Présentation
Cette célébration se veut une occasion de rencontre intérieure entre les femmes d’ici et d’ailleurs qui souhaitent créer des liens de solidarité à travers leur vécu, l’actualité du monde et la vie de l’Église.
Elle est vécue en union profonde de cœur et d’esprit avec toutes nos sœurs de tous les coins de l’univers, particulièrement celles qui vivent des situations intensément difficiles à cause de la guerre, d’événements climatiques ou de toutes formes de discrimination.
La Marche mondiale des femmes 2010, réalisée en octobre dernier dans de nombreux pays du monde et qui s’est terminée par le grand rassemblement mondial de Bukavu, république démocratique du Congo, le 17 octobre, a réalisé ses objectifs et permis à des milliers de nos sœurs de se rencontrer et de reprendre espoir pour une vie meilleure et plus juste.
C’est pourquoi, dans la joie de poursuivre ENSEMBLE cette « Marche » significative et de communier aux aspirations des femmes de tous les continents, nous proclamons déjà :
Tant que ...
Tant
que
des
femmes seront courbées,
victimes de la violence, nous
défendrons leurs droits
Écoutons ces paroles prononcées par Mgr Gérard Coderre en 1964 :
Lectrice :
Parole de Gérard Coderre, évêque de
St-Jean-de-Québec, à la 3e session
du concile Vatican II en 1964 : « Sans
la contribution véritable de la
femme, la société humaine et même le Royaume de Dieu n’atteindraient ni
leur perfection ni leur plénitude, et les hommes seraient infidèles au
dessein même de Dieu sur eux ».
Et prions ensemble :
Avec les prophétesses de tous les temps, avec nos sœurs de la Bible, Rébecca, Rachel, Sarah et toutes les autres, nous sentons la force de la solidarité et nous voulons intervenir pour un monde nouveau.
Nous continuerons de questionner les puissants, les riches et les oppresseurs. Nous donnerons la parole aux pauvres, aux méprisés, aux exclus, aux femmes. Nous l’accomplirons grâce au Souffle de l’Esprit qui nous fait vivre. Implorons ensemble cet Esprit. (Source : Virage 2000)
En nous imposant les mains les unes aux autres, chantons :
On prend le temps de mettre la main sur l’épaule ou la tête de sa voisine.
Envoie ton Esprit sur ton Peuple
Envoie ton Esprit sur ton Peuple rassemblé.
En étendant les mains vers la carte du monde ou le globe terrestre.
Envoie ton Esprit sur le monde,
Envoie ton Esprit sur le monde
d’aujourd’hui.
Une voix : Envoie Seigneur ton Esprit sur les puissants et les oppresseurs.
R/ Change leur cœur et leurs pensées.
Envoie ton Esprit sur le monde,
Envoie ton Esprit sur le monde
d’aujourd’hui.
Une voix : Envoie ton Esprit sur ceux et celles qui écrasent les autres.
R/ Libère-les de leur pouvoir et de leur égoïsme.
Envoie ton Esprit sur le monde,
Envoie ton Esprit sur le monde d’aujourd’hui.
Une voix : Envoie ton Esprit sur les personnes ici présentes.
R/ Réunis-les en un seul cœur.
Des femmes au milieu de nous demeurent courbées sous la violence qu’elles subissent, dans l’Église ou dans la société, violence souvent subtile et cachée, mais violence !
Écoutons quelques récits
d’expérience
vécue par des femmes de notre milieu : (L'animatrice choisit le nombre d'intervenantes.)
(Si
des personnes ont accepté de se livrer, elles s’expriment.)
sinon
Écoutons quelques récits
d’expérience vécue par des
femmes : (L'animatrice
choisit le nombre de récits.)
Pour
les deux cas,
- la personne qui
parle tient une chaîne autour du
poignet en racontant,
- après son
témoignage, elle va déposer la chaîne
dans un espace réservé à cela dans le décor.
Premier récit :
Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours désiré devenir prêtre dans mon Église. Je voulais être pasteure, annoncer la parole de Dieu, présider aux sacrements….Aussi, losqu’arrive le Mercredi saint et qu’à la Messe chrismale, l’évêque appelle ses prêtres pour le renouvellement de leur engagement presbytéral, j’éprouve toujours une grande souffrance. Parce que je suis femme, je suis exclue, et pourtant je suis une baptisée, membre à part entière de cette Église.… L’Église ne veut pas écouter mon appel, un appel ressenti au plus profond de mon être. À ces occasions, il m’arrive de vivre une douleur intense toujours présente, une angoisse profonde que je qualifie d’existentielle. Quand l’Église entendra-t-elle ce cri du cœur de plusieurs femmes qui tout comme moi, se sentent appelées à servir le Christ et l’Église comme prêtres ?
