
- Célébration à l’occasion de la 3e action de
la Marche mondiale des femmes
- par Camilla Martin
Démarche proposée
Semaine du 10 octobre 2010 : temps de communion avec les femmes
du
monde et de solidarité avec les marcheuses du Québec. Chaque jour
prendre un temps de réflexion sur le thème proposé par la Coordination
québécoise de la Marche mondiale des femmes pour se l’approprier et le
porter dans la prière :
• Lundi 11 octobre
2010 : Mise en route : Thème de la Marche -
Marche mondiale des femmes : son histoire – notre manière d’être
solidaire
• Mardi 12 octobre :
Travail et autonomie
économique des femmes
• Mercredi 13
octobre : Bien commun et accès
aux ressources
• Jeudi 14 octobre :
Violence envers les femmes
• Vendredi 15
octobre : Paix et démilitarisation
• Samedi 16
octobre : Droits des femmes
autochtones.
Visuel
Illustrer le thème de la
Marche ( posters du 8 mars et
d’0ctobre 2010, photos de marcheuses :
- Faire une route et poser des
souliers de marche – bougies qu’on
allume au moment de la prière - pancartes portant sur le thème et
les
revendications
- Organiser une Marche dans les corridors de nos Communautés et
autour de nos maisons si la température s’y prête.
- Affichage du thème dans les corridors, à la cafétéria et au lieu de
rassemblement
Chants suggérés
Du pain et des roses , Marche 1995.
Sur le CD
En ce pays de
Robert Lebel :
- La complainte de Rachel
- Comme une femme
- Lumière du monde
Documents consultés
Actions 2010, Cahier des revendications par la Coordination du Québec
de la Marche mondiale des femmes ( CQMMF).
Guide d’animation du Comité de la condition des femmes de la Centrale
des Syndicats du Québec ( CSQ).
Mener la guerre pour le bien des
femmes… vraiment ? Collectif Échec à la
guerre, juin 2009.
Femmes assistées sociales : la parole est à nous! Publié par le
FCPASQ.
Les premiers pas de la MMF chez les sœurs, 8 mars 2010 par Léona
Deschamps, RSR, Rimouski.
Gazette des femmes,
Hypersexualisation.
La quête d’un temps nouveau,
sept-oct 2010.
Objectifs
• Sensibiliser nos
communautés à la Marche mondiale
des femmes et aux enjeux de la Marche 2010.
• Se solidariser avec les marcheuses du 12 au 16
octobre.
Aux animatrices de cette rencontre
« Marcher pour la Vie »
Ce document comporte des choix :
- de la modalité de la rencontre :
regrouper les thèmes en une ou deux
rencontres ou encore privilégier une rencontre / jour;
- des textes proposés selon le temps dont on dispose et de sa
pertinence;
- du visuel;
- temps d’échanges avec et entre les participantes après la
présentation du thème ou du témoignage proposé.
Lundi 11 octobre 2010 :
Célébration « Marcher pour la Vie »
La « marche » est un thème biblique qui nous parle de Vie et de
Libération.
Prenons un moment pour nous rappeler la Marche du peuple de Dieu au
désert. Le prophète Michée cite Myriam comme étant la femme qui a guidé
cette marche au même titre que ses frères Moïse et Aaron ( Michée 6,4).
Après la sortie d’Égypte « Myriam, la prophétesse, sœur d’Aaron
prit en
main un tambourin et toutes les femmes la suivirent avec des
tambourins, formant des choeurs de danse. Et Myriam leur entonna :
«
Chantez pour Yahvé, car il s’est couvert de gloire… » ( Ex 16, 20-21).
(
Psaume de Miryam, p. 22)
Partage : Prenons un temps
pour nous rappeler quelques marches
importantes dans notre histoire et dire ce que la marche signifie
pour
nous.
La Marche Mondiale des Femmes
Voici comment le Comité femmes de la
CSQ nous parle du sens la
Marche des femmes en 2010 :
Nous, femmes militantes d’ici et d’ailleurs,
Nous avons marché et poursuivons notre route…
Nous nous arrêterons
Quand toutes les femmes de la planète seront libres!
- Libres de circuler sans peur,
- Libres de travailler sans contrainte,
- Libres de choisir d’avoir ou non des enfants…
Nous militantes féministes
Nos sœurs du Québec et des quatre coins du monde
Naissons de la même terre
Et marchons pour qu’advienne une terre de liberté, de justice,
D’égalité, de paix et de solidarité…
Nous saisissons dans nos bras le sort du monde
Pour le supporter, pour le changer
Pour toutes ces femmes de cœur et de courage …
Une histoire à raconter, la leur, la nôtre et qui sait…
Celle de nos filles! (
p.5 guide d,animation MMF, CSQ)
Histoire de la Marche mondiale des
femmes (
p.6-8 du Guide d’animation
CSQ ) ou la 2nde version :
La
petite histoire des grandes Marcheuses (p.11) Une grand-mère
raconte
à sa petite fille l’histoire de la Marche au Québec.
TEMPS DE PRIÈRE
:
«
En
Marche! »
L’être humain est un pont, un chemin. La santé comme le bonheur est
dans la marche.
Pour la personne migrante, celle qui passe comme pour toute
personne,
le malheur, c’est de s’arrêter, de s’identifier à une situation donnée.
Ce texte est une traduction des Béatitudes. L’expression
« En
Marche »
correspond mieux au terme sémitique que l’on traduit habituellement par
« Bienheureux ». Par conséquent , cela change notre compréhension
du
des Béatitudes plutôt qu’un appel à la passivité devant les épreuves ,
il serait comme une invitation à se mettre debout, à se relever, à se
mettre en marche, quelles que soient les pesanteurs et les douleurs qui
entravent le chemin.
« En
marche, ceux et celles dont le souffle est humilié, coupé par les
émotions et la peur! »
- car je marche à vos côtés, votre espérance ne sera pas déçue.
« En marche, les humbles et les
doux! »
- car votre douceur est force, la terre résiste aux personnes
violentes, elle se donne à ceux et celles qui la respectent.
« En marche, ceux et celles qui
pleurent et vous les personnes
endeuillées ! »
- car vous serez consoléEs, vous êtes en marche vers plus de
sérénité et de maturité.
« En marche, les personnes
affamées et assoiffées de justice! »
- car elle seront rassasiées maintenant , leur combat ne sera pas
voué à l’échec.
« En marche, les cœurs purs, ils
verront Dieu! »
- Car leur regard et leur cœur s’abstient de juger et de condamner.
« En marche les
miséricordieux et les miséricordieuses , il leur
sera fait miséricorde! »
- Car votre cœur demeure sensible à la misère et aux souffrances
d’autrui. Votre compassion vous rend capables de tout pardonner.
« En marche, les artisans de
paix, ils seront appelés fils et filles de
Dieu! »
- Car la paix est le fruit d’un travail patient, elle
ne peut se
faire à coup de dollars ni par coups d’État., ce travail commence au
cœur de notre être.
