de
Bouar (99)
La conférence épiscopale centrafricaine demande un engagement pour un
renouveau du mariage, de la vie familiale, de la dignité de la femme,
pour que cessent certains abus; unions libres, polygamie, prostitution,
drogue.
Colombie, Mgr Alberto Giraldo Jaramillo, évêque de Cùcuta (101)
En parlant de ministères conférés à des laïcs : Ces ministères peuvent
être conférés aussi aux femmes. Elles sont des laïques à part entière,
Yougoslavie, Mgr Franc Kramberger, évêque de Maribor (114)
Il est facile de comprendre que la femme doit avant tout collaborer
avec son mari dans la famille, à l’éducation des enfants, mais on ne
doit d’aucune façon retenir comme secondaire la légitime promotion
sociale de la femme (cf. G »S »52) Cette promotion sociale de la femme
ne doit pas seulement être reconnue, mais il faut également s’employer
à ce que la femme coopère au bien commun universel. Deux choses sont
donc nécessaires : d’une part que la femme accomplisse pleinement la
fonction qui l’attend dans la vie sociale; de l’autre qu’elle puisse
l’accomplir selon son propre caractère de femme. La participation de la
femme à la réalisation du bien commun universel est quelque chose
d’important et donc nécessaire et exige, en tant que tel, la
reconnaissance et le soutien de l’Église universelle. Le motif
fondamental de cette exigence est : d’une part, la connaissance de la
doctrine de l’essentielle égalité entre toutes les personnes; de
l’autre, la conscience du fait que chaque chrétien et donc aussi chaque
chrétienne a ses propres charismes. Le charisme particulier de la femme
est dans le champ de la vie. C’est un charisme qui peut donner ses
fruits pour l’édification de l’Église et du genre humain.
Irlande, Mgr Cahal Brebdan Daly, évêque de Downand Connor (128)
Les femmes doivent également entrer en politique. Trop souvent, notre
société abaisse leur dignité et n’accorde que trop peu d’attention à
leurs droits et à leur bien-être. Il est à espérer que, sous
l’influence bénéfique de la femme en politique, la société pourra
arriver à avoir un visage plus humain, montrer un respect plus réel du
caractère sacré de la vie humaine, défendre les droits des bébés et des
enfants et rechercher une juste politique de la famille.
République Dominicaine, Mgr Priamo Péricles Tejeda Rosario, évêque de
Bani (132)
Il y a des ministères laïques qui doivent être conférés officiellement
et sans réserve aux femmes. C’est souvent entre elles que l’on
rencontre le plus grand nombre et le meilleur des laïques dans les
communautés.
S.B.R. Stephanos II Ghattas,cm, patriarche d’Alessandrie des Coptes
(137)
Quant à la femme, les Églises orientales, en particulier l’Église
Copte, tout en prônant la dignité de la femme et en proclamant son
égalité avec l’homme, ayant tous les deux les mêmes droits et les mêmes
devoirs dans tous les domaines : éducatif, social, service de santé,
catéchèse, ne lui confèrent pas de ministères liturgiques. Cela est dû
probablement à notre traditionalisme ancestral et à notre connivence
avec d’autres chrétiens attachés eux aussi aux traditions de l’Ancien
Testament, et de plus encore avec les Musulmans.
Notre dévotion bien connue à la Vierge Marie devrait nous donner en
cette année mariale, un regard plus serein sur le rôle et la mission de
la femme égyptienne d’aujourd’hui dans l’Église et dans le monde.
Angleterre, Cardinal George Basil Hume, osb, archevêque de Westminter
(138)
Le baptême rend chacun de nous capable de partager pleinement l’unique
mission du Christ qui s’exprime et se réalise dans une diversité de
vocations et de dons spécifiques.
Je voudrais évoquer quatre points. Premièrement, je voudrais voir avec
plus de clarté son usage, le terme « ministère » qui ne doit
être
appliqué que pour le service de ceux qui agissent de façon particulière
au nom de la communauté de l’Église et qui sont autorisés par l’Évêque.
