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                                          Le réseau Femmes et Ministères travaille
                   à la reconnaissance de tous les ministères exercés par des femmes                         
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En octobre 1971 s’ouvrait à Rome un synode des évêques sous le thème  « Le sacerdoce ministériel et la justice dans le monde » Le cardinal Georges B. Flahiff, président de la CECC et représentant des évêques du Canada, fera porter son intervention sur « Les ministère féminins dans l’Église ».


Les ministères féminins dans l’Église

Des textes de Vatican II (en particulier dans Gaudium et Spes et dans Apostolicam Actuositatem) sont catégoriquement contre toute discrimination contre la femme dans l’Église. Mais nous devons admettre que d’excellentes chrétiennes, ainsi que d’autres personnes, trouvent qu’on a fait bien peu d’effort pour réaliser ces affirmations. Elles attendent avec patience la révision du Code de droit canonique, pour qu’on y enlève les passages qui manifestent une infériorité de la femme. C’est le geste d’authenticité qu’elles souhaitent. Et l’évolution de la situation de la femme dans la société moderne, un changement qui provient en partie de l’influence chrétienne, fait que nous devons agir sincèrement, et sérieusement sur ce point.

Mais cela n’est pas directement mon propos; la question précédente pourra peut-être être abordée lorsque nous étudierons la justice sociale. La question que je pose aujourd’hui est celle de la possibilité d’une place pour la femme dans le ministère, ou mieux dans les ministères, de l’Église.

La femme et les ministères

Si on considère ce qui a été dit sur la diversification croissante de ces ministères, je ne vois pas comment on éviterait d’étudier le rôle de la femme dans ceux-ci. Nous manquerions à notre devoir envers un peu plus de la moitié de l’Église, si nous ne parlions même pas du sujet. Je reconnais par ailleurs que la situation de la femme n’a pas évolué au même rythme dans toutes les cultures, si bien qu’il sera difficile d’avoir une même perception universelle sur ce point. Mais cette situation a tellement changé en plusieurs contrées pour que nous soyons obligés, comme représentants de toute l’Église, de poser deux questions concernant les ministères possibles des femmes.

Première question

Étant donné la reconnaissance progressive des droits égaux de la femme, tant en droit qu’en fait, étant donné l’injustice de toute discrimination à son égard, devons-nous ou non soulever la question de leur rôle possible dans les nouveaux ministères ?

Deuxième question

En même temps qu’apparaissent de nouveaux ministères, pour répondre à de nouveaux besoins de la société en évolution, sous l’action de l’Esprit Saint, pouvons-nous déjà prévoir quels seraient les nouveaux ministères qui seraient plus adaptés à la femme, à sa nature, à ses dons et à sa préparation, dans le monde de ce temps dont Gaudium et Spes parle si éloquemment ?

Une réponse pratique à ces questions

À mon avis, la question est trop sérieuse actuellement pour que le Synode la passe entièrement sous silence. Par ailleurs, un traitement rapide ou superficiel serait décevant; il pourrait même être interprété comme une manifestation de plus de la domination des hommes.

Après une consultation inofficielle de plusieurs mois, les évêques du Canada en avril dernier ont rencontré un groupe de représentantes hautement qualifiées de groupements de femmes catholiques provenant de toutes les parties de notre pays. Ces femmes ont exprimé clairement, fermement et modestement leurs souhaits. À l’assemblée générale subséquente, qui a eu lieu il y a trois semaines, les évêques ont presque unanimement adopté la proposition suivante, que je vous soumets de leur part.

« Que les représentants de la Conférence catholique canadienne prient leurs délégués de recommander au Saint-Père la formation immédiate d’une commission mixte (c’est-à-dire formée d’évêques, de prêtres, de laïcs des deux sexes, de religieuses et de religieux) afin d’étudier en profondeur la question des ministères féminins dans l’Église ».

Nous ne voulons pas préjuger de la question. (…) Mais, malgré une tradition vieille de plusieurs siècles contre les ministères féminins, nous croyons que les signes des temps (dont le moindre n’est pas le fait que déjà des femmes exercent avec succès des tâches apostoliques et pastorales), que ces signes donc nous pressent d’entreprendre l’étude de la situation présente et des possibilités pour l’avenir. »

CECC, Rappel historique (…), p. 39-41. 




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