Tout au long de cette semaine, nous voulons nous unir à toutes les
femmes du Québec qui marchent pour faire valoir leurs droits
et
demander à nos gouvernements de prendre en compte les revendications
portant sur la lutte à pauvreté et le travail des femmes, la violence,
le bien commun menacé par la privatisation des services, la paix et la
démilitarisation, les droits des femmes autochtones.
Ensemble disons : Soeurs,
demeurons en marche sur cette voie
d’humanisation et que chaque jour dominent un peu moins en nous les
peurs , les contraintes et les esclavages hérités du passé. Que chaque
jour règnent un peu plus en nous la liberté et l’Amour. (
L’Évangile
de
Marie, commentaires de Jean-Yves Leloup.)
Tout au long de cette semaine, nous voulons nous unir à toutes les
femmes du Québec qui marchent pour faire valoir leurs droits
et
demander à nos gouvernements de prendre en compte les revendications
portant sur la lutte à pauvreté et le travail des femmes, la violence,
le bien commun menacé par la privatisation des services, la paix et la
démilitarisation, les droits des femmes autochtones.
La Marche mondiale en 2010 : 3e
action
Les femmes du monde affirment :
«
Tant que toutes les femmes ne
seront pas libres, nous serons en
marche ».
Compte tenu de la conjoncture économique des groupes de défense
des
droits , du 8 mars 2010 au 17 octobre , les membres de la
CQMMF
proposent cinq jours de marche et s’engagent à réaliser des actions
régionales et nationales avec un rassemblement national le 17 octobre à
Rimouski.
Du 12 au 16 octobre 2010, nous sortirons dans les rues de toutes
les
régions du Québec. Nous exigerons de nos gouvernements des mesures
spécifiques pour garantir des conditions de vie décentes pour toutes
les femmes, pour l’accès au bien commun pour tous et toutes, dont les
services publics ( santé, éducation, eau ). Depuis longtemps, nous
réclamons un monde sans violence envers les femmes, où le corps des
femmes et des filles n’est pas à vendre. Nous voulons, pour nous et nos
enfants un monde sans conflit et sans guerre. Pour la survie des êtres
et des peuples, et en solidarité avec les femmes du monde entier, nous
appelons à la souveraineté alimentaire.
1.
Présentation de la revendication :
« Travail et autonomie économique
des femmes ».
Avec la Marche 2010, nous voulons agir pour faire reculer la pauvreté
visant les plus pauvres de la société. Nous souhaitons améliorer les
conditions de vie des plus exclues de notre société en ayant accès à
des conditions de vie décentes de même qu’en améliorant les conditions
salariales des travailleuses. La fin de la pauvreté des femmes n’est
pas une question de charité , mais bien une question de droits et de
droits humains.
Proclamation des revendications par
l’une des marcheuses.
Au Québec, les marcheuses réclament au
gouvernement :
• une augmentation du salaire minimum
afin que les
personnes qui
travaillent 40 heures par semaine aient un revenu annuel équivalent au
seuil de faible revenu avant impôt établi par Statistique Canada pour
une personne seule. Pour 2009, le salaire minimum devait être fixé à
10,66$ l’heure.
• l’abolition des
catégories à l’aide sociale «
apte et inapte à
l’emploi », pour lutter contre les préjugés et pour garantir à
toute
personne un revenu minimal qui assure la couverture des besoins
vitaux
dans le respect de sa dignité. Ce montant devrait faire l’objet d’une
indexation annuelle automatique.
Augmenter le salaire minimum, pourquoi?
Selon Statistiques Canada, en 2008, près de 196, 000 personnes
travaillaient au salaire minimum et 90% des emplois au salaire minimum
se trouvent dans des secteurs à prédominance féminine – dans les
secteurs des services et principalement au niveau du commerce de
détail, de l’hébergement et de la restauration qui sont très peu
syndiqués. Plus de 90% des personnes rémunérées au salaire minimum sont
non- syndiquées. Elles sont donc sans rapport de forces face à
l’employeur et dépendent essentiellement du gouvernement pour voir leur
situation s’améliorer.
En 2000, la Marche mondiale des femmes réclamait une hausse
substantielle du salaire minimum pour combattre la pauvreté des femmes.
La hausse accordée de 0,10$ a été reçue comme une gifle, il s’agissait
de la 1ère hausse en plus de 2 ½ ans. En 2005, la Marche mondiale a
choisi la lutte contre la disparité de traitement pour améliorer les
conditions de travail des femmes.
Malgré les deux hausses récentes du salaire minimum, il ne faut pas
abandonner la bataille. Plus de 100,000 personnes ont déjà appuyé cette
revendication au Québec avec la signature de la pétition du collectif
pour un Québec sans pauvreté
(
Cahier des revendications MMF 2010 p.17-18)
Abolir les catégories à l’aide
sociale, c’est urgent!
La Loi sur l’aide sociale adoptée en 1969 a introduit la
reconnaissance du droit à l’aide sociale versus l’obligation de
travailler. Un droit garanti pour tous et toutes…sauf pour les moins
de 30 ans assujettis à une gamme d’exceptions! Depuis lors, le
Québec
a connu trois réformes majeures de l’aide sociale en 1989, 1999, 2005.
Ces réformes ont marqué trois reculs en regard de la loi de 1969.
L’inadaptation du régime d’aide sociale adoptée en 1969 proviendrait
d’une absence de distinction entre les personnes aptes et les personnes
inaptes au travail.
Ces réformes ont structuré la catégorisation des personnes assistées
sociales sur une base de critères arbitraires pour définir leur
employabilité. Pourtant, le gouvernement reconnaît que seulement 8,5%
des personnes dites « aptes » répondent aux critères réel du
marché de
l’emploi. Ces réformes ont divisé les personnes assistées sociales
entre elles, elles ont alimenté les préjugés en laissant croire
qu’il
y a des personnes qui méritent d’être soutenues et d’autres qui abusent!
Le montant actuellement reçu par les personnes dites inaptes équivaut
au montant déterminé par le gouvernement en 1996 pour couvrir neuf
besoins de base : l’alimentation, le logement, l’entretien
ménager, les
soins personnels, les communications, l’habillement, l’ameublement, le
transport, le loisir, sans tenir compte des besoins spécifiques
résultant de situations particulières, telles une maladie, un handicap,
etc.
Une personne jugée « apte » à l’emploi reçoit des
prestations
d’aide
sociale de 567$ / mois. Ce montant peut être augmenté de 120$ / mois
dans certaines situations prévues par la Loi.
Les personnes dites « inaptes » reçoivent 862$ / mois;
comment le
gouvernement peut-il prétendre que ce montant peut couvrir leurs
besoins particuliers?
En 2007, Statistiques Canada estimait à 1136 $/mois la mesure du panier
de consommation qui comprend le coût des biens et services de stricte
nécessité, à l’exclusion des médicaments et soins de santé. Les
personnes recevant des prestations d’aide sociale reçoivent bien moins
que ce minimum, qu’elles soient « aptes » ou
« inaptes » au travail!