Deuxièmement, il est urgent de reconnaître le rôle des femmes dans
l’Église. Leur exclusion, présente des ministères de lecteur et
d’acolyte et l’autorisation qui leur est donnée d’exercer ces fonctions
de manière exceptionnelle, est théologiquement confuse.
Troisièmement, il est important d’approfondir l’association réelle
entre les ministères. Quand par exemple, le ministre ordonné exerce son
rôle d’enseignement, il doit écouter l’Esprit qui parle au travers des
laïques en vertu de leur baptême.
Quatrièmement, rétablir toute chose en Christ exige de chaque chrétien
d’être saint. Par la suite, il dira : « On nous dit de faire des
études
sérieuses parce qu’il s’agit d’une question importante. Eh bien oui,
les études ont été faites. Nous savons ce que nous demandons et c’est
important pour nous. »
Une anecdote : Un cardinal africain venait de faire une intervention
passionnée pour s’opposer à la présence de femme dans le service de
l’autel. Le cardinal Hune, qui s’était permis de « rêver » à
l’avant-dernier Synode d’une Église qui ne serait plus la forteresse du
château Saint-Ange mais d’une humble pélerine sur les chemins des
hommes, suit immédiatement et raconte :
« Je m’excuse auprès de vous, Saint-Père, mais j’ai encore fait un
rêve... La nuit dernière j’ai rêvé que j’avais des problèmes dans mon
diocèse au sujet des femmes à l’autel. Je me sentais très
inquiet. Je téléphonai au nonce papal. – « Elle n’est pas là
» me répondit son mari. Je demandai alors de parler
au secrétaire. Il répliqua : « Elle est allée dans la
paroisse pour se préparer à faire des lectures dimanche prochain. » Je
devins alors plus inquiet, alarmé même à la pensée qu’une femme allait
faire une chose aussi importante dans une Église dont je suis
responsable. Mon rêve se changea en cauchemar! Je devins si inquiet que
je me réveillai. Et alors, les yeux bien ouverts je me dis à
moi-même : Tout de même, je vis dans un pays où la première fonction
est tenue par une femme, la reine. Et c’est aussi une femme
qui est premier ministre. Toutes deux s’acquittent bien de
leur tâche, Et elles restent bien femme… même avec le pouvoir
qu’elles exercent. Je réalisai alors que mes peurs de la nuit
étaient sans fondement.”
Par la suite il dira : « On nous dit de faire des études sérieuses
parce qu’il s’agit d’une question importante. Eh bien oui,
les études ont été faites. Nous savons ce que nous demandons
et c’est important pour nous.»
Niger, Mgr Anthony Ilolu, osb, évêque de Okigwe (142)
Que certains ministères comme ceux de lecteurs, d’acolyte ou le service
de l’autel, puissent être confiés à la fois aux hommes et aux femmes,
sans discrimination de sexe.
Autriche, Mgr Maximilian Aichern, évêque de Linz (152)
Le postulat de réaliser l’égalité de l’homme et de la femme dans
l’Église et dans le monde trouve des réponses diverses; les soi-disant
qualités masculines et féminines se trouvent dans chaque personne mais
sont attribuées, demandées et promues unilatéralement.
La Mère de Dieu est un modèle, non seulement pour la femme, mais aussi
pour tous les chrétiens, et même pour toute l’Église. Parce que le
problème est très complexe, on devra procéder avec une grande attention.
Irlande, Cardinal Tomas O’Fiaich, archevêque de Armagh (172)
Le laïcat catholique est un géant qui dort. D’une force de plus de 700
millions de membres, il pourrait faire un immense travail en faveur du
Royaume de Dieu.
