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Démarche proposée

Semaine du 10 octobre 2010 : temps de  communion avec les femmes du monde  et de solidarité avec les marcheuses du Québec. Chaque jour prendre un temps de réflexion sur le thème proposé par la Coordination québécoise de la Marche mondiale des femmes pour se l’approprier et le porter dans la prière :

•    Lundi 11 octobre 2010 : Mise en route : Thème de la Marche  - Marche mondiale des femmes : son histoire – notre manière d’être solidaire
•    Mardi 12 octobre  : Travail et autonomie économique des femmes
•    Mercredi  13 octobre : Bien commun et accès aux ressources
•    Jeudi 14 octobre :  Violence envers les femmes
•    Vendredi 15 octobre : Paix et démilitarisation
•    Samedi  16 octobre : Droits des femmes autochtones.

Visuel

 Illustrer le  thème de la Marche ( posters du 8 mars et d’0ctobre 2010, photos de marcheuses :
- Faire une route  et poser des souliers de marche – bougies qu’on allume  au moment de la prière - pancartes portant sur le thème et les revendications
- Organiser  une Marche dans les corridors de nos Communautés et autour de nos maisons si la température s’y prête.
- Affichage du thème dans les corridors, à la cafétéria et au lieu de rassemblement   

Chants suggérés

Du pain et des roses , Marche 1995.
Sur le CD En ce pays de Robert Lebel :
- La complainte de Rachel
- Comme une femme
- Lumière du monde

Documents consultés

Actions 2010, Cahier des revendications par la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes ( CQMMF).
Guide d’animation du Comité de la condition des femmes de la Centrale des Syndicats du Québec ( CSQ).
Mener la guerre pour le bien des femmes… vraiment ? Collectif Échec à la guerre, juin 2009.
Femmes assistées sociales : la parole est à nous! Publié par le FCPASQ.
Les premiers pas de la MMF chez les sœurs, 8 mars 2010 par Léona Deschamps, RSR, Rimouski.
Gazette des femmes, Hypersexualisation. La quête d’un temps nouveau, sept-oct 2010.

Objectifs

•    Sensibiliser nos communautés à la Marche mondiale des femmes et aux enjeux de la Marche 2010.
•    Se solidariser avec les marcheuses du 12 au 16 octobre.

Aux animatrices de cette rencontre « Marcher pour la Vie »

Ce document comporte des choix :
- de la modalité de la rencontre : regrouper les thèmes en une ou deux rencontres ou encore privilégier une rencontre / jour;
- des textes proposés selon le temps dont on dispose et de sa pertinence;
- du visuel;
- temps d’échanges avec et entre les participantes après la présentation du thème   ou du  témoignage proposé.
 

Lundi 11 octobre 2010 : Célébration  « Marcher pour la Vie »

La « marche » est un thème biblique qui nous parle de Vie et de Libération.

Prenons un moment pour nous rappeler la Marche du peuple de Dieu au désert. Le prophète Michée cite Myriam comme étant la femme qui a guidé cette marche au même titre que ses frères Moïse et Aaron ( Michée 6,4).

Après la sortie d’Égypte « Myriam, la prophétesse, sœur d’Aaron prit en main un tambourin et toutes les femmes la suivirent avec des tambourins, formant des choeurs de danse. Et Myriam leur entonna : «  Chantez pour Yahvé, car il s’est couvert de gloire… » ( Ex 16, 20-21). ( Psaume de Miryam, p. 22)

Partage : Prenons un temps pour nous rappeler quelques marches importantes dans notre histoire  et dire ce que la marche signifie pour nous.

La Marche Mondiale des Femmes
Voici comment le Comité femmes de la CSQ nous parle du sens  la Marche des femmes en 2010 :

Nous, femmes militantes  d’ici et d’ailleurs,
Nous avons marché et poursuivons notre route…
Nous nous arrêterons
Quand toutes les femmes de la planète seront libres!
- Libres de circuler sans peur,
- Libres de travailler sans contrainte,
- Libres de choisir d’avoir ou non des enfants…
Nous militantes féministes
Nos sœurs du Québec et des quatre coins du monde
Naissons de la même terre
Et marchons pour qu’advienne une terre de  liberté, de justice,
D’égalité, de paix et de solidarité…
Nous saisissons dans nos bras le sort du monde
Pour le supporter, pour le changer
Pour toutes ces femmes de cœur et de courage …
Une histoire à raconter, la leur, la nôtre et qui sait…
Celle de nos filles! ( p.5 guide d,animation MMF, CSQ)

Histoire de la Marche mondiale des femmes ( p.6-8 du Guide d’animation CSQ ) ou  la 2nde version :

La petite histoire des grandes Marcheuses (p.11) Une grand-mère raconte à sa petite fille l’histoire de la Marche au Québec.

TEMPS DE PRIÈRE :           « En Marche! »

L’être humain est un pont, un chemin. La santé comme le bonheur est dans la marche.

Pour la personne migrante, celle qui passe comme pour toute personne,  le malheur, c’est de s’arrêter, de s’identifier à une situation donnée. Ce texte est une traduction des Béatitudes.  L’expression « En Marche » correspond mieux au terme sémitique que l’on traduit habituellement par « Bienheureux ». Par conséquent , cela change notre compréhension du des Béatitudes plutôt qu’un appel à la passivité devant les épreuves , il serait comme une invitation à se mettre debout, à se relever, à se mettre en marche, quelles que soient les pesanteurs et les douleurs qui entravent le chemin.

« En marche, ceux et celles dont le souffle est humilié, coupé par les émotions et la peur! »
- car je marche à vos côtés, votre espérance ne sera pas déçue.
« En marche, les humbles et les doux! »
 - car votre douceur est force, la terre résiste aux personnes violentes, elle se donne à ceux et celles qui la respectent.
« En marche, ceux et celles qui pleurent et  vous les personnes endeuillées ! »
 - car vous serez consoléEs, vous êtes en marche vers plus de sérénité et de maturité.
« En marche, les personnes affamées et assoiffées de justice! »
 - car elle seront rassasiées maintenant , leur combat ne sera pas voué à l’échec.
« En marche, les cœurs purs, ils verront Dieu! » 
- Car leur regard et leur cœur s’abstient de juger et de condamner.
« En marche les miséricordieux  et les miséricordieuses , il leur sera fait miséricorde! » 
- Car votre cœur demeure sensible à la misère et aux souffrances d’autrui. Votre compassion vous rend capables  de tout pardonner.
« En marche, les artisans de paix, ils seront appelés fils et filles de Dieu! »
- Car la paix est le fruit d’un travail patient, elle ne peut se faire à coup de dollars ni par coups d’État., ce travail commence au cœur de notre être.