Écoutons ces témoignages de
femmes assistées sociales
-
Je vis dans un véritable taudis. Les prestations
sont
insuffisantes et il y a une grande détresse. La faim existe…c’est çà la
réalité.
- Quand tu fais
l’épicerie, tu te rends compte à la
caisse que tu
n’as pas assez d’argent pour payer et tu dois retourner les
choses sur
les tablettes et t’en passer.
- La première
dépense que j’ai coupée, quand je me
suis retrouvée à
l’aide sociale, c’est dans la nourriture. Par la suite, j’ai coupé le
téléphone parce que je ne pouvais pas me payer un tel luxe.
- On a de la
difficulté à sortir de nos problèmes de
santé, ex :
dépression. On a de la difficulté à prendre des forces, car nous vivons
dans la pauvreté, les privations et le manque de médicaments.
- À la banque,
c’est la honte. Le premier du mois, il
y a un
guichet pour les BS et un pour les travailleurs. J’ai le sentiment
d’être sans avoir, sans savoir, sans pouvoir.
- Quand on est sur
l’aide sociale, on ne se fait pas
comprendre , on
ne se fait respecter; de la dignité, tu n’en as plus! De l’intimité non
plus.
- J’ai dû me
prostituer pour arriver à la fin du
mois.
( Comité Femmes du FCPASQ, Femmes assistées sociales : la
parole
est à
nous!)
Temps de silence et partage suite aux
témoignages entendus
Prière :
Nous apportons une
chandelle allumée,
symbolisant la flamme
qui anime
les femmes en marche pour assurer leur survie et celle de leur famille.
En solidarité avec les femmes humiliées et sans ressource, prions le
Dieu de la Vie, lumière sur nos routes humaines.
R :
Seigneur, Dieu de l’égalité, nous te prions!
• Pour qu’advienne
l’égalité de tous les êtres
humains et de tous
les peuples dans tous les domaines et dans toutes les sociétés. Prions
le Seigneur.
• Pour que les femmes soient des citoyennes à part
entière et que
leurs tâches soient reconnues comme des activités économiques
créatrices de richesses. Prions le Seigneur.
• Pour que chaque personne accède à un travail
justement rémunéré,
effectué dans des conditions sécuritaires et salubres permettant de
vivre dignement. Prions le Seigneur.
2.
Présentation de la revendication :
« Bien commun et accès aux
ressources »
Ce champ d’action comporte la lutte contre la privatisation de la
nature et des services publics ainsi que la satisfaction des besoins
fondamentaux pour une vie empreinte de dignité.
Proclamation de la revendication par
l’une des marcheuses.
Au Québec, les marcheuses demandent au
gouvernement :
• de mettre la fin de
la privatisation des services
publics et du
bien commun tels la santé, l’éducation, l’eau, l’énergie éolienne.
• et s’opposent à toute augmentation des tarifs de
ces services publics.
Témoignage
On peut dire que le « bien commun mondial » concerne
l’intérêt
collectifs des femmes et des hommes de la planète et suppose donc un
partage des richesses, des savoirs et des beautés de la nature.
Partout, la privatisation du bien commun touche les femmes de façon
particulière. À travers le monde les femmes sont les principales
responsables de l’alimentation et de l’éducation des familles, de
l’approvisionnement en eau, des soins aux malades ou de
l’approvisionnement .
Actuellement, ce qui préoccupe la population, c’est la
privatisation
des services à la population qui menace notre bien commun. Ce qui veut
dire qu’il en coûte de plus en plus cher pour avoir des soins de santé
et une éducation de qualité. On assiste à des reculs importants en
termes d’accès, notamment d’accès à la santé et à l’éducation . Les
gouvernements imposent des restrictions conséquemment à la crise
financière dont nous entendons parler depuis plusieurs mois. Au Québec,
le gouvernement nous annonce qu’il faudra « se serrer la
ceinture »
pour éliminer le déficit causé par la crise économique. La ceinture de
qui, sinon celle des personnes les plus pauvres. Que privilégie-t-il au
juste? Des compressions budgétaires et l’augmentation des tarifs, rien
de bon pour les plus démunis de notre société qui peinent à
survivre :
hausse des tarifs d’électricité; hausse des primes à l’assurance
médicaments; introduction d’un ticket modérateur en santé; hausse des
droits de scolarité; hausse éventuelle des frais de garderie;
instauration d’une tarification de l’eau, hausse de la TVQ qui
dépasserait le 1% déjà annoncé, etc
L’accès au bien commun ( aux services publics, à l’eau, au logement,
etc.) doit être considéré comme un droit et non un privilège. Toutes et
tous doivent pouvoir en bénéficier.
Obtenir des services selon l’épaisseur de son portefeuille serait
condamner un nombre inimaginable de familles, de femmes et d’enfants à
vivre dans la pauvreté excessive.
Les politiques de privatisation conduisent inévitablement à un
déséquilibre dans le partage des richesses. Elles touchent durement les
personnes les plus pauvres de la société. Or, les femmes sont
globalement plus pauvres que les hommes, elles ont des salaires plus
bas, elles ont moins accès à l’emploi et à la syndicalisation, elles
ont moins de sources de revenus . Elles sont surreprésentées dans les
emplois précaires et à temps partiel.
Parmi elles, les plus défavorisées sont les femmes autochtones, les
femmes immigrantes ou racisées issues d’une minorité visible, les
femmes handicapées, les femmes âgées et les femmes seules sont
les
citoyennes les plus touchées par la pauvreté.
Qu’est-ce qui arrive aux
services publics avec la privatisation ?
Concrètement, au
niveau du
système de santé cela se traduit
par :
La création de cliniques spécialisées
permettant à celles et ceux qui
ont les moyens de payer et de contourner les listes d’attente;
Le transfert de lits de centre d’hébergement et de soins de
longue durée (CHSLD) publics au profit de ressources privées;
Avant l’assurance hospitalisation et l’assurance maladie, combien de
familles ont dû faire des heures supplémentaires, vendre leur maison,
prendre des assurances, faire faillite ou demander la charité afin de
payer les frais liés aux soins de santé pour un enfant ou un autre
membre de la famille? La maladie était alors la principale cause
d’endettement des familles québécoises.
Au niveau de l’éducation
Lorsqu’une personne dispose d’un faible revenu, les coûts reliés à
l’éducation ont un impact sur le budget des familles de la classe
moyenne. Au Québec, les frais explosent! Les parents engagent des frais
pour le matériel et les fournitures ainsi que pour toute une gamme
d’activités scolaires ainsi que des frais de transport et de vêtements.
( p.22 guide CSQ)
Exemple. Au quartier Ahuntsic, 300 enfants ont reçu du matériel
scolaire et des denrées alimentaires au Magasin-Partage scolaire, le 20
août dernier, grâce aux dons des paroisses qui ont manifesté leur
solidarité envers les familles moins favorisées. La mauvaise nouvelle
dans tout cela, c’est que le nombre de familles qui ont besoin de
trousseaux scolaires pour leurs enfants augmentent chaque année.