Enfin, quelques mots sur le rôle des femmes. L’Église doit entrer en
jeu pour que soit reconnue à la femme sa pleine dignité. Elles ont
rendu d’incalculables services par le passé, et elles sont en général
la moitié du laïcat qui est la plus attentive à la prière, aux devoirs
religieux, à la compassion, à l’attitude amicale et à la bienveillance
humaine.
Canada, Mgr Jean-Guy Hamelin, évêque de Rouyn-Noranda (176)
La question de la pleine participation des femmes à la vie de l’Église
est une question de toute première importance pour la vie et l’avenir
de notre Église. Ce n’est pas une exigence nouvelle, c’est l’intuition
de la Génèse. Il n’y a pas d’humanité selon de cœur de Dieu
sans l’alliance de l’homme et de la femme.
Osons le reconnaître, il existe un contraste évident entre la
question des femmes dans la société et la condition des femmes dans
l’Église. Dans la société, il y a encore des barrières à franchir,
barrières psychologiques, sociologiques, culturelles, mais les
barrières juridiques sont levées et les femmes peuvent avoir accès à
toutes les responsabilités, métiers, professions ou services. Dans
l’Église trop de portes restent fermées.
Il va falloir nous laisser interpeller sérieusement par cette situation
et consentir à certains redressements. Reconnaissons-le, nos
mentalités, notre pratique et notre discours ne concordent pas toujours
avec les affirmations sur l’égalité que l’on trouve dans nos
déclarations. Le temps n’est plus aux souhaits, il est aux gestes
concrets…Nous ne pouvons pas ne pas souligner dans cette assemblée que
les arguments utilisés jusqu’ici pour réserver le ministère ordonné aux
hommes arrivent mal à convaincre, les jeunes notamment, Sur ce sujet,
comme sur d’autres, nous avons besoin d’écouter l’Esprit qui parle au
peuple des baptisés, le sensus fidelium… »
L’accès au diaconat pourrait représenter un cas particulier, Ne
pourrait-on pas reconnaître la diaconie des femmes présentes depuis des
siècles à la misère et au service quotidien (foyers, écoles, hôpitaux,
missions…)
U.S.A. Père Thomas Forest, CSSR (182)
Même sans autorité juridique ou ordination, les femmes, par leur
activité spirituelle dynamique, ont fortement influencé la vie de
l’Église… Je ne suis pas en train de dire s’il faut
ou non donner aux
femmes le rôle auquel elles ont droit dans l’Église ou s’il faut
augmenter la présence des hommes dans l’Église, mais qu’il faut faire
les deux. En répondant aux justes aspirations des femmes, nous devons
développer des programmes dynamiques pour rendre les hommes à l’aise et
actifs dans l’Église. Les hommes se vantent de leur force mais, dans la
foi, la fidélité et le service, les femmes sont souvent plus fortes.
L’amour du pécheur, l’amour du faible sont des caractéristiques
chrétiennes. Si nous renforçons le rôle des femmes, les femmes aideront
avec amour et nous aiderons à rendre les hommes plus forts.
3) LES RECOMMANDATIONS
La ronde des interventions terminées, le Cardinal Thiandoum a
repris la parole pour présenter une synthèse des 215
interventions, de ce qui avait été dit ou remis par écrit aux
Pères du Synode. Il soulignait la nécessité de tout envisager dans les
perspectives d’une ecclésiologie de communion. A propos de la place des
femmes dans la vie de l’Église, il relevait l’insistance des Pères sur
l’urgence qu’il y avait à progresser dans la reconnaissance de leur
rôle. Il évoquait la question du diaconat féminin et plus
généralement de l’accès des femmes aux ministères non-ordonnés.
Par la suite, les évêques furent invités à travailler en 12 ateliers
linguistiques afin de formuler des recommandations. Ces recommandations
ont fait l’objet de 900 amendements qui seront acceptés ou
refusées par le secrétariat du synode sans être soumis à la discussion
de l’assemblée synodale. De ce travail est sorti un texte comprenant 54
propositions soumis au vote individuel et présenté à Jean
Paul II.