Tout au long de cette semaine, nous voulons nous unir à toutes les femmes du Québec qui  marchent pour faire valoir leurs droits et  demander à nos gouvernements de prendre en compte les revendications portant sur la lutte à pauvreté et le travail des femmes, la violence, le bien commun menacé par la privatisation des services, la paix et la démilitarisation, les droits des femmes autochtones.

Ensemble disons : Soeurs, demeurons en marche sur cette voie d’humanisation et que chaque jour dominent un peu moins en nous les peurs , les contraintes et les esclavages hérités du passé. Que chaque jour règnent un peu plus en nous la liberté et l’Amour. (L’Évangile de Marie, commentaires de Jean-Yves Leloup.)
Tout au long de cette semaine, nous voulons nous unir à toutes les femmes du Québec qui  marchent pour faire valoir leurs droits et  demander à nos gouvernements de prendre en compte les revendications portant sur la lutte à pauvreté et le travail des femmes, la violence, le bien commun menacé par la privatisation des services, la paix et la démilitarisation, les droits des femmes autochtones.

La Marche mondiale en 2010 : 3e action

Les femmes du monde affirment :
« Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche ».

Compte tenu de la conjoncture économique des groupes  de défense des droits , du 8 mars 2010 au 17 octobre ,  les  membres de la CQMMF proposent cinq jours de marche et s’engagent à réaliser des actions régionales et nationales avec un rassemblement national le 17 octobre à Rimouski.

Du  12 au 16 octobre 2010, nous sortirons dans les rues de toutes les régions du Québec. Nous exigerons de nos gouvernements des mesures spécifiques pour garantir des conditions de vie décentes pour toutes les femmes, pour l’accès au bien commun pour tous et toutes, dont les services publics ( santé, éducation, eau ). Depuis longtemps, nous réclamons un monde sans violence envers les femmes, où le corps des femmes et des filles n’est pas à vendre. Nous voulons, pour nous et nos enfants un monde sans conflit et sans guerre. Pour la survie des êtres et des peuples, et en solidarité avec les femmes du monde entier, nous appelons à la souveraineté alimentaire.
 

1.    Présentation de la revendication :

« Travail et autonomie économique des femmes ».
Avec la Marche 2010, nous voulons agir pour faire reculer la pauvreté visant les plus pauvres de la société. Nous souhaitons améliorer les conditions de vie des plus exclues de notre société en ayant accès à des conditions de vie décentes de même qu’en améliorant les conditions salariales des travailleuses. La fin de la pauvreté des femmes n’est pas une question de charité , mais bien une question de droits et de droits humains.

Proclamation des revendications par l’une des marcheuses.
Au Québec, les marcheuses réclament au gouvernement :

•    une augmentation du salaire minimum afin que les personnes qui travaillent 40 heures par semaine aient un revenu annuel équivalent au seuil de faible revenu avant impôt établi par Statistique Canada pour une personne seule. Pour 2009, le salaire minimum devait être fixé à 10,66$ l’heure.

•    l’abolition des catégories à l’aide sociale «  apte et inapte à l’emploi », pour lutter contre les préjugés et pour garantir à toute personne un revenu minimal qui assure la couverture des besoins vitaux  dans le respect de sa dignité. Ce montant devrait faire l’objet d’une indexation annuelle automatique.

Augmenter le salaire minimum, pourquoi?

Selon Statistiques Canada, en 2008, près de 196, 000 personnes travaillaient au salaire minimum et 90% des emplois au salaire minimum se trouvent dans des secteurs à prédominance féminine – dans les secteurs des services et principalement au niveau du commerce de détail, de l’hébergement et de la restauration qui sont très peu syndiqués. Plus de 90% des personnes rémunérées au salaire minimum sont non- syndiquées. Elles sont donc sans rapport de forces  face à l’employeur et dépendent essentiellement du gouvernement pour voir leur situation s’améliorer.

En 2000, la Marche mondiale des femmes réclamait une hausse substantielle du salaire minimum pour combattre la pauvreté des femmes. La hausse accordée de 0,10$ a été reçue comme une gifle, il s’agissait de la 1ère hausse en plus de 2 ½ ans. En 2005, la Marche mondiale a choisi la lutte contre la disparité de traitement pour améliorer les conditions de travail des femmes.

Malgré les deux hausses récentes du salaire minimum, il ne faut pas abandonner la bataille. Plus de 100,000 personnes ont déjà appuyé cette revendication au Québec avec la signature de la pétition du collectif pour un Québec sans pauvreté
( Cahier des revendications MMF 2010 p.17-18)

Abolir les catégories à l’aide sociale, c’est urgent!

La Loi sur l’aide sociale adoptée en 1969  a introduit la reconnaissance du droit à l’aide sociale versus l’obligation de travailler. Un droit garanti pour tous et toutes…sauf pour les moins de  30 ans assujettis à une gamme d’exceptions! Depuis lors, le Québec a connu trois réformes majeures de l’aide sociale en 1989, 1999, 2005. Ces réformes ont marqué trois reculs en regard de la loi de 1969. L’inadaptation du régime d’aide sociale adoptée en 1969 proviendrait d’une absence de distinction entre les personnes aptes et les personnes inaptes au travail.

Ces réformes ont structuré la catégorisation des personnes assistées sociales sur une base de critères arbitraires pour définir leur employabilité. Pourtant, le gouvernement reconnaît que seulement 8,5% des personnes dites « aptes » répondent aux critères réel du marché de l’emploi. Ces réformes ont divisé les personnes assistées sociales entre elles,  elles ont alimenté les préjugés en laissant croire qu’il y a des personnes qui méritent d’être soutenues et d’autres qui abusent!

Le montant actuellement reçu par les personnes dites inaptes équivaut au montant déterminé par le gouvernement en 1996 pour couvrir neuf besoins de base : l’alimentation, le logement, l’entretien ménager, les soins personnels, les communications, l’habillement, l’ameublement, le transport, le loisir, sans tenir compte des besoins spécifiques résultant de situations particulières, telles une maladie, un handicap, etc.

Une personne jugée « apte »  à l’emploi reçoit des prestations d’aide sociale de 567$ / mois. Ce montant peut être augmenté de 120$ / mois dans certaines situations prévues par la Loi.

Les personnes dites « inaptes » reçoivent 862$ / mois; comment le gouvernement peut-il prétendre que ce montant peut couvrir leurs besoins particuliers?

En 2007, Statistiques Canada estimait à 1136 $/mois la mesure du panier de consommation qui comprend le coût des biens et services de stricte nécessité, à l’exclusion des médicaments et soins de santé. Les personnes recevant des prestations d’aide sociale reçoivent bien moins que ce minimum, qu’elles soient « aptes » ou « inaptes » au travail!