Pourquoi les marcheuses disent-elles « Non! À la privatisation du
bien commun » ?
Les droits à la santé, à l’éducation et à l’eau sont reconnus par
l’ONU comme des droits fondamentaux. Toute privation est une atteinte à
ces droits. En 2002, le gouvernement du Canada a été le seul membre de
la Commission des droits de l’homme des Nations Unies à ne pas
reconnaître l’eau à titre de droit humain, inquiétant n’est-ce-pas?
L’eau est source de vie, sans elle, on n’existe pas. ( CSQ, p.20 ).
Dans son livre Staying alive, Vandana Shiva, parle de la forêt non pas
comme d’un produit de commercialisation, mais comme d’une force vitale,
prakiti. Lors d’une entrevue, elle raconte :
J’ai réagi à la destruction de la forêt, tout d’abord parce que j’ai
grandi dans les forêts himalayennes. Elles m’ont donné à la fois mon
identité et le sentiment d’exister. La disparition de la forêt m’a fait
très mal. Avant de partir pour le Canada, j’avais envie de revoir un de
mes endroits préférés, où les Britanniques avaient construit de
charmants bungalows utilisés par les gardes forestiers. Il y en avait
un que j’affectionnais tout particulièrement , situé au bord d’un
ruisseau au cœur d’une magnifique forêt de chênes. Lorsque j’y
retournai, la forêt de chêne avait fait place à quelques bouquets
d’arbres et le ruisseau s’était tari.
Fondatrice du mouvement Chipko composé d’un groupe de femmes
himalayennes vouées à la sauvegarde de la forêt. Vandana affirme qu’en
réalité, ce sont des Indiennes d’origine modeste qui sont à l’origine
de ce mouvement. Dans leurs perceptions et leurs croyances, j’ai trouvé
les bases de ma connaissance de l’écologie. Elles m’ont donné une
vision nouvelle des rapports entre les êtres et les choses.
Temps de partage : dire ce qui nous touche dans la présentation de
cette revendication
Prière:
Nous apportons une
chandelle allumée, symbolisant la
flamme
qui anime les femmes en marche pour dire « Non, à la privatisation
des
droits humains! ». Un monde ou l’humain est solidaire de la nature
dont
leur vie dépend. En communion avec ces femmes proches de la nature et
qui croient en l’interrelation entre les humains et la création, prions
le Dieu de solidarité
R : Seigneur, Dieu de solidarité, nous te prions.
• Pour que les ressources naturelles, les biens et
les services
nécessaires à la vie soient partagés de manière égalitaires et
équitables, prions le Seigneur.
• Pour que l’on administre les ressources naturelles
dans le respect
de l’environnement et avec le souci de leur préservation comme de leur
durabilité, prions le Seigneur.
• Pour que l’économie de chaque société soit au
service des
personnes qui la composent et qu’elle s’oppose ainsi à la recherche
excessive des profits. Prions le Seigneur.
Autre prière proposée :
« On nous a trop souvent appris… Nous pouvons nous dire… »(
Justice
& Foi Ahuntsic, 2009)
Librement inspiré de l'appel du Nazaréen pour une justice nouvelle,
appel transmis tout de suite après son discours dit des 'béatitudes'
(Évangile de Matthieu, chap.5). La formule suivante y est reprise six
fois:
'' - Vous avez entendu dire que... - Eh bien moi je vous dis...''
Aujourd’hui, nous pouvons dire ensemble: ( à deux voix )
1 -
On nous a trop souvent appris dès notre jeune âge que les femmes
doivent se taire et se soumettre à l’autorité quelle qu’elle soit car
toute autorité vient de Dieu.
- Nous pouvons nous dire que chaque personne est responsable de ses
actes et doit suivre ses inspirations intérieures profondes. Il est
parfois nécessaire de résister à l’autorité, de désobéir à des lois
rigides pour être fidèle à notre conscience.
2 -
On nous a trop souvent appris à suivre la loi du plus fort, à obéir
aux puissances de ce monde, aux lois du marché et de la publicité qui
dictent nos besoins et orientent nos choix.
- Nous pouvons nous dire d’écouter notre cœur et d'envisager la réalité
à partir du plus faible, du pauvre, car le changement ne peut se
réaliser qu’en solidarité avec elles et eux. Notre critère de
discernement doit être « la vie en abondance » dès maintenant
et sans
exclure personne.
3 -
On nous a trop souvent appris que la globalisation est
incontournable et qu’il est normal que certaines personnes soient
sacrifiées au nom du Marché et/ou des grandes transnationales qui ont
tous les droits quand elles surexploitent les richesses partout et
particulièrement dans les pays du sud.
- Nous pouvons nous dire que nous sommes responsables du changement en
partant de l'idée que les richesses de la terre appartiennent à toutes
et tous , en dénonçant ouvertement les injustices.
4 -
On nous a trop souvent appris que demander pardon est faiblesse et
que pardonner est impossible.
- Nous pouvons nous dire que la haine fait pourrir le cœur. Il est bon
de risquer de pardonner certes après avoir dévoilé tout acte criminel
et bien nommé l’agresseurE comme ennemiE. En même temps il faut
reconnaître cet ennemi en nous qui nous empêche de s'ouvrir et de
tendre la main.
5 -
On nous a trop souvent appris et on nous redit sans cesse que pour
combattre l'ennemi, le terrorisme voire le mal, il faut faire la
guerre, sacrifier des vies innocentes cyniquement nommées 'dommages
collatéraux'.
- Nous pouvons applaudir au courage des femmes partisanes de la non
violence comme stratégie efficace de survie de notre planète.
Applaudissons à ces grandes tisserandes d'humanité.
6 -
On nous a aussi appris à craindre un Dieu tout-puissant qui bénit
et qui punit...
- Nous croyons au Dieu amour révélé en Jésus
Ensemble: -
Prenons parti pour l’humanité et pour la Création
3. Présentation de la revendication :
« Violence envers les femmes »
Ce 4e champ d’action de la MMF souligne l’importance de dénoncer la
violence structurelle qui perdure envers les femmes. Comme il s’agit
d’une caractéristique inhérente aux systèmes patriarcal et capitaliste
dont plusieurs institutions et État se servent pour contrôler le corps
et la vie des femmes, il convient de multiplier les actions de
sensibilisation à ce sujet afin de signifier que c’est intolérable et
inacceptable.
Proclamation des revendications par l’une des marcheuses.
Les marcheuses demandent :
• que le gouvernement du Québec mette en place des
mesures concrètes
pour prévenir et lutter contre l’hypersexualisation et la
marchandisation du corps des femmes;
• que le gouvernement du Canada garantisse le droit
inaliénable des femmes de décider d’avoir ou non des enfants.
Témoignage :
L’hypersexualisation , phénomène nouveau et en
croissance
chez les jeunes et dans notre société.