Malgré de nombreuses requêtes et recommandations, sur les 54
propositions remises au pape Jean Paul II, seulement deux d’entre elles
concernaient les femmes. Les rapports des ateliers contenaient des
indices d’ouverture qui n’ont pas été retenus par le secrétariat du
synode. Mentionnons simplement la demande que des ministères laïques
soient également accessibles aux hommes et aux femmes, que les femmes
soient autorisées de servir à l’autel, qu’une étude soit faite sur le
sens du diaconat et sur l’accès possible des femmes au ministère
diaconal.
La dignité propre aux femmes
Proposition 46 : À la suite du pape Jean XXIII qui, dans
l’encyclique
Pacem in terris, voyait un signe des temps dans la prise de
conscience
des femmes de leur dignité et dans leur accès à la vie publique, le
synode fait les recommandations suivantes :
1) L’Église doit reconnaître que, pour sa
vie et sa mission, elle a besoin des dons de tous les hommes et de
toutes les femmes et doit traduire ces dons dans la pratique;
2) Dans la ligne même de sa mission,
l’Église doit fermement se dresser contre toutes les toutes formes de
discrimination et d’abus dont sont victimes les femmes;
3) Le Synode veut affirmer l’urgente
nécessité pour tout chrétien de vivre et d’annoncer le message
d’espérance inhérent à la relation homme/femme. Le sacrement de
mariage, qui consacre cette relation dans sa forme conjugale et en fait
un signe de la relation du Christ à son Église, contient une doctrine
importante pour la vie de l’Église, doctrine que l’Église se doit de
faire parvenir au monde d’aujourd’hui. Toutes ces relations doivent
être pénétrées du même esprit. L’Église doit être plus pleinement
consciente de ces richesses.
Vœux concrets pour la reconnaissance de la dignité de la femme
Proposition 47 : Le synode proclame la nécessité pour l’Église
de
reconnaître et d’utiliser les dons, l’expérience et les capacités des
hommes et des femmes, afin que sa mission soit efficace. (cf.
Instruction sur la liberté chrétienne et la
libération, no 72, par la
congrégation pour la doctrine de la foi)
D’où les vœux suivants :
1) Les fondements anthropologiques et
théologiques permettant de résoudre les questions de la véritable
signification de la dignité de l’un et de l’autre sexe doivent faire
l’objet d’une étude plus poussée;
2) La théologie du mariage doit être
développée et la vie matrimoniale doit être comprise à la lumière du
lien intime d’amour entre le Christ et l’Église. Le mariage est sans
conteste le fondement dont dépend l’avenir de l’Église et des peuples;
3) Il faut que, dans la façon de
s’exprimer, soient évités les termes qui frappent les femmes d’une
injuste discrimination;
4) La dignité de la femme, gravement
blessée dans la mentalité publique, doit être recouvrée par
l’observation effective des droits de la personne humaine et par
l’application de la doctrine de l’Église;
5) Dans la vie de l’Église, que les
femmes participent sans discrimination aux consultations et aux
délibérations;
6) Les femmes, qui jouent un si grand
rôle en transmettant la foi et en rendant service de tous ordres dans
la vie de l’Église, doivent être associées à la préparation des
documents pastoraux et des projets missionnaires et être reconnues
comme coopératrices dans la mission de l’Église au plan de la famille,
de la profession et de la communauté civile;
7) L’estime de la virginité et le respect
de la maternité doivent être l’une et l’autre retrouvés. Le synode
salue avec joie le travail des femmes dans la promotion des vocations
au sacerdoce et à la vie religieuse. Elle remercie et encourage
particulièrement les religieuses, actives ou contemplatives, et affirme
que ce qu’elles apportent à l’Église même est d’une valeur inestimable.