Écoutons  ces témoignages de femmes assistées sociales

-    Je vis dans un véritable taudis. Les prestations sont insuffisantes et il y a une grande détresse. La faim existe…c’est çà la réalité.
-    Quand tu fais l’épicerie, tu te rends compte à la caisse que tu n’as pas assez d’argent  pour payer et tu dois retourner les choses sur les tablettes et t’en  passer.
-    La première dépense que j’ai coupée, quand je me suis retrouvée à l’aide sociale, c’est dans la nourriture. Par la suite, j’ai coupé le téléphone parce que je ne pouvais pas me payer un tel luxe.
-    On a de la difficulté à sortir de nos problèmes de santé, ex : dépression. On a de la difficulté à prendre des forces, car nous vivons dans la pauvreté, les privations et le manque de médicaments.
-    À la banque, c’est la honte. Le premier du mois, il y  a un guichet pour les BS et un pour les travailleurs. J’ai le sentiment d’être sans avoir, sans savoir, sans pouvoir.
-    Quand on est sur l’aide sociale, on ne se fait pas comprendre , on ne se fait respecter; de la dignité, tu n’en as plus! De l’intimité non plus.
-    J’ai dû me prostituer pour arriver à la fin du mois.
( Comité Femmes du FCPASQ, Femmes assistées sociales : la parole est à nous!)

Temps de silence et partage suite aux témoignages entendus

Prière :

 Nous apportons une chandelle allumée, symbolisant  la flamme qui anime les femmes en marche pour assurer leur survie et celle de leur famille. En solidarité avec les femmes humiliées et sans ressource, prions le Dieu de la Vie, lumière sur nos routes humaines. 

R :  Seigneur, Dieu de l’égalité, nous te prions!

•    Pour qu’advienne l’égalité de tous les êtres humains et de tous les peuples dans tous les domaines et dans toutes les sociétés. Prions le Seigneur.
•    Pour que les femmes soient des citoyennes à part entière et que leurs tâches soient reconnues comme des activités économiques créatrices de richesses. Prions le Seigneur.
•    Pour que chaque personne accède à un travail justement rémunéré, effectué dans des conditions sécuritaires et salubres permettant de vivre dignement. Prions le Seigneur.

2.    Présentation de la revendication :

« Bien commun et accès aux ressources »

Ce champ d’action comporte la lutte contre la privatisation de la nature et des services publics ainsi que la satisfaction des besoins fondamentaux pour une vie empreinte de dignité.

Proclamation de la revendication par l’une des marcheuses.

Au Québec, les marcheuses demandent au gouvernement :
•    de mettre la fin de la privatisation des services publics et du bien commun  tels la santé, l’éducation, l’eau, l’énergie éolienne.
•    et s’opposent à toute augmentation des tarifs de ces services publics.

Témoignage

On peut dire que le « bien commun mondial » concerne l’intérêt collectifs des femmes et des hommes de la planète et suppose donc un partage des richesses, des savoirs et des beautés de la nature.

Partout, la privatisation du bien commun touche les femmes de façon particulière. À travers le monde  les femmes sont les principales responsables de l’alimentation et de l’éducation des familles, de l’approvisionnement en eau, des soins aux malades ou de l’approvisionnement .

Actuellement, ce qui  préoccupe la population,  c’est la privatisation des services à la population qui menace notre bien commun. Ce qui veut dire qu’il en coûte de plus en plus cher pour avoir des soins de santé et une éducation de qualité. On assiste à des reculs importants en termes d’accès, notamment d’accès à la santé et à l’éducation . Les gouvernements imposent des restrictions conséquemment à la crise financière dont nous entendons parler depuis plusieurs mois. Au Québec, le gouvernement nous annonce qu’il faudra « se serrer la ceinture » pour éliminer le déficit causé par la crise économique. La ceinture de qui, sinon celle des personnes les plus pauvres. Que privilégie-t-il au juste? Des compressions budgétaires et l’augmentation des tarifs, rien de bon pour les plus démunis de notre société qui peinent à survivre : hausse des tarifs d’électricité; hausse des primes à l’assurance médicaments; introduction d’un ticket modérateur en santé; hausse des droits de scolarité; hausse éventuelle des frais de garderie; instauration d’une tarification de l’eau, hausse de la TVQ qui dépasserait le 1% déjà annoncé, etc

L’accès au bien commun ( aux services publics, à l’eau, au logement, etc.) doit être considéré comme un droit et non un privilège. Toutes et tous doivent pouvoir en bénéficier.

Obtenir des services selon l’épaisseur de son portefeuille serait condamner un nombre inimaginable de familles, de femmes et d’enfants à vivre dans la pauvreté excessive.

Les politiques de privatisation conduisent inévitablement à un déséquilibre dans le partage des richesses. Elles touchent durement les personnes les plus pauvres de la société. Or, les femmes sont globalement plus pauvres que les hommes, elles ont des salaires plus bas, elles ont moins accès à l’emploi et à la syndicalisation, elles ont moins de sources de revenus . Elles sont surreprésentées dans les emplois précaires et à temps partiel.

Parmi elles, les plus défavorisées sont les femmes autochtones, les femmes immigrantes ou racisées issues d’une minorité visible, les femmes handicapées, les femmes âgées  et les femmes seules sont les citoyennes les plus touchées par la pauvreté.


Qu’est-ce qui arrive  aux services publics avec la privatisation ?

Concrètement,  au niveau du système de  santé cela se traduit par :
La création de cliniques spécialisées permettant à celles et ceux qui ont les moyens de payer et de contourner les listes d’attente;
Le transfert de lits de centre d’hébergement et de  soins de longue durée (CHSLD) publics au profit de ressources privées;

Avant l’assurance hospitalisation et l’assurance maladie, combien de familles ont dû faire des heures supplémentaires, vendre leur maison, prendre des assurances, faire faillite ou demander la charité afin de payer les frais liés aux soins de santé pour un enfant ou un autre membre de la famille? La maladie était alors la principale cause d’endettement des familles québécoises.

Au niveau de l’éducation

Lorsqu’une personne dispose d’un faible revenu, les coûts reliés à l’éducation ont un impact sur le budget des familles de la classe moyenne. Au Québec, les frais explosent! Les parents engagent des frais pour le matériel et les fournitures ainsi que pour toute une gamme d’activités scolaires ainsi que des frais de transport et de vêtements. ( p.22 guide CSQ)

Exemple.  Au quartier Ahuntsic, 300 enfants ont reçu du matériel scolaire et des denrées alimentaires au Magasin-Partage scolaire, le 20 août dernier, grâce aux dons des paroisses qui ont manifesté leur solidarité envers les familles moins favorisées. La mauvaise nouvelle dans tout cela, c’est que le nombre de familles qui ont besoin de trousseaux scolaires pour leurs enfants augmentent chaque année.