Portrait d’une jeune fille hypersexualisée!!
Nombril à l’air, mini-débardeurs, string dépassant de leur jean taille
basse, elles ont sept, neuf, douze ou quatorze ans. Proies idéales des
marchands de la mose, elles apprennent à séduire par la mise en valeur
sexuelle de leur être. Elles se transforment ou sont transformées en
nymphettes et en mini-femmes fatales. Les parents sont dépassés
ou
complices. Les marques de vêtements accentuent cette érotisation. De
nouvelles lignes XXS mettent en valeur les attributs encore inexistants
des fillettes. Elles sont transformées en objet de désir. Alors
qu’elles n’ont pas encore les moyens d’être sujets de désir. Elles
deviennent prisonnières du regard de l’autre pour exister. Les
fillettes s’exposent et se forgent une idée de la sexualité et de
l’amour centrée sur le sexe et la consommation. Les adultes qui
abhorrent les pédophiles donnent pourtant à voir leurs enfants comme
des objets sexuels. Les enfants érotisés , qui risquent de devenir des
enfants consommables, des enfants marchandise sexuelles, sont également
des consommateurs de pornograhie.
Sur la toile, le sexe est envahissant : environ 70% du Web
concerne le
sexe ou est lié au sexe. Une société américaine la N2h2 spécialisée
dans le filtrage de contenus sur le réseau, le nombre de pages
pornographiques sur le Web est estimé à 260 millions soit 1800 fois de
plus qu’il y a cinq ans.
A Québec, le magazine Adorable, dont le public est constitué
d’adolescentes a été retiré des kiosques pour pornogrraphie excessive
en 2002 à cause de son Guide 100% sexe ( 99 trucs coquins).
Actuellement, il n’en poursuit pas moins sa campagne de normalisation
pornographique. Il est proposé : « Exhibez-vous dans
Internet! –
Instruisez-vous! Lisez des histoires érotiques ou carrément débridées
comme les romans du Marquis de Sade – Visitez un sex-shop . Dans un
encadré, les lectrices apprennent qu’il est « tout à fait
normal » de
vous habiller supersexy, de porter des talents hauts au lit , de faire
l’amour les yeux bandés ».
Pourquoi demander des cours d’éducation sexuelle à l’école?
La pornographie affecte la culture en profondeur. Elle est à ce point
importante qu’elle est, pour un nombre important de personnes , le lieu
principal d’éducation sexuelle, du moins si on se fie à un sondage
menée par le Kinsey Institute en 2004. ce sondage révèle que 86% des
répondants croient que la pornographie peut éduquer les gens
et 68%
pensent qu’elle permet une attitude plus ouverte sur la sexualité, y
compris sa propre sexualité. Plusieurs jeunes hommes pensent que la
pornographie permet de savoir ce que les femmes désirent et espèrent
d’un rapport sexuel.
(
Sur le site de Sysiphe, article de Richard Poulin et Amélie Laprade,
Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes,
7
mars 2006. Les titres en caractère gras ont été ajoutés.)
Actions posées pour contrer cette culture pornographique et développer
une image positive de son corps et de la sexualité.
Le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (
CALACS) de l’Estrie part en croisade pour que le gouvernement du Québec
instaure des cours spécifiques d’éducation à la sexualité.
La porte-parole du CALACS Marjorie Roireau explique qu’une pétition est
mise en circulation et sera déposée au premier ministre du Québec Jean
Charest et à la ministre, des Loisirs et des sports du
Québec dans le
cadre de la Marche mondiale des femmes cet automne. « On doit
s’assurer que nos jeunes reçoivent des cours d’éducation à la sexualité
dans une perspective d’égalité entre les hommes et les femmes . C’est
de cette façon qu’elles pourront développer une meilleure estime de
soi, leur sens critique et de saines habitudes de vie, dont les
rapports égalitaires dans leur vie amoureuse. C’est inquiétant de
constater que personne dans les écoles ne soit mandaté pour dispenser
de tes cours » explique Mme Roireau.
(
Article « Une pétition pour le retour des cours de sexualité au
secondaire, journal La Tribune, Sherbrooke, René-Charles Quirion, 16
juin 2010).
Charte québécoise pour une image corporelle saine.
À la mi-octobre 2009, la ministre responsable de la Condition féminine,
Christine St-Pierre signe cette Charte, une 1ère en Amérique du Nord.
L’idée de cette Charte est née à la suite d’une pétition lancée par
deux jeunes filles, Jacinthe Veillette et Léa Clermont-Dion demandaient
au gouvernement du Québec d’intervenir face aux images de minceur et
aux images irréalistes des femmes projetées dans les médias. On sait
que dans les pays industrialisés, 3% des jeunes femmes souffrent de
troubles alimentaires sévères, et 10% sont constamment préoccupées par
leur poids. L’Association québécoise d’aide aux personne
souffrant
d’anorexie nerveuse et de boulimie (ANEB Québec) estime que le manque
de diversité corporelle dans les médias »contribue à nourrir
l’obsession de la minceur, prédisposent les gens à développer des
insatisfactions corporelles et des troubles alimentaires ».
La Charte énonce sept principes, comme la promotion d’une diversité
d’images corporelles comprenant des tailles, des âges et des
proportions variées. Les signataires reconnaissent notamment que
les
idéaux de beauté basés sur la minceur extrême peuvent nuire à l’estime
personnelle, particulièrement chez les filles et les femmes.
Le Québec est la 1ère province canadienne à se doter d’une mesure pour
une image corporelle saine et diversifiée. « La Charte constitue
le 1er
pas d’une démarche à long terme qui vise à modifier les pratiques de
l’industrie de la mode et des médias » selon le Réseau Québécois
d’action pour la santé des femmes ( RQAS).
Temps de partage sur ce que nous retenons de cette présentation de la
revendication.
Prière : au choix
Nous apportons une
chandelle allumée, symbolisant la flamme
qui anime
les femmes et des jeunes filles qui refusent d’être
des « objets
sexuels ». Elles refusent d’être des « victimes à
vie » de la
violence
subie par la culture pornographique. Ces femmes disent « Non à la
marchandisation du corps des femmes! ». Elles se veulent actrices
et
partenaires pour construire une société nouvelle, un monde plus humain,
prions le Seigneur, Dieu de la liberté, de les accompagner dans leur
lutte quotidienne pour le maintien et le respect de la vie.
R : Seigneur, Dieu de liberté, nous te prions.
• Pour que tous les êtres humains vivent libres de
toute violence,
dans un monde où l’on refuse l’esclavage, le mariage forcé, le trafic
et l’exploitation sexuelle, ensemble prions le Seigneur.
• Pour que chaque personne jouisse de libertés
collectives et
individuelles qui garantissent sa dignité humaine et l’expression de
ses diverses libertés, ensemble prions le Seigneur.
• Pour que les femmes prennent librement les
décisions qui
concernent leur corps, leur sexualité et leur fécondité, ensemble
prions le Seigneur.