8) Marie, Mère de Jésus et Mère de
l’Église, est un modèle de vie pour tous les fidèles du Christ et en
tout premier lieu pour les femmes.
Dans le texte final des Propositions n’apparaît plus le passage suivant
qui figurait dans la première version : Que les charges dans l’Église,
y compris les charges liturgiques, qui peuvent être exercées sans
ordination, soient également ouvertes aux femmes et aux jeunes filles,
selon leur caractère propre. (n.49)
4) MESSAGE DU SYNODE
Le 30 octobre s’est terminée à Rome la septième assemblée ordinaire du
Synode des évêques.
Comme par le passé, les membres du synode ont conclu leurs
délibérations par un message à l’ensemble des fidèles, aux chrétiens de
diverses dénominations et aux hommes et aux femmes de bonne volonté.
Voici quelques extraits de ce message.
6. Les ministères et les services
La gratitude de toutes les Églises s’est manifestée envers les fidèles
laïques, hommes et femmes, qui ont édifié l’Église en tous lieux et
tous temps, avec le clergé, les religieux et religieuses, n’ayant pas
hésité à aller parfois jusqu’au martyre.
La conscience généralisée des droits des chrétiens laïques à travailler
à la construction d’un monde nouveau et la vision théologique présentée
par le Concile Vatican II ont développé une participation plus ample à
la vie de l’Église et à son action dans le monde.
9. La femme dans l’Église et dans le monde
Fondés sur la parole de Dieu, nous affirmons l’égale dignité de la
femme et de l’homme. « Homme et femme il les créa » (Gen 1,27).
Le peuple de Dieu est formé de baptisés ayant une même dignité et une
mission commune, même si les modalités et les tâches sont diverses. Le
péché a terni la perfection du plan divin. Les discriminations qui en
résultent subsistent sous des formes variées. Nous les réprouvons et
nous nous réjouissons de la reconnaissance des droits légitimes qui
permettent à la femme d’accomplir sa mission dans l’Église et dans le
monde.
Cela nous amène à tourner nos regards vers Marie, Mère du Seigneur,
archétype de la dignité de la femme et exemple sans égal de la
participation à l’œuvre du salut.
13. Appels
Femmes, vous qui luttez à bon droit pour la reconnaissance plénière de
votre dignité de vos droits. Que cette lutte donne naissance à un mode
de dialogue et de complémentarité tel qu’il a été voulu par le créateur
qui a confié le destin du monde à l’homme et à la femme et qui nous a
donné dans l’Église la femme restituée dans la plénitude de la féminité
et de la grâce : la Vierge Marie.
5) EXTRAIT DE L’HOMÉLIE DE JEAN PAUL II à
la messe de clôture le 30 octobre 1987
Lors de la messe de clôture le pape Jean Paul II eut ces quelques mots
à l’égard des femmes.
« …Le synode a accordé une attention particulière à la femme et aux
jeunes non certes pour des motifs contingents mais dans la profonde
conviction du peuple de Dieu qui sont à la fois signe et rappel de la
maternité attentive et féconde de l’Église et de sa jeunesse éternelle.
Il s’est dit des choses profondes et stimulantes à ce sujet et j’aurai
besoin, dans les mois à venir, de les rassembler avec ordre pour les
présenter à tout le peuple de Dieu. Nous voulons en effet qu’aux côtés
de nos frères dans l’épiscopat représentés dans ce synode participent
aux fruits de nos travaux tous les prêtres, collaborateurs du ministère
épiscopal, et toutes les familles religieuses masculines ou féminines
de l’ensemble de l’Église… » .
6) L’EXHORTATION APOSTOLIQUE
POST-SYNODALE CHRISTIFIDELES LAICI
Une exhortation apostolique est un document dans lequel le pape expose
sa réflexion ou confirme et promulgue les orientations ou les
conclusions d’une réflexion collective menée dans une cadre collégial,
en particulier le synode des évêques.