Pourquoi les marcheuses disent-elles «  Non! À la privatisation du bien commun » ?

Les droits  à la santé, à l’éducation et à l’eau sont reconnus par l’ONU comme des droits fondamentaux. Toute privation est une atteinte à ces droits. En 2002, le gouvernement du Canada a été le seul membre de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies à ne pas reconnaître l’eau à titre de droit humain, inquiétant n’est-ce-pas? L’eau est source de vie, sans elle, on n’existe pas. ( CSQ, p.20 ).


Dans son livre Staying alive, Vandana Shiva, parle de la forêt non pas comme d’un produit de commercialisation, mais comme d’une force vitale, prakiti. Lors d’une entrevue, elle raconte :
J’ai réagi à la destruction de la forêt, tout d’abord parce que j’ai grandi dans les forêts himalayennes. Elles m’ont donné à la fois mon identité et le sentiment d’exister. La disparition de la forêt m’a fait très mal. Avant de partir pour le Canada, j’avais envie de revoir un de mes endroits préférés, où les Britanniques avaient construit de charmants bungalows utilisés par les gardes forestiers. Il y en avait un que j’affectionnais tout particulièrement , situé au bord d’un ruisseau  au cœur d’une magnifique forêt de chênes. Lorsque j’y retournai, la forêt de chêne avait fait place à quelques bouquets d’arbres et le ruisseau s’était tari.
Fondatrice du mouvement Chipko composé d’un groupe de femmes himalayennes vouées à la sauvegarde de la forêt. Vandana affirme qu’en réalité, ce sont des Indiennes d’origine modeste qui sont à l’origine de ce mouvement. Dans leurs perceptions et leurs croyances, j’ai trouvé les bases de ma connaissance de l’écologie. Elles m’ont donné une vision nouvelle des rapports entre les êtres et les choses.

Temps de partage : dire ce qui nous touche dans la présentation de cette revendication

Prière:

Nous apportons une chandelle allumée, symbolisant  la flamme qui anime les femmes en marche pour dire « Non, à la privatisation des droits humains! ». Un monde ou l’humain est solidaire de la nature dont leur vie dépend. En communion avec ces femmes proches de la nature et qui croient en l’interrelation entre les humains et la création, prions le Dieu de solidarité

R : Seigneur, Dieu de solidarité, nous te prions.

•    Pour que les ressources naturelles, les biens et les services nécessaires à la vie soient partagés de manière égalitaires et équitables, prions le Seigneur.
•    Pour que l’on administre les ressources naturelles dans le respect de l’environnement et avec le souci de leur préservation comme de leur durabilité, prions le Seigneur.
•    Pour que l’économie de chaque société soit au service des personnes qui la composent et qu’elle s’oppose ainsi à la recherche excessive des profits. Prions le Seigneur.

Autre prière proposée :

« On nous a trop souvent appris… Nous pouvons nous dire… »( Justice & Foi Ahuntsic, 2009)

Librement inspiré de l'appel du Nazaréen pour une justice nouvelle, appel transmis tout de suite après son discours dit des 'béatitudes' (Évangile de Matthieu, chap.5). La formule suivante y est reprise six fois:

'' - Vous avez entendu dire que...  - Eh bien moi je vous dis...''

Aujourd’hui, nous pouvons dire ensemble: ( à deux voix )

1 - On nous a trop souvent appris dès notre jeune âge que les femmes doivent se taire et se soumettre à l’autorité quelle qu’elle soit car toute autorité vient de Dieu.
- Nous pouvons nous dire que chaque personne est responsable de ses actes et doit suivre ses inspirations intérieures profondes. Il est parfois nécessaire de résister à l’autorité, de désobéir à des lois rigides pour être fidèle à notre conscience.

2 - On nous a trop souvent appris à suivre la loi du plus fort, à obéir aux puissances de ce monde, aux lois du marché et de la publicité qui dictent nos besoins et orientent nos choix.
- Nous pouvons nous dire d’écouter notre cœur et d'envisager la réalité à partir du plus faible, du pauvre, car le changement ne peut se réaliser qu’en solidarité avec elles et eux. Notre critère de discernement doit être « la vie en abondance » dès maintenant et sans exclure personne.

3 - On nous a trop souvent appris que la globalisation est incontournable et qu’il est normal que certaines personnes soient sacrifiées au nom du Marché et/ou des grandes transnationales qui ont tous les droits quand elles surexploitent les richesses partout et particulièrement dans les pays du sud.
- Nous pouvons nous dire que nous sommes responsables du changement en partant de l'idée que les richesses de la terre appartiennent à toutes et tous , en dénonçant ouvertement les injustices.

4 - On nous a trop souvent appris que demander pardon est faiblesse et que pardonner est impossible.
- Nous pouvons nous dire que la haine fait pourrir le cœur. Il est bon de risquer de pardonner certes après avoir dévoilé tout acte criminel et bien nommé l’agresseurE comme ennemiE. En même temps il faut reconnaître cet ennemi en nous qui nous empêche de s'ouvrir et de tendre la main.

5 - On nous a trop souvent appris et on nous redit sans cesse que pour combattre l'ennemi, le terrorisme voire le mal, il faut faire la guerre, sacrifier des vies innocentes cyniquement nommées 'dommages collatéraux'.
- Nous pouvons applaudir au courage des femmes partisanes de la non violence comme stratégie efficace de survie de notre planète. Applaudissons à ces grandes tisserandes d'humanité.

6 - On nous a aussi appris à craindre un Dieu tout-puissant qui bénit et qui punit...
- Nous croyons au Dieu amour  révélé en Jésus

Ensemble: - Prenons parti pour l’humanité et pour la Création


3.    Présentation de la  revendication :

« Violence envers les femmes »


Ce 4e champ d’action de la MMF souligne l’importance de dénoncer la violence structurelle qui perdure envers les femmes. Comme il s’agit d’une caractéristique inhérente aux systèmes patriarcal et capitaliste dont plusieurs institutions et État se servent pour contrôler le corps et la vie des femmes, il convient de multiplier les actions de sensibilisation à ce sujet afin de signifier que c’est intolérable et inacceptable.

Proclamation des revendications par l’une des marcheuses.

Les marcheuses demandent :

•  que le gouvernement du Québec mette en place des mesures concrètes pour prévenir et lutter contre  l’hypersexualisation et la marchandisation du corps des femmes;
•    que le gouvernement du Canada garantisse le droit inaliénable des femmes de décider d’avoir ou non des enfants.

Témoignage : L’hypersexualisation , phénomène nouveau et en croissance chez les jeunes et dans notre société.
Portrait d’une jeune fille  hypersexualisée!!