Dieu de pitié, nous te confions toutes les femmes violées qui ont conçu
un enfant dans la brutalité et la honte. Accueille aussi les femmes
malheureuses et désespérées qui renoncent à donner naissance à l’être
qui se développe en elles contre tout désir, et pour lequel elles
n’entrevoient pas d’avenir.
Ou / et
Dieu riche en grâce, tu le sais, les mères n’arrivent jamais à répondre
à toutes les attentes, à tous les besoins que la famille et la société
leur demandent de combler, donne à toutes les femmes de vivre
dans
l’amour et l’espérance les mystères joyeux et douloureux de leur
maternité, car elles portent aussi, comme toi, mais à leur manière,
l’avenir du monde. Amen
Dieu de tendresse, soutiens les jeunes mères que leurs amours blessées
obligent à assumer seules toutes les charges parentales et apporte ton
secours à toutes les mères qui éprouvent de grandes difficultés à
établir avec leurs enfants des liens mutuels de confiance et de
respect.
Chant :
Comme une femme, Robert Lebel
4. Présentation de la revendication :
« Paix et démilitarisation »
Les femmes sont contre la guerre et le militarisme prônés comme seule
façon de régler les conflits. Nous sommes conscientes que le Canada est
un pays en guerre et que la culture militaire se développe dans notre
pays. D’ailleurs, la paix a été inscrite comme l’une des cinq
valeurs
fondamentales de la Charte mondiale des femmes pour l’humanité adoptée
en 2004.
Proclamation des revendications par l’une des marcheuses.
Les marcheuses réclament que :
• le gouvernement du Québec interdise le recrutement
militaire dans tous les établissements d’enseignement du Québec.
• et que le gouvernement du Canada retire
immédiatement ses troupes de l’Afghanistan
La Coalition contre le recrutement militaire tout comme les
Marcheuses dénonce le recrutement militaire dans les écoles.
L’armée canadienne exploite tous les moyens possibles pour attirer la
jeunesse dans sa plus grande campagne de recrutement depuis la Seconde
Guerre mondiale.
Dès l’âge de neuf ans , les enfants sont sollicités pour joindre un
mouvement militaire pour enfants : les Cadets de la Ligue navale.
Les
jeunes qui s’y joignent portent l’uniforme militaire, côtoient des
instructeurs formés par l’armée et participent à des activités sur les
infrastructures militaires. On peut d’ailleurs constater que de
nombreux cadets font la visite du navire de guerre NCSM Fredericton
actuellement présent dans le Vieux -Port de Montréal. Ils sont ainsi
exposés aux outils de guerre, conditionnés à l’obéissance et même
initiés au maniement des armes.
« L’armée prétend offrir aux jeunes l’éducation à la citoyenneté
vis
les corps des cadets et ses visites dans les écoles. Dans les faits,
elle profite du désir des jeunes d’œuvrer pour la paix alors
qu’elle
les prépare à s’enrôler pour des opérations offensives » . (
Élaine
Bertrand, vice-présidente de l’Alliance des professeures et
professeurs de Montréal)
La marine militaire fait maintenant appel aux enseignants pour faire la
promotion de l’engagement militaire dès la maternelle. C’est ce que
confirme la nouvelle démarche de l’armée destinée aux écoles primaires
et secondaires. Les enseignants sont notamment invités à faire venir
des recruteurs dans les salles de classe, à présenter des vidéos de
recrutement, à valoriser l’engagement dans les cadets de l’armée et
même à organiser des visites de base militaire.
« Il est pour le moins alarmant de remarquer que l’armée recrute,
dans
nos écoles publiques, des jeunes d’âge mineur », s’inquiète Daniel
B.
Lafrenière, secrétaire-trésorier de la Centrale des syndicats du Québec
( CSQ) .
Au cours de la présente année scolaire, La CSQ poursuivra sa campagne
d’opposition sous le thème « Faites l’école, pas la guerre! »
avec ses
syndicats affiliés.
(
La Coalition contre le recrutement militaire, extraits de
l’article
« Le recrutement militaire dans les écoles primaires
dénoncé »,
paru
le 29 août 2010.)
L’impact de la guerre sur les femmes.
Des années 1950 aux années 2000, le Canada était reconnu comme un pays
pacifique, il menait de nombreuses missions de Paix avec l’ONU. Depuis
2001, il a suivi l’exemple de son voisin les Etats-Unis en ce qui a
trait à la lutte au terrorisme. Il est aujourd’hui en Afghanistan et
poursuit des missions offensives. Les Etats-Unis et le Canada ont
voulu justifier la guerre en Afghanistan en disant que
c’était pour
défendre les droits des femmes. Quelle aberration ! Les moyens employés
sont incompatibles avec l’objectif. En fait depuis 2001, la situation
des filles et des femmes afghanes s’est détériorée, si on tient compte
de l’augmentation des cas de viol, d’auto-immolation, de la
prostitution et du trafic sexuel.
« Des discours évoquant les droits des femmes et le besoin
de les
«
protéger » sont utilisés pour justifier les occupations militaires
(par
exemple en Afghanistan) et l’augmentation du racisme et de
l’intolérance. En Irak, en Palestine, tout comme ailleurs , où les
femmes sont très nombreuses parmi les victimes des guerres, ce
sont
également les femmes qui sont aux prises avec la survie matérielle,
dans un contexte de destruction des infrastructures, et de la survie
émotionnelle, dans un contexte d’insécurité totale. » (
Déclaration
de
la MMF, 25 novembre 2007)
Témoignage : d’une députée afghane
« (…) Confrontées au harcèlement et aux menaces, les femmes ont
pris
la rue pour exiger l’abandon de la loi qui légaliserait le viol au sein
du mariage et codifierait l’oppression des femmes chiites de notre
pays. Tout comme les attaques aériennes des Etats-Unis n’ont pas
apporté la sécurité aux Afghans et aux Afghanes, l’occupation n’a pas
apporté la sécurité aux femmes afghanes.
Le système en entier, en particulier le système judiciaire, est infecté
par le virus du fondamentalisme : ainsi, en Afghanistan, les
hommes qui
commettent des crimes contre les femmes le font en toute impunité.
En fait, je n’ai pas vraiment été surprise par la plus récente loi
contre les femmes. Quand les Etats-Unis et leurs alliés ont remplacé
les talibans par les tristement célèbres seigneurs de guerre et
fondamentalistes de l’Alliance du Nord, je savais que le seul
changement que nous allions connaître serait de passer de la poële à
frire au feu (…) ».
Cet accroissement soudain de troupes en Afghanistan et la
poursuite
des bombardement ne contribueront en rien à la libération des femmes
afghanes. Leur seul résultat sera d’accroître le nombre de victimes
civiles et la résistance à l’occupation.