Deuxième récit :
Dernièrement, on a refusé de me faire coanimer un baptême malgré une demande faite par un jeune couple que je connais depuis longtemps. Ma demande a été discutée à l’évêché et ce n’est pas le prêtre qui m’a appelée pour me le dire, même si je le connais depuis longtemps, c’est la responsable du baptême. La raison évoquée: il revient au prêtre et au diacre d’administrer le sacrement du baptême. Et je ne suis ni prêtre ni diacre. Comment le serais-je puisque je suis femme et exclue de ces ministères... La dame de la paroisse m’a dit qu’elle prierait pour moi… […] J’étais triste et blessée. Moi aussi, je prie de mon côté pour qu’enfin l’Esprit donne un souffle nouveau à notre Église afin qu’elle s’ouvre davantage. Nous voulons être des baptisées à part entière dans l’Église.
Troisième récit :
La
forme d’esclavage moderne la plus répandue
actuellement est la traite des femmes. Plus de 2 millions de femmes
sont volées, vendues, échangées et traitées comme de simples
marchandises chaque année au Canada et ailleurs.
Rosa, une jeune fille d’un petit village du Québec,
qui cherchait simplement du travail à Montréal a été embauchée par une
femme, qui sans qu’elle le sache, était propriétaire de bordels et lui
offrait la meilleure situation possible dans son
« commerce ». Elle s’est
retrouvée quelques mois plus tard à Vancouver et bientôt après en
Europe, vendue par ses « propriétaires », sans passeport ni
argent restés
dans la main du marchand; elle est devenue sujette à toutes les
humiliations et souffrances possibles, ne serait-ce que de donner du
« service » aux 15 minutes. On l’a retrouvée morte un matin
de novembre,
sous la fenêtre d’un bordel d’où elle s’était jetée du 3e étage. Elles
sont des millions ce jour-même à vivre la même chose, pas très loin de
chez-nous peut-être.
Quatrième récit :
Il m’a fallu plusieurs années pour réaliser que j’étais victime de violence conjugale. Je n’ai jamais été frappée physiquement mais détruite psychologiquement. Mon mari me dévalorisait sans cesse. Je n’avais pas de goût, je n’étais pas à la hauteur de ses attentes, pas assez sexy, pas assez économe, pas assez intelligente…. Années après années je me suis enfoncée dans une espèce de dévalorisation qui m’étouffait, je me détruisais, je n’avais plus aucune confiance en moi. Un jour une amie m’a amenée au Centre-Femmes. On a pris soin de moi, j’ai finalement vu clair. Aujourd’hui je me tiens debout et je suis fière de moi. Je suis une femme libérée et active.
Ensuite quelques personnes du groupe vont enlever les chaînes du décor et les jettent plus loin, en disant : « Assez c’est assez, NON À LA VIOLENCE » !
Quelqu’un lit aussitôt bien lentement : « Jésus dit à la femme : Femme, redresse-toi, te voilà guérie… ET DEBOUT ELLE SE TENAIT » Lc 13,10.
Prenons quelques moments de silence. (3 minutes)
Déclarons toutes ensemble :
Oracle des femmes de l’Église et de l’Univers, à toutes les femmes victimes de violence par les Institutions : nous nous refusons à accepter que se continue cette violence. Nous voulons la dénoncer, demander qu’on y mette fin, vous pouvez compter sur nous.
Notre solidarité vous rendra capables de vaincre et de goûter la justice à laquelle vous avez droit. Vous résisterez aux obstacles, nous susciterons dans vos cœurs la force et la détermination.
Dieu est avec vous, les femmes de l’Église et du Monde sont avec vous et s’engagent aujourd’hui les unes devant les autres et devant vous.
(Source :
Virage 2000)
Tant
que des
femmes seront exclues des processus de décision dans
l’Église et ailleurs, nous dénoncerons ces situations
Prions :
Nous voici, Seigneur,
hommes et femmes,
laïcs et prêtres, tous gens d’ Église,
partant avec toi pour répandre la Nouvelle
qui suscite la joyeuse espérance
jusqu’aux extrémités des multiples conditions humaines.
Nous voici, toutes et
tous recevant de Toi
la même onction des bien-aimés
et la même dignité des messagers
chargés de planter ton Évangile.
Aucun de nous,
Seigneur, n’est plus grand,
ni plus petite ni plus noble ni plus éminent
dans l’accomplissement de la mission confiée
à tous ceux et celles que tu as baptisés de ton saint Nom.
Tous et toutes,
hommes et femmes, laïcs et prêtres,
tous gens d’Église,
tu nous as désignés pour servir
avec amour et bienveillance
et pour être les prophètes de ta réelle présence
dans tous les sillons du monde
Sois avec nous !