Nombril à l’air, mini-débardeurs, string dépassant de leur jean taille basse, elles ont sept, neuf, douze ou quatorze ans. Proies idéales des marchands de la mose, elles apprennent à séduire par la mise en valeur sexuelle de leur être. Elles se transforment ou sont transformées en nymphettes et en mini-femmes  fatales. Les parents sont dépassés ou complices. Les marques de vêtements accentuent cette érotisation. De nouvelles lignes XXS mettent en valeur les attributs encore inexistants des fillettes. Elles sont transformées en objet de désir. Alors qu’elles n’ont pas encore les moyens d’être sujets de désir. Elles deviennent prisonnières du regard de l’autre pour exister. Les fillettes s’exposent et se forgent une idée de la sexualité et de l’amour centrée sur le sexe et la consommation. Les adultes qui abhorrent les pédophiles donnent pourtant à voir leurs enfants comme des objets sexuels. Les enfants érotisés , qui risquent de devenir des enfants consommables, des enfants marchandise sexuelles, sont également des consommateurs de pornograhie.

Sur la toile, le sexe est envahissant : environ 70% du Web concerne le sexe ou est lié au sexe. Une société américaine la N2h2 spécialisée dans le filtrage de contenus sur le réseau, le nombre de pages pornographiques sur le Web est estimé à 260 millions soit 1800 fois de plus qu’il y a cinq ans.

A Québec, le magazine Adorable, dont le public est constitué d’adolescentes a été retiré des kiosques pour pornogrraphie excessive en 2002 à cause de son Guide 100% sexe ( 99 trucs coquins). Actuellement, il n’en poursuit pas moins sa campagne de normalisation pornographique. Il est proposé : « Exhibez-vous dans Internet! – Instruisez-vous! Lisez des histoires érotiques ou carrément débridées comme les romans du Marquis de Sade – Visitez un sex-shop . Dans un encadré, les lectrices apprennent qu’il est « tout à fait normal » de vous habiller supersexy, de porter des talents hauts au lit , de faire l’amour les yeux bandés ».

Pourquoi demander des cours d’éducation sexuelle à l’école?

La pornographie affecte la culture en profondeur. Elle est à ce point importante qu’elle est, pour un nombre important de personnes , le lieu principal d’éducation sexuelle, du moins si on se fie à un sondage menée par le Kinsey Institute en 2004. ce sondage révèle que 86% des répondants croient que la pornographie peut éduquer les gens  et  68% pensent qu’elle permet une attitude plus ouverte sur la sexualité, y compris sa propre sexualité. Plusieurs jeunes hommes pensent que la pornographie permet de savoir ce que les femmes désirent et espèrent d’un rapport sexuel.
( Sur le site de Sysiphe, article de Richard Poulin et Amélie Laprade, Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes,  7 mars 2006. Les titres en caractère gras ont été ajoutés.)


Actions posées pour contrer cette culture pornographique et développer une image positive de son corps et de la sexualité.

Le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel ( CALACS) de l’Estrie part en croisade pour que le gouvernement du Québec instaure des cours spécifiques d’éducation à la sexualité.

La porte-parole du CALACS Marjorie Roireau explique qu’une pétition est mise en circulation et sera déposée au premier ministre du Québec Jean Charest  et à la  ministre, des Loisirs et des sports du Québec dans le cadre de la Marche mondiale des femmes cet automne. «  On doit s’assurer que nos jeunes reçoivent des cours d’éducation à la sexualité dans une perspective d’égalité entre les hommes et les femmes . C’est de cette façon qu’elles pourront développer une meilleure estime de soi, leur sens critique et de saines habitudes de vie, dont les rapports égalitaires dans leur vie amoureuse. C’est inquiétant de constater que personne dans les écoles ne soit mandaté pour dispenser de tes cours » explique Mme Roireau.
( Article «  Une pétition pour le retour des cours de sexualité au secondaire, journal La Tribune, Sherbrooke, René-Charles Quirion, 16 juin 2010).

Charte québécoise pour une image corporelle saine.

À la mi-octobre 2009, la ministre responsable de la Condition féminine, Christine St-Pierre signe cette Charte, une 1ère en Amérique du Nord.

L’idée de cette Charte est née à la suite d’une pétition lancée par deux jeunes filles, Jacinthe Veillette et Léa Clermont-Dion demandaient au gouvernement du Québec d’intervenir face aux images de minceur et aux images irréalistes des femmes projetées dans les médias. On sait que dans les pays industrialisés, 3% des jeunes femmes souffrent de troubles alimentaires sévères, et 10% sont constamment préoccupées par leur poids. L’Association québécoise  d’aide aux personne souffrant d’anorexie nerveuse et de boulimie (ANEB Québec) estime que le manque de diversité corporelle dans les médias »contribue à nourrir l’obsession de la minceur, prédisposent les gens à développer des insatisfactions corporelles et des troubles alimentaires ».

La Charte énonce sept principes, comme la promotion d’une diversité d’images corporelles comprenant des tailles, des âges et des proportions variées. Les signataires reconnaissent  notamment que les idéaux de beauté basés sur la minceur extrême peuvent nuire à l’estime personnelle, particulièrement chez les filles et les femmes.

Le Québec est la 1ère province canadienne à se doter d’une mesure pour une image corporelle saine et diversifiée. « La Charte constitue le 1er pas d’une démarche à long terme qui vise à modifier les pratiques de l’industrie de la mode et des médias » selon le Réseau Québécois d’action pour la santé des femmes ( RQAS).

Temps de partage sur ce que nous retenons de cette présentation de la revendication.

Prière : au choix

 Nous apportons une chandelle allumée, symbolisant  la flamme qui anime les  femmes et des jeunes filles  qui  refusent d’être des « objets sexuels ». Elles  refusent d’être des « victimes à vie » de la violence subie par la culture pornographique. Ces femmes disent « Non à la marchandisation du corps des femmes! ». Elles se veulent actrices et  partenaires pour construire une société nouvelle, un monde plus humain, prions le Seigneur, Dieu de la liberté, de les accompagner dans leur lutte quotidienne pour le maintien et le respect de la vie.

R : Seigneur, Dieu de liberté, nous te prions.

•    Pour que tous les êtres humains vivent libres de toute violence, dans un monde où l’on refuse l’esclavage, le mariage forcé, le trafic et l’exploitation sexuelle, ensemble prions le Seigneur.
•    Pour que chaque personne jouisse de libertés collectives et individuelles qui garantissent sa dignité humaine et l’expression de ses diverses libertés, ensemble prions le Seigneur.
•    Pour que les femmes prennent librement les décisions qui concernent leur corps, leur sexualité et leur fécondité, ensemble prions le Seigneur.