Pour vraiment aider les femmes afghanes, les citoyens et les citoyennes
des Etats-Unis et d’ailleurs doivent dire à leurs gouvernements
de
cesser de soutenir et de couvrir un régime de seigneurs de guerre
et
d’extrémistes. Si ces brutes étaient enfin traduites en justice, les
hommes et les femmes de l’Afghanistan seraient tout à fait
capables de
s’occuper d’eux-mêmes. » (Malalai Joya, députée afghane, mai
2009)
Témoignage : lettre d’une jeune femme afghane de 13 ans
Aujourd’hui ma mère me serre contre elle, enveloppante. Seul cadeau, ô
combien précieux pour marquer ma naissance. J’ai treize ans. Je me le
répète inlassablement, comme pour m’en persuader. Je pourrais ajouter
une centaine, je dirai alors : j’ai cent treize ans. Pour autant
d’années, mon âme a vu, mes sens ont entendu, mes yeux ont pleuré de
l’horreur des corps déchiquetés par les guerres, des familles décimées
dans un pays perdu, abandonné, tel un bateau ivre au capitaine fou,
dans une tempête. Je me regarde dans le miroir et cherche les formes de
celle que je deviens. Je promène mes doigts sur mon visage pour mieux
me découvrir. Derrière les courbes de l’enfance lointaine, je ne trouve
que les traces de l’histoire, petits sillons qui ont durci mes traits.
On dit de l’Afghanistan qu’il est libéré. Tout le monde s’intéresse
soudainement à notre peuple qui souffre depuis vingt ans. Étrangement
ce qui était ingérence hier devient nécessité absolue aujourd’hui. Au
nom de qui, de quoi?
Je souris au souvenir des pieds meurtris de l’enfant qui errait seul,
sur le sentier rocailleux d’un exode contraint. Je ris des doigts
coupés vernis de la mariée. Je suffoque de cette femme, réduite à
l’état de sac ensanglanté sous sa burka, lapidée par une foule furieuse.
Faut-il mourir pour ses souvenirs d’enfance? Non.
J’ai grandi entre la révolte de l’injustice subie et l’idée rassurante
de s’en remettre à Dieu. J’ai grandi entre le désir d’ailleurs,
entretenu parcelle qui osait nous transmettre la connaissance en toute
clandestinité, et la fierté des traditions de mon peuple.
Aujourd’hui, j’ai treize ans. Il y a peu, j’aurais été contrainte à
dissimuler mon visage derrière les grilles de la burka. Demain,
peut-être devrais-je subir d’autres diktats vestimentaires. Que
m’importe? Ceci n’est qu’apparence.C’est au plus profond de mon âme que
je ne suis pas emprisonnée.
Laissant loin derrière guerre, terreur, exil, je tracerai avec
d’autres, si le destin me le permet, les chemins de liberté.
( Kaboul, 25 décembre 2001, lettre d’une femme afghane en devenir,
Rachel et Reza Deghati)
Prière
Temps de silence, suivi d’un partage sur ce qui nous a spécialement
touché dans ces informations et témoignages.
Nous apportons une
chandelle allumée, symbolisant l’espérance et
le
courage des femmes meurtries par les guerres et les conflits de
toutes
sortes. Elles refusent de baisser les bras et choisissent de
construire la paix envers et contre tout. Solidaires de leurs
combats,
invoquons le Dieu de paix!
R : Seigneur, Dieu de paix, nous te prions!
• Pour que tous les êtres humains vivent dans un
monde sans guerre
et sans conflit armé car nul n’a le droit de vie et de mort sur les
personnes et sur les peuples. Implorons le Dieu de paix.
• Pour qu’au lieu de constituer des lieux
d’embrigadement pour
l’armée, nos établissements scolaires deviennent des lieux
d’éducation à la paix. Implorons le Dieu de paix
• Pour que les conflits entre les pays ou les
communautés soient
résolus par la négociation qui permet d’arriver à des solutions
pacifiques et équitables au plan national, régional et international.
Implorons le Dieu de paix.
5. Présentation de la revendication :
« Droits des femmes autochtones ».
Partout dans le monde, les peuples autochtones sont parmi les
communautés les plus vulnérables et les plus pauvres de la société. À
cet égard, nous souhaitons rappeler le fait que les peuples autochtones
du Canada sont toujours sous la tutelle de la
Loi sur les Indiens qui
comporte encore aujourd’hui des clauses discriminatoires envers les
femmes autochtones ( Voir l’affaire Mc Ivor où la Cour d’appel de la
Colombie Britannique a statué en avril 2009 que la
Loi des Indiens
était discriminatoire à l’égard des femmes en ce qui a trait à
l’inscription des « Indiens ».)
Proclamation de la revendication par l’une des marcheuses.
En solidarité avec les femmes autochtones, les marcheuses
demandent :
• que le Canada signe la Déclaration des Nations
Unies sur les droits des peuples autochtones
• et qu’il mette en œuvre les droits qui y sont
contenus avec une
attention particulière sur les droits des femmes et des enfants
autochtones.
Témoignage :
Au Canada, trop de personnes ignorent que les Autochtones, en
particulier les femmes, constituent systématiquement une cible.
Jusqu’en 1985, par exemple, une femme autochtone qui épousait un
non-autochtone perdait automatiquement son statut
« d’Indienne », de
même que le droit de s’établir sur une réserve et d’accéder à certains
programmes et services. Ainsi, des milliers de femmes se sont
vues
obligées de quitter leur réserve et de vivre isolées de leur milieu
culturel.
Même en 2007, les femmes autochtones et leurs familles sont victimes de
racisme systémique. Cette expérience a des répercussions néfastes sur
l’ensemble de la communauté autochtone du Canada. Et les femmes sont
plus vulnérables que jamais »
(
Beverly Jacobs, présidente de l’Association des femmes autochtones du
Canada , AFAC) .
Projet Sœurs d’esprit ( 2005-2010)
En mars 2004, dans le but d’attirer l’attention sur le taux alarmant
d’actes violents contre les femmes autochtone au Canada, l’AFAC lançait
une initiative d’envergure nationale baptisée Sœurs d’esprit. Pour
sensibiliser la population canadienne aux conséquences de la violence
raciste et sexiste dirigée contre les femmes autochtones, qui se solde
souvent par leur disparition ou par leur mort.
À partir d’une base de données de 340 noms, l’AFAC contacte les
familles. Chaque nom renvoie à une fille, une sœur, une mère ou un être
cher dont une famille pleure sa disparition. Dans une
rencontre
récente à Vancouver, nous avons invité plus de 30 parents ,
lesquels
représentaient 12 de nos sœurs disparues ou assassinées. Ces rencontres
donnent la parole aux participants l’occasion d’exprimer leurs besoins
et de formuler leurs recommandations.
Sœurs d’esprit est fondé sur le pouvoir de la parole, car un grand
nombre de nos sœurs n’ont jamais été entendues auparavant, ni leurs
familles. L’AFAC veut travailler avec les femmes et leurs proches pour
les aider à reprendre possession de leur mode de vie traditionnel et de
leur destin. Parallèlement, nous voulons obliger les gouvernements,
l’appareil judiciaire et les forces policières à se départir de leurs
attitudes racistes envers les femmes autochtones et leurs familles.