(Auteur anonyme)
Prenons quelques moments de réflexion. (2 ou 3 minutes)
Écoutons ces paroles prononcées par Mgr Jean-Guy Hamelin en 1987 :
Lectrice :
Parole de Jean-Guy Hamelin, évêque de Rouyn-Noranda, au nom de la CECC, au Synode des évêques en octobre 1987 : « Osons le reconnaître…, dans l’Église, des champs de responsabilités et de services restent fermés aux femmes et le ministère ordonné auquel est rattachée la juridiction leur est inaccessible. Il va falloir nous laisser interpeller par cette situation et consentir à certains redressements. »
Questions pour aider à la réflexion :
- Comment voyons-nous la place des femmes en Église au niveau
de la consultation, de la participation, de la décision?
- Percevons-nous des moyens pour changer les choses ?
Comment ? Avec qui ?
- Quel engagement concret pouvons-nous prendre pour faire que
les choses changent en commençant par notre propre milieu ?
Partage (si le temps le permet et si on le souhaite).
Maintenant, chantons : DIEU, QUI NOUS APPELLES À VIVRE
Paroles : Michel Scouarnec
Musique : Jo Akepsimas
Dieu, qui nous appelles à vivre
Aux combats de la liberté.
Pour briser nos chaînes
Fais en nous ce que tu dis !
Pour briser nos chaînes,
Fais jaillir en nous I'Esprit !
Dieu, qui nous apprends à vivre
Aux chemins de la vérité
Pour lever le jour
Fais en nous ce que tu dis !
Pour lever le jour,
Fais jaillir en nous I'Esprit !
Dieu, qui nous invite à suivre
Le soleil du ressuscité
Pour passer la mort,
Fais en nous ce que tu dis !
Pour passer la mort,
Fais jaillir en nous I'Esprit!
Dieu qui as ouvert le livre
Où s'écrit notre dignité
Pour tenir debout,
Fais en nous ce que tu dis !
Pour tenir debout,
Fais jaillir en nous I'Esprit !
Tant que des
femmes refuseront d’accueillir leurs différences et
d’être
solidaires entre elles, nous demanderons pardon
Écoutons la Parole de Dieu :
« Mais
si vous vous mordez et vous dévorez les unes les autres,
prenez
garde que vous allez vous entredétruire. »
Ga 5,15
Prions :
Dans notre Église et dans la société, il s’établit souvent des rivalités, des jalousies, des divergences non acceptées entre les femmes, qui les empêchent de défendre ensemble une cause qui les touche de près et d’être témoins d’unité. Nous avons souvent besoin de réviser nos façons de faire et de penser à ce sujet et de nous demander pardon.
Prenons un temps de silence après chaque demande de pardon pour prendre conscience de notre propre façon d’être et d’agir.
- Seigneur, nous
sommes souvent trop repliées sur
nous-mêmes et nous tenons à nos idées au point
d’entrer en conflit les unes avec les autres et de manifester de
l’agressivité. Nous en sommes conscientes et nous en
demandons pardon.
Silence
- Seigneur, nous nous
plaignons de n’être pas
reconnues de l’extérieur et nous-mêmes ne sommes pas
capables de reconnaître les qualités, les capacités de l’autre à nos
côtés. Nous en sommes conscientes et nous en
demandons pardon.
Silence
- Seigneur, nous
avons peine à être solidaires
parfois des femmes qui osent dénoncer, intervenir,
réagir par des moyens courageux qui nous dépassent. Nous préférons ne
rien faire
sous
prétexte qu’elles exagèrent. Nous en sommes conscientes et nous en
demandons pardon.
Silence
Prenons une période d’intériorisation de 4 ou 5 minutes en écoutant le «KYRIE» de la «Missa criolla», interprété, entre autres, par Mercedes Sousa. (Un autre chant de Taizé ou d’un autre auteur, ou bien une pièce de musique peut soutenir la méditation.)
Prions quelques extraits des psaumes 84 et 85 : (traduction de Stan Rougier)
Seigneur, tu es
pardon, tu es la bonté même
Ton amour se précipite vers celles qui s’ouvrent à ta présence.
Silence
Une part de moi
conspire contre moi,
un orgueil fou porte atteinte à ma vie
avec la complicité de ceux qui t’ignorent.
Silence
Mais toi, Dieu de
tendresse et de miséricorde,
incomparable en amour et en vérité,
nos infidélités tu les pardonnes.
Silence
Fais de nous des
vivantes,
montre-nous ton amour
et nous serons sauvées.
Silence
Tendresse et vérité
se rencontrent
justice et paix s’embrassent,
du haut du ciel se penchera la justice.