Dieu de pitié, nous te confions toutes les femmes violées qui ont conçu un enfant dans la brutalité et la honte. Accueille aussi les femmes malheureuses et désespérées qui renoncent à donner naissance à l’être qui se développe en elles contre tout désir, et pour lequel elles n’entrevoient pas d’avenir.
Ou / et
Dieu riche en grâce, tu le sais, les mères n’arrivent jamais à répondre à toutes les attentes, à tous les besoins que la famille et la société leur demandent de combler,  donne à toutes les femmes de vivre dans l’amour et l’espérance les mystères joyeux et douloureux de leur maternité, car elles portent aussi, comme toi, mais à leur manière, l’avenir du monde. Amen

Dieu de tendresse, soutiens les jeunes mères que leurs amours blessées obligent à assumer seules toutes les charges parentales et apporte ton secours à toutes les mères qui éprouvent de grandes difficultés à établir avec leurs enfants des liens mutuels de confiance et de respect.

Chant : Comme une femme, Robert Lebel

4.    Présentation de la  revendication :

« Paix et démilitarisation »

Les femmes sont contre la guerre et le militarisme prônés comme seule façon de régler les conflits. Nous sommes conscientes que le Canada est un pays en guerre et que la culture militaire se développe dans notre pays. D’ailleurs,  la paix a été inscrite comme l’une des cinq valeurs fondamentales de la Charte mondiale des femmes pour l’humanité adoptée en 2004.

Proclamation des revendications par l’une des marcheuses.

Les marcheuses réclament que :


•    le gouvernement du Québec interdise le recrutement militaire  dans tous les établissements d’enseignement du Québec.
•    et que le gouvernement du Canada retire immédiatement ses troupes de l’Afghanistan

La Coalition contre le recrutement militaire tout comme les  Marcheuses  dénonce le recrutement militaire dans les écoles.

L’armée canadienne exploite tous les moyens possibles pour attirer la jeunesse dans sa plus grande campagne de recrutement depuis la Seconde Guerre mondiale.

Dès l’âge de neuf ans , les enfants sont sollicités pour joindre un mouvement militaire pour enfants : les Cadets de la Ligue navale. Les jeunes qui s’y joignent portent l’uniforme militaire, côtoient des instructeurs formés par l’armée et participent à des activités sur les infrastructures militaires. On peut d’ailleurs constater que de nombreux cadets font la visite du navire de guerre NCSM Fredericton actuellement présent dans le Vieux -Port de Montréal. Ils sont ainsi exposés aux outils de guerre, conditionnés à l’obéissance et même initiés au maniement des armes.

« L’armée prétend offrir aux jeunes l’éducation à la citoyenneté vis les corps des cadets et ses visites dans les écoles. Dans les faits, elle profite du désir des jeunes d’œuvrer pour la paix  alors qu’elle les prépare à s’enrôler pour des opérations offensives » . ( Élaine Bertrand, vice-présidente de l’Alliance  des professeures et professeurs de Montréal)

La marine militaire fait maintenant appel aux enseignants pour faire la promotion de l’engagement militaire dès la maternelle. C’est ce que confirme la nouvelle démarche de l’armée destinée aux écoles primaires et secondaires. Les enseignants sont notamment invités à faire venir des recruteurs dans les salles de classe, à présenter des vidéos de recrutement, à valoriser l’engagement dans les cadets de l’armée et même à organiser des visites de base militaire.

« Il est pour le moins alarmant de remarquer que l’armée recrute, dans nos écoles publiques, des jeunes d’âge mineur », s’inquiète Daniel B. Lafrenière, secrétaire-trésorier de la Centrale des syndicats du Québec ( CSQ) .

Au cours de la présente année scolaire, La CSQ poursuivra sa campagne d’opposition sous le thème « Faites l’école, pas la guerre! » avec ses syndicats affiliés.

(La Coalition contre le recrutement militaire,   extraits de l’article «  Le recrutement militaire dans les écoles primaires dénoncé », paru le 29 août 2010.)

L’impact de la guerre sur les femmes.

Des années 1950 aux années 2000, le Canada était reconnu comme un pays pacifique, il menait de nombreuses missions de Paix avec l’ONU. Depuis 2001, il a suivi l’exemple de son voisin les Etats-Unis en ce qui a trait à la lutte au terrorisme. Il est aujourd’hui en Afghanistan et poursuit des missions offensives. Les Etats-Unis et le Canada ont voulu  justifier  la guerre en Afghanistan en disant que c’était pour  défendre les droits des femmes. Quelle aberration ! Les moyens employés sont incompatibles avec l’objectif. En fait depuis 2001, la situation des filles et des femmes afghanes s’est détériorée, si on tient compte de l’augmentation des cas de viol, d’auto-immolation, de la prostitution et du trafic sexuel.

 « Des discours évoquant les droits des femmes et le besoin de les « protéger » sont utilisés pour justifier les occupations militaires (par exemple en Afghanistan) et l’augmentation du racisme et de l’intolérance. En Irak, en Palestine, tout comme ailleurs , où les femmes sont très nombreuses  parmi les victimes des guerres, ce sont également les femmes qui sont aux prises avec la survie matérielle, dans un contexte de destruction des infrastructures, et de la survie émotionnelle, dans un contexte d’insécurité totale. » (Déclaration de la MMF, 25 novembre 2007)

Témoignage : d’une députée afghane

«  (…) Confrontées au harcèlement et aux menaces, les femmes ont pris la rue pour exiger l’abandon de la loi qui légaliserait le viol au sein du mariage et codifierait l’oppression des femmes chiites de notre pays. Tout comme les attaques aériennes des Etats-Unis n’ont pas apporté la sécurité aux Afghans et aux Afghanes, l’occupation n’a pas apporté la sécurité aux femmes afghanes.
Le système en entier, en particulier le système judiciaire, est infecté par le virus du fondamentalisme : ainsi, en Afghanistan, les hommes qui commettent des crimes contre les femmes le font en toute impunité.
En fait, je n’ai pas vraiment été surprise par la plus récente loi contre les femmes. Quand les Etats-Unis et leurs alliés ont remplacé les talibans par les tristement célèbres seigneurs de guerre et fondamentalistes de l’Alliance du Nord, je savais que le seul changement que nous allions connaître serait de passer de la poële à frire au feu (…) ».
 Cet accroissement soudain de troupes en Afghanistan et la poursuite des bombardement ne contribueront en rien à la libération des femmes afghanes. Leur seul résultat sera d’accroître le nombre de victimes civiles et la résistance à l’occupation.
Pour vraiment aider les femmes afghanes, les citoyens et les citoyennes des Etats-Unis et d’ailleurs doivent dire à leurs gouvernements  de cesser de soutenir  et de couvrir un régime de seigneurs de guerre et d’extrémistes. Si ces brutes étaient enfin traduites en justice, les hommes et les femmes de l’Afghanistan  seraient tout à fait capables de s’occuper d’eux-mêmes. »  (Malalai Joya, députée afghane, mai 2009)