Le 30 décembre 1988, 15 mois après le synode, Jean Paul II a publié
l’exhortation apostolique Christifideles laici.
Christifideles laici sera considéré comme la charte du laïcat.
Jean
Paul II y confirme les tendances du concile Vatican II en faveur d'une
participation des laïcs. Tous, dans l'Église, sont égaux en dignité,
coresponsables de la vie de l'Église pour sa mission. Cinq parties la
composent : 1. je suis la vigne, vous êtes les sarments, 2. tous
sarments de l'unique vigne, 3. je vous ai établis pour que vous alliez
et que vous portiez du fruit, 4. les ouvriers de la vigne du Seigneur,
5. pour que vous portiez du fruit. L'encyclique se termine sur une
prière de Jean Paul II à Marie Vierge très sainte. Dans la ligne de
Vatican II, cette exhortation apostolique adressée aux fidèles du
Christ se rapporte aux textes principaux de Vatican II que sont Lumen
Gentium et Gaudium et Spes.
Cette exhortation apostolique précise le rôle du laïque dans la communion au corps du Christ qu’est l’Église. Si le Christ invite à travailler pour l’Église, c’est pour témoigner dans l’action et la parole et pour évangéliser afin que personne ne puisse manquer les « noces ». Ce document insiste sur le fait que l’Église est une communion missionnaire et que les laïques sont les sarments de la vigne. Le pape veut mobiliser le laïcat dans une Église missionnaire.
Au chapitre des femmes rien de neuf mais un rappel d’énoncés maintes fois avancés. Dans Mulieris dignitatem (août 1988) le Pape avait annoncé qu’il se réservait de traiter plus explicitement de la femme dans l’Église dans ce document. Un certain nombre d’interventions au Synode, nous l’avons vu, soulignaient pourtant l’urgence d’aborder ce thème. Le Pape rappelle que les femmes doivent être reconnues en égalité avec les hommes, qu’il est urgent de « défendre et de promouvoir la dignité personnelle de la femme»(no 49). Jean Paul II reprend certains aspects de sa lettre Mulieris dignitatem concernant les fondements anthropologiques et théologiques de la dignité personnelle de la femme. Le Pape souhaite que sa « méditation biblico-théologique » stimule « les représentants des sciences humaines et des disciplines théologiques », afin qu’ils poursuivent « leur étude critique » sur ce point (no 50).
Bien que les femmes ne sont pas « appelées à l’apostolat propre aux douze , et donc au sacerdoce ministériel » (no 49), le Pape encourage leur participation : il est « nécessaire que nous passions de la reconnaissance théorique de la présence active et responsable de la femme dans l’Église à sa réalisation pratique » (no 51) Comme les Pères du synode l’ont mentionné : « Que les femmes participent à la vie de l’Église sans aucune discrimination, même pour les consultations et l’élaboration des décisions » (no 51).
Écoutons Michel Rondet s.j. « On note que le Pape reprend les grands thèmes de Mulieris dignitatem. Cependant, on peut noter qu’ici il dépasse les développements traditionnels sur la femme épouse et mère pour souligner sa vocation spécifique dans la société : assurer la dimension morale de la culture, porter le souci de l’homme dans tous les problèmes de la société. Quant il s’agit plus précisément de la femme dans l’Église, le Pape nous l’avons dit, campe sur des positions connues : au plan de la dignité et de la sainteté, aucune discrimination, au plan des fonctions, essentielles, maintien des distinctions. Tout ceci est assorti d’un appel à enrichir la mission de l’Église d’une coopération masculin-féminin voulue par Dieu dès l’origine. Le moins qu’on puisse dire est que, sur ce point de la place des femmes dans l’Église, le texte reste embarrassé, pris dans des contradictions qu’il ne veut pas avouer. C’est dire que la question reste présente à l’avenir de l’Église ».
Bref, un discours qui maintient le statu quo pour les femmes à l’intérieur de l’Église.