(
Réseau canadien de la santé des femmes, extrait de l’article de
l’AFAC, les femmes autochtones trop souvent victimes de violence
raciste et sexiste)
Une identité fragmentée
La mère de Michèle Audette, une montagnaise de Uashat-Mani-Utenam, a eu
« le malheur » de tomber amoureuse d’un Québécois et de
l’épouser. Ce
faisant, elle a perdu son statut, tout comme ses enfants, ainsi que le
stipulait alors la loi. Elle a pu le retrouver avec le remaniement
législatif , en vertu de l’article 6.1 de la loi C-31, comme plus de
1000 femmes au Québec. Mais pour leurs enfants, c’est une autre
histoire. Si Michèle Audette ( ancienne présidente des femmes
autochtones du Québec) a pu acquérir son statut grâce à l’article 6.2,
elle ne peut le transmettre ses propres enfants! Par contre, ses
cousins nés d’une mère blanche et d’un père autochtone, eux, le
peuvent. Bref, on a corrigé la discrimination pour une seule génération
et on l’a transférée à la prochaine. C’est ainsi qu’on considère comme
Blanc le fils aîné de Michèle Audette, parce qu’il est né d’une union
avec un Indien sans statut, un « pur sang », mais non reconnu
–
certains Amérindiens qui étaient hors du « village » au
moment du
passage du représentant du ministère des Affaires indiennes et du Nord
n’ont jamais été inscrits! Son fils cadet, dont le père est un Indien
inscrit, lui, pourra transmettre son statut. Deux frères, deux
nationalités. Deux frères, des droits différents.
(
Claire Gagnon et Anne Panasuk, « Amérindiennes : Révolte de
l’intérieur », Gazette des femmes, vol. 24, no 5, janvier-février
2003)
Temps de silence et de partage sur ce qui nous a touché dans ses propos.
Prière :
Nous apportons une
chandelle allumée, symbolisant la fierté
et le
courage des femmes autochtones pour défendre leurs droits et ceux de
leurs enfants.
Prions le Dieu de justice, pour que notre pays reconnaisse
les droits
des peuples autochtones et fasse justice aux femmes autochtones
victimes de violence et de discrimination.
R. Seigneur, Dieu de justice, nous te prions!
• Pour que le Canada reconnaisse officiellement les
droits des
peuples autochtones tels que définis par la Déclaration des Nations
Unies et signée par 143 pays en septembre 2007. Que notre gouvernement
protège les femmes et les enfants autochtones contre toutes
formes de
violence et défende leur droit à l’égalité et à la non-discrimination.
Prions le Seigneur.
• Pour que l’on respecte l’intégrité physique et
morale de chaque
être humain en interdisant la torture ainsi que tous traitements
humiliants et dégradants. Prions le Seigneur.
• Pour le respect des droits collectifs et libertés
individuelles
des peuples autochtones, et plus particulièrement ceux des femmes et
des enfants autochtones touchés par la violence familiale. Prions
le
Seigneur.
Pour conclure nos rencontres :
En communion avec les Femmes en marche à travers le monde et
spécialement celles de nos régions qui marchent pour qu’advienne
un
monde plus humain.
Les traces du Divin
Notre Dieu, nous nous avançons, nous nous mettons en travers
De tout ce qui déchire la création et sa beauté,
De tout ce qui évacue ta tendresse et sa réalité.
Nous ouvrons nos mains et nous rendons grâce
Pour les traces du Divin sur la terre des vivants.
Nous te disons les femmes et les hommes
Qui traquent la souffrance sur tous les lieux de violence.
Nous te rappelons les femmes et les hommes
Qui travaillent au rapprochement sur tous les lieux de déchirure;
Intègres, fragiles et justes,
Elles, ils maintiennent l’espérance d’une humanité réconciliée.
Nous ouvrons nos mains et nous rendons grâce
Pour les traces du Divin sur la terre des vivants.
Nous te rappelons les femmes
Qui risquent leur liberté sur tous les lieux d’oppression;
Généreuses, tenaces et belles,
Elles disent l’amour plus fort que toutes les lâchetés.
Nous ouvrons nos mains et rendons grâce,
Elles sont la trace du Divin sur la terre des vivants.
Nous nous rappelons à toi, notre Dieu,
Toi qui nous envoies changer le monde,
Toi qui nous aides à lutter sans détourner les regards
Sur l’inacceptable,
Toi qui nous engages à résister
Aux laideurs du sexisme, du racisme et de toutes les discriminations.
Accompagne-nous, accompagne les marcheuses de tous les pays
pour que nos vies ne deviennent
Ni victimisation, ni trahison.
Ainsi nous chanterons notre joie d’être humblement
Les traces du Divin sur la terre des vivants.
(
Isabelle Graesslé, Suisse)
AMEN
Psaume de Miryam (
Bulletin de l’UISG, no 92, 1993)
Miryam, prophétesse du 1er Testament, chante et danse pour célébrer la
liberté retrouvée. Comme Marcheuse, elle a guidé son peuple dans le
désert, elle a contribué à libérer son peuple de l’esclavage. Le texte
qui suit est inspiré du Livre de l’Exode 15, 20-21.
R. Chantez pour Elle avec joie
Nous sommes Ses sœurs et Ses filles.
Notre libération est proche,
Nous passons à travers les eaux.
Nous qui étions autrefois esclaves
Nous ne laisserons pas la peine du passé
Nous submerger.
Ils ont mis notre courage à genoux,
Mais ils ne nous briserons jamais.
Nous qui avons été si longtemps silencieuses,
Nous crions la parole, nous comprenons.
Nous avons pris un long chemin pour partir
Et nous ne retournerons jamais en arrière.
R. Criez vers Elle avec joie,
Nous sommes Ses sœurs et Ses filles.
Notre rentrée en grâce est proche,
Nous passons à travers les eaux.
Un court moment dans le désert,
Nous fortifiera et nous préparera.
Ils parlent de la chaleur,
Et de l’aridité
Mais ils ne nous feront jamais peur.
Nous devons aller
Dans des friches stériles,
Où nos propres vies sont détruites.
Nos déserts fleurissent
De printemps cachés
Dont on doit encore parler.
R. Dansez pour Elle avec joie,
Nous sommes Ses sœurs et Ses filles.
Notre transformation est proche,
Nous passons à travers les eaux.
Nous pouvons voir dans la Terre Promise
Il y a là des géants pour nous dominer.
Ils peuvent retarder notre entrée,
Mais ils ne nous arrêteront jamais.
Nous trouverons le moyen d’y arriver
De notre propre chef,
Mais plus jamais dans l’isolement.
Ensemble nous parcourons notre monde.
Nous sommes une nouvelle création
R. Chantez et dansez avec Elle,
Nous sommes Ses sœurs et Ses filles.
Notre célébration est proche,
Nous passons à travers les eaux. note
Site du Réseau Femmes et Ministères
- www.femmes-ministeres.org
Consulté
le