Témoignage : lettre d’une jeune femme afghane de 13 ans

Aujourd’hui ma mère me serre contre elle, enveloppante. Seul cadeau, ô combien précieux pour marquer ma naissance. J’ai treize ans. Je me le répète inlassablement, comme pour m’en persuader. Je pourrais ajouter une centaine, je dirai alors : j’ai cent treize ans. Pour autant d’années, mon âme a vu, mes sens ont entendu, mes yeux ont pleuré de l’horreur des corps déchiquetés par les guerres, des familles décimées dans un pays perdu, abandonné, tel un bateau ivre au capitaine fou, dans une tempête. Je me regarde dans le miroir et cherche les formes de celle que je deviens. Je promène mes doigts sur mon visage pour mieux me découvrir. Derrière les courbes de l’enfance lointaine, je ne trouve que les traces de l’histoire, petits sillons qui ont durci mes traits.
On dit de l’Afghanistan qu’il est libéré. Tout le monde s’intéresse soudainement à notre peuple qui souffre depuis vingt ans. Étrangement ce qui était ingérence hier devient nécessité absolue aujourd’hui. Au nom de qui, de quoi?
Je souris au souvenir des pieds meurtris de l’enfant qui errait seul, sur le sentier rocailleux d’un exode contraint. Je ris des doigts coupés vernis de la mariée. Je suffoque de cette femme, réduite à l’état de sac ensanglanté sous sa burka, lapidée par une foule furieuse.
Faut-il mourir pour ses souvenirs d’enfance? Non.
J’ai grandi entre la révolte de l’injustice subie et l’idée rassurante de s’en remettre à Dieu. J’ai grandi entre le désir d’ailleurs, entretenu parcelle qui osait nous transmettre la connaissance en toute clandestinité, et la fierté des traditions de mon peuple.
Aujourd’hui, j’ai treize ans. Il y a peu, j’aurais été contrainte à dissimuler mon visage derrière les grilles de la burka. Demain, peut-être devrais-je subir d’autres diktats vestimentaires. Que m’importe? Ceci n’est qu’apparence.C’est au plus profond de mon âme que je ne suis pas emprisonnée.
Laissant loin derrière guerre, terreur, exil, je tracerai avec d’autres, si le destin me le permet, les chemins de liberté.
( Kaboul, 25 décembre 2001, lettre d’une femme afghane en devenir, Rachel et Reza Deghati)

Prière 
Temps de silence, suivi d’un partage sur ce qui nous a spécialement touché dans ces informations et témoignages.

Nous apportons une chandelle allumée, symbolisant  l’espérance et le courage  des femmes meurtries par les guerres et les conflits de toutes sortes. Elles refusent de baisser les bras et  choisissent de construire la paix envers et contre tout.  Solidaires de leurs combats, invoquons le Dieu de paix!

R : Seigneur, Dieu de paix, nous te prions!

•    Pour que tous les êtres humains vivent dans un monde sans guerre et sans conflit armé car nul n’a le droit de vie et de mort sur les personnes et sur les peuples. Implorons le Dieu de paix.
•    Pour qu’au lieu de constituer des lieux d’embrigadement pour l’armée, nos  établissements scolaires deviennent  des lieux d’éducation à la paix. Implorons le Dieu de paix
•    Pour que les conflits entre les pays ou les communautés soient résolus par la négociation qui permet d’arriver à des solutions pacifiques et équitables au plan national, régional et international. Implorons le Dieu de paix.

5. Présentation de la revendication : 

« Droits des femmes autochtones ».

Partout dans le monde, les peuples autochtones sont parmi les communautés les plus vulnérables et les plus pauvres de la société. À cet égard, nous souhaitons rappeler le fait que les peuples autochtones du Canada sont toujours sous la tutelle de la Loi sur les Indiens qui comporte encore aujourd’hui des clauses discriminatoires envers les femmes autochtones ( Voir l’affaire Mc Ivor où la Cour d’appel de la Colombie Britannique a statué en avril 2009 que la Loi des Indiens était discriminatoire à l’égard des femmes en ce qui a trait à l’inscription des « Indiens ».)

Proclamation de la  revendication par l’une des marcheuses.

En solidarité avec les femmes autochtones, les marcheuses demandent :

•    que le Canada signe la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones
•    et qu’il mette en œuvre les droits qui y sont contenus avec une attention particulière sur les droits des femmes et des enfants autochtones.

Témoignage :

Au Canada, trop de personnes ignorent que les Autochtones, en particulier les femmes, constituent systématiquement une cible. Jusqu’en 1985, par exemple, une femme autochtone qui épousait un non-autochtone perdait automatiquement son statut « d’Indienne », de même que le droit de s’établir sur une réserve et d’accéder à certains programmes et services. Ainsi, des milliers  de femmes se sont vues obligées de quitter leur réserve et de vivre isolées de leur milieu culturel.

Même en 2007, les femmes autochtones et leurs familles sont victimes de racisme systémique. Cette expérience a des répercussions néfastes sur l’ensemble de la communauté autochtone du Canada. Et les femmes sont plus vulnérables que jamais »
( Beverly Jacobs, présidente de l’Association des femmes autochtones du Canada , AFAC) .

Projet Sœurs d’esprit ( 2005-2010)

En mars 2004, dans le but d’attirer l’attention sur le taux alarmant d’actes violents contre les femmes autochtone au Canada, l’AFAC lançait une initiative d’envergure nationale baptisée Sœurs d’esprit. Pour sensibiliser la population canadienne aux conséquences de la violence raciste et sexiste dirigée contre les femmes autochtones, qui se solde souvent par leur disparition ou par leur mort.

À partir d’une base de données de 340 noms, l’AFAC contacte les familles. Chaque nom renvoie à une fille, une sœur, une mère ou un être cher dont une famille pleure sa disparition.   Dans une rencontre récente  à Vancouver, nous avons invité plus de 30 parents , lesquels représentaient 12 de nos sœurs disparues ou assassinées. Ces rencontres donnent la parole aux participants l’occasion d’exprimer leurs besoins et de formuler leurs recommandations.