De très belles affirmations sur la dignité de leur personne (no 49) sur leur statut de baptisée et l’importance de leur contribution à la croissance de l’Église (nos 49, 50, 51, etc.).
Une réaffirmation également de la « vocation spéciale » des femmes (no 49), de leur « complémentarité » (no 50) mais en ajoutant le qualificatif « réciproque »…), de leur « féminité » (no 50), etc.
Aucun changement au plan des ministères ordonnés : « l’agir ne suit pas l’être » car l’égalité des femmes comme « personnes baptisées » (no 50) n’entraîne pas l’égalité au plan de la vie de la mission, des fonctions de l’Église…(no 51). « Dans la participation à la vie et à la mission de l’Église, la femme ne peut recevoir le sacrement de l’Ordre, et donc, ne peut remplir les fonctions propres du sacerdoce ministériel » (no 51).
Ministères non-ordonnés : aucune révision n’est annoncée concernant l’accès des femmes à ces ministères (no 23) et seulement une commission spéciale est constituée pour étudier les problèmes des ministères confiés aux laïques (no 23).
7) DISCOURS DE BENOÎT XVI À L’ASSEMBLÉE
PLÉNIÈRE DU CONSEIL PONTIFICAL POUR LES LAICS.
Le 15 novembre 2008 se tenait à Rome une Assemblée plénière du Conseil
pontifical pour les laïcs, rassemblés sous le thème : « A vingt ans de
Christifideles laici : mémoire,
développement, nouveaux défis et
devoirs ». Voici quelques extraits du discours de Benoît XVI aux
membres présents.
« L’exhortation apostolique Christifideles laici, qualifiée de magna charta du laïcat catholique de notre temps, est le fruit des réflexions et des échanges d’expériences et de propositions de la VIIème assemblée générale ordinaire du synode des évêques, qui eut lieu au mois d’octobre 1987 sur le thème : « Vocation et mission des laïcs dans l’Église et dans le monde ». Il s’agit d’une révision organique des enseignements du Concile Vatican II à propos des laïcs, – leur dignité de baptisés, la vocation à la sainteté, l’appartenance à la communion ecclésiale, la participation à l’édification de la communauté chrétienne et à la mission de l’Église, le témoignage dans tous les milieux sociaux et l’engagement au service de la personne en vue de la croissance intégrale et pour le bien commun de la société –, thèmes surtout présents dans les Constitutions Lumen gentium et Gaudium et spes, tout comme également dans le Décret Apostolicam actuositatem (…) ».
Après avoir parlé des fruits du synode, valoriser et encourager l’engagement des laïques comme étant de première importance dans l’Église, de la richesse des organisations de laïques, de l’urgence d’une action apostolique face aux jeunes générations, Benoît XVI dira : « Je connais aussi votre engagement au sujet de questions d’importance particulière, comme celles de la dignité et de la participation des femmes dans la vie de l’Église et de la société. J’ai déjà eu l’occasion d’apprécier le congrès que vous avez organisé pour le vingtième anniversaire de la promulgation de la Lettre apostolique Mulieris dignitatem, sur le thème « Femme et homme, l’humanum dans son intégralité ». L’homme et la femme, égaux en dignité, sont appelés à s’enrichir réciproquement en communion et collaboration, non seulement dans le mariage et dans la famille, mais aussi dans la société dans toutes ses dimensions. Des femmes chrétiennes, on attend la conscience et le courage d’affronter des tâches exigeantes, soutenues toutefois par une propension particulière à la sainteté, une lucidité spéciale dans le discernement de courants culturels de notre temps, et la passion particulière pour soigner l’humain qui les caractérise. On ne dira jamais assez combien l’Église reconnaît, apprécie et valorise la participation des femmes à sa mission de service à la diffusion de l’Évangile.Site du Réseau Femmes et Ministères
- www.femmes-ministeres.org
Consulté
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