Silence
Tant que des
femmes se buteront à des portes
fermées, nous poursuivrons notre lutte dans l’espérance
Écoutons ces paroles exprimées par Le cardinal Louis-Albert Vachon en 1983.
Lectrice :
Parole de Louis-Albert Vachon, archevêque de Québec, lors du Synode romain d’octobre 1983 : « En effet depuis Jean XXIII et Vatican II, différents épiscopats n’ont cessé de sensibiliser l’opinion publique à la situation culturelle difficile, voire opprimée de la femme. Mais ces appels de l’Église au monde pour la promotion du statut des femmes n’auront bientôt plus d’impact, si ne se réalise parallèlement à l’intérieur de l’Église la reconnaissance effective des femmes comme membres à part entière. »
Courte période d’échanges sur ce texte : Un évêque du Québec parlait ainsi en 1983. Quelle réaction cela suscite-t-il en nous ?
Rendons
grâces à Dieu, avec la Femme Marie, pour tous les pas qui
ont
été faits dans la poursuite de l’égalité homme-femme dans l’Église et
dans le monde et prions le Magnificat. (Source : Virage
2000)
Magnificat!
Nos cœurs sont remplis de joie.
Oui, nous le savons,
le Seigneur tout-puissant porte son regard d’amour
sur toutes ses filles,
particulièrement les plus pauvres et les plus souffrantes.
Le Vivant fait du
neuf,
il fait surgir la vie,
il nourrit l’espérance,
Il stimule la charité,
il nous invite à créer la solidarité.
La bonté du Seigneur
est sans limite,
son amour débordant,
sa justice inexorable.
Le Seigneur marche
toujours
avec ceux et celles qui travaillent
pour un monde plus juste,
pour un monde plus humain.
Et maintenant, nous les femmes, le Seigneur nous envoie, comme au matin de Pâques, pour crier la Bonne Nouvelle de la libération, de l’amour, de la solidarité.
Donnons-nous la main et avec toutes nos sœurs laissons-nous envoyer de par le monde :
Une femme proclame la Parole adressée à Marie de Magdala au matin de Pâques
« Marie était restée dehors, près de la tombe, et elle pleurait. Mais voici qu’au milieu de ses larmes elle se penche vers la tombe et voit deux anges en blanc assis là même où on avait déposé le corps de Jésus, l’un à sa tête et l’autre aux pieds. Ils lui disent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « C’est qu’on a enlevé mon Seigneur et je ne sais pas où on l’a mis ». Aussitôt qu’elle a dit cela, elle se retourne et voit derrière elle Jésus debout. Mais elle ne sait pas que c’est Jésus.
Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Elle croit que c’est le jardinier et elle lui répond :« Seigneur, si c’est toi qui l’as enlevé, dis-moi où tu l’as déposé que j’aille le prendre. » Jésus lui dit : « Marie ». Et elle se retourne et lui dit en hébreu : « Rabbouni! » C’est-à-dire « Maître »!
Jésus lui dit : « Ne me retiens pas! Je ne suis pas encore remonté vers le Père. VA DONC VERS MES FRÈRES ET DIS-LEUR : JE MONTE VERS MON PÈRE ET VOTRE PÈRE, VERS MON DIEU ET VOTRE DIEU! »
C’EST AINSI QUE MARIE DE MAGDALA S’EN VA PORTER LA NOUVELLE AUX DISCIPLES : « J’AI VU LE SEIGNEUR, ET VOICI CE QU’IL M’A DIT.»
Comme Marie de Magdala, quittons ces lieux en nous tenant par la main en signe de solidarité et en écoutant le Seigneur ressuscité nous dire aujourd’hui :
Va donc vers mes frères et mes sœurs !
Dis-leur que je suis présent encore parmi vous et que je leur annonce la bonne nouvelle de la justice pour tous, de la justice pour les femmes. De la reconnaissance de l’égalité entre homme et femme, de la valeur de chaque personne humaine. Dis-leur que des portes s’ouvrent et que mon Esprit travaille au cœur de l’Église et du monde. Dis-leur de s’engager avec ardeur et SURTOUT de cultiver chaque jour « la petite fleur espérance », qui libère les énergies et redonne courage.
ALLEZ MES SŒURS, JE VOUS ENVOIE !
Notes importantes :
- Décor suggéré :
une Bible
une bougie
un globe terrestre ou une carte du monde
une plante
une chaîne et un espace pour la déposer
- Choisir à l’avance les personnes pour les différentes lectures.
- Les éléments de cette célébration ont été conçus de manière à être adaptés aux différents milieux où on voudra les appliquer. La célébration apparaît assez longue à première vue, mais elle permettra ainsi de répondre aux besoins multiples des intéressées.
Site du Réseau Femmes et Ministères - www.femmes-ministeres.org
Consulté le