Sœurs d’esprit est fondé sur le pouvoir de la parole, car un grand nombre de nos sœurs n’ont jamais été entendues auparavant, ni leurs familles. L’AFAC veut travailler avec les femmes et leurs proches pour les aider à reprendre possession de leur mode de vie traditionnel et de leur destin. Parallèlement, nous voulons obliger les gouvernements, l’appareil judiciaire et les forces policières à se départir de leurs attitudes racistes envers les femmes autochtones et leurs familles.
(Réseau canadien de la santé des femmes, extrait de l’article de l’AFAC, les femmes autochtones trop souvent victimes de violence raciste et sexiste)


Une identité fragmentée

La mère de Michèle Audette, une montagnaise de Uashat-Mani-Utenam, a eu « le malheur » de tomber amoureuse d’un Québécois et de l’épouser. Ce faisant, elle a perdu son statut, tout comme ses enfants, ainsi que le stipulait alors la loi. Elle a pu le retrouver avec le remaniement législatif , en vertu de l’article 6.1 de la loi C-31, comme plus de 1000 femmes au Québec. Mais pour leurs enfants, c’est une autre histoire. Si Michèle Audette ( ancienne présidente des femmes autochtones du Québec) a pu acquérir son statut grâce à l’article 6.2, elle ne peut le transmettre ses propres enfants! Par contre, ses cousins nés d’une mère blanche et d’un père autochtone, eux, le peuvent. Bref, on a corrigé la discrimination pour une seule génération et on l’a transférée à la prochaine. C’est ainsi qu’on considère comme Blanc le fils aîné de Michèle Audette, parce qu’il est né d’une union avec un Indien sans statut, un « pur sang », mais non reconnu – certains Amérindiens qui étaient hors du « village » au moment du passage du représentant du ministère des Affaires indiennes et du Nord n’ont jamais été inscrits! Son fils cadet, dont le père est un Indien inscrit, lui, pourra transmettre son statut. Deux frères, deux nationalités. Deux frères, des droits différents.
( Claire Gagnon et Anne Panasuk, « Amérindiennes : Révolte de l’intérieur », Gazette des femmes, vol. 24, no 5, janvier-février 2003)


Temps de silence et de partage sur ce qui nous a touché dans ses propos.

Prière
  :
 Nous apportons une chandelle allumée, symbolisant  la fierté et le courage des femmes autochtones pour défendre leurs droits et ceux de leurs enfants.
Prions le Dieu de justice, pour que  notre pays  reconnaisse les droits des peuples autochtones et fasse justice aux femmes autochtones victimes de violence et de discrimination.

R. Seigneur, Dieu de justice, nous te prions!

•   Pour que le Canada reconnaisse officiellement les droits des peuples autochtones tels que définis par la Déclaration des Nations Unies et signée par 143 pays en septembre 2007. Que notre gouvernement protège les femmes et les enfants autochtones  contre toutes formes de violence et défende leur droit à l’égalité et à la non-discrimination. Prions le Seigneur.
•    Pour que l’on respecte l’intégrité physique et morale de chaque être humain en interdisant la torture ainsi que tous traitements humiliants et dégradants. Prions le Seigneur.
•    Pour le respect des droits collectifs et libertés individuelles des peuples autochtones, et plus particulièrement ceux des femmes et des enfants  autochtones touchés par la violence familiale. Prions le Seigneur.


Pour conclure nos rencontres :

En communion avec les Femmes en marche à travers le monde et spécialement celles de nos régions qui marchent  pour qu’advienne un monde plus humain.

Les traces du Divin

Notre Dieu, nous nous avançons, nous nous mettons en travers
De tout ce qui déchire la création et sa beauté,
De tout ce qui évacue ta tendresse et sa réalité.

Nous ouvrons nos mains et nous rendons grâce
Pour les traces du Divin sur la terre des vivants.

Nous te disons les femmes et les hommes
Qui traquent la souffrance sur tous les lieux de violence.
Nous te rappelons les femmes et les hommes
Qui travaillent au rapprochement sur tous les lieux de déchirure;
Intègres, fragiles et justes,
Elles, ils maintiennent l’espérance d’une humanité réconciliée.

Nous ouvrons nos mains et nous rendons grâce
Pour les traces du Divin sur la terre des vivants.

Nous te rappelons les femmes
Qui risquent leur liberté sur tous les lieux d’oppression;
Généreuses, tenaces et belles,
Elles disent l’amour plus fort que toutes les lâchetés.

Nous ouvrons nos mains et rendons grâce,
Elles sont la trace du Divin sur la terre des vivants.

Nous nous rappelons à toi, notre Dieu,
Toi qui nous envoies changer le monde,
Toi qui nous aides à lutter sans détourner les regards
Sur l’inacceptable,
Toi qui nous engages à résister
Aux laideurs du sexisme, du racisme et de toutes les discriminations.

Accompagne-nous, accompagne les marcheuses de tous les pays
 pour que nos vies ne deviennent
Ni victimisation, ni trahison.
Ainsi nous chanterons notre joie d’être humblement
Les traces du Divin sur la terre des vivants.
( Isabelle Graesslé, Suisse)
AMEN


MMF 2010
 
Psaume de Miryam (Bulletin de l’UISG, no 92, 1993)

Miryam, prophétesse du 1er Testament, chante et danse pour célébrer la liberté retrouvée. Comme Marcheuse, elle a guidé son peuple dans le désert, elle a contribué à libérer son peuple de l’esclavage. Le texte qui suit est inspiré du Livre de l’Exode 15, 20-21.

R. Chantez pour Elle avec joie
Nous sommes Ses sœurs et  Ses filles.
Notre libération est proche,
Nous passons à travers les eaux.

Nous qui étions autrefois esclaves
Nous ne laisserons pas la peine du passé
Nous submerger.
Ils ont mis notre courage à genoux,
Mais ils ne nous briserons jamais.
Nous qui avons été si longtemps silencieuses,
Nous crions la parole, nous comprenons.
Nous avons pris un long chemin pour partir
Et nous ne retournerons jamais en arrière.

R. Criez vers Elle avec joie,
Nous sommes Ses sœurs et  Ses filles.
Notre rentrée en grâce est proche,
Nous passons à travers les eaux.

Un court moment dans le désert,
Nous fortifiera et nous préparera.
Ils parlent de la chaleur,
Et de l’aridité
Mais ils ne nous feront jamais peur.
Nous devons aller
Dans des friches stériles,
Où nos propres vies sont détruites.
Nos déserts fleurissent
De printemps cachés
Dont on doit encore parler.

R. Dansez pour Elle avec joie,
Nous sommes Ses sœurs et  Ses filles.
Notre transformation  est proche,
Nous passons à travers les eaux.

Nous pouvons voir  dans la Terre Promise
Il y a là des géants pour nous dominer.
Ils peuvent retarder notre entrée,
Mais ils ne nous arrêteront jamais.
Nous trouverons le moyen d’y arriver
De notre propre chef,
Mais plus jamais dans l’isolement.
Ensemble nous parcourons notre monde.
Nous sommes une nouvelle création

R. Chantez et dansez  avec Elle,
Nous sommes Ses sœurs et  Ses filles.
Notre célébration est  proche,
Nous passons à travers les eaux. note

Site du Réseau Femmes et Ministères - www.femmes-ministeres.org
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